Titulature dans l'Égypte antique

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Extrait de la titulature de Ramsès III à Medinet Habou

La titulature dans l'Égypte antique est l'ensemble des noms par lesquels un personnage important est désigné dans les textes et inscriptions.

Titulature de Pharaon[modifier | modifier le code]

La titulature du roi d'Égypte (cf. pharaon) se compose de cinq « Grands Noms » (rn wr), chacun formé d’un titre suivi d’un nom proprement dit. Ces cinq Grands Noms définissent la nature royale et constituent en même temps une idéologie du pouvoir : à son avènement, « pharaon se manifeste (titres) et se définit (noms) »[1]. Ils se suivent dans un ordre canonique : Horus ou ḥr[2], Deux Maîtresses ou nebty, Horus d’or, roi de Haute et de Basse-Égypte ou njswt-bjtj, fils de Rê ou sȝ rˁ.

Nom d'Horus[modifier | modifier le code]

G5

Le nom d'Horus désigne pharaon à la fois comme incarnation et comme protégé d'Horus, le dieu faucon d'Hiérakonpolis, ville d’où est issu Narmer, le premier roi d’Égypte. C'est le nom le plus ancien. Il est introduit par le hiéroglyphe du dieu.

Dès les premières dynasties (cf. Ancien Empire), le nom d'Horus est généralement inscrit à l'intérieur d'un serekh.

Exemples (en transcription) :

  • Amenhotep III : « Her ka ouser kha em Maât » (Horus, taureau puissant qui apparaît radieux en tant que Maât) ;
  • Toutânkhamon : « Her ka nakht tout mesout » (Horus, Taureau puissant, parfait de naissance) ;
  • Nectanébo Ier (Nectanébo Ier) : « Her shema » (Horus, qui inspire la crainte) ;

Les plus anciens pharaons comme Narmer ou Hor-Aha ne sont connus que par leur nom d'Horus.

Nom de Nebty[modifier | modifier le code]

Le nom de Nebty
G16

Le nom de Nebty place le roi sous la protection des deux déesses tutélaires d’Égypte, Nekhbet, la déesse vautour de Haute-Égypte et Ouadjet la déesse cobra de Basse-Égypte. Les deux déesses sont posées chacune sur le hiéroglyphe signifiant « maître » ou « maîtresse », d’où la désignation de nebty, « Les Deux Maîtresses » ou « Les Deux Dames».

Exemples :

  • Amenhotep III : « Nebty semene hep segereh taouy » (Nebty, qui établit durablement les lois et apaise le Double Pays) ;
  • Toutânkhamon : « Nebty nefer hepou segereh taouy sehetep netcherou nebou » (Nebty, dont les lois sont parfaites, qui pacifie les Deux Terres et satisfait tous les dieux) ;
  • Ramsès II : «Nebty mek-Kemet ouaf-khasout (Nebty, qui protège l'Égypte et fait plier les pays étrangers).

Nom d'Horus d'or[modifier | modifier le code]

G8

Le nom d'Horus d'or s’écrit au moyen d’un faucon posé sur le hiéroglyphe désignant l’or (nbw). Il se peut que ce titre identifie le roi à l’Horus solaire et céleste, encore que cette interprétation ne fasse pas l’unanimité[3].

Exemples :

  • Amenhotep III : « Her en neb neb âa khepesh houe Setetyou » (L'Horus d'Or, à la grande puissance, qui terrasse les Asiatiques) ;
  • Toutânkhamon : « Her en neb outjes khaou sehetep netcherou » (L'Horus d'Or, qui porte les couronnes, qui réjouit les dieux) ;
  • Nectanébo Ier : « Her en neb neb ir meret netcherou » (L'Horus d'Or, qui agit selon le désir des dieux).

Nom de Nesout-bity[modifier | modifier le code]

M23
t
L2
t

Le nom de Nesout-bity signifie probablement « Celui qui appartient (n(j)) au jonc (swt) et à l'abeille (bjtj) », les symboles de Haute et de Basse-Égypte. Il est donc à peu près certain qu’on peut le traduire par « roi de Haute et de Basse-Égypte ». Il est suivi du nom de couronnement inscrit dans un cartouche.

Exemples :

  • Hatchepsout : « Nesout-bit Maât ka Rê » (Roi de Haute et de Basse-Égypte, l'âme de Rê est Justice) ;
  • Amenhotep III : « Nesout-bit Neb Maât Rê » (Roi de Haute et de Basse-Égypte, Rê est le seigneur de la Justice) ;
  • Toutânkhamon : « Nesout-bit Neb kheperou Rê » (Roi de Haute et de Basse-Égypte, Rê est le maître des transformations) ;
  • Nectanébo Ier : « Nesout-bit Kheper ka Rê » (Roi de Haute et de Basse-Égypte, Le Ka de Rê se manifeste).

Nom de Sa-Rê[modifier | modifier le code]

Le Sa-Rê placé devant un cartouche

Hieroglyph egyptian-Sa-Ra.svg
Le nom de Sa-Rê qualifie le roi de « fils de Rê » et, en indiquant sa filiation divine, le rattache charnellement au dieu-soleil. Il est constitué de l'hiéroglyphe du canard, qui signifie fils, et de celui de , et est suivi du nom de naissance de pharaon inscrit dans un cartouche.

Exemples :

  • Amenhotep III : « sa ra imen hetep heqa Ouaset » (Fils de Rê, Amon est satisfait, prince de Thèbes) ;
  • Toutânkhamon : « sa ra tout ankh imen heqa iounou shemaou » (Fils de Rê, image vivante d'Amon, Souverain de l'Héliopolis du sud) ;
  • Nectanébo Ier : « sa ra nekhet nebef » (Fils de Rê, puissant est son Seigneur).

C'est à partir de Khéphren que les deux derniers noms sont inscrits dans un cartouche, le shenou, dont le nom est formé à partir d’un verbe signifiant entourer, encercler. Il s’agit d’une cordelette en forme d’ovale, nouée à l'une des extrémités et qui symbolise sans doute ce que le soleil encercle : en d'autres termes, pharaon se proclame maître de l’univers.

Exception[modifier | modifier le code]

Nom de Seth[modifier | modifier le code]

E21

Le nom de Seth est un nom utilisé à la IIe dynastie lorsque Péribsen a eu le désir de mettre le dieu Seth au rang de divinité principale et a changé son nom d'Horus en faveur d'un nom de Seth.

Titulature de la divine adoratrice d'Amon[modifier | modifier le code]

Nom d'intronisation[modifier | modifier le code]

C'est l'équivalent du nom de couronnement d'un pharaon. Il n'apparaît pas dans un cartouche.

Nom de naissance[modifier | modifier le code]

Chacun dispose d'un nom de naissance. Alors que celui d'un pharaon le qualifie de « fils de Rê » et est inscrit dans un cartouche, le nom de naissance n'apparaît pas dans un cartouche.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Ange Bonhême, Dictionnaire de l’Antiquité, Quadrige/PUF, 2005, p. 1535.
  2. en translittération
  3. A. H. Gardiner, Egyptian Grammar, Oxford University Press, 1973, p. 73.