Tomoyoshi Murayama

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Tomoyoshi Murayama (村山知義, Murayama Tomoyoshi?, 18 janvier 1901 - 22 mars 1977) est un artiste, dramaturge et producteur de pièces de théâtre japonais de l'ère Shôwa.

Biographie[modifier | modifier le code]

Murayama est né dans le district de Kanda Suehiro de Tokyo. Son père, médecin dans la marine impériale japonaise, meurt quand son fils a neuf ans. Sa mère devient chrétienne après avoir été convertie par Kanzô Uchimura ; elle est également active dans le mouvement pacifiste. Murayama fut d'abord encouragé à étudier l'art de l'aquarelle japonaise et la peinture japonaise traditionnelle, mais il est fasciné par la philosophie, particulièrement les œuvres des philosophes allemands Schopenhauer et Nietzsche. Il se convertit au Christianisme lui-même après avoir été agressé par des camarades de classe pour avoir parlé du pacifisme.

Murayama va à l'Université impériale de Tokyo en 1921, pensant y étudier la philosophie, mais la quitte peu après pour étudier l'art et les arts dramatiques à l'Université Humboldt de Berlin. Initialement intrigué par le constructivisme, particulièrement dans l'œuvre de Kandinsky, il est plus tard en désaccord avec ce style, inventant son propre style incorporant le collage d'objets réels pour provoquer des associations concrètes. Il appelle cette méthode « constructivisme conscient » (MAVO). Les « mavoïstes » essaient d'éliminer les barrières entre l'art et la vie de tous les jours, et se rebellent en combinant des produits industriels aux peintures ou la typographie dans des collages. Ils font également des manifestations contre l'injustice sociale avec l'usage de l'érotisme théâtrical, se moquant de la moralité publique.

À son retour au Japon Murayama introduit les artistes japonais aux arts expressionistes et constructivistes, mais devient de plus en plus intrigué par le théâtre moderne, particulièrement le mouvement de théâtre prolétarien des années 1920. Il applique beaucoup des mêmes techniques et modes esthétiques de ses peintures à ses pièces de théâtre, y mélangeant des éléments d'expressionisme allemand, de dadaïsme, de futurisme et d'autres mouvements d'avant-garde européens. Il écrit et produit des versions à inspiration marxiste de Robin des Bois et Don Quichotte.

En 1929 Murayama alarme les autorités japonaises en produisant une pièce de théâtre dramatique glorifiant un incident datant de 1923 au chemin de fer de Jingguang en Chine, où des leaders de syndicats communistes provoquent exprès des émeutes violentes des ouvriers. Dans la violence qui s'ensuit on tue les chefs du chemin de fer et sabote les équipements avant que l'armée ne réprime violemment la manifestation de colère.

En mai 1930 Murayama est arrêté pour violation des Lois pour la préservation de la paix ; il est relâché en décembre. En mai 1931 il rejoint le Parti communiste japonais, ce qui mène à sa seconde arrestation en avril 1932 pendant une répétition générale. Il est relâché sous condition en mars 1934 après avoir renié ses croyances politiques et avoir accepté la dissolution de sa compagnie de théâtre. En mai de la même année il publie un roman, Byakuya (« Nuit blanche »), adapté en feuilleton dans le prestigieux magazine Chûôkôron. Il revient plus tard au théâtre, produisant une dramatisation de Yoake no mae de Tôson Shimazaki en novembre 1934. S'ensuivent en chaîne, et rapidement, plusieurs autres œuvres, y compris des tentatives pour revitaliser le genre shimpa et de produire de nouvelles formes de kabuki. Murayama devient connu pour son opposition au militarisme japonais et à la censure, ce qui provoque l'ire du gouvernement. Il est ainsi arrêté à nouveau en août 1940, relâché avec sursis en juin 1942, et recondamné en 1944. En 1945, pendant une période de sursis, il visite la Corée, et en juillet de la même année le Manchukuo.

En décembre 1945, après la fin de la Seconde Guerre mondiale et la reddition du Japon, Murayama rentre dans son pays natal. En février 1946 il crée une nouvelle compagnie de théâtre, mais celle-ci est ravagée par la politique, la dissension interne, et des problèmes avec la police dus au communisme de plusieurs de ses membres. En 1959 Murayama la transforme et renomme en Troupe d'art de Tokyo ; elle fait des voyages en Chine et en Corée en 1960 et 1966. Murayama participe également à la formation de l'Alliance démocratique littéraire du Japon en 1965, servant en tant que vice-président pendant plusieurs années.

Vers la fin de sa vie il se dévoue à la publication de pièces de théâtre, à son autobiographie, et à la continuation de la lutte pour la liberté intellectuelle. Il meurt le 22 mars 1977 à l'âge de 76 ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]