Tournure

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Wiktionnaire Cet article a pour sujet le vêtement appelé tournure. Pour une définition du mot « tournure », voir l’article tournure du Wiktionnaire.
Tournure de 1872 ou « crinolette ».

La tournure est un vêtement de dessous ayant existé d'environ 1860 à 1900 ; elle est souvent considérée comme une évolution de la crinoline.

Comme cette dernière, elle est placée sous le jupon, attachée juste en dessous de la taille, et soutient l'ensemble des jupons, jupes et draperies de dessus (en vogue surtout dans les années 1880) ; et elle est elle aussi constituée d'un réseau de baleines métalliques horizontales, soutenues par des bandes verticales. Cependant, elle ne couvre plus que l'arrière : elle est ouverte devant. Sa forme est également différente ; moins évasée en cloche, elle donne à l'arrière de la jupe un aspect plus carré, de profil : partant presque à l'horizontale depuis les reins, puis retombant assez droit.

crinolettes 1872 - 1875

Crinoline et tournure ont exactement la même fonction : soutenir l'ampleur de la jupe, et par là souligner par contraste la finesse de la taille ; toute la mode du XIXe siècle visant à accentuer les courbes féminines naturelles par le double emploi du corset affinant la taille et d'éléments accentuant la largeur des hanches (crinoline, tournure, drapés bouffants...).

Faux cul est le terme familier parfois utilisé pour désigner une tournure.

Histoire[modifier | modifier le code]

Crinoline-tournure de 1867

Transition depuis la crinoline (1867-1872)[modifier | modifier le code]

Les crinolines ont connu une brève période où, de "cloches", elles sont devenues asymétriques, avant d'évoluer en véritables tournures. La "crinolette" est une étape de transition entre les deux.

Premières tournures (1869-1876)[modifier | modifier le code]

Tournure

À la toute fin des années 1860, la mode a mis à l'honneur des draperies bouillonnées par-dessus la jupe elle-même ; ces draperies, groupées sur les reins et très lourdes, nécessitaient un soutien particulièrement résistant, tandis que le devant de la robe, devenu plat (aidé par le corset omniprésent), n'avait plus besoin de soutien. Dans les années 1870, les femmes pratiquent des activités de pleine air telles que le croquet, la promenade ou le tir à l'arc en robes à tournures[1], avant l’avènement du tailleur comme costume de sport.

Il y a eu une courte période sans tournure à la fin des années 1870, où les robes étaient portées très étroites et près du corps.

Retour de la tournure (1881-1887)[modifier | modifier le code]

Elle réapparaît rapidement, en 1881, prend un peu d'ampleur au cours des années 1880, puis se réduit assez soudainement, vers 1887-88, en un spectaculaire raccourcissement autour des seules hanches.

1888-1910[modifier | modifier le code]

Elle survit pendant la Belle Époque, simple rembourrage sur les hanches destiné à faire écho à la poitrine projetée en avant, et par le nouveau corset « droit devant ». La tournure disparaît dans les années 1910 avec la nouvelle silhouette à la mode qui atteindra son apogée dans les années 1920 : cylindrique et non plus tout en courbes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jonathan Metcalf (dir.) et al., Fashion : la mode à travers l'histoire [« Fashion. The Ultimate Book of Costume and Style »], DK,‎ octobre 2013, 480 p. (ISBN 978-2-8104-0426-1), « 1870 - 1900 Modernes et sportives », p. 214

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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