Toni Sailer

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Toni Sailer Alpine skiing pictogram.svg
Stig Sollander, Tony Sailer and Chiharu Chick Igaya 1956 - Sailer cropped.jpg
Contexte général
Sport ski alpin
Période active 1954-1958
Biographie
Nationalité sportive Drapeau de l'Autriche Autriche
Naissance
Lieu de naissance Kitzbühel
Décès (à 73 ans)
Lieu de décès Innsbruck
Palmarès
Or Arg. Bro.
Jeux olympiques d'hiver 3 0 0
Championnats du monde 7 1 0
* Dernière mise à jour : 31 janvier 2014

Anton Engelbert Toni Sailer, né le à Kitzbühel et mort le à Innsbruck, est un skieur alpin et un acteur de cinéma autrichien. Premier skieur à remporter les trois titres lors d'une même édition des Jeux olympiques, il est avec sept médailles d'or le skieur le plus titré en championnats du monde, ceci étant réalisé en deux éditions seulement. Après sa courte carrière sportive, il s'arrête à vingt-trois ans, il fait du cinéma puis retourne dans le monde du ski, au sein de l'encadrement de l'équipe d'Autriche puis dans le monde des organisations.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Anton Engelbert Toni Sailer, issu d'une famille de trois enfants — Rosi Sailer, la sœur ainée, participant aux jeux olympiques de 1952 et Rudi Sailer, le benjamin, qui possède une victoire en coupe du monde — débute le ski à l'âge de deux ans dans sa ville natale de Kitzbühel. Il effectue un apprentissage des métiers de vitrier et plombier[1].

Membre du Kitzbüheler Ski Club, il devient l'élève de Christian Pravda, double médaillé aux Jeux olympiques de 1952 à Oslo puis champion du monde de descente en 1954. En 1951, il remporte ses premiers titres en remportant le combiné des championnats d'Autriche junior et le Dreierkombination à Wattens[2].

Il se blesse lors de la préparation à la suivante, rupture du tibia et du péroné[3], ce qui le prive de compétitions durant cette saison. Cette blessure retarde son retour au premier plan ce qui le prive de participation aux championnats du monde de 1954. Il remporte de nouveaux des victoires, à Cortina d'Ampezzo et Seefeld. En 1955, il remporte la première de ses quatre victoires consécutives au Lauberhorn de Wengen.

L'année suivante, en plus de la victoire à Wengen, il remporte également la course se déroulant dans sa ville natale de kitzbuehel sur la piste de la Streif du Hahnenkamm. Il remporte trois victoires lors de cette édition : la descente, le slalom et le combiné. Toutefois, son plus grand exploit de l'hiver a lieu à Cortina d'Ampezzo en Italie. Lors des Jeux olympiques de 1956 qui s'y déroulent, il remporte les trois titres olympiques mis en jeu. Cela débute par une victoire au slalom géant où il devance de plus de six secondes son compatriote Andreas Molterer, qui le devançait de deux dixième de seconde après le mur consituant la première partie de la course[4]. Lors de sa deuxième épreuve, il termine avec deux dixième de seconde d'avance sur le Français Adrien Duvillard lors de la première manche, son compatriote - et également membre du Kitzbüheler Ski Club - Molterer devant abandonner à la suite d'une chute de cinquante mètres. Lors de la seconde manche, Duvillard concède plusieurs chutes qui le privent de tout espoir. Sailer termine également avec le meilleur temps de cette manche et l'emporte finalement sur le Japonais Chiharu Igaya avec quatre secondes d'avance[5]. Lors de la descente, malgré un incident détecté à quelques minutes du départ - il répare d'un morceau de cuir la lanière de son ski gauche qui est rompue[6] - il l'emporte avec trois secondes et demie d'avance sur le Suisse Raymond Fellay et Andreas Molterer[7]. il devient ainsi le premier skieur à réaliser le triplé aux Jeux olympiques[8], et le cinquième sportif à remporter trois médailles d'or au cours des mêmes Jeux olympiques d'hiver. Il remporte également une quatrième médaille d'or, celle du combiné, compétition qui ne figure pas au programme des jeux entre 1952 et 1984 : les jeux de Cortina d'Ampezzo comptant également comme Championnats du monde, Sailer possède ainsi quatre titres mondiaux à son palmarès.

