Touchétie

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Région de Touchétie
géorgien : თუშეთის მხარე
Carte de localisation de la Touchétie
Carte de localisation de la Touchétie
Administration
Pays Drapeau de la Géorgie Géorgie
Type Région de Géorgie
Gouverneur Pétré Tsiskarichvili
Démographie
Langue(s) Géorgien
Groupes ethniques Touches
Géographie
Superficie 896 km2

La Touchétie (en géorgien : თუშეთი, trancrit parfois Tushéti) est une région historique de la Géorgie (pays), inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO[1].

La forteresse de Késélo à Omalo

Géographie[modifier | modifier le code]

Historiquement, la Touchétie est composée de quatre communautés distinctes, cette division étant basée sur une division géographique de la région:

  • Au nord, la Pirikiti-Touchétie ("la Touchétie au-delà [des montagnes]" en géorgien), les villages étant bâtis le long du fleuve Pirikitis-Alazani
  • Au sud, le Gométsari, le long du fleuve Tushetis-Alazani
  • À l'est, la Tchagma-Touchétie, regroupant le village principal de Omalo et d'autres villages avoisinants
  • À l'ouest, la Tsova-Touchétie, c'est-à-dire le peuple Bats dans la vallée du fleuve Tsovatis-tskali

La Touchétie, ainsi que les régions voisines de Khevsourétie et de Pchavie, situées aux confins du nord-est de la Géorgie, sont des régions encore difficilement accessibles car sans véritable route d'accès, mais de véritables sanctuaires naturels et des bastions de l'âme nationale géorgienne où la vie pastorale (bergers, moutons, transhumance) reste très importante.

Aux confins du Daguestan dont elle est séparée par le Grand Caucase, c'est un pays de bergers qui élèvent leurs moutons en pratiquant la transhumance (estive). C'est une région encore sans électricité ni téléphone où les villages sont à des heures de marche les uns des autres et accessibles seulement par des chemins muletiers où le cheval reste le principal moyen de déplacement. Même les 4x4 ont du mal à desservir la région.

Omalo est le village principal, situé au centre de la région ; il dispose d'un aérodrome et des hélicoptères permettent à des touristes fortunés de se déplacer[2].

Le village de Dartlo
Le village de Djvarboséli dans le Gométsari

Histoire[modifier | modifier le code]

Une relative absence de sources historiques empêche la rédaction d'une véritable histoire de la région. La région aurait été convertie au Christianisme mais demeura largement païenne (un syncrétisme unique se formant entre les croyances païennes montagnardes locales et le Christianisme Orthodoxe géorgien). Longtemps coupée du monde, la première route carrossable à pénétrer la Touchétie fut construite par le gouvernement géorgien (alors bolchévique depuis 1921) dans les années 1960.

Les Touches[modifier | modifier le code]

Les premiers ouvrages et articles ethnographiques et sociologiques sur les Touches - principalement en géorgien et en russe - furent publiés à partir la fin du XIXe siècle. En français, l'ouvrage de Georges Charachidzé, Le système religieux de la Géorgie païenne - Analyse structurale d'une civilisation (Paris, François Maspéro, 1968), est probablement la meilleure source d'informations sur les Touches.

Abandon de la Touchétie et migration vers la Kakhétie[modifier | modifier le code]

Troupeaux de moutons en pâturage d'hiver en Chiraquie

La plaine de Kakhétie longtemps utilisée comme pâturage d'hiver devint progressivement zone de station intermédiaire, à mi-parcours de la transhumance entre les alpages et la plaine de Chiraquie. Au milieu du XIXe siècle, une partie de la population commença à s'y installer l'hiver, n'occupant les villages de Touchétie que l'été. Les premiers furent les Touches du clan, ou "thème", de Tsova, qui possédaient les troupeaux les plus importants pour le territoire le plus exigu. Ils furent à l'origine de la création du village de Zémo Alvani. A leur suite vinrent ceux du thème de Pirikiti. Le village de Kvemo Alvani a été créé ultérieurement par les Gometsari, ainsi que les Tchagma dont une partie vit également dans le village de Lalisq'uri[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Fiche de présentation de Mta-Tusheti », sur http://whc.unesco.org (consulté le 16 mars 2013)
  2. Géorgie, guide touristique "Petit Futé", 3ème édition
  3. Valérie le Galcher-Baron, "La collectivisation du cheptel ovin dans l'est de la Géorgie", in Cahiers du Monde russe, Vol. 35, No. 3, "La collectivisation des campagnes soviétiques - documents et recherches" (Jul. - Sep., 1994), pp. 683-701