Tingréla

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Tingréla
Administration
Pays Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Région Région des Savanes
Département Tingréla
Maire Coulibaly Moussa
Démographie
Population 67 746 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 10° 29′ 13″ N 6° 22′ 48″ O / 10.48694, -6.3810° 29′ 13″ Nord 6° 22′ 48″ Ouest / 10.48694, -6.38  
Divers
Langue(s) parlée(s) Sénoufos, Français, Malinké
Localisation

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Tingréla

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Tingréla

Tingréla est une ville de Côte d'Ivoire, dans la région des Savanes. Elle est située à l'extrême nord du pays à 150 km au nord de Boundiali, le chef-lieu de région à laquelle elle est reliée par voie bitumée. Elle se situe à la frontière avec le Mali. La plupart des habitants sont Sénoufos, Malinkés et Dioulabas.

Sa mosquée est de style soudanais[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Tingréla (10° 29′ 13″ N 6° 24′ 35″ O / 10.48694, -6.40972) se situe à 9°30 de latitude nord et 6°19 de longitude ouest.


Rose des vents Mali Kadiana, Sikasso Rose des vents
Samatiguila N Mali
O    Tingréla    E
S
Boundiali (ville), Kouto ( ville)

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type Aw dans la Classification de Köppen : il est très chaud et très sec (du type du climat soudanais), avec, en décembre et janvier, l'harmattan, un vent puissant venu du Sahara, qui abaisse considérablement la température. La grande saison sèche (octobre - mai) précède la saison des pluies marquée par deux maxima pluviométriques, l'un en juin et l'autre en septembre[2],[3],[4].

Végétation[modifier | modifier le code]

La végétation de la région est celle de la savane arborée. De type soudanais, elle se présente comme l’association de forets claires et de savane.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • La ville a vu passer René Caillié lors de son célèbre voyage de Conakry à Tombouctou. Dans son récit de voyage publié en 1830, ou il fait une description fort peu amène des villages du nord de la Côte d'Ivoire qu'il fut amené à traverser et qui assurèrent sa subsistance et sa survie, l'auteur désigne la ville sous son nom ancien de Tengrera.

Administration[modifier | modifier le code]

Créé par le décret n° 69-241 du 9 juin 1969, le département de Boundiali s’étendait alors jusqu’à Tingréla. Tingréla est chef-lieu du département éponyme tel qu'il est aujourd'hui depuis 1974 et chef-lieu de sous-préfecture. Il s'agit d'une entité administrative à la fois décentralisée et déconcentrée. Une loi de 1978[5] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.

Liste des maires successifs
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
1980 PDCI-RDA Homme politique élu
1985 PDCI-RDA Homme politique élu
1990 PDCI-RDA Homme politique élu
1995 PDCI-RDA Homme politique élu
2001 Diabaté Fnsongui RDR Homme politique élu

Le département de Tingréla comporte la sous-préfecture de Kanakono.

Après les évènements de 2002, la ville, comme toutes les localités du nord du pays, a été placée sous l'administration du MPCI puis des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire[6].

Représentation politique[modifier | modifier le code]

Députés de Tingrela
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Traoré Adama PDCI-RDA Homme politique élu

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le 16 décembre 2005. Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction et a conservé ses pouvoirs.

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1920 1946 rec.1975 Rec. 1988 1998 Est. 2010
8 794 22 268 67 746[7]
Nombre retenu à partir de 1920 : Population sans doubles comptes

Éducation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Éducation en Côte d'Ivoire.

Enseignement primaire
Public

  • École primaire Publique

Enseignement secondaire
Lycée Public

  • Lycée moderne

Collège public

  • Collège moderne

Le département de Tingréla compte aussi une Institution de Formation et d'Éducation Féminine située au chef-lieu, l'un des 90 centres de cette nature existant dans le pays. Cette institution a pour objet de permettre aux femmes analphabètes, aux jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées, aux femmes agricultrices de trouver une opportunité pour le développement d'aptitudes nouvelles permettant leur insertion ou leur autonomisation[8].

Langues[modifier | modifier le code]

Article connexe : Langues en Côte d'Ivoire.

Depuis l'indépendance du pays en 1960, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula ou dioulaba mais la langue vernaculaire de la région est le sénoufo. Le français effectivement parlé dans le département de Tingréla, comme à Abidjan, est communément appelé le français populaire ivoirien ou français de moussa[Note 1] qui se distingue du français standard par la prononciation et qui le rend quasi inintelligible pour un francophone non ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits 2 magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. Le département de Tingréla accueillant de nombreux Ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées. Avec la présence dans la région de nombreux Burkinabés venus travailler notamment dans les plantations de coton, présence accrue depuis 2002.

Santé[modifier | modifier le code]

Le manque de personnel qualifié se fait sentir, comme dans toute la région des savanes puisque pour les 4 départements qui la constituent, ceux de Boundiali, Korhogo, Tingréla et Ferkessédougou, 45 médecins exerçaient en 2001 et seulement 23 en 2005 pour une population totale de 1 215 000 habitants. Le nombre des infirmiers a également baissé de 254 à 67 sur cette même période[9].

