Touba (Guinée)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Touba.
Touba
Administration
Pays Drapeau de la Guinée Guinée
Préfecture Gaoual
Région Boké
Géographie
Coordonnées 11° 36′ 00″ N 13° 02′ 00″ O / 11.6, -13.03333311° 36′ 00″ Nord 13° 02′ 00″ Ouest / 11.6, -13.033333  
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Guinée

Voir sur la carte Guinée administrative
City locator 14.svg
Touba

Touba est une ville de Guinée située dans la région de Boké[1], au nord-ouest du pays. C'est un haut-lieu de l'islam en Afrique de l'Ouest[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'émirat de Touba, de l'arabe الدولة توبا, centre religieux et culturel, a été fondé en 1815 par l'imam Al-Hajj Sidi Salim Ibn Muhammad Fatim Al Jabir Al Qadir, plus communément appelé « Karamokho Ba, grand maître ». L'imam Salim est un descendant de la famille du prophète de l'islam Mahomet par le biais de Hazrat Omar ibn al-Khattab, qui fut cousin du prophète de la 4e génération. Selon la tradition sunnite et dans quelques traditions chiites, le Calife Omar ibn al-Khattab est un membre de la famille du prophète par ses alliances avec ce dernier (Mahomet s'est marié avec Hafsa Ibn Omar, Omar s'est marié avec Umm Khulthum fille de Ali ibn Abi Talib)[réf. nécessaire]. Bien qu'ayant une nombreuse descendance, sa lignée principale est nommée « Al Bastafaya », c'est-à-dire celle qui se rapproche le plus du prophète Mahomet. Ses descendants se succèdent héréditairement à la tête de la Zawiyya de Touba.

Familles de Touba[modifier | modifier le code]

Les familles principales – autres que diakhankés et soninkes, sont des arabes originaires d'Afrique du Nord, plus précisément de Mauritanie et plus loin encore, de la péninsule Arabique[réf. nécessaire]sont descendantes des sahabas et de la famille du prophète, l'Ahl al-Bayt[réf. nécessaire], un des plus hauts rangs de l'islam. Leurs descendants y sont encore présents.

On peut citer parmi celles-ci[réf. nécessaire] :

  • la Maison Banu Diaby, de l'arabe Al-Jaber, descendante du Calife Omar ibn al-Khattab. L'Imam Sidi Salim, ancêtre de la famille, est son 20e descendant direct.
  • la Maison Banu Dramé, descendante de Salmân al-Farîsi.
  • la Maison Banu Kounta, descendante de Ben Nafi.
  • la Maison Banu Sylla-chérif, descendante de Al-Abbas Ibn Abd al-Muttalib (Ahl Al Bayt, abbassides).
  • la Maison Banu Haïdara-chérif, descendante de Ayyoub Al Ansar et des hachémites (Ahl Al Bayt, chorfas hassanis). Haïdara vient de l'arabe ''Haydar'', qui est l'un des surnoms de l'Imam Ali ibn Abi Talib, ancêtre de la maison.

À noter que les deux dernières familles sont d'ascendance hachémite. Les chefs de maisons portent le titre d'imam et de sultan. Ils sont qualifiés de Calife et de Waliy (« saint ») lorsqu'il ont atteint le pôle ultime.

Les autres familles telles que Souaré, Fadiga, Savané, Sakho, Touré, etc sont d'ethnie diakhanké, descendante de El Hadj Salim Souaré, mais d'origine Soninkes[réf. nécessaire]. La famille Guirassy de Touba est descendante des Al-Jaber par le biais de Lalla Khadija Diaby[réf. nécessaire]. Selon la tradition sunnite, les familles membres de l'Ahl al-bayt de Touba sont interdites d'aumône obligatoire (zakât) et sont les seules à pouvoir porter le fameux « Turban Vert », signe de leur appartenance a un des plus haut rang islamique, l'Ahl al-bayt.

