Toffa

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Toffa
Portrait du roi par Abel Tynaire publié dans le The Illustrated London News le 3 décembre 1892[1].
Portrait du roi par Abel Tynaire publié dans le The Illustrated London News le 3 décembre 1892[1].
Titre
Roi de Porto-Novo
18741908
Couronnement 16 septembre 1874
Prédécesseur Mési
Biographie
Titre complet Dă (chef, père, grand-père)
Dynastie Tè Agbalin
Lieu de naissance Porto-Novo
Date de décès 7 février 1908
Père Sodji

Toffa, né dans les années 1850 et mort en 1908, est un roi («  ») de Porto-Novo (« Hogbonou »). Son règne (1874-1908) fut marqué par une alternance d'alliances et de conflits avec des voisins militairement puissants et expansionnistes, royaume de Dahomey, Angleterre et France. À sa mort, Porto-Novo est annexée par cette dernière et rattachée à la colonie du Dahomey.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du roi Sodji (1848-1864), Toffa doit s'exiler à Tori puis à Lagos lorsque Mikpon s'empare du pouvoir en 1864. Les Anglais l'incitent à reprendre son titre par la force mais Toffa transige. Toffa se rend à la cour d'Abomey où il est bien accueilli par Da-Da Glélé Kini-Kini, roi du Dahomey. Mési succède à Mikpon en 1872 mais lorsqu'il meurt à peine deux années plus tard, Toffa revient à Porto-Novo avec 200 soldats du Dahomey, chasse le prince Sogningbé qui s'apprêtait à prendre la succession et est sacré roi le 16 septembre 1874[2]. Pour prendre ses distances avec son trop puissant voisin et aussi parce qu'il se méfie des Anglais qui ont soustrait Dangbo et Kéténou à sa suzeraineté, Toffa signe en 1882 avec les Français un protectorat[3].

Aidé par l'armée française, Toffa conquiert Dangbo et Kéténou dont le roi, Houngbo, est déporté à Goré[2].

En 1889, le Dahomey lance un raid contre Porto-Novo, Toffa se replie et la cité et son palais Honmè sont pillés. Dès lors, Toffa se range définitivement dans le camp français : Porto-Novo sert de base à la première et à la seconde guerre du Dahomey de 1890 à 1894. Toffa fournit en particulier environ 2 000 porteurs, qu'ils recrutent de gré ou de force. Les Français lui versent une prime pour chaque porteur[4]. Après la victoire, les Français offrent le trône en bois doré d'Abomey à Toffa qui ajoute à sa titulature (abobo) « maître de Béhanzin », le dernier roi du Dahomey[5].

Après la naissance de la colonie française du Dahomey, Porto-Novo garde officiellement son indépendance mais elle la perd peu à peu dans les faits, ce qui entraîne Toffa à protester à plusieurs reprises contre les lois coloniales dans les années 1900 pour sauvegarder ses prérogatives mais aussi pour protester contre l'instauration de nouvelles taxes[3],[6]. Il ne peut anticiper l'annexion pure et simple à sa mort en 1908.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The French Expedition To Dahomey », Illustrated London News,‎ 3 décembre 1892, p. 705 (lire en ligne)
  2. a et b Catherine Coquery-Vidrovitch (dir.) et al., Des historiens africains en Afrique, L'Harmattan,‎ 1998, p. 221
  3. a et b Catherine Coquery-Vidrovitch, L’Afrique occidentale aux temps des Français, La Découverte,‎ 1992, p. 373
  4. Luc Garcia, Le royaume du Dahomey face à la pénétration coloniale, Karthala,‎ 1988, p. 148
  5. N'buéké Adovi Goeh-Akué et Nicoué Lodjou Gayibor, Histoires nationales et/ou identités ethniques, L'Harmattan,‎ 2010, p. 44
  6. Hélène Almeida-Topor, Histoire économique du Dahomey, L'Harmattan,‎ 1995, p. 338