Tour de France

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Tour de France

Description de l'image  Tour de France logo.svg.
Généralités
Sport Cyclisme sur route
Création 1903
Organisateur(s) ASO
Éditions 101 (en 2014)
Catégorie UCI World Tour
Type / Format grand tour
Périodicité annuelle (juillet)
Lieu France et pays avoisinants
Participants 198 (2013)
Statut des participants Professionnels
Directeur Christian Prudhomme
Site web officiel
Palmarès
Tenant du titre Drapeau : Italie Vincenzo Nibali (2014)
Plus titré(s) Drapeau : France Jacques Anquetil
Drapeau : Belgique Eddy Merckx
Drapeau : France Bernard Hinault
Drapeau : Espagne Miguel Indurain
(5 victoires)
Crystal Clear app kworldclock.png
pour la dernière compétition voir :
Tour de France 2014

Le Tour de France est une compétition cycliste par étapes créée en 1903 par Henri Desgrange et Géo Lefèvre, chef de la rubrique cyclisme du journal L'Auto. Il se déroule chaque année en France, au mois de juillet.

Il se tient actuellement sur plus de 3 000 kilomètres et est organisé par ASO (Groupe Amaury). « Le Tour » ou encore « la Grande Boucle », tel qu'on le nomme aussi en France, est considéré comme l'épreuve cycliste la plus prestigieuse au monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Tour de France.

Création et histoire du Tour de France[modifier | modifier le code]

Henri Desgrange en 1914

À la fin du XIXe siècle, en France, il n'existe qu'un quotidien sportif, Le Vélo. Son rédacteur en chef, Pierre Giffard[1], intervenant dans ses colonnes pour soutenir Dreyfus, déplaît aux industriels du cycle et de l'automobile (pour la plupart antidreyfusards). Or, ceux-ci financent son journal par la publicité. En 1900, par leur représentant, le comte de Dion, ils choisissent Henri Desgrange pour créer un journal concurrent, L'Auto-Vélo. Alors que Le Vélo est publié sur papier vert, Desgrange fait éditer son quotidien sur papier jaune (quelques années plus tard, c'est cette couleur qui donnera naissance au maillot jaune)[2]. Or le titre choisi porte le terme Vélo. Le directeur du Vélo, Paul Rousseau, intente un procès. Le 16 janvier 1903, de Dion le perd et se trouve contraint de renommer L'Auto-Vélo en L'Auto. Comme le cyclisme est alors important en termes économiques et sportifs, cette perte d'appellation pourrait affecter les ventes du journal[2]. Desgrange doit trouver une riposte. Il s'avère que son collaborateur, le journaliste Géo Lefèvre, lui a proposé d'organiser une course cycliste susceptible d'augmenter son lectorat : le Tour de la France. Le 19 janvier 1903, L’Auto annonce la création de « la plus grande épreuve cycliste jamais organisée » : le Tour de France[2].

La course étant lancée en juillet, les ventes de L'Auto s'accroissent au détriment de celles du Vélo. Celui-ci cesse sa publication l'année suivante[2].

De 1903 à la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le premier Tour de France part de Montgeron (en Essonne) et se termine à Paris. Il fait étape dans les grandes villes (Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes) et emprunte les principales routes. Le public, estimé de 200 à 500 000 personnes, est faiblement présent sur l'ensemble du parcours. Le Tour est toutefois un succès à Paris, où l'on se presse à Ville-d'Avray et au parc des Princes pour accueillir les premiers héros du Tour, dont le vainqueur Maurice Garin. Les journaux battent des records de ventes. Le Tour de France suscite un véritable engouement dans les milieux sportifs, qui suivent la compétition au quotidien grâce à la presse et en discutent[3].

L'année suivante, le Tour est victime de son succès. Les actes de chauvinisme local déjà constatés en 1903 sont amplifiés : des cyclistes sont agressés, des lettres dénonçant des tricheries envoyées à la direction, des clous semés sur la chaussée. Le public va à l'encontre de l'idéal d'unité nationale véhiculé par le Tour et soutient ses coureurs régionaux. Grâce au Tour, Paris annexe la France à cette époque. La course part de Paris, s'y termine et la majorité des coureurs en sont originaires, et le Tour diffuse dans les provinces françaises les valeurs parisiennes[4]. Un dernier « incident » intervient plusieurs mois après l'arrivée : l'Union vélocipédique de France décide en novembre de déclasser les quatre premiers, accusés de diverses infractions au règlement de course (ravitaillements et entraînements irréguliers). Le jeune Henri Cornet est déclaré vainqueur. Cette décision est probablement due à la rivalité de l'Auto et de l'UVF, cette dernière jalousant le succès du Tour.

Après avoir un temps envisagé de renoncer à organiser une nouvelle édition[5], Desgrange apporte en 1905 des modifications au déroulement et à l'organisation de la course afin d'éviter les irrégularités constatées l'année précédente. Les étapes sont plus courtes, de sorte que les coureurs ne roulent plus la nuit, et évitent les centres-villes. Le classement général au temps est remplacé par un classement par points. C'est également à partir de cette année qu'à l'initiative d'Alphonse Steinès, un collaborateur de Desgrange, le Tour se rapproche de ses frontières, jusqu'à former un « chemin de ronde », un « encerclement processionnel du pays qui manifeste ostentatoirement les valeurs de la France moderne et industrielle, le dynamisme et la santé éclatante de la jeunesse »[6]. Le parcours s'allonge par conséquent : il passe progressivement de 2 500 km en 1904 à 5 300 km en 1911, année à partir de laquelle il se stabilise et longe au maximum les frontières naturelles et politiques de la France.

Une attention particulière est portée à l'Alsace-Lorraine, annexée par l'Empire allemand en 1871. En 1905, le Tour escalade le Ballon d'Alsace puis, de 1907 à 1910, fait étape à Metz, avec l'assentiment des autorités allemandes et en collaboration avec des associations patriotiques. Ces escales sont l'occasion pour la population locale d'exprimer son sentiment français. Inquiet des manifestations de patriotisme auxquelles ces étapes donnent lieu, et dans un contexte de dégradation des relations franco-allemandes, Guillaume II empêche l'incursion du Tour en territoire allemand à partir de 1911. Ainsi le Tour ne promeut plus seulement les valeurs de l'effort physique, de l'énergie, du courage et du progrès technique. Il délimite le territoire français, rappelle les prétentions françaises sur l'Alsace-Lorraine et passe ainsi dans « l'arsenal de la revanche »[7]. Cette tendance s'accentue à partir de 1912 dans les pages de l'Auto, où les articles de Desgrange se font plus offensifs et décrivent le Tour comme une « croisade de la régénération physique en France »[8].

Octave Lapize pendant le Tour de France 1910

En s'étendant aux frontières, le Tour prend aussi de l'altitude. La montagne est présente dès la première édition du Tour, avec deux cols du Massif central. Après un passage réussi dans les contreforts des Alpes 1905, le col de Porte est franchi en 1907. Alors que Desgrange pense avoir atteint les limites de l'effort humain avec cette difficulté, Steinès le convainc de répondre à l'appétit du public et de passer par les Pyrénées. Ainsi en 1910, à titre d'essai, le Portet-d'Aspet puis les cols de Peyresourde, Aspin, Tourmalet et Aubisque sont franchis. Ces quatre cols sont au programme d'une étape remportée par le vainqueur final Octave Lapize, qui qualifie à cette occasion les organisateurs de « criminels »[Note 1]. Cette étape marque le début de la recherche de démesure du Tour de France. Le remplacement en 1911 du col de Porte par le Galibier, qui marque les esprits du public et des organisateurs, achève sa conquête de la haute montagne[9].

La popularité du Tour s'accroît rapidement durant cette période. Malgré une présence modeste du public, faible aux départs d'étape et sur la route, plus nombreux aux arrivées et aux contrôles, le Tour devient une « grande fête populaire du cycle et des frontières »[10]. Trois types de publics peuvent être distingués à cette époque : un public sportif, composé d'une part d'aristocrates et de bourgeois mécanisés qui suivent une partie de la course et d'autre part de passionnés présents au bord de la route, et le public populaire pour lequel le passage du Tour est l'occasion d'une fête estivale[11]. La course devient en effet « prétexte à un prolongement des fêtes du 14 juillet » et « un bon mobile pour célébrer les valeurs républicaines ». À ce titre, l'État soutient l'organisation du Tour. Ainsi une circulaire ministérielle de 1912, qui reste en vigueur jusqu'aux années 1950, enjoint les maires de ne pas entraver l'organisation des courses cyclistes qui « sont une mise en valeur de la jeunesse française, pour le plus grand profit de l'Armée et du Pays »[12].

Dès les premières éditions, les exploits des coureurs du Tour de France sont mis en valeur par l'Auto et Desgrange, qui voit en eux « l'aristocratie du muscle »[13]. Ils sont considérés par le public comme des héros « car ils ont su triompher de tous les obstacles de la route, et cela grâce à une simple bicyclette »[14], des « soldats du sport » qui « fascinent les milieux populaires »[15]. Leur héroisme s'accroit à partir de 1910 lorsqu'ils franchissent la haute montagne, qui donne à leurs exploits « une dimension mythologique »[16]. Si en 1903 quelques « géants de la route » (Maurice Garin, Jean Fisher, Hippolyte Aucouturier, Édouard Wattelier) côtoient une majorité d'inconnus[17], le nombre de coureurs professionnels va croissant[18].

Le Tour de France 1914 s'achève quelques jours avant que débute la Première Guerre mondiale. L'Auto donne régulièrement des nouvelles des sportifs mobilisés sur le front et annonce la mort de plusieurs coureurs du Tour. Le Luxembourgeois François Faber, vainqueur en 1909, meurt lors de la bataille de l'Artois de mai 1915. Octave Lapize, qui s'est engagé dans l'aviation, est abattu le 14 juillet 1917 au-dessus de Verdun. Enfin Lucien Petit-Breton, premier double lauréat du Tour (en 1907 et 1908) meurt le 20 décembre 1917 dans un accident automobile à l'arrière du front. Henri Desgranges, qui a espéré organiser le Tour en 1915, s'engage volontairement en 1917 et continue de rédiger des articles pour L'Auto depuis le front. L'armistice est signé le 11 novembre 1918. Dès le 20 novembre, L'Auto publie le parcours du Tour 1919[19].

1919-1939[modifier | modifier le code]

Après cinq ans d'interruption, le Tour reprend en 1919. À cette occasion, il finit de former le « chemin de ronde » commencé avant-guerre, en faisant étape à Metz et Strasbourg[20]. Seuls onze coureurs terminent ce Tour difficile, sur des routes peu entretenues durant le conflit mondial[Note 2], remporté par le Belge Firmin Lambot. Eugène Christophe devient le premier coureur à revêtir le maillot jaune.

Les premières éditions d'après-guerre ne rencontrent pas le même succès qu'auparavant. Les quatre succès des Belges de 1919 à 1922, dont Philippe Thys qui devient le premier coureur à gagner trois Tours en 1920, sont certes bien accueillis dans leur pays. L'image du Tour pâtit cependant de ces « champions peu charismatiques » et des entorses au règlement de courses. Bien que Desgrange soit resté intransigeant sur le caractère individuel de la compétition, les victoires doivent beaucoup aux ententes entre coureurs du consortium La Sportive, puis Peugeot en 1922. Le Tour connaît un éphémère regain d'enthousiasme en 1923 avec la victoire d'Henri Pélissier, l'un des coureurs français les plus populaires de l'époque[21].

Après la guerre, le comte de Dion cède ses actions de L'Auto à Victor Goddet. À la mort de celui-ci en 1926, son fils aîné Maurice Goddet se voit léguer la majorité des actions du journal. Desgrange reste cependant le patron du Tour. Il prend sous son aile le deuxième fils de Victor Goddet, Jacques, qui suit son premier Tour en 1928 après être entré au journal L'Auto, afin de l'amener à prendre sa succession[22].

L'emprise de Desgrange sur la course n'est pas appréciée de tous, et est même une cause de la dégradation de l'image du Tour de France à la fin des années 1920. En 1924, les frères Francis et Henri Pélissier ont abandonné pour protester contre un règlement jugé trop sévère. Ils se livrent au journaliste Albert Londres, qui couvre le Tour pour Le Petit Journal. Il lui décrivent les difficultés et la souffrance des coureurs du Tour de France, « en accentuant le côté dramatique de l'épreuve ». En titrant son article « Les forçats de la route », Londres rend cette expression et l'image qu'elle véhicule durablement populaires et fait découvrir au public une réalité peu connue[23]. Henri Pélissier poursuit dans sa protestation contre Desgrange et son règlement trop strict en envoyant un courrier à différents journaux. L'Humanité s'en saisit et suit pour la première fois le Tour de France[24].

