Timour Shah Durrani

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Timour Shâh
احمد شاه دراني
Image illustrative de l'article Timour Shah Durrani
Titre
Padishah d'Afghanistan, Emir de Khorasan, Roi de Penjab, Roi de Sind, Roi de Mashad, Roi de Cachemire
1772 – 18 mai 1793
Premier ministre l'Empereur eu de nombreux Grand Visirs
Prédécesseur Ahmad Shah Durrani
Biographie
Dynastie Durrani
Nom de naissance Timur Châh Durrani
Date de naissance 1748
Lieu de naissance Kandahar (Afghanistan)
Date de décès 18 mai 1793 (à 45 ans)
Lieu de décès Kaboul (Afghanistan)
Père Ahmad Shah Durrani
Conjoint l'Empereur eu plusieurs épouses
Enfant(s) Zaman Shâh et de nombreux autres enfants
Héritier Zaman Shâh

Timour Shah Durrani

Timour Shâh Durrani (Duré duran = « perle des perles ») né en 1748 à Kandahar et mort le 18 mai 1793 à Kaboul est le deuxième padishah d'Afghanistan de 1772 à 1793. Il succède à son père Ahmad Shâh Durrani. Il est par ailleurs émir de Khorasan, roi de Penjab, roi de Sind, roi de Mashhad et roi de Cachemire. Ses titres sont : padishah, padishah-e-Ghazi, shah bahadur, amir, Dur-é-Duran (perle des perles).

Chaos du début du règne[modifier | modifier le code]

Le règne de Timour Shâh commence en 1772 et dure 21 ans. Le jeune Timour alors âgé de 24 ans est déjà un administrateur et un commandant confirmé. En effet pendant le règne de son père, Ahmad Shâh Durrani, Timour Shâh est gouverneur de Lahore, de Multan et de Herat mais aussi vice-roi du Penjab et du Cachemire. Contrairement à son père, Timour Shâh n'a jamais aimé le faste et les conquêtes militaires, la priorité du jeune souverain est de contenir son empire dans ses limites de l'époque ce qui se révèle déjà extrêmement complexe.

Timour Shâh accède au trône dans un climat de confusion et de guerres d'influence dans les coulisses. N'ayant laissé aucune instruction ni protocole quant à sa succession, Ahmad Shâh Durrani, le premier padishah, a rendu compliqué la succession au trône afghan. Pour les dirigeants de l'époque le fait que Timour Shâh ait eu la préférence de son père n'était pas un secret. Le jeune Timour Shâh avait montré ses capacités de gestionnaire et de bon chef militaire en gouvernant des provinces les plus difficiles (hormis Herat). Il a également assuré la vice-régence du Penjab, une région de l'empire très difficile à gouverner à cause des dissensions internes et des attaques incessantes des sikhs. Malgré le fait indéniable que Timour Shâh ait eu la préférence et la confiance de son père, les chefs de tribus, notamment les chefs Ghilzai (adversaires traditionnels des Durrani) ne souhaitent pas voir Timour Shâh succéder à son père, très probablement parce que d'une part le jeune Timour n'avait pas le charisme de son père et d'autre part il était très indépendant ce qui ne convient pas aux chefs de tribus qui préfèrent un padishah facilement contrôlable.

C'est ainsi que le vizir d'Ahmad Shâh Durrani, Shah Wali Khan Bomezaï convainc son beau-fils et frère cadet de Timour Shâh, le prince Sulayman Khan Durrani à revendiquer le trône en 1773. Alors loin de la capitale, Timour Shâh, apprend la nouvelle de l'intronisation de son frère Sulayman Khan comme padishah de Kandahar, alors capitale de l'Empire. Ce fait inacceptable le pousse à marcher sur la capitale, il est soutenu par tous les clans de la tribu Durrani. La ville oppose une forte résistance sur l'ordre de Shah Wali Khan Bomezaï afin de protéger Sulayman Shâh mais il échoue finalement dans son entreprise d'installer au pouvoir un Padishah pantin.