Une des branches de la Maison Banu Diaby est une chefferie appelée Banu Faruki Sayyed car elle descend non seulement de Omar ibn al-Khattab, mais aussi des hachémites par les Sylla et Haïdara. Elle est unique en son genre dans l'histoire de Touba, ses membres sont rares et indépendants de toutes les autres familles de Touba, et garantie son allégeance au '''Tunka''' (Roi), représentant en tant que descendant par le sang de l'Ahl al-bayt. Ils suivent la voie de la Qadiriyya et portent le titre d'Altesse Royale. Ils sont réputés redoutables et impitoyables, leurs membres ne laissant aucune place quelconque à la faiblesse. Insoumises depuis des générations et étant issue des plus nobles extractions, cette tribu n'hésite pas à entrer en guerre contre n'importe quel adversaire, aussi bien à l'échelle d'un village que d'un état. Un des vizir du Roi aurait une fois dit: '' En vertu de la souffrance de nos ancêtres, que la terre leur soit légère, si jamais il devait arriver un conflit opposant notre famille au monde entier, nous n'hésiterons pas à nous battre jusqu'au dernier de nôtres. Le temps ou les Quraychites, en particulier les banu hashim et notre père Omar étaient injustement agressés, est définitivement révolu. Je jure par celui qui détient l'âme de notre père Muhammad (saw) dans sa main que si il le faut, nous n'hésiterions pas à nous battre contre toute l'humanité''. De toutes les familles de Touba et même parmi la famille dirigeante des Diaby, les Faruki Sayyed sont les plus redoutés à tous les niveaux. L'actuel roi et sa tribu seraient, dit-on, introuvables à l'heure actuelle.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les descendants des familles de Touba sont dispersées aux quatre coins du monde, essentiellement en Asie, en Amérique, en Afrique et en Europe. À Kolda, au Sénégal, est célébré le Ziarra annuel de Hadj « Karan »[2] Khalifa Diaby (Al-Jaber), calife et imam de la communauté musulmane de Kolda, ainsi que 5e descendant de l'imam Salim et 25e petit-fils du Calife Omar.

C'est la plus importante cérémonie religieuse de la communauté islamique de Kolda, organisée en mémoire de l'imam Khalifa, qui fut aux yeux de tous le modèle exemplaire de l'homme musulman. On raconte[Qui ?] qu'il était un homme très érudit, non seulement très respectueux des traditions musulmanes sans rien y modifier, mais aussi très accessible et ouvert au dialogue. Il était aussi opposé à toute forme de violence au nom de l'islam, ainsi qu'à toute forme d'innovation.[réf. nécessaire]

Cette cérémonie a la particularité de réunir toutes les familles musulmanes ainsi que divers notables étrangers. Le Ziarra annuel est organisé par son quatrième fils et héritier, Hadj Muhammad Lamine Diaby[réf. nécessaire], nouveau calife et imam de la communauté, secondé par son frère ainé l'imam Mustapha, calife légataire (en second).

À Koubia est célébré le Ziarra annuel de Karan Sidi Yadaly Diaby, imam de Koubia. Et à Touba est célébré celui de l'imam Sidi Salim.

Religion[modifier | modifier le code]

Les habitants de Touba sont musulmans sunnites. Touba étant un berceau du soufisme, leur tariqa est la Qadiriyya de Moulay Abd al Qadir al-Jilani. L'imam Salim étant premier Wali de Touba, sa silsila (lignée suprême) remonte directement à Mahomet via Ali ibn Abi Talib et Abd al Qadir al-Jilani.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Subprefectures of Guinea
  2. « Karan » est l'équivalent du « Sayyid » (seigneur) du monde arabe. Pour les familles de Touba, seuls les descendants de Karamokhoba par la Bastafaya sont titulaires de ce prédicat, signifiant littéralement « Son Altesse Royale ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lamin Sanneh, « Futa Jallon and the Jakhanke Clerical Tradition », 2e partie : « Karamokho Ba of Touba in Guinea », in Journal of Religion in Africa, vol. 12, fasc. 2, 1981, p. 105-126
  • (en) Jean Suret-Canale, « Touba in Guinea, holy place of Islam », in C. H. Allen and R. W. Johnson, African perspectives, Cambridge University Press, 1970, p. 53-81
  • Paul Marty, L'Islam en Guinée : Fouta-Diallon, E. Leroux, Paris, 1921, 588 p., en particulier le chapitre III, « Les Diakanké Qadrïa de Touba », p. 104-147 (texte intégral sur Gallica [1])