Le Tour de France s'élance pour la première fois hors de la région parisienne en 1926. Il part d'Évian, effectue une boucle similaire à celle des éditions précédentes. Desgrange souhaite ainsi « réduire le temps entre la sortie des Alpes et l'arrivée à Paris. Les promenades en groupe ne signifient rien et finissent par lasser le public ». Ce nouveau parcours, le plus long de l'histoire du Tour (5 745 km), n'a pas l'effet escompté, car un grand nombre d'étapes se terminent par un sprint massif du peloton. Afin d'y remédier, Desgrange invente l'année suivante une nouvelle formule : lors des étapes de plaine, les équipes partent séparément. Les spectateurs ne comprennent pas l'enjeu et le déroulement de cette course. En 1928, il met en œuvre une nouvelle idée : le recomplètement des équipes, qu'il considère désorganisées après les Pyrénées, afin de leur permettre de concurrencer l'équipe Alcyon qui domine la course. Chaque équipe est autorisée à faire appel à trois remplaçants. Six coureurs entrent ainsi en course à Marseille, et font l'objet d'un classement général séparé[25]. En d'autres occasions, Desgrange renonce à son idéal sportif pour maintenir l'intérêt de la course. Il paie par exemple des coureurs pour qu'ils accélèrent lorsqu'il estime que le peloton est trop lent[26]. En 1929, le Belge Maurice De Waele, malade, s'impose grâce à l'aide de ses coéquipiers de l'équipe Alcyon. Pour Desgrange, « on fait gagner un cadavre ». Le Tour et son règlement, qui interdit l'entraide, sont définitivement discrédités[27].

L'équipe de France au départ du Tour de France 1932

Henri Desgrange doit repenser le déroulement de sa course. Il bouleverse le mode de participation au Tour de France. Les marques de cycles sont supprimées. Désormais, les coureurs contractent directement avec le Tour et sont regroupés par équipes nationales, L'Auto paye leurs frais et leur fournit un vélo jaune sans marque. Pour cette édition de 1930, cinq équipes nationales sont présentes, regroupant 40 coureurs : l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France et l'Italie. Depuis 1928, une partie des touristes-routiers sont groupés en équipes régionales et courent à leurs frais. Desgrange semble favoriser une victoire française. Il parvient certes à convaincre le campionissimo Alfredo Binda, peu enthousiaste, de participer, moyennant une prime de départ, mais refuse la participation de Maurice De Waele et de Costante Girardengo qui, associé à Binda, aurait formé un duo invincible[28]. L'adhésion à cette formule est générale. Elle suscite un regain d'intérêt du public, enthousiasmé par les victoires de l'équipe de France. Celle-ci projette l'image d'une France unie et s'impose cinq fois de 1930 à 1934, alors qu'Henri Pélissier avait été le seul vainqueur français depuis 1919. De nouvelles sources de revenus sont nécessaires pour organiser ce Tour. C'est dans ce contexte qu'est créée la caravane publicitaire. Son idée originale est attribuée à Marc Thevenin, directeur de la publicité des chocolats Menier, qui lance un véhicule de la marque sur les routes du Tour de France 1928. Accompagné d'autres véhicules, il suit le peloton et distribue des produits au public. La caravane lancée en 1930 est composée de six véhicules qui précèdent la course. Les entreprises y participant payent L'Auto, notamment via des prix et des primes. C'est ainsi qu'est créé un « embryon » de grand prix de la montagne : les chocolats Menier attribuent 5 000 francs au coureur passant le premier au sommet des sept grands cols. En 1931, Desgranges décide d'organiser lui-même cette caravane publicitaire[29]. Elle s'intègre rapidement dans le Tour de France et se développe. Elle « préfigure […] l'idéal social de la consommation de masse » et transforme de le Tour des années 1930 en « un véritable défilé de véhicules[30] ».

Les équipes nationales sont créées dans un contexte de montée des nationalismes en Europe et accroissent les enjeux nationaux et le chauvinisme dans le Tour de France[28]. Après les cinq victoires françaises de 1930 à 1934, les Belges Romain Maes et Sylvère Maes s'imposent en 1935 et 1936. Afin de contrer l'équipe belge, jugée supérieure aux autres lors des contre-la-montre par équipes, les étapes disputées sous cette forme sont moins nombreuses en 1937. La rivalité entre Belges et Français lors de cette édition se conclut par le retrait de l'équipe belge à la suite de son agression par le public à Bordeaux. Le Belge Sylvère Maes, porteur du maillot jaune, a été pénalisé dans la journée car il a été attendu et aidé par des individuels belges suite à une crevaison[31]. En Italie, Mussolini suit avec intérêt les succès des champions italiens. Sa participation à un cadeau offert à Ottavio Bottecchia, premier vainqueur italien du Tour en 1924 et 1925, suscite des manifestations antifascistes durant la course. Par crainte de représailles, Bottecchia ne porte pas le maillot jaune lors d'une étapes entre Toulon et Nice. En 1937, Mussolini pousse Gino Bartali à participer au Tour de France, à des fins de propagande pour son régime. Bartali, qui gagne l'épreuve en 1938, n'est cependant pas fasciste et se fait plus connaître pour sa foi catholique, au point d'être surnommé « Gino le pieux » ou « le mystique[32] ». Alors que les journaux de la SFIO et du Parti communiste, Le Populaire et L'Humanité, étaient jusque là « peu favorables » au Tour, ils s'y intéressent à partir de 1936, tandis que des grévistes du Front populaire saluent le passage de la course[33]. La guerre d'Espagne rejaillit également sur le déroulement du Tour. En 1937 et 1938, six coureurs espagnols s'engagent dans la compétition afin d'y représenter la République espagnole, dont Julián Berrendero et Mariano Cañardo, vainqueurs d'étapes dans les Pyrénées en 1937[34].

Durant cette période, le Tour de France voit sa popularité croitre. Avec le développement de sa couverture médiatique, le Tour de France devient le « pain quotidien médiatique au mois de juillet pour les Français[35] ». Alors que dans la décennie précédente, le public se concentre dans les villes et les sommets, le Tour dans les années 1930 attire sur l'ensemble de son parcours une foule importante, qui pourrait représenter la quart de la population d'alors, soit 10 millions de spectateurs[36]. Ce regain de popularité profite en premier lieu à L'Auto, dont les ventes augmentent et atteignent un maximum en 1933[37]. Durant les années 1930, L'Auto n'est cependant plus seul à profiter du succès du Tour. Après les niveaux records de 1933, les ventes du journal baissent. Toute la presse consacre une ou plusieurs pages au Tour. Le principal concurrent de L'Auto est Paris-Soir, qui s'est développé en publiant des reportages photographiques. Grâce à sa vitesse de parution, Paris-Soir paraît le soir même et relate la course avant L'Auto, qui ne paraît que le lendemain matin. Cet aspect de la concurrence des journaux est à l'origine en 1933 du décalage des arrivées d'étapes, du début à la fin d'après-midi[38]. En 1929, le journaliste de L'Intransigeant Jean Antoine, avec le soutien de la revue de sport Match, est le premier à réaliser des reportages radiodiffusés en dehors des studios. En 1930, l'ensemble des réseaux de radiodiffusion français retransmettent les quatre émissions quotidiennes. « Radio-course » apparaît en 1936, grâce au développement de la technologie sans fil : une voiture émettrice à l'arrière de la course annonce la position de la course aux spectateurs[39]. Le Tour de France fait également l'objet de premiers reportages d'actualité filmés en 1931. Leur projection quotidienne à Paris commence en 1932[40].

Le Tour de France 1939 s'achève un mois avant le début de la guerre. Les tensions sont déjà palpables entre les futurs belligérants : l'Allemagne et l'Italie de Gino Bartali sont ainsi absentes. De la même manière, les conscrits Jean-Marie Goasmat, Pierre Cogan et André Bramard n'obtiennent pas de permissions pour disputer l'épreuve[41].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Desgrange envisage toujours l'organisation du Tour en 1940. Il doit cependant renoncer en raison des zones militaires. Il donne rendez-vous à l'été 1941, mais malade, il meurt le 16 août 1940.

Pendant l'Occupation, les Allemands souhaitent que le Tour de France soit de nouveau organisé, afin de « rallier tout le peuple français » et de « légitimer leur pouvoir en autorisant à nouveau une grande manifestation publique », ce que Jacques Goddet refuse. Ce projet est confié au journal collaborationniste La France socialiste et à son chef des sports, Jean Leulliot, ancien journaliste de l'Auto et directeur de l'équipe de France pendant le Tour 1937. Jacques Goddet ayant interdit l'usage du nom « Tour de France », une course appelée « Circuit de France » est disputée du 28 septembre au 4 octobre 1942, en sept étapes. Le Belge François Neuville sort vainqueur de ce « fiasco sportif », récupéré par le gouvernement de Vichy. En 1943, les industriels, déjà réticents en 1942, n'apportent pas leur soutien à la France socialiste et le Circuit de France n'est plus organisé. En 1943, Goddet crée le Grand Prix du Tour de France, qui regroupe neuf épreuves (dont Paris-Roubaix). À la fin de la saison, le vainqueur se voit remettre un maillot jaune.

Comme les autres journaux ayant paru pendant l'Occupation, l'Auto voit ses biens confisqués et n'est plus publié à partir du 17 août 1944[42].

Reprise du Tour à la Libération[modifier | modifier le code]

Jacques Goddet, avec le soutien d'Émilien Amaury (créateur du Parisien Libéré), obtient néanmoins le droit de relancer un journal sportif mais sous un autre titre. L'Équipe paraît à partir du 28 février 1946. En juillet 1946, des journaux « sympathisants » du PCF lancent la Ronde de France (le journal Sports, avec l'aide de Miroir Sprint et Ce soir), une course en 5 étapes de Bordeaux à Grenoble. Quelques jours plus tard, L'Équipe et Le Parisien Libéré (du groupe Amaury, alors proche de la démocratie chrétienne et du général de Gaulle) donnent naissance à la Course du Tour, reliant Monaco à Paris[réf. nécessaire]. Sur fond de politique, chacun espère pouvoir reprendre l'organisation du Tour de France, dès que l'état du pays le permettra. En juin 1947, alors que les ministres communistes ont quitté le gouvernement un mois plus tôt, l'État confie au Parisien Libéré et à L'Équipe le soin d'organiser le Tour de France. Le Tour de France reprend donc en juillet 1947. Jacques Goddet est désigné directeur de course et Félix Lévitan (chef des sports au Parisien) directeur-adjoint.

Le Tour de France pendant les 30 glorieuses[modifier | modifier le code]

Durant les années 1950, sous l'impulsion de Félix Lévitan, le parcours du Tour « s'affranchit du chemin de ronde », ce que Desgrange n'avait pas osé faire, et explore le centre de la France, le Massif central, et y conquiert un nouveau public qui ne voyait pas passer la course auparavant. La découverte de nouvelles ascensions, notamment le mont Ventoux en 1951 relance l'attrait sportif de la course. Les premières arrivées en altitude se font l'année suivante, à L'Alpe d'Huez, à Sestrières et au Puy de Dôme[43]. Dans une Europe divisée en deux blocs, le Tour de France se développe à l'ouest en visitant régulièrement ses voisins italiens, suisses et belges[44]. L'élargissement du territoire du Tour de France est un choix des organisateurs en partie contraint par la concurrence d'autres courses. Celle de la Course de la Paix, épreuve phare en Europe de l'Est et créée en 1948, est crainte par Jacques Goddet. Réservée aux amateurs, elle accueille un peloton plus large que le Tour de France. En 1961, un pendant occidental à la Course de la Paix est créé : le Tour de l'Avenir, réservé aux amateurs et couru par équipes nationales quelques heures avant les professionnels sur le même parcours que le Tour de France. La concurrence de la Course de la Paix poussera le Tour à adopter une formule « open » dans les années 1980. En 1954, un Tour d'Europe est organisé par Jean Leulliot. L'annonce de l'évènement incite le Tour de France à prendre pour la première fois son départ de l'étranger, à Amsterdam, en 1954. Le Tour d'Europe n'a cependant pas le succès escompté, en raison de l'absence des meilleurs coureurs. Jean Leulliot ne parvient par à organiser son épreuve l'année suivante, et L'Équipe, Le Parisien Libéré, La Gazzetta dello Sport et Les Sports rachètent les droits de la course et organisent une deuxième et dernière édition en 1956. Les Tours de France et d'Italie « englobent » le Tour d'Europe et prennent le nom officiel de « Tour de France et d'Europe » et « Tour d'Italie et d'Europe »[45],[46],[47].

