Toni Musulin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Musulin.
Toni Musulin
Voleur
Naissance 8 juin 1970 (44 ans)
Saint-Martin-d'Hères (Isère)
Condamnation 11 mai 2010
Sentence Cinq ans de prison ferme, 270 000 euros de dommages et intérêts
Détournement de fonds
Affaires Affaire Musulin
Victimes Banque de France
Pays Drapeau de la France France
Régions Rhône-Alpes
Ville Lyon
Arrestation 16 novembre 2009

Toni Musulin, né le 8 juin 1970 à Saint-Martin-d'Hères, est un convoyeur de fonds français condamné à cinq ans de prison en 2010, pour avoir détourné 11,6 millions d'euros à bord de son fourgon à Lyon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Toni Musulin, Vinko Musulin, est un électricien yougoslave ayant immigré en France en 1965 à 22 ans[1]. Toni Musulin nait à Saint-Martin-d'Hères mais grandit, avec son frère et sa sœur, à Seynod après que sa famille y emménage peu de temps après sa naissance.

Arrivé à l'âge adulte il devient électricien comme son père, puis devient convoyeur de fonds chez Loomis à la fin des années 1990[1], entreprise dans laquelle il travaille pendant 19 ans, jusqu'à l'affaire du détournement de fonds. Sa mère d'origine serbe a à cette époque divorcé et vit en Nouvelle-Calédonie avec sa fille Laurène[2].

Entretemps, Toni Musulin crée une SCI (SCI Jacquemart) par laquelle il devient propriétaire d'un immeuble au 16 rue Jacquemart à Romans-sur-Isère dans la Drôme . Le rez-de-chaussée est loué à une commerçante.

Peu avant le vol, il vide tous ses comptes bancaires, qui comptent à ce moment 137 000 €[3], fait assez étonnant pour un convoyeur de fonds ne gagnant que 1 700 € par mois.

Il a 39 ans quand éclate l'affaire du détournement de fonds[4].

Affaire du détournement de fonds[modifier | modifier le code]

Le 5 novembre 2009 à 10 heures du matin à Lyon, alors que son convoi a effectué un chargement à la Banque de France et poursuit sa tournée avant de rejoindre le centre fort de Loomis, Toni Musulin, resté seul au volant de son fourgon, fausse compagnie à ses deux collègues descendus au siège d'une société où ils doivent se faire remettre une nouvelle collecte de monnaie[5]. Le fourgon est retrouvé vide par la police qui annonce un vol s'élevant à 11,6 millions d'euros en billets neufs non répertoriés et donc non numérotés, ce qui représente 37 sacs thermo-soudés et 11 cartons de coupures de 500, 50 et 5 euros[6]. Les enquêteurs découvrent deux jours plus tard environ 9,1 millions d'euros dans un garage loué sous une fausse identité par le convoyeur lyonnais, garage dont le propriétaire a reconnu la photo de son locataire dans un journal[7]. Toni Musulin n'a en effet pas eu le temps de cacher ces billets dans un mur à double fond qu'il avait érigé dans ce box souterrain[8]. Interpol émet rapidement une « notice bleue », mais pas de mandat d'arrêt[9].

L'affaire est dès son départ très médiatisée et Toni Musulin, en fuite, fait l'objet de nombreux commentaires sur Internet[10] : des internautes lui consacrent une dizaine de sites internet et de groupes Facebook en le présentant comme un « héros », face aux banques qu'ils jugent responsables de la crise financière[11].

Les enquêteurs découvrent également que Toni Musulin s'est rendu au commissariat, seulement deux jours avant le casse, pour porter plainte. Dans sa déposition, le convoyeur signale l'incendie d'un véhicule - un Renault Kangoo - qu'il a loué quelques jours plus tôt, au sein d'une agence de location CarGo, à Villeurbanne. Respectueux des règles, le convoyeur se déplace plusieurs fois à l'agence pour fournir les pièces nécessaires et le constat d'accident. Il suit également les recommandations de l'agence qui lui conseille de déposer plainte. Il se rend donc par deux fois au commissariat. En remplacement de la Kangoo endommagée, CarGo lui met à disposition un second véhicule. C’est dans ce véhicule que seront retrouvés les 9,1 millions d'euros[12].

