Tibor Sekelj

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Tibor Sekelj (parfois appelé Székely Tibor selon la graphie hongroise, né le 14 février 1912 à Spišská Sobota en Autriche-Hongrie [1], mort le 20 septembre 1988 à Subotica en Yougoslavie, Voïvodine) était un citoyen du monde yougoslave d'origine hongroise[2], journaliste, explorateur, auteur et juriste. Il a entrepris des expéditions à travers toute l'Amérique du Sud, l'Asie et l'Afrique. Contrairement à d'autres globe-trotters et explorateurs le but de ses recherches n'était pas essentiellement l'aspect matériel du monde, mais il voulait comprendre et découvrir l'essence de l'âme humaine. Les champs d'activité sur lesquels il s'est illustré avec beaucoup de succès sont nombreux.

Hormis le hongrois et le croate il parlait également allemand, espagnol, anglais, français et espéranto. Sekelj a appris environ 25 langues et a parfois dit qu'il avait conservé la capacité pour 9 d'entre elles[3].

En 1986, il a été élu membre de l'Académie d'espéranto, et membre honoraire de l'UEA, l'association mondiale d'espéranto. Il écrivit plusieurs livres (essais ou romans) dans cette langue. Son épouse s'appelle Erzsébet Sekelj. En 2011 l'Union européenne d'espéranto a proclamé l'année 2012 « Année de Tibor Sekelj » à l'occcasion du centenaire de sa naissance[4].


Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Jeunesse 1912-1939

Lieux de résidence successifs de Tibor Sekelj en Europe dans sa jeunesse (1912-1939) et après son retour d'Amérique du Sud (1954-1988)

Le père de Tibor Sekelj était vétérinaire et la famille a déménagé assez souvent. Quelques mois après la naissance de Tibor elle s'est installée à Cenei[5] (maintenant en Roumanie) où Tibor a passé les dix premières années de sa vie. La langue maternelle était le hongrois, dans la rues on parlait aussi un dialecte allemand. Tibor avait au moins deux sœurs et un frère Antonije qui a collaboré à plusieurs ouvrages par Tibor. La famille s'installe en 1922 à Kikinda (Кикинда), en Voïvodine, Serbie, Yougoslavie, où Tibor termina l'école élémentaire et apprit le serbo-croate. Il a ensuite étudié le français et l'a même enseigné à ses compagnons étudiant quelques leçons plus tôt qu'eux. Il se perfectionna dans cette langue avec un professeur de français; par la suite il a acquis une nouvelle langue tous les quatre ans environ. Là, il a terminé ses études de base avant que la famille ne déménage en 1926 à Nikšić (Никшић), Monténégro, où il a terminé l'école secondaire. Déjà au lycée, il a commencé à aimer l'alpinisme et il a parcouru l'ensemble du Montenegro en marchant. En 1929, il entre à l'université pour étudier le droit à Zagreb (Croatie) et obtient son diplôme en 1933, étant l'un des 3 plus jeunes étudiants. Dans ces mêmes années, il a également étudié la peinture, la sculpture, la langue espéranto, la réalisation de films et le journalisme. C'est avec ce dernier métier qu'il a commencé à gagner sa vie. En 1937, il a commencé à travailler à Zagreb en tant que scénariste de films.

[modifier] Globe-trotter

De 1939 jusqu'à la fin de sa vie Tibor Sekelj a été un voyageur infatigable. Même s'il revenait en Serbie entre deux voyages, son envie d'explorer de nouveaux pays et de faire la connaissance d'autres peuples le poussait à entreprendre de nouveaux voyages. Quelques-uns de ses voyages et expéditions sont le sujet de livres dont certains ont connu un grand succès et on été traduits en plus de 20 langues.

Destination des voyages de Tibor Sekelj
  •      Destinations
  •      Sujets de livres
  •      Patrie
  •      Pays européens

[modifier] Amérique du Sud 1939-1954

Ayant vécu à Zagreb, en 1939, aspirant à un horizon plus vaste, il a atteint l'Argentine par bateau, pour faire un reportage sur les émigrés yougoslaves en tant que reporter pour le journal Hrvatski Dnevnik de Zagreb. Tibor Sekelj navigua sur le navire "Teresa" [6], qui appartenait alors à la Société Cosulich de Trieste partant de Rijeka (appelée alors Fiume, en Italie), à Buenos Aires, avec des arrêts à Naples, Gênes (Italie) Santos (Brésil), Montevideo ( en Uruguay) ... Tibor a reçu un visa touristique auprès du consulat argentin à Zagreb le 8 Juillet et atteint Buenos Aires le 19 Août 1939. Il semble que Tibor avait prévu le déclenchement de la guerre et ne voulait pas devenir soldat, et sa hâta de partir dans un pays lointain en tant que journaliste ... Il voulait vraiment éviter la guerre, non pas parce qu'il était timoré (son courage a été prouvé à maintes reprises), mais probablement parce que comme juif hongrois et espérantiste il ne pouvait haïr personne, et s'enflammer pour une quelconque idéologie et ni pour des objectifs militaires.

Au bout de deux ans [7], il a une maîtrise suffisante de l'espagnol pour être en mesure de travailler dans des magazines, et de publier une revue mensuelle dédiée aux voyages et aux explorations. En raison de diverses circonstances, dont l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale, il y est resté pendant 15 ans comme journaliste et explorateur.