Les années 1950 voient le développement de la télévision. Elle arrive sur le Tour de France en 1948. L'arrivée au Parc des Princes est l'occasion du premier reportage en direct hertzien de la télévision française. L'année suivante, des résumés d'étapes sont diffusés lors des premiers journaux télévisés, puis à partir de 1955, le résumé de l'étape du jour est proposé en soirée. Avec la progression de l'équipement des ménages, la télévision prend le relais de la presse écrite[48]. La progression de ce nouveau média ne se fait pas sans accroc. Enthousiaste à son arrivée, Goddet craint l'emprise grandissante de la télévision sur son spectacle. En 1957, l'intervention de l'État est nécessaire pour assurer la présence de la télévision sur la course, après le refus de la RTF de payer une redevance revue à la hausse[49]. En 1959, les arrivées de certaines étapes sont retransmises en direct[50], puis en 1962 les dix derniers kilomètres[48]. La diffusion du duel entre Anquetil et Poulidor sur les pentes du Puy de Dôme en 1964 marque le début de la passion des Français pour le Tour de France télévisé[51].

La diffusion du Tour à la télévision offre un nouveau support publicitaire pour les produits dont la consommation se développe à cette époque. Alors que la publicité est encore interdite à la télévision, les courses cyclistes permettent aux marques de s'offrir une présence à l'écran[52]. Ce phénomène est renforcé par la situation économique difficile de l'industrie de cycle. En effet, concurrencées par l'automobile et le cyclomoteur, de plus en plus de firmes disparaissent, et avec elles les équipes qu'elles financent. Le champion italien Fiorenzo Magni est en 1954 le premier à recourir à une marque « extra-sportive ». Il est rapidement imité par l'ensemble des équipes en 1955 et 1956. Les sponsors « extra-sportifs » restent cependant absent du Tour. Jacques Goddet s'affirme encore en 1961 « résolument opposé aux équipes de marques dans l'état anarchique actuel des choses ». Il se résigne pourtant à les accueillir à partir de 1962 pour relancer l'intérêt sportif de la course, après une édition 1961 écrasée par l'équipe de France et Jacques Anquetil, et à laquelle Poulidor a refusé de participer pour ne pas avoir à se mettre au service de ce dernier. Les équipes nationales font un bref retour en 1967 et 1968, sans succès. Adoptée « à titre expérimental », la formule des équipes de marques est maintenue par la suite[53],[54].

Le journal L'Équipe est en difficulté au milieu des années 1960 et est racheté en 1965 par Émilien Amaury. L'organisation du Tour, devenue trop lourde pour L'Équipe et Le Parisien libéré, est confiée à une société créée ad hoc en 1973, la Société d'exploitation du Tour de France, filiale du groupe Amaury. Goddet et Lévitan restent à la tête de la course, bien que leur direction et leur vision archaïque soit critiquée. Durant les années 1960 et jusqu'aux années 1970, la situation économique du Tour se dégrade. Son organisation est déficitaire. Une relative désaffection du public est observée et la caravane se restreint considérablement. Les prix attribués aux coureurs demeurent inchangés, de sorte que leur valeur réelle diminue, ce qui mécontente le peloton. Le Tour de France semble subir les conséquences de la place croissante de l'automobile dans la société, aux dépens de la bicyclette[55]. Le peloton cycliste français est également en difficulté. Des sponsors se retirent, au point qu'il ne reste plus que 4 équipes professionnelles françaises en 1974[56].

Le Tour de France parvient tout de même à se relancer au milieu des années 1970. Alors que les industries subissent la crise pétrolière, celle du cycle connaît un nouvel essor, grâce à une nouvelle mode partie de Californie au milieu des années 1960, et à l'émergence du mouvement écologique[57]. En s'éloignant des grands axes de circulation pour aller à la rencontre de la France paysanne, le Tour de France suscite l'intérêt du secteur agricole en 1974. Enfin, le Tour, spectacle gratuit et fête populaire, attire de nouveau la foule sur le bord des routes, probablement grâce à son « aspect fédérateur […] face à la crise économique et au changement de société »[58]. En 1975, les organisateurs opèrent une relance sportive, commerciale et touristique du Tour, grâce à une nouvelle stratégie s'adressant aux spectateurs comme consommateurs et qui l'amène à devenir « promoteur de la France des loisirs et du tourisme ». Le classement du meilleur jeune, récompensé par un maillot blanc, et le maillot à pois de meilleur grimpeur sont introduits, et le Tour s'achève pour la première fois aux Champs-Élysées, où le Président de la République Valéry Giscard d'Estaing remet son maillot jaune à Bernard Thévenet, qui met fin au règne d'Eddy Merckx. Félix Lévitan décrit les nouvelles priorités du Tour : « Nous voulons passer par les Alpes, par les Pyrénées, par le Massif central et terminer à Paris ». La course offre une promotion aux stations balnéaires et de sports d'hiver du pays. Neuf stations de sports d'hiver sont ainsi visitées en 1975. Le promoteur immobilier Guy Merlin devient un partenaire important. Jusqu'en 1982, le Tour fait régulièrement étape dans des stations où il mène des projets immobiliers ; un contrat d'exclusivité est même signé en 1978. Avec le retour des sponsors, la caravane reprend de l'ampleur, et le Tour de France redevient bénéficiaire à partir de 1976[59].

Le tournant commercial pris par le Tour de France est toutefois critiqué. L'importance prise par la télévision bouleverse le déroulement de la course : l'intérêt d'un passage à l'écran pour un sponsor d'équipe pousse des coureurs à chercher avant tout à passer à la télévision. Un retour aux équipes nationales est évoqué. Les nouvelles priorités du parcours multiplient les transferts entre villes et hôtels, au point que les coureurs improvisent une grève à Valence d'Agen en 1978. Quelques aménagements sont décidés en 1979, notamment sur l'horaire de départ des étapes, mais les priorités restent les mêmes et le Tour est amené à prendre encore davantage d'ampleur dans les années qui suivent[60].

L'« extension mondialisée » du Tour de France[modifier | modifier le code]

Les années 1980 et 1990 sont une période d'internationalisation et de croissance du Tour de France.

Au début des années 1980, l'organisation du Tour de France cherche à élargir son audience et à trouver de nouveaux adversaires aux coureurs d'Europe de l'Ouest (les vainqueurs du Tour de France ne sont alors tous issus que de sept pays de cette région), et particulièrement à Bernard Hinault qui domine la compétition. L'idée d'un Tour « open », c'est-à-dire ouvert aux amateurs, est lancée par Félix Lévitan en 1982. Elle se réalise l'année suivante, moins ambitieuse toutefois que ce qu'imaginait ce dernier. Alors que le but de ce projet est de faire participer les coureurs d'Europe de l'Est, ceux-ci en sont empêchés par leurs dirigeants politiques. Une seule équipe amateur participe finalement au Tour de France 1983 : l'équipe de Colombie, qui révèle le grimpeur Luis Herrera, deux fois vainqueur du classement de la montagne. Au lieu de s'ouvrir à l'Est, le Tour élargit son horizon à l'ouest, avec l'arrivée en 1986 d'une équipe américaine, et d'un premier vainqueur américain, Greg LeMond. Si aucun coureur amateur d'Europe de l'Est ne participe au Tour, l'ouverture progressive de certains pays permet à des athlètes de devenir professionnel en Europe de l'Ouest. En 1987, le Tour fait un pas vers l'Est en partant de Berlin-Ouest. Cette édition marque tout de même la volonté d'internationaliser le Tour. Il faut attendre la chute du mur de Berlin puis la fin du pacte de Varsovie pour voir participer en nombre des coureurs d'Europe de l'Est[61],[62].

La période voit le Tour de France devenir une « gigantesque machine économique[63] ». Son suivi médiatique, ses recettes, son budget croissent, et sa place dans le cyclisme devient hégémonique. Ces évolutions sont pour partie liées à une stratégie des organisateurs du Tour. Ceux-ci changent d'ailleurs à la fin des années 1980. En 1988, Jean-François Naquet-Radiguet remplace Félix Lévitan, avec l'objectif de « moderniser » le Tour. Il signe des contrats avec de nouveaux diffuseurs et insuffle une nouvelle stratégie commerciale, poursuivie par son successeur Jean-Marie Leblanc, qui le remplace dès l'année suivante. Il s'agit de débarrasser le Tour de son image de « foire commerciale », et de s'appuyer sur un nombre restreint de sponsors plus importants, formant un « club des partenaires ». Ces politiques permettent au Tour de tripler son budget entre 1988 et 2003, grâce à une forte augmentation des droits télévisés et des recettes publicitaires. La Société du Tour de France devient en 1993, une filiale d'Amaury Sport Organisation[64].

Le Tour de France, déjà doté d'un prestige plus important que les autres courses depuis plusieurs décennies, acquiert une position hégémonique. Certains coureurs axent leur saison sur le Tour de France, et délaissent d'autres compétitions majeures du calendrier. Cette stratégie est initiée par Greg Lemond. Il est ensuite imité par Miguel Indurain, quintuple vainqueur entre 1991 et 1995, Lance Armstrong, détenteur du record de victoire avec sept succès de 1999 à 2005 jusqu'à son déclassement en 2012, ainsi que d'autres coureurs ayant eu l'objectif de gagner le Tour. Bernard Hinault est ainsi le dernier lauréat de la « grande boucle » à compter au moins une victoire sur une classique dite « monument[Note 3] ». Les championnats du monde et les Tours d'Italie et d'Espagne souffrent aussi de la concurrence du Tour. La simple participation au Tour devient une motivation essentielle pour les sponsors d'équipe. Le nombre d'équipes candidates au Tour de France est croissant. En 1989, l'Union cycliste internationale instaure un système de sélection, basé sur le classement mondial par équipes, permettant aux mieux classées d'entre elles de participer automatiquement. Le nombre d'invitations laissées à la discrétion des organisateurs est faible, et les déceptions sont fréquentes, avec des conséquences sur le financement voire la survie des équipes écartées[65].

Le Tour de France face au dopage[modifier | modifier le code]

Affiche de spectateurs sur le Tour de France 2006
Article détaillé : Dopage sur le Tour de France.

Le dopage est présent dans le cyclisme depuis la fin du XIXe siècle[66]. Jusqu'aux années 1950, il n'est pas un sujet d'inquiétude majeur et est « traité de façon cursive ou humoristique », bien que Desgrange s'en émeuve. Les consommations de produits par les coureurs ont été décrites par Albert Londres en 1924 dans son article Les forçats de la route. La lutte antidopage commence sur le Tour de France en 1966, après plusieurs incidents durant les années précédentes. Elle provoque une grève des coureurs conduite par Jacques Anquetil. Après le décès de Tom Simpson sur les pentes du mont Ventoux en 1967, des coureurs tirés au sort sont contrôlés à chaque fin d'étape à partir de 1968. Plusieurs affaires spectaculaires ébranlent le tour à partir de la fin des années 1970 (mise hors course de Michel Pollentier, déclassement de Joop Zoetemelk, mise en cause de Pedro Delgado). Durant les années 1990, l'arrivée massive de l'EPO modifie la physionomie de la course, en particulier lors des années de domination de Miguel Indurain, puis de Bjarne Riis (dont la victoire en 1996 est entachée d'un dopage avoué).

L'« affaire Festina » qui ébranle le Tour de France 1998 constitue un tournant dans la perception du dopage par le public[67] et dans l'image du Tour de France[68]. Elle révèle l'« ampleur du dopage[69] » et le passage « d'un dopage artisanal à un dopage industriel, avec pour produit-phare l'EPO[70] ». Depuis, des affaires de dopage touchent le Tour et ses principaux coureurs chaque année. La lutte traditionnelle (contrôles antidopages) se double dans les années 2000 d'une politique policière d'interventions en raison d'infraction sur les produits stupéfiants.

