Toliara

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Toliara
Toliara
Boulevard Lyautey dans le centre-ville
Boulevard Lyautey dans le centre-ville
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Région Atsimo-Andrefana
Province Toliara
District Toliara I
Démographie
Population 114 400 hab. (est. 2007)
Géographie
Coordonnées 23° 21′ 13″ S 43° 40′ 34″ E / -23.3536, 43.6761 ()23° 21′ 13″ Sud 43° 40′ 34″ Est / -23.3536, 43.6761 ()  
Localisation

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Toliara

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Toliara

Toliara (ou Tuléar ou Toliary) est une ville du sud-ouest de Madagascar, chef-lieu de la région Atsimo-Andrefana (Sud-Ouest) et de l'ancienne province de Toliara. Elle est située à 936 km au sud-ouest d'Antananarivo.

La dénomination de la ville, Toliara, date des années 1970, et reflète la volonté, après l'indépendance en 1960, de remplacer les noms français par les anciens noms issus de la langue malgache. Pourtant, la plupart des noms de rue en français sont restés inchangés.

Géographie et climat[modifier | modifier le code]

Toliara est située sur une vaste plaine littorale, entourée de dunes et de mangroves, à proximité du tropique du Capricorne sur le canal du Mozambique. Au large s'étend une longue barrière de corail (le Grand Récif) sur 18 km de long et 3 km de large. La zone de plage est prolongée par la plage sous-marine en continuité avec la plate-forme continentale qui descend en pente douce vers le large. Au nord se trouve le delta du Fiherenana. Toliara est surnommée la « Cité du soleil » car elle connaît un climat chaud (28 °C de moyenne) et semi-aride avec moins de 400 mm de pluies annuelles. La ville est balayée en permanence par un vent fort dominant, le tsiokatimo ("Vent du Sud"), de direction sud-ouest-nord-est.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, les flibustiers français débarquèrent dans la baie de Saint-Augustin près du tropique du Capricorne et y installent un comptoir pour entretenir des relations commerciales notamment avec les Masikoro (Sakalava). Mais, il faudra attendre la période coloniale (1897) pour voir un réel essor de la ville avec la volonté de Joseph Gallieni d'y implanter les services administratifs français jusqu'alors isolés sur l'île de Nosy Ve et d'en faire une capitale régionale. Tuléar, ville coloniale, s'étend alors selon un plan en damier (rues perpendiculaires) intégrant de larges avenues et de monuments publics.

Population[modifier | modifier le code]

Capitale du Sud malgache, Toliara a connu au cours des deux dernières décennies un boom démographique en raison d'un exode rural massif portant aujourd'hui la population de l'agglomération à plus de 200 000 habitants.

Les Vezo, pêcheurs nomades, constituent le groupe ethnique autochtone mais ils sont en passe d'être dominés par les groupes de migrants notamment originaires du Sud (Mahafaly, Masikoro, Antandroy) qui forment actuellement plus de la moitié de la population urbaine. À ceux-ci s'ajoutent d'autres groupes de migrants occupant des fonctions dans l'administration et dans le secteur privé.

Religion[modifier | modifier le code]

Toliara est le siège d'un archevêché catholique.

Économie et productions[modifier | modifier le code]

Recherche pétrolière dans la baie de Toliara
Femme de Toliara

Malgré le déclin du secteur industriel, la ville portuaire se spécialise dans l'import-export de produits variés dont le sisal, le coton, le riz, l'arachide et le savon. Le port a notamment joué un rôle primordial lors du « boom du maïs » dans les années 80-90. Aujourd'hui, l'installation de migrants s'illustrant dans l'agriculture (maïs, manioc et riz) et l'élevage (zébus, caprins) fournissant les marchés de la ville en produits alimentaires contribue au développement du petit commerce et de l'informel en ce qui concerne les Mahafale et Masikoro. Les Tandroy, quant à eux, se spécialisent dans le métier de tireur de pousse-pousse (le moyen de transport le plus utilisé dans la ville) et dans l'emploi domestique. Mais, à l'image de l'ensemble de l'Ouest malgache, l'économie locale reste dominée par une minorité d'Indo-pakistanais « Karana » installés depuis plusieurs générations. Ils ont mis la main sur divers secteurs allant du commerce de gros aux transports en passant par l'hôtellerie et l'industrie (ou ce qui en reste). Des unités de production de sel marin se développent sur les marais salants aménagés par endroits sur les zones côtières, bénéficiant ainsi d'un milieu physique favorable.

