Totsuka-no-Tsurugi

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L’épée Totsuka-no-Tsurugi plus connue sous le nom du sabre Sakegari-no-tachi (十拳剣?, lit. « l'épée d'une envergure/portée de dix mains »), Ama-no-Habakiri (天羽々斬?, lit. « Coupe divine de la plume »), Ame-no-Ohabari (天の尾羽張?, lit. « Plume de la queue divine ») est une épée mythologique qui est mentionnée dans le Kojiki. Elle fut possédée premièrement par Izanagi qui s’en servi à deux reprises : pour décapiter Kagutsuchi responsable de la mort de sa compagne Izanami, et lors de sa fuite du Yomi. Puis elle est de nouveau mentionnée, cette fois possédée par Susanoo kami des tempêtes, qui l’utilise pour sceller un pacte avec sa sœur Amaterasu puis (une des scènes les plus célèbres de la mythologie japonaise) lors de son combat contre le serpent Yamata-no-Orochi.

Selon les noms portés par l'épée Totsuka-no-Tsurugi ou sabre Sakegari-no-tachi, cela renvois à deux types d'armes blanches distincts : le Tsurugi, épée japonaise à double tranchant, et le Tachi, sabre droit possédant une lame courbe d'environ 70 cm, précurseur du sabre japonais classique. Ce qui rend plutôt difficile de s'imaginer la forme exacte qu'aurais pu avoir cette arme.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'épée Totsuka apparaît dans le Kojiki (texte fondateur du Shintoïsme) qui relate la création mythologique du Japon, elle est détenue par le kami Izanagi (イザナギ lit. Celui/l'homme qui invite) époux d'Izanami (イザナミ lit. Celle/la femme qui invite) et "père" de nombreux kamis notamment de Tsukuyomi kami de la lune, d'Amaterasu kami du soleil et de Susanoo kami des tempêtes qui se retrouvera ensuite en possession de l'épée.

Son nom est mentionné à 4 reprises dans le Kojiki :

  • À deux reprises en la possession d'Izanagi :
  1. Lors de la naissance de Kagutsuchi
  2. Lors de la fuite d'Izanagi du Yomi (黄泉?), le pays de la nuit et de la mort
  • À deux reprises en la possession de Susanoo :
  1. Lors du serment de paix entre Susanoo et Amaterasu (où cette dernière brise Totsuka en 3 morceaux)
  2. Lors du combat entre Susanoo et le serpent octocéphale Yamata-no-Orochi

La légende[modifier | modifier le code]

Chargé par les Amatsukami de donner forme au monde, Izanagi et Izanami créèrent d'abord l'île d'Onogoro qui se forma à partir du sel qui goutta de Ame no nuhoko (en) (天沼矛?, « la Lance Céleste »), ornée de pierres précieuses que leur a offert les Amatsukami après l'avoir plongé dans l'océan.

Bien que cette île vienne d'apparaître, elle portait en son sein Yahirodono (八尋殿?, « la salle aux huit marches »), dans laquelle Izanami demanda la main de son compagnon. De cette union naquirent deux entités malformées : Hiruko, l'enfant aquatique, et Awashima (淡島?, « l'île d'écume »). Après avoir demandé conseil aux Amatsukami, ils surent que la malformation de leur progéniture tient au fait que ce fut la femme, Izanami, qui, la première, demanda leur union. Ils annulèrent cette union et c'est Izanagi qui initia la demande en mariage.

De cette nouvelle union naquirent les ohoyashima (大八洲?), les huit grandes îles de l'archipel nippon Awazi, Iyo (plus tard appelé Shikoku), Ogi, Tukusi (plus tard appelé Kyūshū), Iki, Tusima, Sado et Yamato (plus tard appelé Honshū)

Hokkaidō, Chishima, et Okinawa ne faisaient pas partie du Japon ancestral.

Ils engendrèrent ensuite de très nombreuses autres îles et divinités. Parmi ces divinités la plupart sont des symboles de la nature ou de la culture japonaise.

Mais lors de la naissance de Kagutsuchi (軻遇突智?) aussi appelé Homusubi (火産霊?), l'incarnation du feu, il eut des complications et Izanami fut brûlée par ce dernier lors de l’accouchement. |Kagutsuchi fut décapité par son père aveuglé par la colère à l'aide de son épée Totsuka-no-Tsurugi. De ce meurtre jaillirent une douzaine d'autres divinités correspondant chaque goutte de sang qui avait touché le sol.

