Torcuato Fernández Miranda

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Torcuato Fernandez-Miranda Hevia (Gijón, 10 novembre 1915 - Londres, 19 juin 1980) était un homme politique espagnol.

Professeur de droit constitutionnel (il eut comme élève le futur roi Juan Carlos) et dernier président des Cortes Generales franquistes, il joua un rôle non négligeable durant la Transition démocratique espagnole, en particulier lors du vote final de la loi pour la réforme politique (Ley para la Reforma Política). Il fut aussi président du gouvernement espagnol par interim après la mort de Luis Carrero Blanco.

Un universitaire dans le franquisme[modifier | modifier le code]

Torcuato Fernández-Miranda a étudié dans le Collège de l'Immaculée Conception de Gijón avant d'obtenir le grade de licencié en Droit de l' Université d'Oviedo, où par la suite il obtenu une place de professeur de Droit Politique puis recteur d'Université. C'est à poste qu'il est initié à la politique, puisque le poste de recteur de l'Université d'Oviedo lui octroie la charge implicite de Procureur, membre des Cortes Franquiste. Tout en occupant diverses fonctions au Ministères d'Education il continue son parcours politique dans la hiérarchie Franquiste jusqu'à atteindre le poste de Secrétaire général du Mouvement Nationale - le partis unique du général Franco - entre 1969 et 1974. Alternativement à ces fonctions politiques ils fut l'un des préposés à la tâche d'élever politiquement le prince Juan Carlos de Bourbon, successeur désigné du général Franco, en étant son professeur de Droit politique. Il fut l'un de ses "Conseillers" le plus proches après sa désignation officiel en 1969.

1969-1975 : le Franquisme "tardif"[modifier | modifier le code]

La période finale du franquisme fut une période de conflit social croissant, auquel la dictature a répondu avec répression et certains politiques s'étaient rendu compte de la difficile survie de la dictature après la mort future du dictateur ce qui a amené Fernández-Miranda à projeter la loi des "Association Politique" comme outil de participation citoyenne. Le projet fut avorté avec le meurtre de Carrero Blanco et la désignation du franquisme le plus conservateur, Carlos Arias Navarro.

Il fut d'ailleurs candidat légitime à la présidence du gouvernement après le meurtre de Luis Carrero Blanco, en puisqu'il assurait l'intérim du gouvernement. Malheureusement, son "indépendance politique", le fait qu'il ne faisait pas partie des familiers du régime et surtout la proximité politique de Arias Navarro avec l'épouse de Franco Carmen Polo et son gendre Cristóbal Martínez-Bordiú fut en sa défaveur.

La transition[modifier | modifier le code]

À la mort du général Franco, le prince Juan Charles de Bourbon il est déclaré roi d'Espagne le 22 novembre 1975 et tente dans un premier temps à remplacer Arias Navarro. Mais celui-ci ne voulut pas démissionner, en arguant que sa nomination par Franco expirait en 1979. Parmi les candidats pressentis, Torcuato Fernández fut consulter par le roi sur ses préférences. Sa réponse fut :
« Majesté, l'animal politique que je suis réclame la Présidence du gouvernement, mais je crois être plus utile à la présidence des Cortes »

Il est nommé donc Président des Cortes, jumelé avec la Présidence du Conseil du Royaume, en succédant à Alejandro Rodríguez de Valcárcel. Depuis cette position il a pu orienter le roi à propos des mésententes du système politique postfranquiste en le contrôlant et en démontant, de l'intérieur, les ressorts de pouvoir, en particulier le "bunker".

Torcuato Fernandez était partisan de réformer les lois du régime au moyen de leurs propres dispositions pour arriver ainsi à la démocratie en évitant des vides juridiques. Il s'agissait d'aller « de la loi à la loi à travers la loi ».

L'idée de Torcuato Fernández-Miranda était d'établir un système législatif avec deux partis politiques, l'un conservateur et l'autre d'un type plus libéral, et qui selon son opinion pouvait être le PSOE (historique) que Rodolfo Llopis présidait, et qui c'était caractérisé pour être plus modéré que le PSOE de l'intérieur, après la scission du Congrès de Suresnes.

Il fut l'auteur de la Loi pour la réforme politique, l'instrument légal qui permit de démonter le régime franquiste légalement avec l'approbation des propres Cortes nommés par le général Franco et connue comme "le hara-kiri des Cortes franquiste".

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]