Tur Abdin

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37° 24′ 18″ N 41° 29′ 43″ E / 37.4051, 41.4954

Le Tur Abdin (en syriaque : ܛܘܪ ܥܒܕܝܢ, Montagne des serviteurs de Dieu)[1] est une région montagneuse du sud-est de la Turquie. Elle est aujourd'hui habitée en majorité par des Kurdes. Elle est un des foyers historiques des chrétiens syriaques orthodoxes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Tur Abdin comprend la moitié orientale de la province de Mardin et la partie de la province de Sirnak située à l'ouest du Tigre. Il est bordé au sud par la frontière avec la Syrie.

La ville principale est Midyat.

Population[modifier | modifier le code]

Elle se compose par ordre décroissant, de kurdes, de mahallemis de turques et de syriaques. Il n'y a plus de juifs ou d'arméniens.

Langues[modifier | modifier le code]

Religions[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le génocide syriaque de 1915 a fait des ravages parmi les Syriaques, près de Hah, une tour se dresse encore à l’entrée d’un village dont tous les habitants ont été massacrés ; et de nombreux Syriaques ont fui leurs villages et se sont réfugiés en Syrie, autour de Kamichli, et y ont fait souche.

On comptait encore quelque 30 000 Syriaques dans le Tour Abdin au début des années 1960. C’est à partir des années 1970 que le déclin a commencé : pour des raisons économiques d’abord, de nombreux Syriaques ont émigré en Allemagne, en Suède (Comme par exemple Fuat Deniz et Ibrahim Baylan), Hollande et en France, faisant peu à peu venir leurs familles.

À partir du milieu des années 1980, l’émigration devient un véritable exode, pour des raisons politiques : toute la région devient le théâtre d’une guerre non déclarée entre le PKK et l’armée turque, assistée par les « gardiens de village ».

Au début des années 1990 leur situation a terriblement empiré : le PKK est alors omniprésent, coupant en plein jour la circulation sur les axes routiers, occupant dès la nuit tombée tous les villages, dont les habitants les hébergent et les nourrissent… L’armée intensifie sa répression : tous les villages doivent fournir des « gardiens de village », sinon ils sont détruits, comme Beit Sok, où vivaient 27 familles, qui est détruit en 1992, et Hedel, qui est deux fois incendié.

Jusqu'en 2002, la région était sous l'état d'urgence avec un accès réglementé.

Depuis le milieu des années 2000, le retour, chaque été, des syriaques de la diaspora, a changé la vie dans les villages. Ce changement est très net presque partout,les maisons, les monastères et les églises bénéficient de restauration. L'on construit même des villages entiers comme celui de Kafro[2] ou Anhil[3], des familles entières viennent se réinstaller.

Monastères[modifier | modifier le code]

La vitalité du monachisme oriental à travers les siècles a profondément marqué cette région. Leur nombre s’élevait à plus de 70, sans compter les ermitages. En 1995, au pire de la crise, il ne restait plus que 5 monastères ouverts mais seul celui de Mor Gabriel avec une présence significative. De nos jours, on compte 7 monastères en activité (présence de moines ou religieuses) :

    • Mor Gabriel près de Midyat
    • Mor Hananyo près de Mardin
    • Mor Yacoub
    • Mor Abraham à Midyat
    • Mor Melke
    • Mor Augin (retour d'un moine en 2011)
    • Mor Yacoub d'Qarno (de la corne) (retour d'un moine en décembre 2013[4], après une campagne de restauration et d'agrandissement depuis 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien de Courtois

2009 : Périple en Turquie Chrétienne, Les Presses de la Renaissance (un récit de voyage dans la Turquie d'aujourd'hui sur les traces de son passé lié à l'histoire du christianisme : Antioche, Ephèse, Aphrodisias, Pamukkale, Smyrne, Bursa, Nicée, Ankara, Trébizonde, la vallée des églises géorgiennes, Kars, Ani, Erzurum, lac de Van, Diyarbekir, Hakkâri, Mardin, Tur Abdin, Mardin, Nisibe, Urfa, Istanbul-Constantinople).

2007 : Chrétiens d'Orient sur la route de la Soie, dans les pas des nestoriens, La Table Ronde. Un périple pendant plusieurs mois d'Istanbul (Turquie) à Pékin (Chine) sur les traces humaines et archéologiques laissées par les missions nestoriennes se rendant au travers de l'Asie centrale vers la Chine des Tang au VIIe siècle.

2004 et 2007 : Les derniers Araméens, le peuple oublié de Jésus, La Table Ronde, (photographies par Douchan Novakovic, Introduction historique par Alain Desreumaux, Préface de Michel de Grèce). Album photographique et carnet de voyage sur la population chrétienne syriaque de Turquie et les monuments importants du Tur Abdin.

2002 : Le génocide oublié, chrétiens d'orient, les derniers araméens, Ellipses. Collection de l'Orient politique. Mémoire de doctorat soutenu à l'École pratique des hautes études sur l'étude du massacre des communauté non-arméniennes du vilayet de Diyarbékir à la fin de l'Empire ottoman (Mardin, Midyat, Tur Abdin, Nisibe et Djézireh).


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Petit dictionnaire de l'Orient chrétien (§ Tūr 'Abdīn), Brepols, Turnhout, 1991, p. 194
  2. Kafro
  3. Enhil
  4. http://morgabriel.org/news124.html