Tintamarre

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Le tintamarre à Fredericton en 2010

Le Tintamarre est une tradition acadienne de marcher à travers sa communauté en faisant du bruit, souvent pour la célébration de la Fête nationale de l'Acadie. Le terme provient du mot d'origine Français acadien qui signifie « sons discordants ». La pratique est destinée à démontrer la vitalité et la solidarité de la société acadienne, et pour rappeler aux autres de la présence des Acadiens[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier tintamarre a lieu le à Moncton, au Nouveau-Brunswick, à l'instigation de l'archevêque Norbert Robichaud à l'occasion du 200e anniversaire de la Déportation des Acadiens[2]. L'archevêque invite tous les Acadiens à organiser un tintamarre mais il semble qu'il y en ait seulement un à Moncton ; l'organisation et la distribution d'objets bruyants ont certainement contribué à la popularité de l'événement[3]. D'ailleurs, 5 000 personnes y participent et le tintamarre est couvert en direct par une émission de la Première Chaîne de Radio-Canada animée par René Lévesque[3]. Il déclare: « Ici à Moncton et dans toute l'Acadie, c'est l'heure du tintamarre. Ça... c’est le joyeux tintamarre qui résonne... partout où il y a un descendant des déportés de 1755... Il y a également la musique militaire, la fanfare de l'Assomption de Moncton qui fait des flonflons avec ses cuivres. Il y a des petits enfants qui crient... Écoutez encore, c'est la vie de l'Acadie française en 1955, deux siècles après la mort qu'on prévoyait[4]. »

Le premier tintamarre de 1955 est manifestement de nature religieuse car il est organisé par l'archidiocèse de Moncton, il est précédé d'une messe et commence devant la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption[2]. Le deuxième tintamarre, en 1979, est organisé par la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick. En effet, l'Acadie s'est sécularisée durant cette période de 24 ans[5].

Un deuxième tintamarre a lieu le [2], à l'occasion du 375e anniversaire de l'Acadie[6]. Le plus grand est organisé à Caraquet mais d'autres localités en tiennent aussi[2].

Dès ce deuxième tintamarre, le lien avec le charivari est dénoté[6]. Cette tradition de sortir dans les rues pour faire du bruit était alors très populaires en Acadie mais elle était généralement improvisée et n'avait généralement pas lieu kdurant les fêtes d'été[6]. Ces fêtes donnaient plutôt lieu à des défilés[6].

Le Tintamarre est rapidement considéré comme une tradition et il est en fait l'une des principales manifestations de la fierté acadienne, du moins au Nouveau-Brunswick[6]. Selon Ronald Labelle, c'est un exemple de l'appropriation d'un événement et son intégration aux rituels d'appartenance par une population[7].

Le Tintamarre n'a pas seulement lieu en Acadie, et son nom est souvent synonyme de l'Acadie à l'étranger. Par exemple, le festival acadien de Saint-Liguori, au Québec, se nomme la fête du Tintamarre[7]. En 2005, le gouvernement du Nouveau-Brunswick organise une vaste campagne de promotion touristique à Montréal sur le thème du Grand Tintamarre[7]. Un Tintamarre acadien est organisé tous les ans à Saint-Aubin-sur-Mer, dans le Calvados, en France, afin de commémorer le débarquement de soldats acadiens durant la Deuxième Guerre mondiale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Tintamarre », Cyber Acadie (consulté le 6 octobre 2010).
  2. a, b, c et d Labelle 2005, p. 111
  3. a et b Labelle 2005, p. 112
  4. Labelle, Ronald, « Tintamarre, une nouvelle « tradition » en Acadie », sur L'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française (consulté le 6 octobre 2010).
  5. Labelle 2005, p. 113
  6. a, b, c, d et e Labelle 2005, p. 110
  7. a, b et c Labelle 2005, p. 120

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ronald Labelle, « Le tintamarre en Acadie: une tradition inventée ou réinventée? », Les Cahiers, Société historique acadienne, vol. 36, no 2 et 3,‎ septembre 2005, p. 110-121