Tijanisme

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Confrérie Tidjane
Région Algérie, Gambie, Guinée, Mali, Niger, Burkina Faso, Indonésie, Ghana, Libye, Maroc, États-Unis, Mauritanie, Chine, Nigeria, Sahara occidental, Sénégal, Soudan Tunisie et Turquie
Création XVIIIe siècle
Type Confrérie soufie malikite
Siège du califat Aïn Madhi (Algérie)[1],[2],[3]
Membre(s) + 250 000 000
Calife mondial de la Tidjaniya Sidi Ali Tidjani Bel Arabi
Calife au Sénégal Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy
Affiliation(s) Islam, Soufisme, Malikisme,Asharisme
Site web www.tidjaniya.com, www.asfiyahi.org

Le tijanisme, ou tidjanisme est une confrérie musulmane soufie, fondée par Ahmed Tijani en 1782 (1196 de l'Hégire)[4]. La doctrine de cette voie est basée sur le Coran et la sunna de Mahomet. Elle est appelée Tarîqah Tijâniyyah en arabe, ce qui peut être traduit par « la voie tijanite ».

Ses adeptes sont les tijanis, tidjanis, tijanes, tidianes, ou tidjanes. Le Cheikh fondateur est considéré comme le seul véritable maître. Toutefois, dans chaque contrée, on retrouve un guide local considéré comme le calife ou représentant de la tarîqa (voie tijanie).

Le Tijanisme est la confrérie musulmane la plus répandue en Afrique.

Historique[modifier | modifier le code]

Le tijanisme trouve son origine vers 1781 lorsque Ahmed Tijani, à 46 ans, voit une apparition de Mahomet (sa « grande ouverture », ou fath el akbar) lors d'une retraite spirituelle à Boussemghoun (Algérie)[4], au cours de laquelle celui-ci lui dit qu'il était son garant, son maître choisi et son éducateur exclusif. Il lui ordonne ainsi de délaisser tout ce qu'il avait reçu des différents maîtres rencontrés et de leurs voies spirituelles, et de répandre sa doctrine. Son ordre prend rapidement une expansion importante sur la région, ce qui provoque l'inquiétude des autorités du Divan Ottoman d'Alger. Il prépara donc son exil vers le maroc suite aux inquiétudes du dey d’Alger.

Le 22 juillet 1799 (18 safar 1214 de l'Hégire), Ahmed reçoit le statut de Pôle caché, ce qui dans la hiérarchie islamique en fait un intermédiaire entre les prophètes et le commun des mortels, et le place immédiatement en dessous des prophètes et de leurs compagnons[4].

Doctrine[modifier | modifier le code]

La doctrine du tijanisme est l'accès à la connaissance de Dieu par la fana et le baqa. Le « wird » tijane consiste à réciter 100 fois la demande de pardon, 100 fois la prière sur Mahomet (« salatoul fatihi »), 12 fois la prière des « perles de la perfection » (« djawaratoul kamel »), et, ajouté par la suite, 100 fois la reconnaissance de l'unicité de dieu (« lâ ilâha ill’Allâh», soit « il n'y a point de Dieu excepté Allah » - ou littéralement: pas de dieu sauf Le Dieu).[réf. souhaitée]

Aire d'implantation[modifier | modifier le code]

Le tijanisme trouve son origine à Aïn Madhi au Maghhreb Central (actuellement l' Algérie ) puis s'est diffusé dans un premier temps autour de Boussemghoune (actuellement en Algérie) dans le désert actuellement algérien. Depuis son foyer d'origine (l'actuelle Algérie), le tijanisme se répandit au Maroc, en Tunisie, en Arabie, en Mauritanie, en Sénégambie, au Mali,au Burkina Faso, au Tchad, au Soudan, au Nigéria, en Indonésie et au Pakistan. On le trouve également en Libye, en Égypte, en Syrie, en France et aux États-Unis. De nos jours il est surtout présent en Algérie, mais aussi au Maroc, au Sénégal, au Ghana, au Niger, en Mauritanie et au Tchad. Actuellement la Tidjaniyya est la confrérie musulmane "algérienne" la plus répandue au monde. Ses adeptes se comptent par millions surtout en Afrique subsaharienne.

Lieux saints[modifier | modifier le code]

Algérie[modifier | modifier le code]

Le centre intellectuel et culturel du Tijanisme est Aïn Madhi, en Algérie actuelle où se trouve le siège du califat[3]. Le Ksar abrite également la zaouïa mère de la confrérie qui conserve les tombeaux des chefs de la famille Tidjani[5]. En outre Boussemghoun, où Ahmed Tijani vit Mahomet en état de veille et où il résida pendant 13 ans, est le centre le plus important[3].

Maroc[modifier | modifier le code]

La ville de Fès où Ahmed Tijani a vécu une grande partie de sa vie est le lieu saint du Tijanisme le plus visité dans le monde surtout par les Subsahariens (Senegal,Mali ...) .Fès renferme le mausolée de Ahmed Tijani.

Sénégal[modifier | modifier le code]

Au Sénégal, Tivaouane reste la ville la plus influente de la Tijaniya grâce au rôle prépondérant qu'a joué le Cheikh Malick Sy dans la propagation de la tariqa au Sénégal. Kaolack doit son influence également aux savants tels que le Cadi Cheikh Abdul Hamid Kane, Al Hadj Abdullah Niass . Les villes de Louga[3], Bandiagara (Mali) et Chinguetti (Mauritanie) peuvent également être citées.

