Tornade en Val-de-Sambre de 2008

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Tornade en Val de Sambre
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Régions affectées Val de Sambre (Nord)
Coordonnées 50° 15′ N 3° 56′ E / 50.25, 3.93 ()50° 15′ Nord 3° 56′ Est / 50.25, 3.93 ()  
Caractéristiques
Type Tornade
Échelle de Fujita F3[1] (peut-être F4[1],[2])
Vent maximal + 200 km/h[3]
Largeur du corridor 100 à 200 mètres
Longueur du corridor 18 à 19 km
Date de formation à 22 h 30
Durée 12 minutes
Conséquences
Nombre de morts 3

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Tornade en Val de Sambre

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Tornade en Val de Sambre


La tornade en Val-de-Sambre, aussi appelée tornade d'Hautmont, est une violente tornade qui a frappé plusieurs communes du département du Nord (France) le dimanche en début de nuit. Selon Météo-France, elle se classe comme une tornade au moins de catégorie F3 sur l'échelle de Fujita améliorée. Une étude non officielle parle même de F4. Elle provoqua la mort de trois personnes, en blessa sérieusement 18 et fit d'importants dégâts.

Suivant un couloir long de 18 à 19 km, elle débuta vers 22h30 à Pont-sur-Sambre, traversa les communes de Boussières-sur-Sambre, Hautmont, Neuf-Mesnil, Maubeuge, Assevent et Boussois avant de disparaitre à Marpent vers 22h42. Elle semble avoir atteint son maximum d'intensité à Boussières-sur-Sambre et à Hautmont, commune où elle tua trois habitants. C'est la plus forte tornade enregistrée en France depuis 1982 (tornade sur la commune de Levier dans le Doubs) et la plus meurtrière depuis 1967 (tornade de la commune de Palluel dans le Pas-de-Calais).

Contexte météorologique[modifier | modifier le code]

Le , on retrouve en surface une série de dépressions s'étirant depuis l’Atlantique jusqu’aux îles britanniques, la Scandinavie et la Russie. Elles sont assez faibles, ayant des pressions variant entre 1 000 hPa et 1 005 hPa mais sont reliées par un front qui s'étire depuis les Açores jusqu’au Benelux[2].

En altitude, le flux est rapide et orienté ouest/sud-ouest entre un creux barométrique près de l’Écosse et une faible crête barométrique au sud de la France. On retrouve ainsi un courant-jet sur la moitié nord de la France qui sépare deux masses d’air : air océanique polaire au nord et air tropical, chaud et humide, au sud[2].

Dans ce contexte, la nuit du 2 au 3 août est ennuagée et douce sur le Nord-Pas-de-Calais, avec des minimales voisines de 14 °C à l’intérieur des terres et de 16 °C au bord de la mer. À 00 h TU, les profils atmosphériques sont stables (Énergie potentielle de convection disponible (EPCD) de zéro, un indice de soulèvement (LI) de 6,4 et un Indice de stabilité de Showalter (SI) de 8,8). Le courant-jet à 250 hPa est analysé à 160 km/h (86 nœuds) alors qu’une première ondulation du front chaud entre sur la région en matinée depuis la Manche. Dès 06h TU, la faible pluie progresse sur le Pas-de-Calais pour atteindre en fin de matinée le département du Nord avant de cesser vers midi[2].

Les vents sont faibles à modérés du secteur sud à sud-ouest en surface apportant de l'air doux et humide. L'air commence à devenir instable et la température à midi atteint 20 °C malgré la couverture nuageuse[2]. Le point de rosée est également en hausse à 16,6 °C[2]. Plus tard en journée, un faible front froid se dirige vers le secteur, passant tangentiellement au Pas-de-Calais. Six heures avant le développement de la tornade, on a dans la région visée beaucoup d’humidité près du sol et des températures à la hausse alors que dans les couches moyennes l’air s'assèche. La masse d’air devient ainsi faiblement instable, avec une EPCD de 100 Joules/kg mais on a encore une inhibition convective (EIC) de 34 J/kg qui suffit à bloquer toute convection profonde en l'absence d'élément déclencheur[2]. Du côté des vents, ceux-ci deviennent de plus en plus de secteur sud près du sol et ouest à sud-ouest en altitude donnant un cisaillement qui augmente. La valeur d'hélicité relative est de 156 m²/s² dans le premier kilomètre de l'atmosphère et le cisaillement de 7,9 m/s[2].

