Touche pas à mon pote

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Icône de paronymie Cet article possède des paronymes ; voir : Touche pas à mon poste ! et Touche pas à mon copain.
Logo de SOS Racisme.

Touche pas à mon pote est un slogan créé par SOS Racisme en 1985 (voir fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01809/la-naissance-de-sos-racisme.html, www.ina.fr/video/CAB8501497001), dans le but de promouvoir l'intégration des jeunes gens d'origine étrangère et spécialement maghrébine, dans le cadre de l'antiracisme et du respect des différences.

Ce slogan est devenu le slogan officiel de SOS Racisme.

Création et créateurs du slogan[modifier | modifier le code]

D'après l’Histoire de SOS Racisme de Philippe Juhem[1] : La création du slogan a été réalisée par Didier François (LCR) alias Rocky en hommage à Solidarnosc et Julien Dray (PS) ainsi qu'Eric Ghébali du UEJF. Quant à Michel Polac, Yves Mourousi, Michel Drucker et Marek Halter, ils aidèrent Harlem Désir à sa médiatisation.

D'après le livre de Franck Tenaille Coluche[2] : Les deux premiers à l'avoir soutenu sont : Yvan Dautin puis Coluche. Arrivent après : Brigitte Fossey, Pierre Douglas, Françoise Gaspard, Olivier Stirn, Akka Ghazi (CGT), Georgina Dufoix et Simone Signoret. Viendront ensuite : Marek Halter, Bernard-Henri Lévy, Valérie Kaprisky, Georges Moustaki, Christian Delorme, Macha Méril et Arielle Dombasle.

Coluche se rend place de la bastille au concert de SOS Racisme « Mon pote, c'est le pied » le 14 juin 1986, cinq jours avant sa mort ; Daniel Balavoine reçoit au Bourget de la main d’Harlem Désir le prix de la chanson anti-racisme pour L'Aziza, le 7 décembre 1985, 1 mois et 7 jours avant son décès (cf. accident aérien du rallye Dakar 1986).

Mise en œuvre et diffusion[modifier | modifier le code]

Sur le plan matériel[modifier | modifier le code]

Le slogan a été décliné sur de nombreux supports, le plus connu d'entre eux représentant un pin's à forme de main ouverte en signe de paix et de fraternité, de couleur jaune, portant l'inscription « Touche pas à mon pote ».

Les slogans ont aussi été déclinés sur d'autres supports, notamment les Tee-shirts et les autocollants.

Sur le plan médiatique[modifier | modifier le code]

Harlem Désir a écrit un livre sur le sujet : Touche pas à mon pote, paru le 8 novembre 1985, éditions Bernard Grasset.

De nombreux acteurs ou chanteurs ont soutenu le slogan : Simone Signoret, qui l'a présenté à la télévision ; Isabelle Adjani ; Renaud ; etc.

Les chaînes de télévision se sont emparées, durant les années 1985-1990, du thème de l'antiracisme et du slogan, dans le cadre d'émissions de débats ou d'émissions sociétales (Harlem Désir chez TF1 dans l'émission Droit de réponse de Michel Polac le 5 janvier 1985, puis le lendemain sur la matinale d'Europe 1 avec Michel Drucker) : fr.scribd.com/doc/100112945/Philippe-Juhem-S0S-Racisme-histoire-d-une-mobilisation-apolitique (page 18-19)[réf. nécessaire].

Plusieurs concerts de SOS Racisme se sont intitulés « Concert SOS Racisme - Touche pas à mon pote » ; ils ont parfois été retransmis à la télévision (comme le concert du 15 juin 1985; réalisateur Alain Périsson : collections.forumdesimages.fr/CogniTellUI/faces/details.xhtml?id=VDP1219)[évasif].

Un numéro de Pif Gadget portait en page de garde le slogan, avec le pin's en tant que cadeau-pif.

Critiques[modifier | modifier le code]

Les détracteurs du slogan, surtout situés à droite et à l'extrême-droite de l'échiquier politique, ont raillé cette main qui selon eux faisait référence à la Main de Fatma, et à la couleur jaune faisant penser à l'étoile jaune attribuée aux juifs durant l'Occupation.

Ainsi, dans Fier d'être Français, l'historien Max Gallo critiquait le choix de la main jaune comme logo : « Il y a eu Vichy et l’étoile jaune ? On créa de toutes pièces, d'en haut, parmi les idéologues qui savaient ce qu'ils faisaient, la petite main jaune de SOS Racisme, pour faire comprendre que les citoyens de souche récente étaient en somme les Juifs d'aujourd'hui. [ … ] De l’étoile jaune à la petite main jaune de SOS Racisme, on créait la première de ces confusions historiques qui allaient empoisonner les débats français »[3].

Dans le Figaro Magazine du 6 décembre 1986, durant les manifestations contre le projet Devaquet, Louis Pauwels a fustigé les imbéciles nourris, selon lui, de rock débile et adeptes de Touche pas à mon pote, prétendûment atteints de Sida mental.

Postérité et détournements humoristiques ou politiques[modifier | modifier le code]

Le slogan, très connu dans la France de la fin du XXe siècle, a été repris et détourné ultérieurement :

Dans les chansons et à la télévision
Dans divers slogans
  • Touche pas à mon despote : ici
  • Touche pas à mon pot de départ : ici
  • Touche pas à ma retraite : ici
  • Touche pas à mon vote, slogan de la Droite populaire, courant populiste de l'UMP : voir ici
  • Touche pas à ma queue, à propos d'un cheval qui envoie une ruade : voir ici
  • Touche pas à mon zob sur le blog de SOS-Prépuce : ici
  • Touche pas à mon pope, article du Canard enchaîné du 28.12.2011 : ici
  • Touche pas à mon pape, article du Monde : ici
  • Touche pas à ma pute, article de Causeur du 30.10.2013 : ici
  • Détournement sur un site belge de foot : Touche pas à mon idole - Sos Fascisme ici
  • Caricature montrant Nicolas Sarkozy avec le slogan : ici
  • Touche-toi mon pote (slogan raciste)

International[modifier | modifier le code]

Le slogan a été repris dans d'autres pays, francophones ou non : sa filiale espagnole s'appelle SOS Racismo[réf. nécessaire].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. de décembre 1998 (pdf) (de la page 15 à 30).
  2. (de la page 152 à 155), première édition du 29 janvier 1987; Le club des stars.
  3. Max Gallo, Fier d'être FrançaisFayard, 2006, pages 106-107