Totto-chan, la petite fille à la fenêtre

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Totto-chan, la petite fille à la fenêtre (窓ぎわのトットちゃん, Madogiwa no Totto-chan?) est un roman autobiographique de littérature japonaise écrit par Tetsuko Kuroyanagi et illustré dans l'édition originale par Chihiro Iwasaki, publié en 1981 par Kodansha.

Le roman a été traduit par Olivier Magnani aux Presses de la Renaissance

Avant d'être un roman, les chapitres ont été publiés sous forme de feuilleton dans la revue Jeunes femmes de février 1979 à décembre 1980.

Les personnages[modifier | modifier le code]

  • Tetsuko dite Totto-chan
  • Ses parents
  • Monsieur Sôsaku Kobayashi
  • Takahashi-kun
  • Miyo-chan
  • Yasuaki-chan
  • Sakko-chan
  • Tai-chan
  • Ôe-kun
  • Amadera-kun
  • Aiko Saisho
  • Migita-kun
  • Keiko Aoki
  • Toshiko Sakamoto
  • Yoshiharu Watanabe

Les thèmes[modifier | modifier le code]

L'école, l'éducation, la pédagogie, l'enfance, le regard des autres ainsi que la philosophie, le Japon.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Sur fond de Seconde Guerre mondiale, Tetsuko dite Totto-chan (ainsi que l'appelait affectueusement son père dans sa petite enfance, si bien qu'elle était persuadée que c'était son vrai prénom, petite fille de 6 ans intrépide et curieuse, déconcerte son institutrice. Elle passe ses journées à ouvrir et à fermer son pupitre ou à parler aux musiciens de rue par la fenêtre pendant la classe. Sa maîtresse se voit donc contrainte de la renvoyer de l’école. (Notons au passage que cette même maîtresse ne semble pas chercher à amener Totto-Chan à adopter un comportement plus respectueux des autres, ou à discuter avec elle !) Ses parents décident alors de l’inscrire dans un établissement privé, Tomoe, créé et dirigé par M. Sosaku Kobayashi. Dans cet établissement, ce directeur pas comme les autres a mis tout son amour, sa patience, sa soif de connaissances, pour en faire une école atypique où les enfants se retrouvent au centre du système éducatif, où ils apprennent par la pratique plutôt que par la théorie.

École de la « dernière chance » pour Totto-chan, qui est éblouie dès l'abord : d'anciens wagons de train font office de salle de classe, mais aussi par cet extraordinaire directeur capable de l’écouter parler pendant... 4 heures d’affilée, sans broncher ! Peu à peu, Totto-Chan entre dans les apprentissages, apprend le respect des autres et de leurs différences, la ténacité, l’autonomie, l’entraide, la valeur de l’amitié et à accepter l’échec.

A Tomoe, les classes sont composées d'une dizaine d'élèves au maximum. L'ordre des places des enfants n'est pas établi : chaque matin, chacun s'assied à côté de qui lui plaît. Le matin, chacun peut travailler à son rythme, et aborder les matières de la journée dans l'ordre qui lui plaît. Le professeur quant à lui, ne semble être là que pour répondre aux questions, ou aider tel ou tel élève, à sa demande, si besoin est !

L'après-midi est lui, réservé aux promenades, jeux, découvertes en tous genres. Et tout est prétexte à instruire les enfants, comme leur faire cultiver leur propre lopin de terre avec un fermier du village par exemple.

Diverses activités ont lieu en mélangeant les groupes d'âges différents, et les enfants handicapés y sont accueillis comme les autres.

Au cours de musique, les enfants tracent des notes à la craie ... sur le parquet ! Parquet qu'ils nettoient ensuite comme un rituel à chaque cours ... Et au cours de " rythmique" , chacun danse comme il le souhaite même si ça ne ressemble à rien ! (il s'agit là de la célèbre Méthode Dalcroze dont M. Kobayashi fut l'introducteur au Japon).

Chose étonnante, les enfants ont le droit de grimper aux arbres, de nager nus dans l'étang, ou même de vider la fosse septique à la recherche d'un objet perdu dans les toilettes ! Là où toute personne raisonnable aurait interdit aux enfants pareilles choses, par désir légitime de les protéger, le directeur lui, tout en les surveillant du coin de l'œil, les laisse faire leur propres expériences et en tirer eux-mêmes les conclusions qui s'imposent.

Il se dégage de la lecture de ce petit livre un parfum de candeur enfantine, qu'illustre bien la douce couverture.

Comme ils ont l'air heureux ces enfants !

Une atmosphère plus que familiale se fait sentir dans cette école pas comme les autres ... d'ailleurs les parents sont souvent sollicités.

Le bombardement de Tomoe durant la Seconde Guerre Mondiale ne découragea cependant le pédagogue infatigable qu'était M. Kobayashi qui, en voyant son "train-école" en flammes, réfléchissait déjà aux moyens d'en faire une nouvelle... Ces souvenirs sont d'ailleurs un hommage à l'homme et à l'instituteur hors pair qu'il était, lui qui accordait une importance capitale à la réussite de chaque enfant.

Totto-chan serait peut-être devenu un cas difficile, en marge de la société, déjà rejetée des autres à 5-6 ans, mais l'amour de l'école que des instructeurs différents ont su susciter l'a transformée à tout jamais. En annexe, on trouvera les parcours des différents élèves de l'école côtoyés par Tetsuko lors de son passage à Tomoe, qui pour certains ont gardé longtemps après des liens très étroits... la plupart ont réalisé leur rêve.