Lance Armstrong, en 2002

En 2006, Floyd Landis est le premier vainqueur du Tour à être déclassé pour dopage, mais les exploits de Lance Armstrong, qui remporte sept fois le Tour de 1999 à 2005 en écrasant la concurrence, sont l'objet d'une « suspicion permanente »[71]. Les journalistes se saisissent du sujet et révèlent des témoignages confirmant les pratiques dopantes d'Armstrong, ainsi que des contrôles positifs[Note 4]. En août 2012, l'Agence américaine antidopage prononce à l'encontre de Lance Armstrong une suspension à vie et le déchoit de ses sept titres pour plusieurs violation du Code mondial antidopage. La perte de ses titres est confirmée par l'UCI le 22 octobre 2012, et il n'est pas remplacé au palmarès de la course. En 2011, Alberto Contador prend le départ du Tour alors que le Tribunal arbitral du sport n'a pas encore statué sur le contrôle antidopage positif dont il a fait l'objet lors de l'édition précédente qu'il a remportée. Le 6 février 2012, Contador est finalement déclassé. De 1999 à 2011, neuf victoires sur quatorze tours, ont donc été annulées (en outre celle de Bjarne Riis en 1996, avait été rayée du palmarès en 2007, avant d'être rétablie, le 4 juillet 2008, avec une mention de ses aveux de dopage).

Organisation du Tour[modifier | modifier le code]

Propriétaires et dirigeants du Tour de France[modifier | modifier le code]

De 1903 à 1939, le Tour de France est organisé par L'Auto et est dirigé par Henri Desgrange, directeur de ce journal sportif. À la Libération, L'Auto est interdit de paraître et ses biens, dont le Tour de France, sont mis sous séquestre par l'État. La course est cédée à la Société du Parc des Princes, dirigée par Jacques Goddet, qui a succédé à Desgrange à la tête de L'Auto. Celui-ci confie l'organisation du Tour à L'Équipe, nouveau quotidien sportif qu'il dirige, et au Parisien libéré. Goddet reste à la tête du Tour de France jusqu'en 1987. De 1962 à 1987, il a pour adjoint Félix Lévitan, chef du service sportif du Parisien libéré. En 1965, les Éditions Philippe Amaury, propriétaires du Parisien libéré, achètent L'Équipe. Ce groupe de presse devient ainsi propriétaire du Tour de France, toujours organisé par L'Équipe et Le Parisien libéré jusqu'en 1973. En 1973, cette organisation est confiée à une filiale du groupe, la Société d'exploitation du Tour de France. Celle-ci devient en 1993 une branche d'Amaury Sport Organisation, filiale du Groupe Amaury spécialisée dans l'organisation d'évènement sportifs[72]. La Société du Tour de France se fond ensuite dans ASO, pour en devenir le département cyclisme[73]. Après les brefs passages de Jean-François Naquet-Radiguet (1987) et Xavier Louy (1988), Jean-Marie Leblanc devient directeur du Tour en 1989. Christian Prudhomme lui succède en 2007.

Budget[modifier | modifier le code]

Créé pour porter un coup fatal au Vélo, journal concurrent de L'Auto, le Tour de France est depuis ses débuts un « spectacle sportif à visée commerciale »[74]. L'accès gratuit pour les spectateurs lui assure une affluence importante, ce qui attire les annonceurs. Le Tour de France tire ses profits de trois sources : le prix payé par les collectivités pour être villes-étapes, le sponsoring de sociétés qui font leur publicité à travers le Tour de France, et les recettes liées à la relation ou la retransmission de la course : ventes de L'Auto puis de L'Équipe, droits de retransmission télévisée aujourd'hui[75].

Le budget du Tour de France et ses évolutions ne sont pas connus avec précision, la société qui l'organise ne publiant pas ses comptes. Plusieurs auteurs ont toutefois effectué des estimations. D'après ces derniers, ainsi que des déclarations de Félix Lévitan, le Tour « ne commencerait à devenir en lui-même profitable qu'à partir de la seconde moitié des années 1970[76]. » Après avoir fortement augmenté à partir des années 1950, le chiffre d'affaires du Tour à « explosé » dans les années 1980, étant multiplié par dix en vingt ans. Cette hausse est due pour un tiers aux droits des retransmissions télévisées, devenus au début des années 2000 la principale source de revenus. Ceux-ci ont supplanté les recettes issues du sponsoring et de la publicité, qui ont représenté les deux tiers du chiffre d'affaires des années 1950 à la fin des années 1980. Ces recettes publicitaires ont toutefois continué à augmenter[77]. Sous la direction de Jean-François Naquet-Radiguet puis de Jean-Marie Leblanc à la fin des années 1980, la nouvelle stratégie commerciale du Tour l'a amené à s'appuyer sur une nombre restreint de sponsors, formant un « club des partenaires ». Au premier rang de ceux-ci figure le Crédit lyonnais, sponsor du maillot jaune depuis 1987. La caravane publicitaire du Tour est « le meilleur symbole de la dimension commerciale » de la course. Créée en 1930 pour être une nouvelle source de revenus lors de la création des équipes nationales, elle est formée par des véhicules publicitaires précédant les coureurs sur le parcours et distribuant des objets publicitaires ou des échantillons[78]. Enfin, les recettes issues des villes-étapes, qui existent depuis 1930, croissent depuis les années 1970, bien que leur part dans le chiffre d'affaires ait baissé depuis (jusqu'à 5% en 2003, contre 40% en 1952)[77].

Médiatisation du Tour de France[modifier | modifier le code]

Créé en 1903 par le quotidien sportif parisien L'Auto, le Tour est un excellent laboratoire pour les médias hors presse du XXe siècle. Le premier reportage radiophonique en direct a été réalisé par Jean Antoine et Alex Virot en 1930. Dès lors, la radio s’impose sur le journal, qui ne peut donner les résultats que le lendemain matin. Les actualités cinématographiques ne furent jamais de véritables concurrents, car elles diffusaient toujours les étapes avec plusieurs jours de décalage. La télévision est présente sur la route du Tour dès la fin des années 1940 mais doit expérimenter toutes sortes de moyens afin d’assurer un reportage correct de la course. Le premier reportage en direct d’un sommet alpin se limita en effet à un plan fixe du passage du col. Le reportage reprit deux heures plus tard avec un plan fixe de la ligne d’arrivée. Il faut attendre les années 1960 pour assister à des reportages télévisés en direct faisant véritablement pénétrer le téléspectateur au cœur de la course, grâce à des caméras embarquées sur des motos relayées par avion ou hélicoptère (dès 2013, un drone est utilisé pour approcher au plus près les monuments historiques sur la route du Tour). Ainsi, on peut définir trois âges médiatiques pour le Tour : le journal papier de 1903 aux années 1920, puis la radio des années 1930 au début des années 1960, enfin la télévision depuis la fin des années 1960. Les journaux papier, L’Équipe en tête, n’abdiquèrent évidemment pas face à la montée en puissance de la radio et de la télévision, mais la description pure de l’étape laissa progressivement la place à des points de vue décalés. Antoine Blondin excellait dans ce genre.

Règlement de course[modifier | modifier le code]

Équipes et participation[modifier | modifier le code]

Maurice De Waele, vainqueur du Tour de France 1929, le dernier disputé, selon son règlement, individuellement.

Les premières éditions du Tour de France se couraient, soit individuellement, soit par équipes de marque. Les sponsors de l'époque étaient les fabricants de cycles (Peugeot, Alcyon, La Française…). L'entraide entre équipiers était cependant formellement interdite.

En 1927, afin d'apporter plus d'animation à la course, Henri Desgrange crée un système de départs séparés. Chaque équipe part de 15 minutes en 15 minutes. Cette formule, qui favorise les grosses équipes et légalise l'entraide, sera reconduite l'année suivante. Pour augmenter les chances de voir une victoire française, Henri Desgranges autorise également la participation d'équipes régionales en 1928.

Mais le public ne s'y retrouve plus. En 1929, Desgranges supprime les départs séparés. L'entraide entre équipiers est officiellement de nouveau interdite, mais dans les faits, impossible à faire respecter, comme en témoigne la victoire de Maurice De Waele. Depuis la seconde édition (en 1904), la direction de la course doit également gérer les nombreux conflits entre marques, et des tentatives de tricherie.

Aussi, en 1930, la direction de la course change radicalement le règlement, et regroupe les cyclistes professionnels en équipes nationales. Les frais sont pris en charge par les organisateurs, bicyclettes incluses. Certains « touristes-routiers », qui couraient alors en individuels, sont regroupés en équipes régionales.

Après guerre, équipes nationales et équipes régionales sont toujours au départ. Ce mode de fonctionnement continuera jusqu'en 1961.

Dans les années 1960, la direction du Tour de France semble hésiter : équipes de marque de 1962 à 1966, puis équipes nationales en 1967 et 1968. Mais en 1969, c'est finalement le retour aux équipes de marque, telles qu'on les connaît aujourd'hui.

L'équipe BMC au départ du Tour de France 2010

De nos jours, vingt-deux équipes de marque, de neuf coureurs chacune, participent chaque année au Tour de France. Depuis 1989, un système de sélection instauré par l'Union cycliste internationale (UCI), basé sur le classement mondial par équipes, permet aux mieux classées d'entre elles de participer automatiquement[79]. Depuis 2005 et la création par l'UCI de l'UCI World Tour (appelé à l'origine UCI ProTour), les équipes faisant partie de cette division mondiale du cycliste participent automatiquement aux courses les plus importantes, dont le Tour de France. Elles sont dix-huit en 2014, laissant aux organisateurs du Tour quatre places à offrir parmi les équipes continentales professionnelles (deuxième division).

Classements et maillots[modifier | modifier le code]

Classement général et maillot jaune[modifier | modifier le code]

Maillot jaune

Le maillot jaune du leader du classement général est l’un des plus emblématiques symboles du Tour de France. La couleur jaune rappelle celle du journal L'Auto, créateur de l’épreuve. La signature d’Henri Desgrange, le fameux HD, orne ce maillot après une parenthèse de quelques années seulement où cet usage fut oublié.

Ce maillot distinctif est créé en 1919, en plein Tour. C’est au départ de Grenoble (11e étape), le 19 juillet 1919, qu’Eugène Christophe est revêtu du tout premier maillot jaune de l’histoire.

Le classement général au temps étant le classement le plus important, le cycliste y occupant la première place, même s'il est également en tête d'autres classements, porte le maillot jaune. Le second du classement par points ou de la montagne porte alors, par délégation, le maillot vert ou à pois.

Principaux classements annexes[modifier | modifier le code]

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Le classement par points consistait initialement en l’attribution d’un nombre de points décroissants aux premiers coureurs de chaque étape. C’est de cette façon que le classement général était fait lors des premiers tours, avant le classement au temps.

Le classement par points est recréé en 1953. Il met l’accent sur les arrivées aux sprints. Afin d’étoffer ce classement, des sprints intermédiaires ponctuent les étapes. Ces sprints intermédiaires donnaient quelques points aux trois premiers, jusqu'en 2011 où il n'y a qu'un sprint intermédiaire par étape récompensant les 15 premiers coureurs. Les étapes de montagne n’attribuent que peu de points pour ce classement, tandis que les étapes de plaine, avec arrivée fréquente au sprint, sont plus richement dotées. C’est bien un classement du meilleur sprinteur et pas un classement par points en usage lors des premières éditions du Tour. Un maillot vert identifie dans le peloton le leader de ce classement, ou le second, au cas où le leader de ce classement est également le porteur du maillot jaune. Le maillot vert spécifique est en usage depuis la création du classement par points, en 1953, sauf lors du Tour de France 1968 où il fut rouge.

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Le classement du meilleur grimpeur est créé en 1933. Chaque col, selon sa difficulté, rapporte des points, que l’on additionne afin de dresser ce classement. Les cols les plus difficiles sont classés « hors catégorie », les autres en 1re, 2e, 3e puis 4e catégorie. Un maillot blanc à gros pois rouges identifie dans le peloton le leader de ce classement, ou le second, au cas où le leader de la montagne est également le porteur du maillot jaune. Si le Grand Prix de la montagne est créé dès 1933, le maillot spécifique à pois rouges n’apparaît qu’en 1975.

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Le classement du meilleur jeune est disputé par les plus jeunes coureurs (25 ans maximum). Le meilleur d'entre eux au classement général revêt un maillot blanc. Il fut créé en 1975, et fut supprimé de 1989 à 1999, puis réapparaît dans les pelotons depuis 2000.

Autres classements et prix[modifier | modifier le code]

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Un classement par équipes prenant en compte les temps des trois premiers arrivés à l’étape. Ce challenge était jadis signalé par le port d’une casquette jaune par tous les membres de l’équipe. Cet usage de la casquette jaune est aujourd’hui perdu à cause de l'obligation du port du casque, mais depuis le Tour 2006 la meilleure équipe est signalée par un dossard jaune. Depuis 2012 ce classement est signalé par le port de casque jaune, rappelant ainsi l'époque ou l'équipe leader portait des casquettes jaunes.

