Titres des Grimaldi de Monaco

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Blason de la famille Grimaldi

L'annuaire officiel de la principauté de Monaco indique que le chef d'État monégasque porte les titres de noblesse suivants[1] :

Son Altesse Sérénissime le prince souverain de Monaco,

Duc de Valentinois, marquis des Baux, comte de Carladès, baron de Calvinet, baron du Buis, seigneur de Saint-Rémy, sire de Matignon, comte de Torigni, baron de Saint-Lô, baron de la Luthumière, baron de Hambye, duc de Mazarin, duc de Mayenne, prince de Château-Porcien, baron de Massy, comte de Ferrette, de Belfort, de Thann et de Rosemont, baron d'Altkirch, seigneur d'Issenheim, marquis de Chilly, comte de Longjumeau et marquis de Guiscard

Tous ces titres ont été reçus de manières différentes et certains d'entre-eux sont aujourd'hui contestés par les spécialistes de la noblesse française.

Pour en comprendre la raison, il faut tout d'abord les différencier :

Sommaire

[modifier] Les titres italiens

Les seigneurs de Monaco possédaient des fiefs en Italie dont ils furent privés lors du retournement d'alliance de 1642 en faveur de la France. Le plus fameux était le marquisat de Campagna (ou de Campagnes) dans le royaume de Naples. Ces titres ne sont plus mentionnés aujourd'hui, mais en vue de ce qui suit, ils pourraient revivre comme titres de droit monégasque.

Les Grimaldi possédaient également des titres en Espagne, à l'époque du protectorat espagnol sur Monaco. Perdant leurs fiefs de la péninsule ibérique lorsque le protectorat fut accordé à la France, ils reçurent en contre-partie de nouveaux fiefs français. Charles III et Albert Ier ont le titre de Grand d'Espagne de Première Classe, que le Prince Louis II a également dû porter, mais il n'est pas connu si Rainier III le fut également.

[modifier] Les titres accordés par Louis XIII

Le prince Honoré II de Monaco fut le premier prince de Monaco à être reconnu prince souverain par Louis XIII en 1642, ce qui lui assura le rang de prince étranger à la Cour de France. En plus de son titre princier, il reçut le droit de porter le prédicat d'Altesse Sérénissime ainsi que les titres de duc de Valentinois et marquis des Baux, comte de Carladès, baron de Calvinet, baron du Buis, seigneur de Saint-Rémy . Les princes étrangers ayant un rang inférieur aux ducs et pairs de France, le Valentinois fut érigé en duché-pairie et devint le titre-fétiche des princes de Monaco.

Quand le trône de Monaco se trouva sans héritier mâle, c'est la princesse Louise-Hippolyte de Monaco qui devint la souveraine et son époux, le comte de Goyon-Matignon reçu l'autorisation par Louis XIV de porter le titre de duc de Valentinois et de transmettre la principauté de Monaco à sa descendance.

Ces titres ayant pu se transmettre par les femmes, on peut considérer aujourd'hui, en l'absence d'autorité compétente en France, que les princes de Monaco peuvent les transmettre selon les mêmes règles que la succession du trône monégasque, c’est-à-dire par transmission légitime masculine, féminine, ou par adoption.

Certains ont même affirmé que puisque l'adoption de Charlotte de Monaco avait été effectuée en présence du président de la République française, cette adoption aurait entraîné de ce fait le report des titres français... Il ne faut en effet pas oublier que la France reconnaît les titres de noblesse. Toutefois, il faudrait savoir si la Chancellerie accepterait d'inscrire les titres en question au Grand Sceau de France.

[modifier] Les titres de Jacques de Goyon

En épousant l'héritière, Jacques de Goyon de Matignon dut se conformer aux règles régissant la succession au trône. Il adopta, pour lui et ses descendants le nom et les armes des Grimaldi. En revanche, il fut autorisé à conserver certains de ses titres français, qui étaient : sire de Matignon, comte de Torigni, baron de Saint-Lô, baron de La Luthumière, baron de Hambye. En revanche, son titre de duc d'Estouteville, hérité de ses ancêtres Orléans-Longueville, n'a pu se transmettre à sa descendance.

Ces titres, créés pour un Français par les rois de France étaient forcément soumis à la loi salique, c’est-à-dire, ne pouvant se transmettre que par "primogéniture mâle légitime absolue".

Ces titres se sont donc régulièrement transmis jusqu'en 1949, à la mort de Louis II de Monaco. En effet, son héritier était le prince Rainier III, fils de Charlotte Louvet, sa fille illégitime. De ce fait ses titres se sont éteints avec Louis II et doivent être aujourd'hui considérés comme titre de courtoisie.

[modifier] Les titres du Cardinal

Mazarin était l'oncle d'une ancêtre des Grimaldi
Mazarin était l'oncle d'une ancêtre des Grimaldi

Le Cardinal Mazarin possédait les titres de duc de Mazarin, duc de Mayenne, prince de Château-Porcien, comte de Ferrette, de Belfort, de Thann et de Rosemont; baron d'Altkirch, seigneur d'Issenheim, et marquis de Guiscard.