Deux ans après les jeux de Cortina, il prouve de nouveau son talent lors des Championnats du monde de 1958 disputés en Autriche à Bad Gastein. Après une deuxième place derrière son compatriote Josef Rieder lors du slalom, il prend sa revanche face à celui-ci lors de la course suivante en le battant de trois secondes et huit dixième. Lors de la descente, Sailer termine de nouveau premier : il devance le Suisse Roger Staub de une seconde neuf et le Français Jean Vuarnet de trois secondes huit dixième. Il remporte une troisième médaille d'or avec le combiné, devant Rieder.

Après avoir un temps décidé de poursuivre jusqu'aux jeux de Squaw Valley, mais, afin d'éviter tout risque de suspension pour non-respect des règles d'amateurisme, il décide de se retirer[1].

Il est considéré comme le meilleur sportif autrichien du siècle[9].

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Depuis 1957, Sailer a en effet commencé une carrière d'acteur. Il joue dans Ein Stück vom Himmel (Un morceau de ciel). Au total, il joue dans une vingtaine de films, occupant souvent un rôle de sportif ou entraîneur. Dans l'un des films, Das grosse Glück, il joue son propre rôle[10]. Il joue également pour des feuilletons ou des films de télévision[11]. Durant cette carrière artistique, il s'essaye également à la musique, enregistrant de nombreuses chansons[10].

Monde des affaires et retour dans le monde du ski[modifier | modifier le code]

En parallèle de ses activités artistiques, il rentre dans le monde des affaire : il construit son propre hôtel à Kitzbuehel[11] et participe à Sailer-Tex, entreprise fabricant des composants élastiques pour des vêtements de ski à son nom[12]. Il participe également à la commercialisation et au marketing d'un nouveau type de ski en plastique fabriqué par un habitant de Kitzbuehel[12]. Dans les années soixante, il vit principalement au Canada pour assurer la promotion de sa marque de ski[1]. Dans ce pays, il passe de longues années, de 1968 à 1982, à enseigner à de jeunes skieur dans son école de ski Toni Sailer Summer Ski Camp à Whistler en Colombie-Britannique.

Il revient dans le monde du ski après les jeux de Sapporo en 1973 : la fédération autrichienne, après des années de dominations françaises en coupe des nations - classement établi en fonction des résultats des skieurs de chaque nation sur l'hiver - et des jeux sans la moindre médaille d'or pour les Autrichiens, lui confie un poste de directeur technique[1]. Sous sa direction, l'Autriche redevient la nation majeure du ski alpin, en particulier grâce aux résultats de Franz Klammer et de Annemarie Moser-Pröll. Il se voit ensuite confier par la FIS la tâche de restaurer la coupe du monde en 1993 : celle-ci souffre de nombreux problèmes avec la désaffection des médias, principalement des chaines de télévision, ce qui en résulte un mécontentement des sponsors, d'un classement difficilement compréhensible par le public et même par une grève des skieurs[1]. Il occupe également pendant vingt ans, jusqu'en 2006, le poste de directeur de la course du Hahnenkamm[13].

Pour sa contribution au mouvement olympique, le Comité international olympique le récompensa de l'ordre olympique en 1985.

En janvier 2004, bien qu'il n'ait pas d'engagement dans un parti politique, il annonça vouloir se présenter à la mairie de Kitzbühel mais quelques semaines plus tard, réalisant qu'être maire est un travail de plein-temps, il préféra renoncer.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Fils d'un ancien skieur, il a une sœur Rosi Sailer et un frère Rudi Sailer, tous deux connaissant également une carrière de skieur. Lors de son passage au Canada, il fait la connaissance de Gaby Rummeny qui deviendra son épouse en 1976[11]. Le couple aura un enfant, Florian. Après le décès de son épouse en 2000, Toni Sailer se marie de nouveau en 2006 avec Hedwig Fischer[11].