Vers 18 h locales, le point de rosée a atteint 18 °C et la température 24 °C. Des averses fortes se développent à Bavay et à Maubeuge. En soirée, le creux d'altitude pivote vers le nord de la France ce qui provoque un mouvement vertical de l'air et une augmentation du contraste thermique sur la région. Une dépression de très petite échelle se forme et le front froid, dans son quadrant sud-ouest, vient servir de déclencheur orageux. À 22 h 30 locale, le niveau de convection libre (NCL) s'abaisse et rejoint le niveau de condensation par ascension (NCA) ce qui permet de développer des orages très facilement et l'indice d'hélicité relative atteint 2,94 (risque de tornade élevé)[2]. Tout est dès lors en place pour la formation d'une ligne orageuse violente.

L'après-tornade[modifier | modifier le code]

Un bilan difficile[modifier | modifier le code]

Météo-France a effectué une mission d’observation sur le terrain le 4 août ainsi qu’un vol de reconnaissance le 5 août[3]. Les dégâts causés aux cultures, arbres, bâtiments et équipements de voirie ainsi que les témoignages des victimes indiquent que la tornade a touché terre vers 22h30[3]. Les premiers dégâts commencent à Pont-sur-Sambre, continuent vers le nord-est dans les champs au niveau de Boussières-sur-Sambre et dans le Bois-du-Fay[3]. En arrivant à Hautmont, la tornade a causé ses plus importants dégâts avec des maisons totalement détruites. Au total, le phénomène d'une largeur variant entre 100 et 200 mètres a parcouru entre 18 et 19 km[2],[3].

La tornade a causé la mort de trois personnes, en blessa sérieusement 18, en plus de pousser une personne au suicide[4]. Elle fit d'importants dégâts à Hautmont, Maubeuge, Neuf-Mesnil et Boussières-sur-Sambre alors que 800 logements ont été touchés[4]. Le coût des pertes se monte à 1,5  millions d'euros dans la seule ville d’Hautmont[5].

Selon Météo-France, elle se classerait comme une tornade de catégorie F3 sur l'échelle de Fujita améliorée. En effet, la vitesse probable estimée des vents à partir des dégâts constatés, et sous réserve de l'avis d'experts en construction, montre que les rafales de vent instantanées ont très probablement largement dépassé les 200 km/h[3]. L'organisme Keraunos non officiel a lui classé cette tornade comme étant de catégorie 4 dans la même échelle[2].

Aides et secours[modifier | modifier le code]

Pour aider les sinistrés, l'association Solidarité Avesnois a été créée. Son porte-parole est Dany Boon et son secrétaire Jean-Marie Leblanc[6]. Un match de football opposant le Racing Club de Lens au Valenciennes Football Club a permis à l'association de récolter 150 000 €[7].

Autres tornades[modifier | modifier le code]

La tornade qui a frappé le Val-de-Sambre est la plus puissante d'une série de huit entonnoirs qui ont touché le sol en France, aux Pays-Bas et en Allemagne entre midi et minuit le 3 août 2008. Aux Pays-Bas, on a noté une tornade de force F1 à Oostermeer et une F2 à Groningen[8]. En Allemagne, on a rapporté trois trombes marines, une tornade F1 à Langeneß (Schleswig-Holstein) et une F2 à dans la région de Goldenstedt (Arrondissement de Vechta)[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Section : Tornade dans le Nord le 3 août 2008 », Bilan de l'année 2008, Météo-France (consulté en 2009-07-24)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (fr) Pierre Mahieu et Emmanuel Wesolek, « La tornade F4 du 3 août 2008 en Val de Sambre », Observatoire français des tornades et des orages violents – Association météorologique du Nord–Pas-de-Calais, Keraunos,‎ 2008 (consulté en 2009-04-11)[PDF]
  3. a, b, c, d, e et f (fr) « Retour sur la tornade du 3 août 2008 à Hautmont », Météo-France,‎ 14 août 2008 (consulté en 2009-04-11)
  4. a et b (fr) « Le Val de Sambre balayé par une tornade », La Voix du Nord,‎ 2008 (consulté en 2009-04-11)
  5. (fr) « L’après-tornade : Un premier bilan », Site officiel de la ville d'Hautmont,‎ 2008 (consulté en 2009-01-18)
  6. (fr) « Dany Boon et Jean-Marie Leblanc mobilisés après la tornade », 7 sur 7,‎ 2008 (consulté le 11 avril 2009)
  7. (fr) « Dany Boon rend visite aux sinistrés d'Hautmont », Nouvel Observateur,‎ 2008 (consulté le 11 avril 2009)
  8. (nl) Reinout van den Born, « Grote schade door windhozen », Meteo Zwolle,‎ 4 août 2008 (consulté en 2009-07-25)
  9. (de) Thomas Sävert, « 2008 Germany tornadoes », Tornado Liste,‎ 2009 (consulté en 2009-07-25)