Tombigbee (rivière)

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Tombigbee
La rivière près du barrage de Coffeeville
La rivière près du barrage de Coffeeville
Localisation de la rivière Tombigbee.
Localisation de la rivière Tombigbee.
Caractéristiques
Longueur 325 km
Bassin ?
Bassin collecteur Mobile
Débit moyen ?
Cours
Confluence à 50 km au nord de Mobile
· Coordonnées 31° 08′ 11″ N 87° 56′ 39″ O / 31.13639, -87.94417 (Confluence - Tombigbee)  
Géographie
Pays traversés Drapeau des États-Unis États-Unis
Régions traversées Alabama, Mississippi

La rivière Tombigbee, appelée aussi à ses débuts rivière Chickasas, du nom des indiens riverains, est une rivière de l'Alabama et du Mississippi aux États-Unis.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Elle tire son nom du Fort Tombeche fondé en 1714 sur ses rives par des colons français à l'époque d'Antoine Crozat, propriétaire de la Louisiane française entre 1712 et 1715, après l'avoir rachetée à Antoine de Lamothe-Cadillac, qui en devint gouverneur[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La rivière traverse du Nord au Sud l'actuel État américain de l'Alabama, pour confluer avec l'Alabama, un peu au nord de la baie de Mobile qui fut capitale de la Louisiane entre 1720 et 1723 avant que celle-ci ne soit transférée à La Nouvelle-Orléans[2]. Ces deux rivières réunies forment la Mobile river.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mobile avait été choisi pour site de la colonie parce que les rivières Tombigbee et Alabama permettaient d'accéder à l'intérieur des terres. Sur les 4 000 Français exilés en Louisiane par la Compagnie de l'Ouest, après des publicités dans le Mercure de France, entre 1718 et 1721, un millier sont restés bloqués près d'un an au camp de Biloxi et 2 000 périrent de maladie[3].

C'est le long du cours de la rivière Tombigbee, 618 km avec un bassin de 50 500 km2, que se sont installés en nombre les premiers colons français de l'Alabama au milieu des Indiens choctaw et Chickasaw, menés en 1734 par Bienville à Fort Tombeche, qui deviendra ensuite, un poste de traite américain sous le nom de Fort Tombecbe. Par la suite, le fort laissera la place à la cité de Saint Stephens, la première capitale du Territoire de l'Alabama.

En 1736, Bienville organisa une expédition punitive contre les Chicachas qui avaient donné refuge aux chefs natchez, responsables de la tuerie de 1729 au Fort Rosalie. Son plan était de remonter la rivière Tombigbee, atteignant les villages chicachas par le sud, tandis que le major Pierre d’Artaguiette, venant des Illinois avec 140 Français et 266 Indiens, s’approcherait par le nord-ouest pour le retrouver au comptoir des Anglais près de Fulton[4]. Le 25 mars, Bienville tardant à paraître, d’Artaguiette, voyant ses vivres s’épuiser, attaqua trois villages chicachas près du village actuel de Pontotoc (Mississippi) mais fut cerné. D’Artaguiette et ses officiers furent saisis par les Chicachas et brûlés[5].

En 1746, le gouverneur de la Louisiane Pierre de Rigaud de Vaudreuil a de nouveau combattu les Indiens choctaw. Le site du Fort Tombeche sera pris par les troupes espagnoles en 1783. Au tout début du XIXe siècle, en 1800 les bords de la rivière comptent 1 250 habitants : c'est la deuxième colonie du grand sud, hors-Louisiane, après le Natchez District, qui en compte 4 500 grâce à l'essor du coton à partir de 1795. En 1811, le nouveau Territoire de l'Alabama, compte 9 046 habitants dont 2 565 esclaves, essentiellement sur les rives de la Tombigbee, et la Guerre de 1812 va entraîner un fort accroissement démographique, appelé Alabama fever.

En 1817, le général français Henri Lallemand envisagea la création d'une colonie agricole française sur la rivière Tombigbee[6]. "Aucune rivière des États-Unis ne présente plus de facilité pour la navigation des navires à vapeur que le Tombigbee" écrit cette année-là L'Abeille américaine, journal des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique. Finalement, c'est la Vine and Olive Colony qui s'installe le long de la rivière, avec en particulier Charles Lefebvre-Desnouettes.

Le canal Tennessee-Tombigbee, ouvrage du corps des ingénieurs de l'armée américaine, qui permet la navigation sur la rivière Tombigbee et une liaison vers le port de Mobile, rejoint la rivière Tennessee près de la frontière entre le Tennessee, l'Alabama et le Mississippi. La ville pittoresque de Jackson en Alabama, du nom de l'ex-président américain Andrew Jackson, surnommée The pine city, se situe dans la vallée de la rivière Tombigbee, dont est elle aujourd'hui la première ville.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Nouvelles-Frances par Philip P. Boucher
  • The Reminiscences of George Strother Gaines: Pioneer and Statesman of Early Alabama and Mississippi, 1805-1843, par James P. Pate

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les nouvelles-Frances par Philip P. Boucher
  2. Les nouvelles-Frances par Philip P. Boucher
  3. Les nouvelles-Frances par Philip P. Boucher
  4. Université de Toronto, « MARIAUCHAU DメESGLY (dメEsglis), FRANᅦOIS-LOUIS » (consulté le 11 novembre 2009)
  5. [1] Mémorial de Canadiens français aux USA], Robert Prevost, Septentrion
  6. Ivo Rens Ed. de la Baconnière; Neuchâtel; 1968