Timimus

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Timimus est un petit cœlurosaurien qui passa à l'origine pour faire partie de la famille des Ornithomimidés et qui remonte au Crétacé inférieur. Il a été découvert en Australie.

Découverte du genre et de l'espèce[modifier | modifier le code]

En 1991, deux fémurs, celui d'un adulte et celui d'un jeune, sont trouvés à moins d'un mètre l'un de l'autre dans la petite carrière du « lac Copco », dans la partie est de Dinosaur Cove, à la pointe sud de l'Australie. L'espèce type, Timimus hermani, est nommée officiellement et décrite brièvement par Thomas Rich et sa femme, Patricia Vickers-Rich (en) en 1993-1994. Le nom de genre signifie « imitateur de Tim » et combine le prénom tant du fils des découvreurs, Timothy Rich, que du paléontologue Tim Flannery et le terme latin mimus (mime), allusion à la parenté présumée de l'espèce avec les Ornithomimidés. Le nom d'espèce honore John Herman, qui a aidé de nombreuses années au projet de Dinosaur Cove[1].

L'holotype, NMV P186303, se trouvait dans une couche de la formation Eumeralla (en), qui date de l'Albien, il y a quelque 106 millions d'années. Il consiste dans le fémur gauche d'un adulte.

En 1994, Thomas Rich faisait observer qu'il aurait mieux valu avoir le spécimen le plus complet possible pour holotype, mais que les chances de trouver de la matière de Timimus étaient très minces à cause de la nature limitée des sites à explorer dans la région. De plus, l'holotype aurait présenté des caractéristiques qui le faisaient passer tant pour un Ornithomimidé que pour un nouveau genre dans ce groupe. Le nom servirait donc de référence dans la littérature paléontologique. Rich déclarait : « En soi, les noms des dinosaures sont comme des numéros de téléphone — ce sont des étiquettes qui cadrent avec les spécimens et les idées qui découlent de l'analyse du matériel. Des étiquettes confuses, comme un annuaire téléphonique inexact, mènent à un système qui ne peut fonctionner, de sorte qu'il faut nommer les choses ou les étiqueter avec soin. Mais le faire ne crée ni ces spécimens ni les idées qu'ils inspirent, mais simplement un « combiné » commode pour la communicatione[2]. »

Le second fémur, celui d'un jeune, a été désigné pour paratype (spécimen NMV P186323). Certaines vertèbres provenant du site ont été rattachées à l'espèce, tout comme d'autre matériel de l'Australie-Méridionale.

Description[modifier | modifier le code]

L'holotype est un fémur de 44 centimètres de long. Par extrapolation, l'animal atteignait une longueur totale de 2,5 mètres[3]. La minceur de l'os semble indiquer un animal souple. Le paratype mesure 19,5 centimètres de long. Les fémurs montrent plusieurs caractéristiques qui ont été considérées comme   diagnostic  ⇔  des caractères taxinomiques. Il n'y a pas de fosse d'extenseur entre les condyles de l'extrémité inférieure, ce qui aurait été un trait de base des Ornithomimidés[3]. La tête du fémur présente un méplat dans l'axe antéro-postérieur. Le trochanter antérieur est en position élevée et atteint le niveau du grand trochanter.

Phylogénie[modifier | modifier le code]

En 1994, les auteurs de la description de l'espèce classèrent Timimus dans les Ornithomimosauridés, par lesquels ils entendaient les Ornithomimidés. Les restes d'Ornithomimidés en provenance du Gondwana sont rares et douteux ; Timimus fut donc présenté comme la preuve que le groupe était bien présent dans l'hémisphère sud et en était même originaire. Cependant, Thomas Holtz mit immédiatement en doute ce classement dans les Ornithomimidés[4]. On reconnaît de nos jours que Timimus ne partage aucun caractère dérivé (synapomorphie) avec eux et qu'il n'y a donc aucune preuve qu'il appartiendrait à cette famille. Il appartient peut-être à un groupe de Cœlurosauriens ; certains scientifiques considèrent qu'il s'agit d'un nomen dubium[5]. Les auteurs d'une étude de 2012 ont jugé que l'animal faisait probablement partie des Tyrannosauroidea[6].

Paléobiologie[modifier | modifier le code]

L'habitat de Timimus consistait dans des forêts polaires aux étés doux, mais aux hivers froids et sombres parce que la région était plus près du pôle Sud pendant le Crétacé inférieur. En 1996, Anusuya Chinsamy, spécialiste de la microstructure des ossements fossiles, a examiné la matière osseuse de Timimus et de Leaellynasaura et découvert qu'elle présentait des éléments histologiques différents. Le Leaellynasaura montrait un taux continu de dépôt osseux, alors que Timimus présentait une formation osseuse cyclique, ce qui portait à croire qu'il hibernait peut-être[7]. Une forme possible de Timimus hermani ou une forme connexe provenant du Strzelecki Group, près d'Inverloch, à Victoria (en), a laissé la première phalange fossile de son troisième orteil qui présentait une fracture avec enfoncement sur la surface plantaire[8].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Thomas H. Rich et Patricia Vickers-Rich, « Neoceratopsians and ornithomimosaurs: dinosaurs of Gondwana origin? », National Geographic Research and Exploration, vol. 10, no 1,‎ 1994, p. 129-131.
  2. (en) Thomas H. Rich, « Naming a new Genus & Species of Dinosaur on the basis of a Single Bone. », Dinosaur Report,‎ 1994, p. 10-11.
  3. a et b (en) John A. Long (ill. Peter Schouten, Tony Windberg, Bill Stout et Mike Skrepnick), Dinosaurs of Australia and New Zealand and Other Animals of the Mesozoic Era, Harvard University Press,‎ 1998, 188 p. (résumé)
  4. (en) Thomas R. Holtz Jr., The phylogenetic position of the Tyrannosauridae: Implications for theropod systematics, vol. 68,‎ 1994, chap. 5, p. 1100-1117.
  5. (en) Scott A. Hocknull, M.A. White, Travis R. Tischler, Alex G. Cook, Naomi D. Calleja, Trish Sloan et David A. Elliot, « New mid-Cretaceous (latest Albian) dinosaurs from Winton, Queensland, Australia », PLOS ONE, vol. 4, no 7,‎ 2009 (DOI 10.1371/journal.pone.0006190, lire en ligne).
  6. (en) Roger B.J. Benson, Thomas H. Rich, Patricia Vickers-Rich et Mike Hall, « Theropod Fauna from Southern Australia indicates High Polar Diversity and Climate-Driven Dinosaur Provinciality », PLOS ONE, vol. 7, no 5,‎ 16 mai 2012 (PMID 22615916, DOI 10.1371/journal.pone.0037122, lire en ligne).
  7. (en) Anusuya Chinsamy, Thomas Rich et Patricia Rich-Vickers, « Bone histology of dinosaurs from Dinosaur Cove, Australia », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 16, no 3 (suppl.),‎ 1996, p. 28A.
  8. Ralph E. Molnar, D. H. Tanke (dir.) et K. Carpenter (dir.), « Theropod paleopathology: a literature survey », Mesozoic Vertebrate Life, Indiana University Press,‎ 2001, p. 337-363.

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Thomas H. Rich et Patricia Vickers-Rich, Dinosaurs of Darkness, Allen & Unwin,‎ 2000 (ISBN 1-86508-496-4).
  • (en) Anusuya Chinsamy, Thomas H. Rich et Patricia Vickers-Rich, « Polar dinosaur bone histology », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 18, no 2,‎ 1998, p. 385-390 (DOI 10.1080/02724634.1998.10011066).