Izanagi pleura la perte de son épouse et entreprit un périple au Yomi (黄泉, Yomi?), le pays de la nuit et de la mort, pour la ramener. Cependant Izanami ayant déjà goûté à la nourriture des enfers et ne peut s'en retourner parmi les vivants sans l'accord des divinités infernales. Dans l'obscurité totale Izanagi impatient de revoir son épouse, met le feu à une dent de son peigne, pour enfin l'apercevoir. Il la trouve décatie et décomposée, horrifié, il la répudie et s'enfuit. Elle le maudit, alors se transforma en yōkai elle le poursuivit avec des démons du Yomi. Afin de décourager ses poursuivants Izanagi brandit Totsuka mais cela n'eut aucun effet, il parvint quand même à s'échapper. Izanami promit alors de tuer chaque jour un millier des créations de son mari, ce à quoi il rétorqua qu'en conséquence il donnera naissance à mille-cinq-cents création par jour. Ainsi fut instauré le cycle de la vie et de la mort.

Après son retour du Yomi, Izanagi fait une halte à Tsukushi pour faire une série d'ablutions dans la Rivière des orangers et purifier son corps de son contact avec la mort. Ces ablutions donnèrent naissance à une douzaine d'autres divinités :

  • de son œil gauche naît Amaterasu, la déesse du Soleil.
  • de son œil droit naît Tsukuyomi, le dieu de la Lune.
  • de son nez naît Susanoo, le dieu de l'Orage.

Susanoo, la divinité japonaise de l'orage et de la tempête était violent et grossier. Il détruisait tout sur son passage ne laissant que ruines et désolation. Quand il fut rejeté par son père, il vint au Takamanohara pour faire ses adieux à sa sœur Amaterasu, la divinité japonaise du soleil. Mais Amaterasu craignait qu'il ne vienne pour des motifs plus belliqueux. Elle lui demande alors de prouver la bonne foi de ses propos par un concours : le premier des deux qui engendre une divinité masculine gagne. Amaterasu brise l'épée Totsuka de son frère en trois morceaux qu'elle mâche et transforme en trois élégantes déesses. Susanoo mâche les perles de fécondité des chaînes ornementales de sa sœur (le magatama) et engendre cinq divinités masculines. Puis ils se réclament mutuellement leurs créations, arguant qu'elles sont issues d'un objet leur appartenant. Susanoo se proclame vainqueur.

Suite à une dispute avec sa sœur Amaterasu, Susanoo est banni du royaume des kamis (la voie lactée) et vint à Izumo. Il y trouva un vieil homme et sa femme pleurant le sort de leur fille nommée Kushinada. Susanoo leur en demanda la raison. Le vieil homme expliqua qu'ils avaient à une époque huit filles, mais qu'un dragon octocéphale et octocaudal nommé Yamata-no-orochi (八岐大蛇/八俣遠呂智/八俣遠呂知?), avait mangé leurs sept premières filles et réclamait à présent que l'on lui donnât la huitième en pâture.

Susanoo tomba amoureux de la jeune fille et promit à ses parents de la sauver en échange de sa main. Il transforma alors la jeune fille en un peigne qu'il cacha dans ses cheveux, et construisit autour de la maison une muraille percée de huit ouvertures. Il ordonna que l'on place dans chaque ouverture une table avec sur chacune d'elle un grand vase rempli de saké distillé huit fois.

Attiré par l'odeur du saké, le dragon but tant et tant qu'il sombra dans le sommeil. Susanoo en profita alors pour anéantir l'ignoble bête. En découpant le monstre, son sabre Totsuka buta sur une épée miraculeuse cachée dans l'une des queues du dragon. Pour se racheter auprès de sa sœur Amaterasu, Susanoo lui offre par la suite cette épée, Kusanagi no tsurugi (草薙剣?).

Extrait du Kojiki traduit[modifier | modifier le code]

"[…]Leur premier rejeton fut Owatatsumi le seigneur des océans. Puis Izanami mit au monde Kamihaya Akitsu Hiko qui contrôle les terres et Haya Akitsu Hime qui contrôle la surface des mers. Une multitude de kamis apparurent.

Izanami mit alors au monde le kami du feu (Kagutsuchi no kami). Mais l'accouchement se passe mal et Izanami meurt atrocement brûlée par sa progéniture. Juste avant de rendre l'âme, de sa bouche surgirent Kanayama biko et Kanayama hime (dieu et déesse du métal) ainsi que Haniyasu hiko et Haniyasu hime (dieu et déesse de la terre).

Le Royaume des ombres devint sa nouvelle demeure. À cause de cela, la mort et ses conséquences (la décomposition et le deuil) firent leur apparition. Son époux, fou de rage, décapita le kami du feu (Kagutsuchi) avec Totsuka no Tsurugi (son épée): le sang qui s'échappa de la blessure béante donna naissance à autant de nouveaux kamis que de gouttelettes tombant au sol. […]"[1]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le manga Naruto, Totsuka est l'épée détenue par l'invocation d’Itachi Uchiwa « Susanô » ; elle est vue comme la seule épée qui puisse contrer l’épée Kusanagi d'Orochimaru. Dans l'affrontement entre Itachi et Sasuke, lorsque ce dernier est a court de chakra et qu'Orochimaru refait surface dans le cœur de celui-ci, il y a là une allégorie au combat entre Susanoo et Yamata-no-Orochi

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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