Politique[modifier | modifier le code]

Comme toutes les confréries au Sénégal, elle a un rôle politique. Mais c'est aussi celle qui suscite les passions les plus vives, de la part de tendances soufies rivales ou de mouvements anti-confrériques[6].

Les compagnons du Shaykh Ahmad At Tijânî[modifier | modifier le code]

Les grands successeurs[modifier | modifier le code]

Sidi Ahmad As Sukayrij

  • Cheikhna Abbas Sall
  • Al Hâjj Malick Sy
  • Seydi Ababacar Sy
  • El hadji Amadou Dème
  • Ahmad Barru
  • Ibrâhîm Niass
  • 'Alî Cissé
  • Cheick Aboubacar MAÏGA
  • Cheick Sidi Mohammad MAÏGA
  • Al Hasan Ibn 'Alî Cissé
  • Thierno Mansour Barro
  • 'Abd Ul 'Azîz Ad Dabbâgh Sy
  • El Hadji Mama Ansou Niang
  • Thierno Hamidou Alpha Moussa Sy
  • Thierno Mouhammadou Samassa
  • Aladji Boubacar de Kowayna
  • Muhammad Ul Mansûr Sy
  • Ahmad At Tijânî Barru
  • Ahmad Ibn Muhammad Ul Mansûr Barru
  • Al Hasan Ad Dabbâgh
  • Fakhr Ud Dîn Al Uwaysî
  • Cheick Aboubacar MAÏGA II

Les grands ouvrages de la Tarîqah Tijâniyyah[modifier | modifier le code]

  • Futûhâtu As-Salâm du Shaykh Abbas Sall At-Tidjanî
  • Mizâb Ur Rahmat Ir Rabbâniyyah du Shaykh 'Ubaydah Ibn Muhammad Us Saghîr At Tashît
  • Fâkihat Ut Tulâb du Shaykh Al Hâjj Mâlik Sy
  • Tîb Ul Fâ°ih du Shaykh Muhammad An Nazîfî
  • Ifhâm Ul Munkir Al Jânî du Shaykh Al Hâjj Malick Sy
  • As ilah wa ajwiba fi tariqati tijaniya D'El Hadji Malick Sy
  • Kashf Ul Albâs du Shaykh Ibrâhîm Niass
  • Kashf Ul Hijâb du Shaykh Ahmad As Sukayrij
  • Ghayât Ul Amânî du Shaykh Muhammad Us Sayyid At Tijânî
  • Mabadi° Ul Ishrâq du Shaykh Muhammad An Nazîfî
  • Shamâ°il Ut Tijâniyyah du Shaykh Ahmad As Sukayrij
  • Al Durratou halliya du Cheikh Ahmed Iyane Sy

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laghouat se penche sur son patrimoine : Des sites sont proposés au classement en attendant leur exploitation, La Tribune du 18/11/2009
  2. Aïn Madhi : Restauration du vieux ksar, Le Soir d'Algérie du 14/08/2010
  3. a, b, c et d Mouhamadou Mawloud Diakhaté, L'aménagement du territoire au Sénégal: Principes, pratiques et devoirs pour le XXI siècle, L'Harmattan,‎ 2011 (lire en ligne), p. 229
  4. a, b et c Vie et œuvre de Ahmed Tijani, sur le site officiel de la Voie Tidjaniya.
  5. Marc Côte, Guide d'Algérie : paysages et patrimoine, Média-Plus,‎ 1996, 319 p. (ISBN 9961-922-00-X), p. 238
  6. ouvrage : La Tijaniyya, une confrérie musulmane à la conquête de l'Afrique de Jean-Louis Triaud et David Robinson.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abdourahmane Aidara, Implantation et expansion des ordres Qadiryya et Tidjaniyya en Casamance, Dakar, université de Dakar, 1983, 107 p. (mémoire de maîtrise)
  • Doudou Kane, Sérigne Abbas Sall (1909-1990). Vie et œuvre d’une figure de proue de la Tidjaniya sénégambienne, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1998, 199 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Cheikh Ibrahima Sall, Guide pour le disciple Tidjane aspirant à la perfection, Nouvelle Imprimerie dakaroise
  • Mamadou Karfa Sane, Islam et société au Sénégal. Approche sociologique d'une confrérie : le cas de la confrérie tidjane, 2004, Université de Nantes, 2004 (thèse)
  • Alioune Traoré, Contribution à l’étude de l’islam : le mouvement tijanien de Cheikh Hamahoullah, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1975, 335 p. (Thèse)
  • Jean-Louis Triaud et David Robinson (sous la direction de), La Tijâniyya : une confrérie musulmane à la conquête de l'Afrique, Paris, Karthala, 2005 (2e édition), 512 p. (ISBN 2845860862)
  • Amadou Hampâté Bâ, Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara, 1957, réécrit en 1980.
  • (en) Jamil M. Abun-Nasr, The Tijaniyya order, Université d'Oxford, 1961, 378 p. (thèse)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Éliane de Latour, Tidjane : les voies d'Allah, film documentaire, CNRS Images, 2004