Tiers de confiance

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Un tiers de confiance est une personne physique ou morale mettant en œuvre des signatures électroniques reposant sur des architectures d'infrastructure à clés publiques ou PKI (Public Key Infrastructure). Il peut aussi s'agir d'un tiers auquel est confié une copie de la partie secrète d'une clé de chiffrement publique.

Organisation du point de vue de la sécurité informatique[modifier | modifier le code]

Dans le monde de la sécurité, on considère qu'il existe trois types de tiers de confiance :

Elle définit une politique de certification et la fait appliquer. Elle est porteuse de la confiance des utilisateurs.
  • Autorité d'enregistrement :
Elle vérifie que le demandeur de signature électronique est bien la personne qu'il prétend être, et ce conformément aux règles définies dans la politique de certification. Elle garantit la validité des informations contenues dans le certificat électronique. L'autorité d'enregistrement a un rôle essentiel d'identification. Il est souvent considéré que l'autorité d'enregistrement fait partie de l'autorité de certification. Dans ce cas on parle "d'agent d'enregistrement".
L'opérateur de certification (OC) assure la fourniture et la gestion des certificats électroniques. Son rôle consiste à mettre en œuvre une plate-forme technique sécurisée, et ce dans le respect des exigences énoncées dans la politique de certification. Les opérateurs de certification sont en nombre limité sur le marché. Mais il est possible d'être son propre opérateur de certification. Dans ce cas les certificats utilisés sont signés par soi-même. C'est une situation fréquente lorsqu'il s'agit d'identifier des composants de systèmes informatiques.

En France, l'ANSSI a un rôle de recommandation vis-à-vis des règles d'attribution des certificats.

Les tiers de confiance et le droit[modifier | modifier le code]

Les juristes parlent de sociétés prestataires de services de certification, qu'ils décomposent de la façon suivante :

  • les sociétés qui délivrent des certificats de signature,
  • les sociétés qui fournissent des outils de signature,
  • les sociétés qui délivrent de l'infrastructure technique.

En France[modifier | modifier le code]

En France, la loi française du 21 juin 2004, qui a transposé la directive européenne sur le commerce électronique, ne parle pas de tiers de confiance. Elle mentionne le certificat électronique, au sujet des préjudices subis par les personnes qui se sont fiées raisonnablement aux certificats présentés par les "prestataires de services de certification", dans les cas indiqués à l'article 33. Elle ne définit pas ce que sont les responsabilités des différentes catégories de prestataires de services électroniques.

La notion de tiers de confiance est issue de la loi du 29 décembre 1990 libéralisant l'usage de la cryptologie[1]. Il s'agissait "des organismes chargés de gérer pour le compte d'autrui les conventions secrètes de moyens ou prestations de cryptologie[2]". Ce régime se substituait à celui instauré par le décret du 18 avril 1939[3] qui considérait la cryptologie comme une arme de guerre. De ce fait son usage était interdit sauf dérogation particulière. Comme la loi de 1990 a été abrogée[4], le tiers de confiance n'a plus de définition juridique stricte.

Organisation de la profession en France : la FNTC[modifier | modifier le code]

Il existe une Fédération des Tiers de Confiance: la FNTC [1]qui réunit les acteurs de la confiance et de l'économie numérique en France et à l'étranger. La FNTC a renouvelé les membres de son Conseil d'Admnistration lors de l'Assemblée Générale du 5 juin 2013. Celui-ci, présidé par Alain Bobant, est composé de 20 membres, représentatifs des 4 collèges actifs de la FNTC : le Collège 1 : prestataires et éditeurs de confiance labellisés ou certifiés, le Collège 2 : prestataires et éditeurs de confiance, le Collège 3 : experts et représentants des utilisateurs, le Collège 4 : institutionnels et professions réglementées.

Créé en 2001 en France par un ensemble d’acteurs institutionnels et de prestataires de service suite à la loi du 13 mars 2000, afin de structurer les échanges numériques naissants, elle a pour vocation désormais à étendre son action au niveau international avec l’ensemble des acteurs qui souhaitent développer la confiance dans le numérique, que ce soit en Europe, dans les pays Francophones ou ailleurs.

LA FNTC donne une définition du Tiers de Confiance Numérique :

Le Tiers de Confiance Numérique est un acteur du développement de la confiance dans le monde numérique. Il intervient dans la protection de l’identité, des documents, des transactions et de la mémoire numérique. Il engage sa responsabilité juridique dans les opérations qu’il effectue pour le compte de son client.

• Le Tiers de Confiance Numérique est reconnu par ses pairs. Il doit être membre d’un ordre, d’une association ou d’une fédération disposant d’une charte et d’un comité d’éthique.

• Le Tiers de Confiance Numérique est intègre, transparent et respecte une stricte confidentialité. Il garantit son interopérabilité avec les autres Tiers de Confiance Numérique. Il doit démontrer sa capacité de continuité de service au-delà de sa propre existence en garantissant la réversibilité de ses services.

• Le Tiers de Confiance Numérique s’engage à respecter la règlementation, les normes ou labels en vigueur. Il contribue en permanence aux évolutions techniques. Il se soumet à des audits externes réguliers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur la sécurité des systèmes d'information

Sur l'éthique

Sur la sécurité en général et les risques liés à la communication

Sur l'interopérabilité et les normes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Loi n°90-1170 du 29 décembre 1990 sur la réglementation des télécommunications
  2. Paragraphe II de l'article 28
  3. Décret du 18 avril 1939 fixant le régime des matériels de guerre, armes et munitions
  4. Loi n°2004-575 du 21 juin 2004 - art. 40 (V) JORF 22 juin 2004; Loi pour la confiance dans l'économie numérique