Le tourisme est un secteur très prometteur et en plein essor grâce notamment au climat et aux atouts naturels de l'arrière-pays (Ifaty, Anakao, St Augustin…). Une mer calme et la faible profondeur, 2 à 10 m en moyenne, favorisent des activités comme la plongée sous-marine. Toliara reste aujourd'hui la principale destination des circuits touristiques vers le sud de Madagascar. Par ailleurs, en ce qui concerne la région environnante, le sous-sol est riche en minéraux de pierres précieuses (à environ 200 km au nord se trouve le gisement de saphir d'Ilakaka exploité depuis 1999) et de sel terrestre. Plus récemment, des compagnies canadiennes commencent exploitation de l'ilménite dans la région de Fort-Dauphin.

Toliara abrite l'un des sites du projet d'exploration pétrolière en mer à Madagascar[1].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

L'héritage colonial reste présent dans l'architecture et le paysage urbain. De gros travaux de voirie et d'aménagement ont été entrepris à partir de 2003 pour promouvoir le développement de la ville.

L'Université de Toliara est, historiquement, le plus ancien centre d'enseignement supérieur décentralisé créé en 1971 résultant du démembrement de l'Université de Madagascar. Devenu Centre Universitaire Régional (CUR) en 1977 avant d'obtenir le statut d'Université en 1988. Le Campus universitaire de Maninday est implanté à 5 km à l'est de la ville. Il abrite notamment la faculté des Lettres et Sciences Humaines, la faculté des Sciences, l'École Normale Supérieure de Philosophie, les résidences universitaires et la Cité des professeurs… tandis que la faculté de Droit et de Gestion se trouve en centre-ville à côté du Cedratom.

L'Institut Halieutique et des Sciences Marines (IHSM), unique dans l'Océan indien, accueille des étudiants de divers horizons. L'établissement public propose des formations de pointe en matière de pêche, d'aquaculture, d'environnement marin et littoral. Il est situé près du port et héberge depuis 2000 le Centre National des Données Océanographiques.

La ville de Tuléar possède un Lycée technique et deux lycées d'enseignement général (le Lycée Laurent Botokeky et le Lycée d'Antaninarenina), des écoles privées et confessionnelles telles que le Collège Sacré-Cœur Tsianaloke et Mahavatse, l'École Notre dame de Nazareth, l'École Père Baré… et également un Collège français, le Collège Étienne de Flacourt [1][2]. Il n'y a pas de lycée français à Tuléar; après la troisième, les parents envoient leurs enfants à Tananarive pour poursuivre le lycée.


Le Centre Hospitalo-Universitaire est situé près du centre-ville dans le quartier de Tanambao. Un autre établissement sanitaire privé, la Clinique Saint Luc, se trouve dans le quartier de Sanfily sur la route de l'aéroport.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Plage d'Ifaty près de Tuléar
  • Musée des arts et traditions du Sud malgache (Cedratom) : ce musée présente la vie quotidienne, l'artisanat et l'art funéraire de la population Mahafaly et aussi Sakalava.
  • Musée régional de l'université de Toliara : ce musée, voisin du précédent, abrite une petite collection ethnologique et un énorme œuf d’æpyornis.
  • Musée de la mer : fondé par l'illustre professeur Rabesandratana, le petit musée de l'Institut océanographique recense les ressources halieutiques du lagon. On y trouve notamment coraux, algues, éponges, coquillages, échinodermes, poissons, tortues… Dans la salle centrale, un grand aquarium abrite un cœlacanthe, pêché en 1995 près d’Anakao.
  • Arboretum d'Antsokay : fondé dans les années 1980 à l'initiative du botaniste amateur suisse Hermann Petignat (1923-2000), d'une superficie de 52 ha, il regroupe plus de 920 espèces végétales, des lémuriens, tortues radiées, serpents et caméléons.
  • Le petit marché aux coquillages : improvisé sur le front de mer, derrière l'Alliance française, on y vend également divers produits artisanaux.

Devises[modifier | modifier le code]

  • Fiherena no maha-Toliara : « le (fleuve) Fiherena est l'âme de Toliara »
  • Toliara tsy miroro : « Toliara ne dort jamais »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.fimfrance.com/_repository/files/2007-01_FS_exploration_petroliere.PDF

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]