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Un challenge de la combativité, aux règles de classements mouvantes, récompense à chaque étape le coureur le plus combatif. Un jury décerne ce challenge. Le combatif du jour précédent est signalé en course par un dossard rouge. En fin de Tour, un Super combatif (c'est-à-dire le coureur ayant été le plus combatif pendant toute l'épreuve) est désigné. Ce prix n'est pas décerné suite à une étape contre-la-montre.

Les souvenirs Henri-Desgrange et Jacques-Goddet sont des récompenses dotées, incluses récemment dans le Tour de France. Chaque « souvenir » est lié à la fois à un grand directeur du Tour, et à un col célèbre : le souvenir Henri-Desgrange est décerné au premier coureur passant au col du Galibier, tandis que le souvenir Jacques-Goddet est attribué au coureur arrivant en tête au col du Tourmalet.

Dans le cas où le col du Galibier n'est pas programmé, le souvenir Henri-Desgrange est attribué au coureur passant en tête à l'ascension la plus élevée du Tour (à la manière de la Cima Coppi dans le Tour d'Italie), sauf s'il s'agit du Tourmalet où le souvenir Jacques-Goddet est déjà décerné. C'est donc la deuxième ascension la plus haute du Tour qui décerne le souvenir Henri-Desgrange (en 2010, comme le Tourmalet fut gravi deux fois, le Tourmalet décernait les deux souvenirs puisqu'il était également le sommet le plus élevé du Tour).

Anciens classements[modifier | modifier le code]

En vigueur dans les années 1980, le maillot rouge servait à distinguer le leader des sprints catchs. Il a été porté entre 1983 et 1990. Certains grands noms l'ont porté, comme Gilbert Duclos-Lassalle et Jacques Hanegraaf.

Un maillot mondrian était porté par le leader du classement combiné, qui combinait les classements par points et de la montagne. Il a été en vigueur entre 1983 et 1989.

Un classement du centenaire fut mis en place en 2003 en additionnant des places obtenues lors des étapes de 1903, c’est-à-dire : Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Paris. Il fut remporté par Stuart O'Grady.

Primes[modifier | modifier le code]

En 2014, 2,035 millions d'euros de primes sont distribués aux coureurs du Tour de France, dont 450 000 euros pour le vainqueur. Ce prix du lauréat n'a pas changé depuis 2006. Lors du premier Tour de France, en 1903, le total des primes était de 20 000 francs or, dont 3 000 pour le vainqueur[80]. En monnaie constante, la prime au vainqueur a ainsi été multipliée par 40, et la prime moyenne par coureur par 13[81]. Ces primes ont baissé jusqu'aux années 1920, et ont connu un première forte hausse « au début des années 1930, à la suite de l'introduction de la caravane et du financement de divers prix par des sponsors ». Le prix du vainqueur augmente à nouveau fortement à la fin des années 1980 : il est multiplié par dix en quelques années. Il stagne depuis. Cette deuxième hausse importante est concomitante à celle du chiffre d'affaire du Tour. Elle est nettement supérieure à la hausse du gain moyen du coureur du Tour : ainsi, en 2000, le vainqueur perçoit une prime représentant 25 fois le gain moyen, alors qu'il gagnait huit fois plus en 1980.

Cette hausse importante des primes et sa concentration sur le vainqueur doit à l'environnement concurrentiel du Tour de France. L'accroissement de l'audience télévisée des spectacles sportifs et des droits de retransmission concerne le Tour mais aussi les grandes courses avec lesquelles il est en concurrence. Augmenter les prix, et particulièrement celui du vainqueur, a pour but d'attirer les meilleurs coureurs et de les inciter à se battre pour la première place, assurant ainsi le spectacle[82].

Bien que les primes soient attribuées individuellement, les coureurs d'une même équipe se répartissent collectivement leurs gains depuis la fin des années 1940. Ce fonctionnement incite les coureurs à aider leurs coéquipiers à obtenir de bons résultats, quitte à sacrifier leurs propres chances[83].

Parcours du Tour de France[modifier | modifier le code]

Le Tour de l'Hexagone[modifier | modifier le code]

Après deux années d'expérimentation[84], le parcours du Tour part à la conquête des frontières naturelles et politiques de la France à partir de 1905. Cela amène la course à explorer les chaînes pyrénéenne (en 1910) et alpestre (en 1911), à faire des incursions en Alsace-Moselle, alors sous administration allemande. Le « chemin de ronde » voulu est bouclé en 1919, lorsque ces territoires redeviennent français (cf supra). Ce choix de coller à l'Hexagone allonge progressivement la distance parcourue. De 1906 à 1951, la distance moyenne d'un Tour de France est de 4 962 km[85], soit le double du kilométrage des deux premiers Tours (la distance maximale de 5 745 km est atteinte en 1926).

Le parcours conserve ce schéma de « Tour de la France » jusqu'en 1951. De nouveaux impératifs amènent les organisateurs du Tour à le quitter : l'importance prise par la télévision, la construction européenne, la demande du public, la promotion des villes, la dimension commerciale du Tour de France[86]. Paul Boury distingue quatre formes de parcours depuis lors : l'« Hexagone déformé », le parcours « diagonal », le parcours « débordant » et le parcours « discontinu »[87].

Le Tour en montagne[modifier | modifier le code]

Historique et altitude[modifier | modifier le code]

Le premier petit col du Tour fut le Pin Bouchain, gravi dès 1903, au cours même de la première étape Paris-Lyon. Il est situé sur la route nationale 7, entre Roanne et Tarare. Un autre col fut escaladé au cours de ce Tour 1903, celui du Grand-Bois (1 161 m), dit aussi col de la République, à la sortie de Saint-Étienne, dans l’étape Lyon-Marseille. Il devient ainsi le premier col référencé de l'épreuve[88] et le premier de plus de 1 000 mètres.
Dans la progression altimétrique vinrent ensuite le Ballon d'Alsace (1 178 m) et le Col Bayard (1 245 m) en 1905. Le Col de Porte (1 326 m) en 1907. Puis les Pyrénées sont au programme avec Peyresourde (1 569 m) et le Tourmalet (2 115 m) (premier à plus de 2 000 m) dans la même étape en 1910. Les Alpes seront gravies l'année suivante avec le terrible Galibier (2 645 m), en 1911. Puis c'est le col de l'Iseran (2 770 m) en 1938. Depuis 1962, la Cime de la Bonette est la plus haute route jamais empruntée par le Tour (2 802 m)[89].

La plus haute arrivée d'étape (2 645 m) a eu lieu en 2011 au sommet du col du Galibier, à l'issue de la 18e étape, entre Pignerol et le col du Galibier. Elle a vu la victoire du Luxembourgeois Andy Schleck, après une échappée au long cours.

Les ascensions mythiques[modifier | modifier le code]

Le Tour de France aura vu naître de nombreuses ascensions ayant acquis, par la course, une très grande notoriété. La quasi-totalité de ces ascensions se situent dans les Alpes ou dans les Pyrénées. On note deux types d'ascensions : les arrivées au sommet, qui se font généralement dans des stations de sport d'hiver, et les cols, généralement plus élevés en altitude, qui sont souvent enchaînés jusqu'à l'arrivée dans les étapes de montagne.

Parmi les arrivées au sommet, L'Alpe d'Huez est sans doute la plus connue, avec ses 21 lacets menant à la station. L'ascension y menant a été empruntée à 29 reprises depuis 1952. Dans les Pyrénées, on peut citer les arrivées du plateau de Beille, où les quatre premiers vainqueurs ont remporté le Tour, le Pla d'Adet ou encore Luz-Ardiden. Enfin, le puy de Dôme, dans le Massif central, et sa montée en spirale autour du volcan, a aussi grandement contribué à la notoriété du Tour. Cependant, à la suite de la construction d'un train à crémaillère rendant la route trop étroite pour permettre le passage de l'épreuve, cette dernière ne pourra plus jamais être empruntée par le Tour (dernier passage en 1988).

Les grands cols sont plus nombreux, du fait que le Tour les emprunte très souvent d'une année sur l'autre, ce que ne peut pas forcément se permettre une station de sports d'hiver. Le col du Tourmalet dans les Pyrénées, culminant à 2 115 m, a été franchi 77 fois par le Tour, ce qui est plus que n'importe quel autre col ou ville-étape du Tour (hormis Paris). Parmi les autres cols reconnus des Pyrénées, on peut citer le col d'Aubisque (1 709 m), le col d'Aspin (1 489 m), le col de Marie-Blanque (1 035 m), le col de Peyresourde (1 569 m), le col de Portet d'Aspet, resté célèbre pour la mort de Fabio Casartelli en 1995, ou le col de Menté (1 349 m). Dans les Alpes, où les cols dépassent souvent les 2 000 mètres, le col de référence reste le col du Galibier, culminant à 2 645 m et constituant une des ascensions les plus dures de France. Cependant, il y a des cols plus élevés comme le col de l'Iseran (2 770 m) qui sont fréquemment empruntés. De nombreux cols alpins sont reconnus et sont souvent utilisés par le Tour, comme le col Bayard (très utilisé dans le premier demi-siècle du Tour), le col de la Croix de Fer (2 068 m), le col de la Madeleine, la fameuse « trilogie de la Chartreuse » comprenant le col de Porte, le col du Cucheron et le col du Granier, le col d'Izoard (2 360 m), le col Agnel (2744 m) ou le col de Vars (2 108 m). Certaines de ces ascensions mythiques ont acquis une certaine célébrité en rendant les étapes particulièrement difficiles, comme par exemple la 18e étape du Tour 2011 avec la fameuse triplette Agnel-Izoard-Galibier.

Le mont Ventoux est un cas particulier par son isolement géographique. Il est célèbre pour son sommet rocailleux lui valant le surnom de « mont Chauve », sa chaleur et ses vents violents, ainsi que pour la mort du cycliste britannique Tom Simpson, le 13 juillet 1967.

Principales difficultés en montagne[modifier | modifier le code]

Alpes[modifier | modifier le code]
Pyrénées[modifier | modifier le code]
Massif central[modifier | modifier le code]
Vosges[modifier | modifier le code]
Jura[modifier | modifier le code]
Corse[modifier | modifier le code]

Typologie des étapes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes-étapes du Tour de France.

Étape de montagne[modifier | modifier le code]

La montagne fait progressivement son apparition sur la route du Tour. Le Ballon d’Alsace, dès 1905, puis le Col du Tourmalet et le Col de l’Aubisque en 1910, imposent rapidement la montagne comme juge de paix incontournable du Tour. Bon nombre de cyclistes du Tour redoutent les étapes de montagne en raison des délais d’arrivée au-delà desquels ils risquent l'élimination. Afin d’éviter cette dernière, les coureurs peu à l’aise en montagne se regroupent en vaste peloton, qu'on appelle communément l'autobus, ou gruppetto.

Étape accidentée[modifier | modifier le code]

Depuis que le Tour franchit plus souvent les massifs dits « intermédiaires » (Massif central, Jura, Vosges), des étapes considérées comme accidentées virent le jour. Elles présentent un profil souvent très vallonné. Si ces étapes sont en général moins difficiles que les étapes de montagne, elles permettent souvent à des échappées ou à des baroudeurs de l'emporter, l'étape étant souvent trop difficile pour permettre à un sprinteur d'être vainqueur. Plus récemment, des étapes présentant un final difficile (à la Liège-Bastogne-Liège) sont aussi considérées comme accidentées.

Étape de plaine[modifier | modifier le code]

Les étapes de plaine, parfois appelées étapes de transition, constituent le royaume des rouleurs, ces cyclistes puissants capables de soutenir un effort prolongé sur terrain plat. Ces rouleurs ont pour rôle de préparer l'arrivée pour le meilleur sprinter de l’équipe.

Ces étapes sont souvent marquées par des échappées au long cours (record du genre : 253 km en solitaire). Le peloton gère plus ou moins ces échappés, surtout en fin d’étape. Un peloton de rouleurs derrière une échappée peut reprendre environ une minute sur 10 kilomètres. Ainsi, avec deux minutes d’avance à dix kilomètres de l’arrivée, une échappée est (quasi) certaine de gagner sa course contre le peloton. C’est le fameux « théorème de Chapatte ».

Plus longue étape du Tour de France Les Sables-d’Olonne-Bayonne de 1919 à 1924 : 486 km

Étape contre-la-montre[modifier | modifier le code]

Thor Hushovd contre-la-montre

Trois types d’étapes contre-la-montre existent sur le Tour : le prologue (première étape du Tour, un contre-la-montre individuel court), le contre-la-montre par équipe et les contre-la-montre individuels (généralement deux sur le Tour). Les coureurs utilisent à l’occasion de ces étapes un matériel spécifique très règlementé. Le contre-la-montre par équipes se tient parmi les premières étapes du Tour (avant les premières étapes de montagne) afin que toutes les formations puissent aligner un maximum de coureurs.

