Tombeau de Jules II

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Version actuelle du Tombeau de Jules II
Image illustrative de l'article Tombeau de Jules II
Artiste Michel-Ange
Date 1505-1532
Technique Monument funéraire devenu cénotaphe
Localisation basilique Saint-Pierre-aux-Liens
Figure de Moïse vue de 3/4.

Le Tombeau de Jules II est un projet inabouti du sculpteur et peintre italien Michel-Ange destiné à la basilique Saint-Pierre de Rome et qui finira comme cénotaphe, incomplet, à la basilique Saint-Pierre-aux-Liens. Il y travailla épisodiquement pendant quarante années.

Histoire[modifier | modifier le code]

Destiné à être le monument funéraire du pape Jules II et commandité par lui pour être placé au centre de la nouvelle basilique Saint-Pierre de Rome de Bramante[1] (sur l'emplacement du baldaquin actuel réalisé ensuite par Le Bernin), le projet initial de 1505 comportait trois étages et une quarantaine de figures. Souvent remanié, en 1513 à la mort du pape (une trentaine de statues par le contrat du 6 mars), jusqu'en 1545, il se réduira à la version visible aujourd'hui de deux étages. Certaines des statues sont de la main du maître (Moïse, les Esclaves, Léa et Rachel les filles de Laban), d'autres de ses assistants et élèves.

Ce projet fut interrompu par plusieurs autres projets, comme les fresques de la Chapelle Sixtine, la façade de la Basilique San Lorenzo de Florence et les Tombeaux des Médicis, restés inachevés également[2].

Historique des contrats et des modifications de la composition[modifier | modifier le code]

  • 1504 - Contrat initial passé entre Michel-Ange et Jules II.
  • 1505 - Tombeau de milieu de trois étages avec une quarantaine de figures (les Esclaves au niveau inférieur du « monde terrestre » ; Moïse prévu au coin droit du second étage du « monde céleste »). le tout en bronze et marbre de Carrare Michel-Ange s'endettant lui-même pour l'approvisionnement[3].
  • 1513 (6 mai) - Nouveau contrat sous Léon X: tombeau pariétal (adossé à une muraille) remanié mais toujours de trois étages, avec le Moïse et les deux Esclaves qui sont exécutés, soit en tout douze statues deux édicules en saillie.
  • 1516 (8 juillet) - Conventions annulées : suppression de l'étage supérieur (les statues précédentes exécutées restent aux mêmes emplacements). Groupe de la Vierge à l'Enfant couronnant le tout.
  • 1523 - Sous le pape Adrien VI, procès des Della Rovere, famille du pape Jules II, entraînant un nouveau projet avec la réduction de l'échelle et du nombre de statues (une demi-douzaine).
  • 1532 - Troisième contrat[4] sous la présidence du pape Clément VII : Suppression du Moïse, insertion au niveau du bas des quatre Esclaves[5] sur les pilastres et La Victoire dans la niche de gauche, soit six statues exécutées par Michel-Ange lui-même, les autres statues par d'autres artistes[6]. Le choix se porte sur Saint-Pierre-aux-Liens, occupé par Jules II qui y fut cardinal.
  • 1536 - Quatrième contrat sous le pape Paul III : retour du Moïse, Léa et Rachel, en bas (les Esclaves ont disparu). Le gisant du niveau supérieur couvre un sarcophage vide : le corps de Jules II étant à Saint-Pierre de Rome, dans la chapelle des Saints-Sacrements, auprès de son oncle Sixte IV.
  • 1542 (20 août) - Annulation de toutes les obligations précédentes envers Michel-Ange qui ne doit plus fournir que le Moïse. Les ébauches de Vierge avec l'enfant Jésus, du Prophète, de la Sibylle et des statues de la Vie active et de la Vie contemplative seront terminées par d'autres sculpteurs.
  • 1545 - Inauguration quarante ans après le début du projet, à Saint-Pierre-aux-Liens.

Description[modifier | modifier le code]

Détails de statues de Michel-Ange et leur emplacement actuel :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ascanio Condivi, Vasari
  2. Esthétique de l'inachevé
  3. Lettre d'octobre 1542, in Lettres, éditions Milanesi, p. 489-494
  4. En plus du premier passé avec Jules II
  5. Eugène Guillaume « ces robustes captifs étaient destinés à figurer les Sciences et les Arts enchaînés et comme réduits à l'impuissance par la mort du pontife qui, vivant, les avait protégés. »
  6. Robert Coughlan, p. 160.
  7. Lettre du 21 décembre 1518 au cardinal d'Agen

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ascanio Condivi, Vie de Michel-Ange
  • Romain Rolland, Vie de Michel-Ange, Hachette, 1917, pour les références épistolaires.
  • Robert Coughlan, Michel-Ange et son temps, éditions Time-Life, 1966, pour les descriptions, p. 134-135.
  • Eugène Guillaume, Michel-Ange, sculpteur, Gazette des beaux-arts, Paris, 1876, série 2, tome 13[1]

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Liens externes[modifier | modifier le code]