Il décède à Innsbruck le 24 août 2009 à la suite d'une tumeur au cerveau[11].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques d'hiver[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jeux olympiques d'hiver.
Épreuve / Édition Drapeau : Italie Cortina d'Ampezzo 1956
Descente médaille d'or, Jeux olympiques Or
Slalom médaille d'or, Jeux olympiques Or
Slalom géant médaille d'or, Jeux olympiques Or

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Championnats du monde de ski alpin.
Épreuve / Édition Drapeau : Suède Cortina d'Ampezzo 1956 Drapeau : Autriche Bad Gastein 1958
Descente médaille d'or, monde Or médaille d'or, monde Or
Slalom médaille d'or, monde Or médaille d'argent, monde Argent
Slalom géant médaille d'or, monde Or médaille d'or, monde Or
Combiné médaille d'or, monde Or médaille d'or, monde Or

Arlberg-Kandahar[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arlberg-Kandahar.
  • Meilleur résultat : 3e place dans la descente 1954 à Garmisch

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1957 : Ein Stück vom Himmel de Rudolf Jugert : Peter
  • 1958 : Der schwarze Blitz
  • 1959 : Tausend Sterne leuchten
  • 1959 : Zwölf Mädchen und ein Mann
  • 1960 : Ginrei No Ohja
  • 1961 : Kauf Dir einen bunten Luftballon
  • 1961 : Ein Stern fällt vom Himmel
  • 1962 : Auf Wiedersehen am blauen Meer
  • 1962 : Sein bester Freund
  • 1964 : Das Blaue vom Himmel
  • 1964 : Sansone e il tesoro degli Incas
  • 1967 : Le Grand bonheur (Das große Glück)
  • 1969 : Ski Fever
  • 1969 : Luftsprünge
  • 1971 : Verliebte Ferien in Tirol
  • 1971 : Tante Trude aus Buxtehude
  • 1982 : Traumbus
  • 1992 : Die Leute von St. Benedikt
  • 1993 : Almenrausch und Pulverschnee
  • 2000 : Da wo die Berge sind
  • 2002 : Da wo die Liebe wohnt

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1983 : Honorary Camera '30 Years of TV'

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) John Fry, « The 'Blitz from Kitz' is Gone. Long live the Memory », Skiing Heritage Journal, vol. 41, no 4,‎ décembre 2009, p. 48 (ISSN 1082-2895, lire en ligne)
  2. (de)« ÖSV-Siegertafel - Anton Sailier », sur oesv.at (consulté le 30 décembre 2011)
  3. (en)« The legend, Toni Sailer », sur kitzbuehel.com (consulté le 30 décembre 2011)
  4. Philippe Gaussot, « Sailer, roi des glisseurs », dans 50 ans de sport, L'Équipe,‎ 1995 (ISBN 2702124844), p. 159
  5. Philippe Gaussot, « 4 d'avance pour Toni », dans 50 ans de sport, L'Équipe,‎ 1995 (ISBN 2702124844), p. 160
  6. Benoit Heimermann et Raymond Pointu, « Toni Sailer, L'élégance et le naturel du skieur », dans 100 champions pour un siècle de sport, L'Équipe,‎ novembre 2000 (ISBN 29511203128), p. 166
  7. Michel Clare, « Sailer, triplé historique », dans 50 ans de sport, L'Équipe,‎ 1995 (ISBN 2702124844), p. 161
  8. Jean-Claude Killy est le seul autre skieur à avoir réalisé le triplé descente, géant, slalom lors des Jeux olympiques de 1968 de Grenoble.
  9. Le Monde du 28 août 2009
  10. a et b « Toni SAILER (1935 / 2009) », sur encinematheque.net
  11. a, b, c, d et e (en)« Toni Sailer: Olympic skiing champion of grace and power who went on to a career in films and pop music », sur independent.co.uk,‎ 31 août 2009 (consulté le 30 décembre 2011)
  12. a et b (en)Robert Ball, « Racing Toward Riches », sur sportsillustrated.cnn.com,‎ 21 novembre 1960 (consulté le 30 décembre 2011)
  13. (en)« Toni Sailer - Gold medal after gold medal », sur www.olympics30.com (consulté le 30 décembre 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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