Toni Musulin se rend à la police monégasque le 16 novembre 2009, puis est remis à la justice française le lendemain. Lors de ses auditions, il reconnait le détournement, mais nie avoir gardé les 2,5 millions d'euros manquants[13]. L'instruction est close en janvier 2010[14].

Entretemps les avocats de Toni Musulin déposent plusieurs demandes de remise en liberté, toutes rejetées. Il est poursuivi pour vol simple sans violence, délit pour lequel il encourt trois ans de prison[15], ainsi que pour escroquerie à l'assurance au sujet de sa seconde Ferrari F430 déclarée volée au printemps 2009, délit pour lequel il encourt cinq ans de prison.

Le 11 mai 2010, il est condamné en première instance à trois ans de prison ferme. Il fait appel et le 2 novembre 2010, sa peine est alourdie à cinq ans de prison ferme pour fraude à l'assurance concernant sa Ferrari F430. Incarcéré, il est placé en isolement pour ne pas subir la pression des codétenus cherchant à savoir où sont passés les 2,5 millions d'euros manquants[16]. Son pourvoi en cassation est rejeté le 13 juin 2012[17].

Entretemps, Toni Musulin est condamné le 4 février 2011 par le tribunal de grande instance de Lyon, à verser 270 000 euros de dommages et intérêts à l'encontre de son ancien employeur, la société de transport de fonds Loomis[18].

Il sort de la prison de la Santé à Paris le 30 septembre 2013, après un peu moins de quatre ans de détention[19].

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

François Cluzet a interprété le rôle de Toni Musulin dans le film 11.6.

Un téléfilm inspiré de l'affaire Musulin, 1, 2, 3, voleurs, est réalisé par Gilles Mimouni en 2011.

Une adaptation cinématographique de l’affaire sort en France le 3 avril 2013. Intitulé 11.6, le film met en scène François Cluzet dans le rôle de Toni Musulin[20],[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Portrait de Toni Musulin, nouvelobs.com, 10 mai 2010.
  2. Thierry Gilles, « Toni Musulin n'a pas supporté la célébrité », sur Paris Match,‎ 16 novembre 2009
  3. Une bonne partie est en fait un emprunt contracté auprès de plusieurs banques.
  4. Tony Musulin, un Monsieur Toutlemonde à la double vie, 20minutes.fr, 9 novembre 2009.
  5. Toni Musulin reste muet sur le butin manquant, lefigaro.fr, 17 novembre 2009.
  6. « Toni Musulin jugé le 11 mai à Lyon », sur Le Figaro,‎ 6 mai 2010
  7. Une partie du butin du « casse du siècle » retrouvée, lexpress.fr, 9 novembre 2009.
  8. « Le secret bien caché de Toni Musulin », sur Europe 1,‎ 20 janvier 2011
  9. Les raisons de la reddition de Tony Musulin restent un « mystère », 20minutes.fr, 16 novembre 2009.
  10. Tony Musulin intrigue les enquêteurs et séduit le public, 20minutes.fr, 9 novembre 2009.
  11. Vol de 11,6 millions d'euros : le suspect star du net, 20minutes.fr, 8 novembre 2009.
  12. http://www.leparisien.fr/faits-divers/casse-du-siecle-l-enorme-stress-de-tony-musulin-10-11-2009-706635.php
  13. Toni Musulin veut retourner travailler, 20minutes.fr, 28 janvier 2010.
  14. Les avocats de Musulin contestent le calcul du butin pour retarder le procès, lepoint.fr, 26 février 2010.
  15. Toni Musulin : case prison, lyonmag.com, 19 novembre 2009.
  16. L'Affaire Tony Musulin émission RTL du 25 janvier 2011
  17. Toni Musulin ne sera pas rejugé, europe1.fr, 13 juin 2012.
  18. L'ex-convoyeur Musulin condamné à verser 270 000 € à son ancien employeur Le Parisien, 4 février 2011
  19. Le HuffPost/AFP, « Toni Musulin, l'ex-convoyeur de fonds condamné pour le vol de son fourgon en 2009, est sorti de prison » sur Le Huffington Post, 2 octobre 2013
  20. Article du Figaro (21.02.2013)
  21. 11.6 - Interview de François Cluzet : Éventuel souhait d'une rencontre avec Toni Musulin

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alice Geraud-Arfi, Toni 11.6 - Histoire du convoyeur, Éd. Stock, 2011, (ISBN 2234064643)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]