Timbre-monnaie

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Un timbre-monnaie est un timbre-poste utilisé comme monnaie de nécessité, c'est-à-dire pour le paiement de biens et services autres que l'affranchissement postal, quand la monnaie officielle vient à manquer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Timbre-monnaie français : à l'avers, un timbre français de 5 centimes type Semeuse de Roty, au revers, une publicité Établissements Louis Biret (1920).

Les timbres-monnaie apparurent pour la première fois aux États-Unis pendant la guerre de Sécession, inventés par John Gault qui déposa un brevet le 12 août 1862 et qui furent utilisés jusqu'en 1876[1].

En France, mais aussi en Belgique, c'est au début des années 1920 que le procédé se développe. En effet, outre la thésaurisation des métaux précieux, la Première Guerre mondiale avait été une grosse consommatrice de métaux stratégiques, et les pièces de monnaie en cuivre et nickel vinrent à manquer. Des municipalités, des chambres de commerce, des commerçants firent alors frapper des monnaies de nécessité ; certaines entreprises commerciales firent fabriquer des monnaies de substitution utilisant des timbres, glissés à l'intérieur d'un support assurant leur publicité.

Les timbres furent d'abord contenus dans de petites pochettes translucides de cellophane fermées par une étiquette publicitaire, mais ces timbres en sachets souples se révélèrent trop fragiles.

Fut inventé alors un procédé pour fabriquer des timbres-monnaie à fermoir et à support métalliques (brevet d'invention déposé le 29 mars 1920 par Édouard Bouchaud-Praceiq à l'Office national de la propriété industrielle.

Le jeton se présentait sous la forme d'un petit boîtier rond enchâssant le timbre-poste entre un disque métallique et un feuillet transparent de mica, de cellophane ou de rhodoïd, le tout étant scellé par un fermoir métallique. Le disque métallique portait sur l'un de ses faces une publicité, soit en relief et sans couleur (aluminium ou fer-blanc estampé), soit en plusieurs couleurs à plat mais sans relief (fer-blanc imprimé).

Les premiers timbres-monnaies apparaissent au second trimestre de l'année 1920. Les tirages, excepté ceux du Crédit lyonnais, sont très faibles, mais ne peuvent être inférieurs à 1 000 pièces pour des raisons de coût de fabrication. Ils ne furent jamais reconnus ni par le Trésor public, ni par la Poste, et ils furent mis en circulation à l'instigation de firmes privées, moyen publicitaire en même temps que monnaie de substitution afin de remplacer les pièces divisionnaires disparues ou thésaurisées.

Les timbres-monnaie disparurent en 1924, lorsque la petite monnaie métallique fut à nouveau disponible en quantité suffisante.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Abram Wakeman, « The Postage Stamp Currency; Statement of City Postmaster Wakeman in Reference to Defaced Postage Stamps » in The New York Times, 11 octobre 1862, en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]