Le contre-la-montre en montagne, épreuve particulièrement redoutable, n’est que rarement programmé. On peut toutefois évoquer l'ascension de L'Alpe d'Huez en 2004, ou celle du Ventoux en 1987.

Pays et régions visitées[modifier | modifier le code]

Villes-étapes[modifier | modifier le code]

Les premières éditions du Tour de France avaient effectivement l'apparence d'une boucle, la course effectuant plus ou moins le tour du pays. Le départ était alors donné de Paris, qui était également l'arrivée finale de la course.

En 1907, le Tour de France s'arrête à Metz, en Alsace-Lorraine, alors territoire allemand. C'est la première étape du Tour à l'étranger. Lors de cette même édition, le Tour de France passe également en Suisse.

En 1914 le Tour de France s'arrête en Suisse, avec une étape à Genève.

En 1926, pour la première fois, le Tour de France ne s'élance pas de Paris, mais d'Évian. Cela sera toutefois la seule ville à connaître un tel honneur jusqu'à Metz en 1951.

Après la seconde guerre mondiale, la nouvelle équipe dirigeante du Tour de France va prendre plus de liberté avec le parcours de la Grande Boucle. D'abord, en n'hésitant pas à visiter les pays voisins. En 1950, mais surtout à partir de 1951, le Tour de France va perdre sa forme de boucle. Le parcours délaisse le littoral pour s'aventurer dans le centre du pays, visitant Clermont-Ferrand et le Massif central.

En 2013, pour la centième édition, le Tour de France s'élance de Corse, seule région de France métropolitaine à n'avoir jamais été visitée par la course[90].

Le Tour de France à l'étranger[modifier | modifier le code]

Le parcours européen du Tour de France 1992

Jusqu'en 1939, les incursions du Tour de France à l'étranger sont rares. Si l'on excepte les étapes en Alsace-Moselle avant 1914, qui visent à revendiquer l'appartenance française de ce territoire, les étapes à Genève à partir de 1913 font figure d'exceptions.

Les étapes dans les pays voisins deviennent fréquentes après la Deuxième Guerre mondiale. En s'étendant à la Belgique (Bruxelles est la première capitale étrangère visitée en 1947) et à la Suisse, le Tour prend « l'allure d'un Tour de la Francophonie »[91]. Des étapes arrivent régulièrement en Italie à partir de 1948, dans un contexte de réconciliation. En 1949, Saint-Sébastien est la première ville-étape en Espagne. Le Tour de France est conduit à étendre sa sphère d'influence par la division de l'Europe en deux blocs Est et Ouest et l'apparition à l'Est de la Course de la Paix, course cycliste traversant plusieurs pays signataires du Pacte de Varsovie (cf supra). Alors qu'est lancé un Tour d'Europe concurrent par Jean Leulliot en 1954, le Tour de France prend pour la première fois son départ de l'étranger, à Amsterdam. Après avoir acheté le Tour d'Europe avec d'autres organisateurs de courses, le Tour prend le nom de « Tour de France et d'Europe » et se rend régulièrement dans les pays voisins. En 1964, c'est au tour de l'Allemagne de recevoir une étape pour la première fois, à Fribourg-en-Brisgau, puis l'année suivante un premier « grand départ » à Cologne. En 1974, l'Angleterre est visitée une première fois, de même que l'Irlande en 1998 avec un « grand départ » à Dublin.

L'appartenance européenne du Tour est rappelée à l'occasion d'évènements : ainsi le départ de Bruxelles en 1958, alors que s'y déroule l'Exposition universelle, est vu comme un « clin d’œil appuyé des organisateurs à l'Europe communautaire en construction, quelques mois après le Traité de Rome qui a vu la naissance de l'Europe des Six[92]. » En 1992, année de signature du Traité de Maastricht, le Tour rend un nouvel hommage à la construction européenne en visitant sept pays, un record[93],[94].

Palmarès et records[modifier | modifier le code]

Podiums du Tour de France[modifier | modifier le code]

Pour le palmarès complet et tous les records, voir l'article détaillé : Palmarès du Tour de France.
Année Vainqueur Deuxième Troisième
1903 Drapeau : France Maurice Garin Drapeau : France Lucien Pothier Drapeau : France Fernand Augereau
1904[95] Drapeau : France Henri Cornet Drapeau : France Jean-Baptiste Dortignacq Drapeau : Belgique Aloïs Catteau
1905 Drapeau : France Louis Trousselier Drapeau : France Hippolyte Aucouturier Drapeau : France Jean-Baptiste Dortignacq
1906 Drapeau : France René Pottier Drapeau : France Georges Passerieu Drapeau : France Louis Trousselier
1907 Drapeau : France Lucien Petit-Breton Drapeau : France Gustave Garrigou Drapeau : France Émile Georget
1908 Drapeau : France Lucien Petit-Breton Drapeau : Luxembourg François Faber Drapeau : France Georges Passerieu
1909 Drapeau : Luxembourg François Faber Drapeau : France Gustave Garrigou Drapeau : France Jean Alavoine
1910 Drapeau : France Octave Lapize Drapeau : Luxembourg François Faber Drapeau : France Gustave Garrigou
1911 Drapeau : France Gustave Garrigou Drapeau : France Paul Duboc Drapeau : France Émile Georget
1912 Drapeau : Belgique Odile Defraye Drapeau : France Eugène Christophe Drapeau : France Gustave Garrigou
1913 Drapeau : Belgique Philippe Thys Drapeau : France Gustave Garrigou Drapeau : Belgique Marcel Buysse
1914 Drapeau : Belgique Philippe Thys Drapeau : France Henri Pélissier Drapeau : France Jean Alavoine
1915-1918 non disputé durant la Première Guerre mondiale
1919 Drapeau : Belgique Firmin Lambot Drapeau : France Jean Alavoine Drapeau : France Eugène Christophe
1920 Drapeau : Belgique Philippe Thys Drapeau : Belgique Hector Heusghem Drapeau : Belgique Firmin Lambot
1921 Drapeau : Belgique Léon Scieur Drapeau : Belgique Hector Heusghem Drapeau : France Honoré Barthélémy
1922 Drapeau : Belgique Firmin Lambot Drapeau : France Jean Alavoine Drapeau : Belgique Félix Sellier
1923 Drapeau : France Henri Pélissier Drapeau : Italie Ottavio Bottecchia Drapeau : France Romain Bellenger
1924 Drapeau : Italie Ottavio Bottecchia Drapeau : Luxembourg Nicolas Frantz Drapeau : Belgique Lucien Buysse
1925 Drapeau : Italie Ottavio Bottecchia Drapeau : Belgique Lucien Buysse Drapeau : Italie Bartolomeo Aimo
1926 Drapeau : Belgique Lucien Buysse Drapeau : Luxembourg Nicolas Frantz Drapeau : Italie Bartolomeo Aimo
1927 Drapeau : Luxembourg Nicolas Frantz Drapeau : Belgique Maurice De Waele Drapeau : Belgique Julien Vervaecke
1928 Drapeau : Luxembourg Nicolas Frantz Drapeau : France André Leducq Drapeau : Belgique Maurice De Waele
1929 Drapeau : Belgique Maurice De Waele Drapeau : Italie Giuseppe Pancera Drapeau : Belgique Jef Demuysere
1930 Drapeau : France André Leducq Drapeau : Italie Learco Guerra Drapeau : France Antonin Magne
1931 Drapeau : France Antonin Magne Drapeau : Belgique Jef Demuysere Drapeau : Italie Antonio Pesenti
1932 Drapeau : France André Leducq Drapeau : Allemagne Kurt Stöpel Drapeau : Italie Francesco Camusso
1933 Drapeau : France Georges Speicher Drapeau : Italie Learco Guerra Drapeau : Italie Giuseppe Martano
1934 Drapeau : France Antonin Magne Drapeau : Italie Giuseppe Martano Drapeau : France Roger Lapébie
1935 Drapeau : Belgique Romain Maes Drapeau : Italie Ambrogio Morelli Drapeau : Belgique Félicien Vervaecke
1936 Drapeau : Belgique Sylvère Maes Drapeau : France Antonin Magne Drapeau : Belgique Félicien Vervaecke
1937 Drapeau : France Roger Lapébie Drapeau : Italie Mario Vicini Drapeau : Suisse Leo Amberg
1938 Drapeau : Italie Gino Bartali Drapeau : Belgique Félicien Vervaecke Drapeau : France Victor Cosson
1939 Drapeau : Belgique Sylvère Maes Drapeau : France René Vietto Drapeau : Belgique Lucien Vlaemynck
1940-1946 non disputé durant la Seconde Guerre mondiale
1947 Drapeau : France Jean Robic Drapeau : France Edouard Fachleitner Drapeau : Italie Pierre Brambilla
1948 Drapeau : Italie Gino Bartali Drapeau : Belgique Briek Schotte Drapeau : France Guy Lapébie
1949 Drapeau : Italie Fausto Coppi Drapeau : Italie Gino Bartali Drapeau : France Jacques Marinelli
1950 Drapeau : Suisse Ferdi Kübler Drapeau : Belgique Stan Ockers Drapeau : France Louison Bobet
1951 Drapeau : Suisse Hugo Koblet Drapeau : France Raphaël Géminiani Drapeau : France Lucien Lazarides
1952 Drapeau : Italie Fausto Coppi Drapeau : Belgique Stan Ockers Drapeau : Espagne Bernardo Ruiz
1953 Drapeau : France Louison Bobet Drapeau : France Jean Malléjac Drapeau : Italie Giancarlo Astrua
1954 Drapeau : France Louison Bobet Drapeau : Suisse Ferdi Kübler Drapeau : Suisse Fritz Schär
1955 Drapeau : France Louison Bobet Drapeau : Belgique Jean Brankart Drapeau : Luxembourg Charly Gaul
1956 Drapeau : France Roger Walkowiak Drapeau : France Gilbert Bauvin Drapeau : Belgique Jan Adriaensens
1957 Drapeau : France Jacques Anquetil Drapeau : Belgique Marcel Janssens Drapeau : Autriche Adolf Christian
1958 Drapeau : Luxembourg Charly Gaul Drapeau : Italie Vito Favero Drapeau : France Raphaël Géminiani
1959 Drapeau : Espagne Federico Bahamontes Drapeau : France Henry Anglade Drapeau : France Jacques Anquetil
1960 Drapeau : Italie Gastone Nencini Drapeau : Italie Graziano Battistini Drapeau : Belgique Jan Adriaensens
1961 Drapeau : France Jacques Anquetil Drapeau : Italie Guido Carlesi Drapeau : Luxembourg Charly Gaul
1962 Drapeau : France Jacques Anquetil Drapeau : Belgique Joseph Planckaert Drapeau : France Raymond Poulidor
1963 Drapeau : France Jacques Anquetil Drapeau : Espagne Federico Bahamontes Drapeau : Espagne José Pérez Francés
1964 Drapeau : France Jacques Anquetil Drapeau : France Raymond Poulidor Drapeau : Espagne Federico Bahamontes
1965 Drapeau : Italie Felice Gimondi Drapeau : France Raymond Poulidor Drapeau : Italie Gianni Motta
1966 Drapeau : France Lucien Aimar Drapeau : Pays-Bas Jan Janssen Drapeau : France Raymond Poulidor
1967 Drapeau : France Roger Pingeon Drapeau : Espagne Julio Jiménez Drapeau : Italie Franco Balmamion
1968 Drapeau : Pays-Bas Jan Janssen Drapeau : Belgique Herman Van Springel Drapeau : Belgique Ferdinand Bracke
1969 Drapeau : Belgique Eddy Merckx Drapeau : France Roger Pingeon Drapeau : France Raymond Poulidor
1970 Drapeau : Belgique Eddy Merckx Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk Drapeau : Suède Gösta Pettersson
1971 Drapeau : Belgique Eddy Merckx Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk Drapeau : Belgique Lucien Van Impe
1972 Drapeau : Belgique Eddy Merckx Drapeau : Italie Felice Gimondi Drapeau : France Raymond Poulidor
1973 Drapeau : Espagne Luis Ocaña Drapeau : France Bernard Thévenet Drapeau : Espagne José Manuel Fuente
1974 Drapeau : Belgique Eddy Merckx Drapeau : France Raymond Poulidor Drapeau : Espagne Vicente López Carril
1975 Drapeau : France Bernard Thévenet Drapeau : Belgique Eddy Merckx Drapeau : Belgique Lucien Van Impe
1976 Drapeau : Belgique Lucien Van Impe Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk Drapeau : France Raymond Poulidor
1977 Drapeau : France Bernard Thévenet Drapeau : Pays-Bas Hennie Kuiper Drapeau : Belgique Lucien Van Impe
1978 Drapeau : France Bernard Hinault Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk Drapeau : Portugal Joaquim Agostinho
1979 Drapeau : France Bernard Hinault Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk Drapeau : Portugal Joaquim Agostinho
1980 Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk Drapeau : Pays-Bas Hennie Kuiper Drapeau : France Raymond Martin
1981 Drapeau : France Bernard Hinault Drapeau : Belgique Lucien Van Impe Drapeau : France Robert Alban
1982 Drapeau : France Bernard Hinault Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk Drapeau : Pays-Bas Johan van der Velde
1983 Drapeau : France Laurent Fignon Drapeau : Espagne Ángel Arroyo Drapeau : Pays-Bas Peter Winnen
1984 Drapeau : France Laurent Fignon Drapeau : France Bernard Hinault Drapeau : États-Unis Greg LeMond
1985 Drapeau : France Bernard Hinault Drapeau : États-Unis Greg LeMond Drapeau : Irlande Stephen Roche
1986 Drapeau : États-Unis Greg LeMond Drapeau : France Bernard Hinault Drapeau : Suisse Urs Zimmermann
1987 Drapeau : Irlande Stephen Roche Drapeau : Espagne Pedro Delgado Drapeau : France Jean-François Bernard
1988 Drapeau : Espagne Pedro Delgado Drapeau : Pays-Bas Steven Rooks Drapeau : Colombie Fabio Parra
1989 Drapeau : États-Unis Greg LeMond Drapeau : France Laurent Fignon Drapeau : Espagne Pedro Delgado
1990 Drapeau : États-Unis Greg LeMond Drapeau : Italie Claudio Chiappucci Drapeau : Pays-Bas Erik Breukink
1991 Drapeau : Espagne Miguel Indurain Drapeau : Italie Gianni Bugno Drapeau : Italie Claudio Chiappucci
1992 Drapeau : Espagne Miguel Indurain Drapeau : Italie Claudio Chiappucci Drapeau : Italie Gianni Bugno
1993 Drapeau : Espagne Miguel Indurain Drapeau : Suisse Tony Rominger Drapeau : Pologne Zenon Jaskuła
1994 Drapeau : Espagne Miguel Indurain Drapeau : Lettonie Piotr Ugrumov Drapeau : Italie Marco Pantani
1995 Drapeau : Espagne Miguel Indurain Drapeau : Suisse Alex Zülle Drapeau : Danemark Bjarne Riis
1996 Drapeau : Danemark Bjarne Riis[Note 5] Drapeau : Allemagne Jan Ullrich Drapeau : France Richard Virenque
1997 Drapeau : Allemagne Jan Ullrich Drapeau : France Richard Virenque Drapeau : Italie Marco Pantani
1998 Drapeau : Italie Marco Pantani Drapeau : Allemagne Jan Ullrich Drapeau : États-Unis Bobby Julich
1999 désattribué[Note 6],[96] Drapeau : Suisse Alex Zülle Drapeau : Espagne Fernando Escartín
2000 désattribué[Note 6],[96] Drapeau : Allemagne Jan Ullrich Drapeau : Espagne Joseba Beloki
2001 désattribué[Note 6],[96] Drapeau : Allemagne Jan Ullrich Drapeau : Espagne Joseba Beloki
2002 désattribué[Note 6],[96] Drapeau : Espagne Joseba Beloki Drapeau : Lituanie Raimondas Rumšas
2003 désattribué[Note 6],[96] Drapeau : Allemagne Jan Ullrich Drapeau : Kazakhstan Alexandre Vinokourov
2004 désattribué[Note 6],[96] Drapeau : Allemagne Andreas Klöden Drapeau : Italie Ivan Basso
2005 désattribué[Note 6],[96] Drapeau : Italie Ivan Basso désattribué[97]
2006 Drapeau : Espagne Óscar Pereiro[Note 7] Drapeau : Allemagne Andreas Klöden Drapeau : Espagne Carlos Sastre
2007 Drapeau : Espagne Alberto Contador Drapeau : Australie Cadel Evans désattribué[Note 6],[96]
2008 Drapeau : Espagne Carlos Sastre[98] Drapeau : Australie Cadel Evans Drapeau : Russie Denis Menchov[99]
2009 Drapeau : Espagne Alberto Contador Drapeau : Luxembourg Andy Schleck Drapeau : Royaume-Uni Bradley Wiggins[100]
2010 Drapeau : Luxembourg Andy Schleck[Note 8] Drapeau : Espagne Samuel Sánchez[101] Drapeau : Belgique Jurgen Van den Broeck[101]
2011 Drapeau : Australie Cadel Evans Drapeau : Luxembourg Andy Schleck Drapeau : Luxembourg Fränk Schleck
2012 Drapeau : Royaume-Uni Bradley Wiggins Drapeau : Royaume-Uni Chris Froome Drapeau : Italie Vincenzo Nibali
2013 Drapeau : Royaume-Uni Chris Froome Drapeau : Colombie Nairo Quintana Drapeau : Espagne Joaquim Rodríguez
2014 Drapeau : Italie Vincenzo Nibali Drapeau : France Jean-Christophe Péraud Drapeau : France Thibaut Pinot