Shah Wali Khan Bomezaï tente en vain de se faire pardonner par Timour Shâh mais ce dernier veut en faire un exemple et ordonne à sa garde impériale de le décapiter, alors qu'il demande audience. Ce châtiment a pour conséquence de calmer toutes les tentatives de coup d'État pour une courte durée mais attise la haine des tribus Ghilzai à laquelle appartenait Shah Wali Khan Bomezaï. Le jeune Timour entre dans la ville de Kandahar et se fait couronner padishah de l'empire afghan.

Les difficultés de son règne et le transfert de la capitale[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Timour Shâh Durrani l'Afghanistan connait une relative stabilité mais reste rongé par des dissensions internes, notamment parmi les familles pachtounes, l'ethnie dont est issue la famille royale. Deux branches de pachtounes se battent, depuis la création du pays, pour le pouvoir : ce sont les tribus Ghilzai et Durrani[1].

Timour Shâh se sent à l'étroit dans sa capitale Kandahar où il est sans cesse pris à parti par certains membres de sa cour. Fatigué des agissements de la cour qui provoque la révolte de 1774 et proclame padishah un certain Abdul Khaliq Khan, Timour Shâh décide de transférer la capitale de Kandahar à Kaboul en 1776. La révolte de la cour tient à deux faits majeurs : les chefs de tribus entendent profiter de la mort d'Ahmad Shâh Durrani pour étendre leurs pouvoir féodal déjà considérable que Timour Shâh commence à réduire sous son règne, et parce que le jeune souverain est très indépendant, refusant de suivre les chefs de clan. Afin de minimiser les risques de coup d'État et son éventuel assassinat, Timour Shâh choisit Kaboul pour capitale. Plusieurs raisons l'ont poussé à choisir la ville de Kaboul. D'abord la ville est très appréciée de plusieurs souverains qui en avait fait leur capitale avant Timour Shâh, comme l'empereur Babur Shah, surnommé d'ailleurs le roi de Kaboul. En outre la ville est appréciée pour sa fraîcheur, bien loin de la chaleur écrasante de Kandahar. Par ailleurs la ville est prospère et elle est le centre des arts, de la culture et des sciences du royaume. Son multiculturalisme permet d'amoindrir le rôle des pachtounes assoiffés de pouvoir.

Mort suspecte de Timour Shâh et deux siècles d'instabilité[modifier | modifier le code]

Timour Shâh est finalement assassiné, probablement par empoisonnement le 20 mai 1793. En tout cas sa mort reste suspecte et ne sera jamais élucidée. Il se portait très bien comme tous les guerriers aguerris si bien que sa mort subite laisse interrogatif. Son tombeau à Kaboul reste inachevé.

L'empereur Timour commet finalement la même erreur que son père en ne désignant pas clairement son successeur et ne mettant pas en place un protocole de succession. Néanmoins il laisse entendre que son préféré est son fils Zaman Shâh qui est d'ailleurs élevé au rang de gouverneur de Kaboul alors la fonction la plus prestigieuse après celle de chef de l'État.

La mort subite de Timour Shâh et l'absence d'héritier au trône clairement désigné plonge l'Afghanistan dans une profonde instabilité qui durera deux siècles et que les britanniques sauront exploiter au détriment des afghans tout au long du XIXe siècle.

Titre complet en persan[modifier | modifier le code]

Inayat-i-Ilahi Padshah-i-Adl Gustar Khusrawi 'Alam Panah Mazhar-i-Lutfu'llah Zill-i-Haq Timour Shâh Bahadur, Dur-i-Durran, Padishah-é Afghanéstan

Références[modifier | modifier le code]

  1. On retrouve cette dissension tout au long de l'histoire afghane, notamment contemporaine. À titre d'exemple notons que les taliban sont essentiellement dirigés par les Ghilzai, la tribu de Mollah Mohammad Omar, alors que le président actuel, Hamid Karzai est un représentant de la tribu des Durrani, branche Mohammadzaï, clan Popalzaï.