Tiers-Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel

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Tiers-Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel
Image illustrative de l'article Tiers-Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel
Blason de l'Ordre du Carmel (antique observance)
Type Ordre mendiant
Création 1452 (il y a 562 ans)
Reconnaissance canonique 1476
Spiritualité Contemplative et apostolique
Liste des ordres religieux

Le Tiers-Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel (également appelé Carmes Laïques) est une branche de l'Ordre des Carmes de l'Ancienne Observance (Grands Carmes). Cet branche laïque a été fondée en 1476 par la bulle du pape Sixte IV. Cet ordre est connu pour sa dévotion à la Vierge Marie sous l'appellation de Notre Dame du Mont-Carmel.

Les laïques qui composent ces communautés suivent la règle révisée en 1678 qui prescrit la récitation de la liturgie des heures et un temps d'oraison. Les communautés carmélitaines se développent dans le mondent entier. Les membres font vœux de chasteté et d'obéissance.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Ordre du Carmel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Ordre du Carmel.

Les prémices du Tiers-Ordre[modifier | modifier le code]

Rapidement après le retour en Europe des membres de l'Ordre du Carmel, au cours du XIIe siècle, des laïques, qui n'avaient pas prononcés de vœux, ont commencés à se rapproché des Carmes (de façon plus ou moins importante). Il y a des preuves d’existences de Confréries de Notre Dame du Mont-Carmel à Toulouse en 1273, et d'une Compagnie de Sainte Marie du Carmel à Bologne en 1280, mais la nature exacte des ces communautés est incertaine du fait du manque de documents.

Par la suite, nous retrouvons fréquemment des références à ces fraternités dans les guildes de commerce qui avaient leur siège dans les églises de l'Ordre du Carmel (les carmes leur servant d'aumônier). Comme par exemple les maîtres-boulangers, aubergistes et pâtissiers de Nîmes, ainsi que les barbiers et chirurgiens. Ceux-ci étaient également en lien avec les Dominicains ou les orfèvres à Avignon. Les bienfaiteurs de l'ordre recevaient des lettres des fraternités carmélitaines avec des privilèges et le droit de participer aux bonnes œuvres des frères.

D'autres, sous le nom de bizzoche[1] ou servites, portaient l'habit et observaient la règle du carmel, par exemple, "M. Phicola nostra Pinzochera" à Florence en 1308. D'autres personnes encore, sont devenues recluses dans les bâtiments accolés à des églises carmes, et ont fait profession sous la forme : (la) « Ego frater N. a Spiritu Sancto ad anachoreticam vitam vocatus offero me, coram Deo, Patri et Filio et Spiritui Sancto, et promitto me in servitio Dei secundum Scripturam sacram Novi et Veteris Testamenti more anchoreticae vitae usque ad mortem permansurum. » (Moi, frère N. par l'Esprit Saint, appelé pour me proposer à la vie d'anachorète, devant Dieu, le Père, et au Fils et au Saint-Esprit, et m'engage au service de Dieu, selon les Saintes Écritures du Nouveau et de l'Ancien Testament pour une vie d'ermite, à jusqu'à ma mort.). Parmi les tertiaires qui ne vivent pas en communauté nous pouvons mentionner le Bienheureux Louis Morbioli de Bologne.

La création du Tiers-Ordre[modifier | modifier le code]

L'érection canonique du Tiers-Ordre date du milieu du XVe siècle, quand les communautés de Béguine de Gueldre ont été rattachées à l'ordre par le bienheureux Jean Soreth (alors général des Carmes), via la bull papale Cum Nulla du 7 octobre 1452[2]. Ce texte accorde aux supérieurs de l'ordre du carmel la possibilité (déjà existante ches les ermites de saint Augustin et les Dominicains) d'établir canoniquement des couvents de « vierges, veuves et les béguines servites ».

Saint Nuno Álvares Pereira avait également participé à l'élaboration des travaux du Tiers-Ordre carmélite. La règle de ce nouvel ordre a été complété en 1476 dans la bull "Mare magnum privilegiorum" du pape Sixte IV, puis par ses successeurs.

La règle observée par le Tiers-Ordre[modifier | modifier le code]

La règle observée par les tertiaires, qu'elles vivent dans le monde ou rassemblées dans des communautés, était à l'origine la même que celle des frères carmes, avec des modifications requises par leur condition. Teodoro Straccio, général des Carmes de l'Ancienne Observance, compose en 1635, une nouvelle règle, révisée en 1678, qui est toujours observée chez les tertiaires de l'ordre des carmes chaussés comme chez les Carmes Déchaux.

Cette règle prescrit la récitation de l'office canonique, ou encore du Petit office de la Sainte Vierge, ou, à sa place, un Notre Père et un Je vous salue Marie à dire trente-cinq fois par jour (cinq fois en lieu et place de chacune des sept heures canoniales) ; ainsi qu'une demi-heure d'oraison matin et soir ; le jeûne tous les vendredis ainsi que les mercredis et samedis du 14 septembre à Pâques, l'abstinence durant l'Avent et le Carême, ainsi que diverses actions de mortification, la dévotion et la charité. Les supérieurs peuvent, à leur discrétion, dispenser de certaines de ces obligations.

Les membres des communautés[modifier | modifier le code]

Comme pour les autres ordres mendiants, les membres de cet ordre sont des laïques ou des séculiers (par exemple des prêtres, diacres)[3] qui ne vivent pas en communauté (ni n'ont prononcés de vœux), et souhaitent vivre leur vie dans la spiritualité de l'Ordre du Carmel, et adopter sa règle de vie quotidienne (la prière, le jeûne, les réunions, etc), en se mettant sous la direction spirituelle de Carmes. Librement, ils font vœux de chasteté et d'obéissance.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, il était impossible d'évaluer, même approximativement, le nombre de tertiaires vivant dans le monde. D'autant qu'il existe de nombreux groupes de laïcs du Tiers-Ordre à travers le monde, regroupés en communautés ou en confréries[3]. Certains de ces groupes sont les mouvements : Famille domestique ou la famille en Italie, le mouvement carmélite (Pays basque), la Famille Missionnaire Internationale Donum Dei, la Confrérie du Scapulaire du Mont Carmel, etc.

  • Au début du XXIe siècle, on comptait plusieurs centaines de membres profès dans la province carmélite de Grande-Bretagne.
  • En France, après le retour des Grands Carmes à Nantes, deux fraternités carmélitaines ont été fondées (Toulon en 1992, et Nantes en 2001), elles comptent aujourd'hui une vingtaine de membres[4].
  • Au États-Unis, le Tiers-Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel est également présent, avec deux congrégations comptant 125 membres.

Voir Aussi[modifier | modifier le code]

Liens Externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bizzoche : béguines italiennes rattachées au Tiers-Ordre franciscain.
  2. « Jean Soreth, réformateur du XVe siècle », sur Le Carmel en France, par l’Ordre des Carmes Déchaux (France) : Provinces de Paris et d’Avignon-Aquitaine, carmel.asso.fr (consulté le 12 août 2013)
  3. a et b (en) « Lay Carmel », sur the British Province of Carmelites, carmelite.org (consulté le 11 octobre 2013)
  4. « Histoire du Tiers-Ordre », sur Les Grands Carmes de France, carm-fr.org (consulté le 14 octobre 2013)