Les principaux records[modifier | modifier le code]

Record Détenteur(s)
Victoires au classement général 5 victoires :
Jacques Anquetil (1957 et de 1961 à 1964),
Eddy Merckx (de 1969 à 1972, et en 1974),
Bernard Hinault en (1978, 1979, 1981, 1982 et 1985),
Miguel Indurain (de 1991 à 1995)
Podiums 8 : Raymond Poulidor (1962 : 3e, 1964 : 2e, 1965 : 2e, 1966 : 3e, 1969 : 3e, 1972 : 3e, 1974 : 2e, 1976 : 3e)
Deuxième place 6 : Joop Zoetemelk (1970, 1971, 1976, 1978, 1979, 1982)
Troisième place 5 : Raymond Poulidor (1962, 1966, 1969, 1972, 1976)
Classement général (par pays) 36 : France
Remise du maillot jaune (demi-étapes incluses) 111 : Eddy Merckx
Meilleur grimpeur 7 : Richard Virenque de 1994 à 1997, puis en 1999, 2003 et 2004
Classement par points 6 : Erik Zabel de 1996 à 2001
Collections de maillots Eddy Merckx est le seul coureur à avoir remporté lors du même Tour de France, le maillot jaune, le vert et le Grand Prix de la montagne (son équipe avait même gagné le classement par équipes). C’était en 1969. Si le trophée de meilleur jeune avait existé cette année, il l'aurait également remporté.
Victoires d’étapes 34 : Eddy Merckx
Victoires d’étapes sur un même Tour 8 : Eddy Merckx en 1970 et 1974, Charles Pélissier en 1930, Freddy Maertens en 1976
Victoires d’étapes consécutives 5 : François Faber 2e, 3e, 4e, 5e et 6e étapes en 1909
Victoires individuelles d’étapes par nation 691 : France
Plus longue échappée solitaire victorieuse (depuis la Seconde Guerre mondiale)[102] 253 km : Albert Bourlon en 1947 sur la 14e étape Carcassonne-Luchon
Échappée solitaire victorieuse avec le plus d’avance sur le deuxième (depuis la Seconde Guerre mondiale)[102] 22 min 50 s : José Luis Viejo en 1976 sur la 11e étape Montgenèvre-Manosque
Record de participations 17 : George Hincapie (de 1996 à 2012), Stuart O'Grady (de 1997 à 2013) et Jens Voigt (de 1998 à 2014)
Record de Tours terminés 16 : Joop Zoetemelk (de 1970 à 1986 sauf 1974)
Écart le plus serré à l'arrivée du Tour entre les deux premiers 8 secondes : entre Greg LeMond et Laurent Fignon en 1989
Vainqueur le plus jeune dans un Tour Henri Cornet, à l'âge de 19 ans, 11 mois et 20 jours[103] en 1904
Vainqueur le plus âgé dans un Tour Firmin Lambot, à l'âge de 36 ans, 4 mois et 9 jours[103] en 1922
Numéro de dossard du vainqueur au départ dossard n°1 : 24 vainqueurs

Us et coutumes du Tour de France[modifier | modifier le code]

L'ardoisière du Tour de France 2011
  • Radio-Tour informe spectateurs, journalistes et directeurs sportifs de tous les évènements ponctuant la course en temps réel. Malgré la multiplication récente des moyens de communications, « Radio-Tour » est aujourd’hui encore essentielle pour tous les intervenants du Tour.
  • L’ardoisier, qui dispose d’une ardoise et d’une craie, suit à moto les coureurs et leur transmet les écarts communiqués par radio-Tour.
  • La Lanterne rouge désigne le dernier du classement général. C’est une référence aux feux rouges qui signalent l’arrière d’un véhicule. Ce « trophée » était jadis recherché car il permettait à son « vainqueur » d’obtenir de meilleures primes à l’occasion des critériums d’après-Tour. Parfois, mais c’est plus rare aujourd’hui, le dernier du classement général s’affuble lui-même d’une lanterne rouge. On a dans le passé assisté à des duels entre cyclistes qui flirtent avec les délais d'élimination afin d'obtenir la dernière place du Tour, tout simplement parce qu'on se souvient plus facilement du dernier coureur classé que de celui qui le précède.
  • Créée dès 1906[104], la flamme rouge désigne la banderole placée au-dessus de la route au niveau du dernier kilomètre de chaque étape. Tout le long de l’étape, le kilométrage est indiqué par des banderoles (25, 20, 15, 10, 5, 4, 3, 2, et 1). La banderole du dernier kilomètre est néanmoins très différente des autres : il s’agit d’un énorme boudin gonflable alors que toutes les autres ne sont que de simples banderoles en toile.
  • Les spectateurs sont estimés à 100 000 lors de la première édition ; ils sont plus de 12 millions aujourd’hui aux bords des routes du Tour[105] et plus de 3,5 milliards a suivre le Tour devant la télévision[105]. Le Tour est, il est vrai, un spectacle gratuit qui va au-devant de son public. Ce dernier s’est enflammé pour l’épreuve dès la première édition, et les incidents violents sont nombreux jusqu’aux années 1950. Eddy Merckx est même victime d’un coup de poing dans le foie en pleine ascension du puy de Dôme. Ces incidents spectaculaires restent isolés et aujourd’hui, c’est plutôt l’esprit festif du public du Tour qui est vanté. Cependant, la forte concentration de spectateurs le long des routes où passent de nombreux véhicules n’est pas sans danger : plusieurs enfants ont été percutés par des véhicules ces dernières années. Tourisme oblige, les spectateurs présents le long des routes ne sont plus seulement Français. La montée de certains cols donne lieu à des scènes surréalistes où les coureurs doivent se frayer un chemin à travers une foule exubérante massée sur la chaussée. Ainsi, en 1999, à un kilomètre de l'arrivée au sommet de l'Alpe d'Huez, l'Italien Giuseppe Guerini chute après avoir été percuté par un spectateur qui s'était mis au milieu de la route pour le photographier (il remporte malgré tout l'étape). L'étape dont l'arrivée est située à l'Alpe d'Huez regroupe le plus de spectateurs.
  • Depuis 1987, après chaque étape, le leader du classement général se voit remettre, en plus du maillot jaune, un lion en peluche. Ce lion était à l'origine un clin d'œil du sponsor : le Crédit Lyonnais. La tradition perdure, même si la banque française a depuis changé de nom pour devenir LCL.
  • La Poste fait suivre le courrier des coureurs sur le Tour. Ainsi, il est possible, et même recommandé aux supporters, d’écrire à leur coureur préféré durant l’épreuve en indiquant en guise de destinataire « Coureur x, Équipe, Tour de France - Dynapost ». Chaque jour, le facteur du Tour fait sa tournée et, d’étape en étape, délivre le courrier des fans aux coureurs. Dynapost publie un classement des coureurs recevant le plus de lettres de fans durant l’épreuve.
  • Créée par Henri Desgranges lors du Tour de France 1910[106], la voiture balai circule derrière les derniers compétiteurs et a pour rôle de récupérer les coureurs qui ne peuvent plus continuer la course.
  • Depuis 2005, les équipes télévisées de France 3 organisent une émission en direct dans la ville départ d'une étape lorsque celle-ci n'est pas retransmise en intégralité : Village départ. Animée par Laurent Luyat, celle-ci se focalise sur les particularités de la ville et de la région (cuisine, tourisme, cultures…) et accueille des célébrités, parfois originaires de la région. À l'inverse du Vélo Club de Gérard Holtz (ex - Après Tour) se déroulant dans la ville d'arrivée après l'étape et qui se focalise sur les événements du jour, elle est ouverte au public.
  • Le Tour est organisé en juillet. La date du départ est calée de façon que la dernière étape, sur les Champs Élysées, ait lieu un dimanche, à partir du 21 juillet. Une exception notable : le Tour de France 1998 a été retardé de deux semaines en raison de la concurrence de la Coupe du monde de football.

