Toumaï

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Crâne de Toumaï
Reconstitution de Toumaï.

Toumaï (fossile inventorié TM 266-01-060-01, TM pour Toros-Menala, région de sa mise au jour) est le surnom d'un crâne fossile de primate découvert en 2001 au Tchad[1]. Il a conduit à la définition d'une nouvelle espèce, Sahelanthropus tchadensis, que certains paléoanthropologues considèrent comme l'une des premières espèces de la lignée humaine, probablement très proche de la divergence entre les Panines (comprenant les chimpanzés) et le genre Homo (comprenant l'Homme)[2]. L'âge du fossile est estimé à environ 7 millions d'années.

Historique[modifier | modifier le code]

Lieu de découverte dans le désert du Djourab, au Tchad.
Sculpture représentant Toumaï au jardin botanique de Ndjamena.

Le crâne quasiment complet de Toumaï (image) a été mis au jour dans le désert du Djourab au Tchad, à 800 km au nord de Ndjamena dans le cadre de la MPFT (Mission paléoanthropologique franco-tchadienne) dirigée par Michel Brunet de l'université de Poitiers. Il a été découvert le 19 juillet 2001 par une équipe de quatre hommes (Ahounta Djimdoumalbaye, qui fut le premier à toucher le fossile, Fanoné Gongdibé, Mahamat Adoum et Alain Beauvilain qui dirigeait la mission) en service au Centre national d'appui à la recherche (CNAR, Ministère de l'enseignement supérieur de la République du Tchad).

Le crâne, cinq fragments de mâchoire, quelques dents et surtout une diaphyse de fémur gauche (TM266-01-063)[3] ayant pu appartenir à neuf individus ont été découverts de juillet 2001 à mars 2002 sur le site de Toros-Menalla et sur deux autres sites proches.

Des méthodes de datations biogéochronologiques ont permis d'estimer l’âge de Toumaï à environ 7 millions d'années, en se fondant sur le degré d'évolution des mammifères présents à ses côtés, par comparaison avec d'autres faunes africaines similaires. Une série de dates absolues a été obtenue par une équipe française pour les niveaux de sédiments qui étaient censés renfermer le fossile. Ces datations réalisées grâce à la méthode du béryllium 10 / béryllium 9 ont permis d'établir que l'âge de Toumaï serait compris entre 6,8 et 7,2 millions d'années[4]. Mais le crâne de Toumaï n’étant pas en place (in situ) dans le sédiment[5] et parce qu’il a même été déplacé lors d’une vraisemblable inhumation récente[6], cette méthode ne peut être appliquée.

Caractéristiques de Toumaï[modifier | modifier le code]

Toumaï mesurait environ un mètre et pesait près de 35 kg. Pour la MPFT, Toumaï serait un mâle. Son très fort bourrelet sus-orbitaire plaide en faveur de l'attribution du crâne à un mâle. Il vivait dans les forêts qui jouxtaient le voisinage d'un lac ou à proximité d'une rivière. La découverte de Toumaï, 2 500 km à l'ouest du rift est-africain, a obligé le paléoanthropologue Yves Coppens à remettre lui-même en cause sa théorie de l'East Side Story formulée en 1982.

Caractères de l'espèce[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sahelanthropus tchadensis.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Toumaï signifie « espoir de vie » en langue gorane. Ce nom a été choisi par le Président de la République du Tchad. Il désigne dans cette langue des enfants nés juste avant la saison sèche. Les chances de survie de ces enfants sont alors plus limitées[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Beauvilain, 2003. Toumaï, l’aventure humaine. La Table Ronde, Paris, 239 p. (ISBN 978-2-7103-2592-5).
  • Michel Brunet, 2006. D’Abel à Toumaï. Nomade, chercheur d’os. Odile Jacob, Paris, 254 p. (ISBN 978-2-7381-1738-0).
  • Ann Gibbons, 2006. The first human.. Doubleday, New York, 306 p. (ISBN 978-0-385-51226-8).
  • Pascal Picq, 2003. Au commencement était l'homme - De Toumaï à Cro-Magnon. Odile Jacob, Paris, 256 p. (ISBN 978-2-7381-1281-1).
  • Tidiane N'Diaye, 2006 L'Éclipse des Dieux Chap Afrique berceau de l'humanité, Éditions du Rocher/Serpent A Plumes, 2006, 317 p. (ISBN 978-2-268-05641-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Beauvilain, 2003. Toumaï, l’aventure humaine.
  2. Brunet M., Guy F., Pilbeam D., Mackaye H. T., Likius A., Djimdoumalbaye A., Beauvilain A., Blondel C., Bocherens H., Boisserie J.-R., de Bonis L., Coppens Y., Dejax J., Denys C., Duringer P., Eisenmann V., Fanone G., Fronty P., Geraads D., Lehmann T., Lihoreau F., Louchart A., Mahamat A., Merceron G., Mouchelin G., Otero O., Pelaez Campomanes P., Ponce De Leon M., Rage J.-C., Sapanet M., Schuster M., Sudre J., Tassy P., Valentin X., Vignaud P., Viriot L., Zazzo A. et Zollikofer C. P. E., 2002. A new hominid from the Upper Miocene of Chad, Central Africa, Nature, 418 (6894): 145-151.
  3. Hawks, 2009. [1]
  4. Lebatard A.-E., Bourles D. L., Duringer P., Jolivet M., Braucher R., Carcaillet J., Schuster M., Arnaud N., Monie P., Lihoreau F., Likius A., Mackaye H. T., Vignaud P. et Brunet M., 2008. Cosmogenic nuclide dating of Sahelanthropus tchadensis and Australopithecus bahrelghazali: Mio-Pliocene hominids from Chad. PNAS 105 (9): 3226-3231 PDF fulltext
  5. Beauvilain A., 2008. The contexts of discovery of "Australopithecus bahrelghazali" and of "Sahelanthropus tchadensis" (Toumaï) : unearthed, embedded in sandstone or surface collected ? PDF fulltext South african Journal of Science, 104 (3): 165-168.
  6. Beauvilain A. et Watté J.-P., 2009. Toumaï ("Sahelanthropus tchadensis") a-t-il été inhumé ? PDF fulltext Bulletin de la Société géologique de Normandie et des Amis du Museum du Havre, 96 (1): 19-26
  7. Dépêche de l'Associated Press du 12 juillet 2002.