Le département est une zone de grandes endémies, bien que l'onchocercose, couramment nommée ici la « cécité du fleuve », qui faisait des ravages dans les villages situés au bord des rivières et qui est à l'origine du nombre élevé d'aveugles, ait été efficacement éradiquée dans les années 1980 par la pulvérisation massive de pesticides au-dessus des rivières[10]. Comme dans toutes les zones tropicales, l'hépatite due à la qualité aléatoire de l'eau, affecte beaucoup d'habitants, tout comme la bilharziose et le paludisme, propagé par un moustique, l'anophèle femelle. Pour lutter contre ce dernier, des ONG distribuent des moustiquaires imprégnées, la plupart des habitants n'ayant guère les moyens de s'offrir régulièrement quinine ou chloroquine[11]. Toutefois, contrairement à ce qui est observé dans toutes les autres régions de grandes endémies du pays, on ne relève pas d'ulcère de Buruli dans le département de Tingréla, ni dans celui de Boundiali, alors que 22 000 cas avaient été détectés dans l'ensemble du pays en 2006[12], [13].

La lèpre sévit encore dans certains villages du département comme dans ceux de Danané, Man, Biankouma, Touba, Boundiali, Korhogo, Katiola, Dabakala et Béoumi. 856 nouveaux cas ont été dépistés en Côte d'Ivoire au cours de l'année 2007 et 1 367 malades sont actuellement en traitement, selon les autorités sanitaires du pays. De son côté, l'OMS estime à 500 000 le nombre de lépreux dans le monde et à plus d'un million, le nombre de personnes présentant des invalidités dues à la lèpre. La polychimiothérapie qui associe trois médicaments est le seul traitement qui guérit véritablement la lèpre. Efficace et gratuit, il est disponible dans tous les centres de santé du pays[14],[15].

Habitat[modifier | modifier le code]

La ville comporte de nombreuses maisons à terrasse de type Bambara.

Économie[modifier | modifier le code]

Le coton est la principale culture de la région mais elle est aussi le lieu de nombreux élevages de poulets, activité très insolite sous ces latitudes...

La région[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

La région et la ville regorgent de flamboyants et d'hibiscus et la savane abrite des fromagers, des baobabs séculaires ainsi que des anacardiers, des nérés et des karités, « arbres miracle » dont le fruit peut se manger tel quel ou se transformer en « beurre » qui remplace l'huile et toutes les matières grasses dans les régions de savane et qui est aussi utilisé comme produit cosmétique.

On y retrouve aussi les habituels arbres à fleurs tropicaux tels que les frangipaniers, les bougainvilliers ou les acacias.

Faune[modifier | modifier le code]

Antilopes

Dans la région vivent les calaos qui sont des animaux fétiches révérés par les sénoufos. On y croise aussi de nombreux babouins, des phacochères, des potamochères, des perdrix et des francolins ainsi que des antilopes, essentiellement des cobes de Buffon et des guib harnachés. On y trouve également beaucoup d'agoutis dont la chair est très appréciée et que l'on consomme dans les maquis.

On trouve aussi, dans la région, des mygales, des scorpions, des fourmis, en particulier les fourmis magnans, et des termites, qui construisent de gigantesques termitières et qui sont aussi nombreux que leurs ennemis, les fourmis.

Villages[modifier | modifier le code]

  • Le village de Kolonza est un gros village situé dans le profond nord de la côte d'ivoire dans le département de Tengrela, précisément à 26 km de voie non bitumée à ce jour. Kolonza fait partie du Canton Nafana comprenant 12 villages qui sont : Doubasso, M'basso Tiongoli, Tamania, Ziekoundougou, Kokari, Iribasso, Kapégué, Koulosson, Kolonza, Zanasso et Papara (chef-lieu de canton). Ce canton majoritairement sénoufo à une culture folklorique diversifiée et variant d'un village à l'autre. Le balafon qui caractérise l'instrument musical sénoufo se retrouve dans pratiquement chaque genre de danse. Les peuples de Kolonza restent fidèles à leur vieille pratique ; car de nos jours, jeunes comme vieux maitrisent encore les vertus de la nature (plante et terre). On y trouve aussi beaucoup de familles qui pratiquent la religion musulmane. Kolonza manque d'infrastructures : routière, immobilière, électricité, téléphone et eau potable à ce jour.
  • Le village de Foulabougou a été fondé en 1964 par des migrants peuls issus du Mali voisin et constitue un des très rares villages "en dur" où vit cette population nomade qui est d'ordinaire regroupée dans des campements.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Si, à Abidjan et dans le nord, on parle de français de Moussa, dans l'ouest du pays, on parle de français de Dago

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mosquées de style soudanais du Nord ivoirien (site en série) - UNESCO World Heritage Centre
  2. Le climat de la Côte d'Ivoire comporte deux zones bioclimatiques distinctes. Le sud est très humide et connaît quatre saisons (d'avril à la mi-juillet : grande saison des pluies; de la mi-juillet à septembre: petite saison sèche; de septembre à novembre: petite saison des pluies; de décembre à mars: grande saison sèche). Le nord est plus sec et connaît deux saisons principales (juin à septembre: grande saison des pluies; octobre à mai : grande saison sèche). Les températures varient peu allant de 21 à 35°
  3. (fr) Le climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire Tourisme
  4. Climat : la Côte d'Ivoire peut être divisée en deux zones climatiques
  5. Loi no 78-07 du 9 janvier 1978
  6. Le site officiel des Forces Nouvelles de Côte d'Ivoire
  7. Fiche de la ville sur le site de tiptopglobe
  8. Site du SNDI
  9. Santétropicale
  10. Programme de lutte contre l'onchocercose, site du Ministère français des affaires étrangères
  11. ONG Sounyegnon, Abidjan.net
  12. who.int (enquête de 1997)
  13. Site de l'ambassade de France
  14. La lèpre en R.C.I., site Icilome, portail du Togo
  15. La lèpre vue par l'OMS

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Caillé, Voyage à Tombouctou et à Djenné, dans l’intérieur de l’Afrique, 1830

Liens externes[modifier | modifier le code]