Le Tour et les arts[modifier | modifier le code]

La Grande boucle donna naissance à des dizaines de chansons. Parmi celles qui ont été enregistrées, citons : Les Tours de France (Boyer, Lelièvre fils, 1927) ; P'tit gars du Tour (Dufas, Frédo Gardoni et Cazalis, 1932), Le Maillot jaune (Gardoni, Jardin et Charlys, 1936), Faire le Tour de France (Lepère et Muscat, 1950), Il a le Maillot jaune (Romat et Dréjac, 1965), "Tour de France (Kraftwerk). S'il est une compilation des plus représentatives, il faut alors citer : Le Vélo en chansons (Radio-France, 1995), un CD où se logent vingt titres consacrés au seul Tour[107].

Dès sa période muette, le cinéma s'intéressa au Tour avec Le Roi de la pédale (1925), réalisé par Maurice Champreux, dans lequel s'illustra le comique Biscot. Les mêmes se retrouvèrent pour un film cette fois parlant, Hardi les gars ! (1931). Un réalisateur se signale alors, Jean Stelli, avec Pour le maillot jaune (1939) dont le héros est incarné par Albert Préjean, puis avec Cinq tulipes rouges (1949), une intrigue policière dans laquelle est assassiné le maillot jaune. S'il est un film d'animation à citer, c'est bien Les Triplettes de Belleville (2003) de Sylvain Chomet. Le Tour de France des années soixante en constitue une partie de la trame. En ce qui concerne les téléfilms, se signale Chacun son Tour (1996) de Patrick Le Gall. Au plan des documentaires, se relèvent Pour un maillot jaune (1965) de Claude Lelouch, Vive le Tour (1962) de Louis Malle, La Course en tête (1974) par lequel Joël Santoni suit Eddy Merckx toute une saison, et Autour du Tour (1975) de Jacques Ertaud.

La bande dessinée s'inscrit désormais parmi les arts. Pellos, avec ses deux séries, Le Tour a 50 ans (L'Équipe, 1953) et Le Roman du Tour (L'Intrépide, 1961), l'a magistralement servie. Parmi la vingtaine de titres publiés en albums, il faut citer L'inconnu du Tour de France (Graton, 2003), une aimable compilation des récits complets de Jean Graton parus dans Tintin, de 1954 à 1964. Mais aussi : La prodigieuse épopée du Tour de France, due à Duval, Ardan et Hardy (Arts et Voyages, 1973), Les plus belles histoires du Tour de France, 1903-1996, illustrées par Nando et Letoct (Connivence, 1997), L'Aigle sans orteils, dû à Lax (Dupuis, 2005), Les Forçats de la route, tracés par Serres (Le Parisien Éditions, 2007).

En 2013 : film La Grande Boucle avec Clovis Cornillac

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On lui prête ces paroles adressées à Victor Breyer durant l'ascension de l'Aubisque : « Il y a que vous êtes des criminels ! Vous entendez ? Dites le de ma part à Desgrange. On ne demande pas à des hommes de faire un effort pareil ! »
  2. Seuls dix coureurs figurent cependant au classement général final car Paul Duboc est mis hors course à l'issue de la dernière étape pour avoir été aidé par un automobiliste.
  3. Sont appelées « Monuments du cyclisme » les classiques Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie.
  4. Les journalistes Pierre Ballester et David Walsh publient trois ouvrages à ce sujet : L.A. Confidentiel : Les secrets de Lance Armstrong en 2004, L.A. Officiel en 2006, et Le sale tour en 2009
  5. Le Danois Bjarne Riis, de l'équipe Telekom, fut déchu de son titre le 7 juin 2007 après qu'il eut avoué avoir pris de l'EPO. Mais finalement le 4 juillet 2008 il est réhabilité par les organisateurs du Tour de France pour sa franchise.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Titre de Lance Armstrong révoqué par l'UCI le 22 octobre 2012 pour dopage.
  7. Victoire attribuée a posteriori, après la disqualification de Floyd Landis contrôlé positif à la testostérone lors du Tour.
  8. Alberto Contador, vainqueur initialement, est déclassé pour dopage.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Seray. Pierre Giffard, précurseur du journalisme moderne. Le Pas d'oiseau, 2008.
  2. a, b, c et d Coll., Tour de France, 100 ans, 1903-2003, Paris, L’Équipe, 2003, p. 16-17
  3. Viollet 2007, p. 35-42
  4. Gaboriau 1995, p. 23-26
  5. Viollet 2007, p. 45
  6. Gaboriau 1995, p. 23
  7. Viollet 2007, p. 47-51
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  16. Viollet 2007, p. 57
  17. Viollet 2007, p. 36
  18. Gaboriau 1995, p. 26
  19. Viollet 2007, p. 70-74
  20. Lagrue 2004, p. 51
  21. Lagrue 2004, p. 55-57
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  42. Viollet 2007, p. 133-150
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  65. Lagrue 2004, p. 177-187
  66. Jean-Pierre de Mondenard, Dopage : L'imposture des performances, Paris, Chiron,‎ juin 2006, 3e éd., 288 p. (ISBN 2702706398), p. 10-12
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  73. Fabien Wille, Le Tour de France : un modèle médiatique, Presses universitaires du Septentrion,‎ 2003, 329 p. (ISBN 2-85939-797-3), p. 254
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  87. Boury 1997, p. 218-222
  88. Mémoires du cyclisme Le tour 1903
  89. Le col de Bonette Resytefond
  90. « Le parcours du 100e Tour de France », sur Le Parisien.fr
  91. Viollet 2007, p. 163
  92. Bœuf et Léonard 2003, p. 221
  93. Bœuf et Léonard 2003, p. 225
  94. Lagrue 2004, p. 175-176
  95. Avant déclassement pour triche plus de quatre mois après l’arrivée, le podium était Maurice Garin, Lucien Pothier, César Garin.
  96. a, b, c, d, e, f, g et h « Sept éditions sans vainqueur », sur lequipe.fr,‎ 26 octobre 2012 (consulté le 26 octobre 2012)
  97. Le 9 février 2012, le TAS prononce à l'encontre de l'Allemand Jan Ullrich, initialement troisième, une suspension rétroactive de 2 ans à compter du 22 août 2011, jour de son audience devant le TAS, et son déclassement de toutes les épreuves auxquelles il a participé entre mai 2005 et la fin de sa carrière en juin 2006. Il perd ainsi sa place sur le podium du Tour de France 2005 (voir la décision). Le règlement de l’UCI en vigueur du 1er janvier 2005 au 31 août 2013 réattribue normalement cette troisième place à Francisco Mancebo, néanmoins la documentation en ligne du Tour de France sur letour.fr a laissé Mancebo quatrième.
  98. (en) Union cycliste internationale, « 05 Jul-27 Jul 2008 - General classification: Brest - Paris »,‎ 2008 (consulté le 26 octobre 2009)
  99. L'Autrichien Bernhard Kohl, initialement troisième, est déclassé à la suite d'un contrôle positif à l'EPO CERA
  100. Par décision de l’UCI du 22 octobre 2012, Lance Armstrong voit tous ses résultats annulés depuis 1998. Le 26 octobre 2012, à titre exceptionnel, l’UCI annonce que toutes ces annulations de résultats n’entraînent pas de modifications dans les classements, ainsi cette troisième place aurait dû rester vacante, néanmoins le classement mis à jour sur le site de l’UCI donne cette troisième place à Bradley Wiggins ainsi que le classement visible en ligne sur le site du Tour de France (letour.fr).
  101. a et b Le Russe Denis Menchov, initialement troisième puis deuxième après le déclassement d’Alberto Contador (vainqueur initial), est déclassé en raison d'anomalies repérées sur son passeport sanguin.
  102. a et b [1]
  103. a et b « 10 anecdotes sur le Tour de France », linternaute.com, juillet 2007.
  104. Jean-Paul Brouchon : Histoires merveilleuses du Tour de France,Jacob-Duvernet Eds, 2007
  105. a et b http://www.lalsace.fr/actualite/2013/06/29/12en-millions-le-nombre-de-spectateurs-majoritairement-francais-qui-suivent-le-tour-de-france-au
  106. Création de la voiture-balai sur memoire-du-cyclisme.net, consulté le 31 juillet 2008.
  107. Pour une discographie cycliste à vocation exhaustive, lire : Jacques Seray. La Reine bicyclette. Le Pas d'oiseau, 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Desgrange, La Vie sportive (Tours de France 1911, 1912 et 1913), Paris, Librairie de L'Auto, 1913.
  • Antoine Blondin, Sur le Tour de France, Paris, 1977.
  • Pierre Chany, La fabuleuse histoire du Tour de France, Paris, O.D.I.L., 1983.
  • Henri Quiqueré, Tour de France 1903-1987, les vainqueurs, Paris, Messidor, 1988.
  • Jacques Goddet, L'Équipée belle, Paris, Robert Laffont, 1991.
  • Jacques Seray, 1904. Ce Tour de France qui faillit être le dernier, Vélizy, Seray, 1994.
  • Albert Londres, Les forçats de la route & Tour de France, tour de souffrance, coll. « Motifs », Paris, Le serpent à plumes, rééd. 1996 (recueil d’articles de 1924).
  • Jacques Augendre, Tour de France 2000 : le livre officiel, 2000.
  • Jean-Paul Ollivier, Le Tour de France, la Bretagne et les Bretons, Éditions du Layeur, 2002.
  • coll., Tour de France, 100 ans, 1903-2003, Paris, L’Équipe, 2003.
  • Raphaël Géminiani et Claude Dubois, Mes 50 Tours de France, Paris, Éditions du Rocher, 2003.
  • Pierre Lagrue Le Tour de France. Reflet de l'histoire et de la société, Paris, L'Harmattan, 2004 (ISBN 9782747566759)
  • Nicolas Moreau-Delacquis Grands cols. Les montagnes du Tour de France à vélo, Paris, Éditions Tana, 2005.
  • Jacques Seray et Jacques Lablaine, Henri Desgrange, l'homme qui créa le Tour de France, Saint-Malo, Éditions Cristel, 2006.
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  • Jean-Emmanuel Ducoin, Le Tour de France, une belle histoire ?, Paris, Michel de Maule, 2008.
  • Philippe Gaboriau, Le Tour de France et le vélo : Histoire sociale d'une épopée contemporaine, L'Harmattan,‎ 1995, 217 p. (ISBN 2738435076)
  • Pierre Lagrue, Le Tour de France : Reflet de l'histoire et de la société, L'Harmattan,‎ 2004, 300 p. (ISBN 2747566757)
  • Sandrine Viollet, Le Tour de France cycliste : 1903-2005, L'Harmattan,‎ 2007, 256 p. (ISBN 9782296025059)
  • Pierre Chany, La fabuleuse histoire du cyclisme : Des origines à 1955, Nathan,‎ 1988, 539 p. (ISBN 2092864300)
  • Jean-Pierre de Mondenard, 36 histoires du Tour de France, Hugo & Cie,‎ 2010, 308 p. (ISBN 9782755605792)
  • Jean-Luc Bœuf et Yves Léonard, La République du Tour de France, Seuil,‎ 2003 (ISBN 202058073X)
  • Jean-Paul Brouchon, Les merveilleuses histoires du Tour de France, Éditions Jacob-Duvernet,‎ 2004
  • Roland Barthes, Mythologies, Seuil,‎ 1957 (ISBN 2020005859)
  • Jean Roussel, Il était une fois le Tour de France à l'époque tumultueuse de l'entre-deux-guerres 1919-1939, L'Harmattan,‎ 2003, 317 p. (ISBN 2747552543)
  • Paul Boury, La France du Tour : le Tour de France, un espace sportif à géographie variable,‎ 1997, 444 p. (ISBN 2-7384-5619-7)
  • Jean-François Mignot, Histoire du Tour de France, La Découverte,‎ 2014, 128 p. (ISBN 9782707177438)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]