Paul-Jules de Mazarin, fils d'Armand-Charles de La Porte, duc Mazarin par substitution, et d'Hortense Mancini, hérita des titres de marquis de Chilly, comte de Longjumeau et baron de Massy à la mort de son petit-cousin le marquis d'Effiat, en 1719. Chilly et Longjumeau étaient entrées dans les biens des Coiffier d'Effiat grâce à la substitution faite en 1608 au profit d'Antoine d'Effiat, futur maréchal de France, par son grand-oncle Martin Ruzé de Beaulieu, secrétaire d'État et propriétaire des deux seigneuries depuis 1598. Par cet acte, Antoine d'Effiat relevait le nom de Ruzé et héritait de Chilly et Longjumeau : les deux terres demeureraient substituées et se transmettraient par les aînés mâles issus de d'Effiat, puis, au besoin, par les cadets mâles, puis par d'autres branches mâles des Ruzé. Chilly et Longjumeau furent érigées en marquisat en mai 1624. Antoine d'Effiat acheta également la baronnie de Massy en 1627 des ducs de Ventadour et de Luxembourg. Massy fut intégrée au marquisat de Chilly en 1635. Antoine d'Effiat organisa sa succession le 27 mai 1632 en utilisant lui-aussi un acte de substitution : les trois terres seraient substituées aux descendants issus de ses fils, selon le principe d'aînesse et de masculinité. En cas de faillite de la descendance des fils du maréchal, les terres passeraient à la descendance de ses filles. La mort sans postérité du petit-fils du maréchal ouvrit la succession en 1719 au profit des Mazarin, qui descendaient de Marie Ruzé, fille du maréchal et mère d'Armand-Charles, duc Mazarin.


Ces titres purent se transmettre ensuite par les femmes en cas d'absence d'héritier mâle. Cela se produisit plusieurs fois et c'est Louise d'Aumont, lointaine petite-nièce du Cardinal qui en hérita et les transmit aux Grimaldi en épousant le Prince Honoré IV.

Quand Rainier III , fils de la fille illégitime de Louis II de Monaco accéda au pouvoir en 1949, il les repris également. Cependant, c'était en toute irrégularité car ces titres, non transmissibles par bâtardise, se transmettaient légalement par les femmes[réf. nécessaire]. De ce fait, l'actuel duc d'Urach, descendant de la princesse Florestine de Monaco (par son fils Mindaugas II de Lituanie) en serait l'actuel détenteur légitime.

Mais les Urach ayant finalement renoncé à leurs droits sur Monaco (mais ont-ils renoncé aux autres titres ?), c'est le fils d'Aynard Guigues de Moreton de Chabrillan) (descendant de la princesse Honorine de Monaco qui peut aujourd'hui les revendiquer « légitimement »... en « oubliant » qu'il ne descend pas de Louise d'Aumont et d'Honoré IV mais tient ses droits d'Honoré III.

C'est donc plutôt les Urach qui pourraient tenter de récupérer ces titres français auprès du service du Sceau du ministère de la justice de la République française, service compétent en matière de transmission de titre de noblesse.

[modifier] Le mariage Polignac

La duchesse de Polignac est l'ancêtre du prince de Monaco en ligne masculine directe
La duchesse de Polignac est l'ancêtre du prince de Monaco en ligne masculine directe

Le père de Rainier III était le comte Pierre de Polignac. Il portait le titre de courtoisie de comte en qualité de cadet d'une famille ducale. Ce principe est reconnu et utilisé aujourd'hui par l'ensemble de l'aristocratie française. Cependant, Pierre de Polignac, conformément aux règles dynastiques, a dû abandonner son nom pour celui de Grimaldi. Le titre de "comte de Polignac" n'est donc pas utilisable par les princes de Monaco actuels. Dans l'annuaire diplomatique de Monaco, ce titre n'est pas mentionné.

[modifier] Créations particulières

Les princes de Monaco ont parfois créé des titres pour des membres de la famille. Par exemple, le prince Florestan, cadet de famille, donc non destiné au trône, a porté le titre (de courtoisie) de comte Grimaldi de Monaco en raison de son mariage considéré non égal par ses parents. Lorsque son frère aîné mourut sans héritier, il fut rappelé pour régner et aurait (sources ?) créé son épouse princesse de Lametz (pour autant que la création de ce titre soit assurée) pour sa femme qui était issue de la bourgeoisie. Ce titre n'est plus évoqué dans l'Annuaire Officiel de Monaco.

Plus récemment, le prince Rainier III a attribué le titre de baronne de Massy à sa sœur Antoinette, et sa descendance illégitime (pour autant que cette qualité puisse être aisément déterminée) qui porte aujourd'hui de Massy comme patronyme.

Dans ce cas, les titres sont des créations monégasques purement honorifiques que nous pourions qualifier de titres de courtoisie mais qui deviendraient authentiques du fait qu'ils ont été créés par un souverain.

[modifier] Statut des titres aujourd'hui

La solution la plus simple et la plus prudente est de considérer que l'ensemble des titres de droit français, sans distinction d'origine, portés par Louis II de Monaco sont devenu des titres de droit monégasque après 1949 (et même avant pour les titres octroyés par le prince à ses proches sans tenir compte des règles françaises). Ces titres monégasques ne sont donc pas la continuation des anciens titres français.

Membre de l'Organisation des Nations unies depuis 1993, la Principauté peut créer des titres et distinctions sans en référer à personne et la constitution de Monaco de 1962 stipule en son article 16 : « Le Prince confère les ordres, titres et autres distinctions. »

[modifier] Bibliographie

  • Philippe du Puy de Clinchamps, Les Grandes Dynasties, PUF, collection Que sais-je ? (n° 1178), 128 pages, 1965 (épuisé) : rubrique « Monaco », pages 86-90
  • Jean-Fred Tourtchine, Le Royaume de Bavière volume III — La Principauté de Monaco, collection Les Manuscrits du Cèdre. Dictionnaire historique et généalogique, CEDRE (Cercle d'études des dynasties royales européennes), 289 pages, avril 2002, ISSN 0993-3964

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes et références

  1. Annuaire officiel de la principauté de Monaco