[modifier] 1939-1945: Argentine, Aconcagua

En 1944, sans expérience d'alpinisme antérieure, il a participé à une expédition à destination de l'Aconcagua la plus haute montagne (6 962m) d'Amérique [8], menée par Georg Link, un alpiniste suisse allemand connu. Avec l'autrichien Zechner et l'italien Bertone, il atteint le sommet le 13 Février 1944. L'expédition a été tragique: quatre des six jeunes qui y ont participé ont péri dans une tempête de neige. Leurs corps ont été retrouvés 11 mois plus tard, par une seconde expédition à l'initiative de l'armée argentine et à laquelle Tibor a également participé. Après cette seconde expédition Sekelj a ajouté un nouveau chapitre à la deuxième édition de «Tempestad sobre el Aconcagua», l'ouvrage déjà publié en 1944 dans lequel il raconte cette aventure. Le gouvernement argentin l'a récompensé par un «condor d'or» pour les mérites de l'expédition, mais il a refusé la nationalité argentine, que le président Perón lui a personnellement proposée.

[modifier] 1946-1947: Mato Grosso

En raison du succès de son premier livre, son éditeur le pressait d'en écrire un second, et pour qu'il ait un sujet à traiter, l'éditeur a financé par deux mille dollars une expédition à destination de régions mal connues des forêts brésiliennes du Mato-Grosso. Meri Reznik (1914-1996), argentine d'origine russe, qu'il a épousée un an plus tard, se joignit à l'expédition. De Tibor et Meri est né à Buenos Aires en 1949, un fils Diego Reinaldo Sekelj, qui vit maintenant à New York, États-Unis, avec le nom de Daniel Bernstain suivant le nom du second mari de Marie Reznik. Tibor et Meri ont divorcé après cinq ans.

Sekelj a passé presque une année dans la région des rivières Araguá et Rio das Mortes, où avec une trentaine de personnes ils sont les premiers étrangers à être entrés et avoir traversé le territoire de Xavántes agressifs et à en être sortis vivants. Il y a rencontré des tribus Karaja et Javae et a recueilli beaucoup de données géographiques utiles sur la région. Son deuxième livre, « Por tierra de Indios » (1946) qui fait référence à ces expériences, a rencontré un grand succès, atteignant plusieurs rééditions et fut traduit dans de nombreuses langues.

Au cours de l'été 1946, il parcourut la Patagonie avec trois compagnons: Zechner, Meri et dr Rosa Scolnik. Pendant les années qui suivirent, il a fréquenté l'université de Buenos Aires pour assister à des conférences sur l'anthropologie, l'ethnologie et l'archéologie, non pas pour obtenir un diplôme, mais seulement pour obtenir des connaissances utiles pour ses expéditions futures.

[modifier] 1948-1949: Bolivie, Jivaros

En 1948, une nouvelle expédition dont le but initial était de rencontrer les Jivaros - ce à quoi il ne réussit pas- le conduisit en Bolivie, où il rencontra le président Enrique Hertzog [9] qui l'a encouragé à explorer la région encore inexplorée de la rivière Itenez qui s'étend jusqu'au Brésil. Au cours de ce voyage, il a rencontré la tribu des Tuparis - qui auraient été encore cannibales 5 ans auparavant -, et avec qui il a vécu 4 mois. De retour en avril 1949, Sekelj a reçu une proposition du président Hertzog d'administrer un territoire d'une centaine de millier d'hectares sur les 4 millions d'hectares prévus pour y loger un million de réfugiés en provenance d'Europe. Sekelj ne voulant pas attendre six mois que le parlement ne prenne une décision, a renoncé à l'offre. Plus tard, il a regretté d'avoir manqué l'opportunité de créer un territoire où l'espéranto aurait été la langue commune de la population.

[modifier] 1949-1951 Venezuela

S'étant rendu en Grande-Bretagne au Congrès universel d'espéranto au cours de l'été 1949, et après un séjour de sept mois en Europe, Sekelj est retourné en Amérique du Sud, cette fois au Venezuela où pendant un an et demi il est devenu le gérant d'un magasin d'instruments de musique à Maracaibo. En même temps, il continue à écrire pour les journaux et est allé à Caracas pour y faire une série de peintures murales sur la vie du Venezuela pour un café qui venait d'ouvrir. De là, il a entrepris un voyage de recherche et d'errance dans les pays d'Amérique Centrale, étant seul, parce qu'il a divorcé de Meri, après cinq ans de vie commune.

[modifier] 1951-1954: Amérique Centrale

Parmi ses visites en Amérique Centrale, il a mentionné une visite aux Îles San Blas au Panama où vivent les amérindiens Kuna, la tentative d'escalader le volcan Izalco au Salvador qui échoua à cause d'une éruption, la découverte d'une ancienne ville ruinée au Honduras, sur lesquels chacun connaissait des légendes, mais que personne n'avait vue, et construite par des Indiens moins civilisés.

En parallèle avec ses explorations Sekelj s'est occupé d'archéologie et d'anthropologie. Au Guatemala et au Honduras, il a étudié la civilisation des Mayas et a visité presque tous les vestiges archéologiques.

Arrivé au Mexique en 1953, il est invité par les clubs d'alpinisme à participer à des expéditions, car ils voyaient en lui un maître parce que son livre «Tempestad sobre el Aconcagua» qui a connu un grand succès était considéré comme un manuel pour l'escalade de montagne. Il a ensuite grimpé le Popocatepetl, l'Ixtacciuatl et de nombreux autres volcans et montagnes, et a alors conforté son expertise. Une exploration intéressante a été la traversée souterraine le long du fleuve San Heronimo qui s'est percé un chemin de 14 km dans l'intérieur de la montagne. [10]

[modifier] Voyages ultérieurs en partant d'Europe, 1954-1988

En 1954 retourné en Yougoslavie, il s'installe à Belgrade où il a été chaleureusement accueilli par le gouvernement et le peuple à cause de ses expériences intéressantes et de son message humanitaire. Nombre de ses articles ont paru dans les journaux et plusieurs de ses livres ont ensuite été traduits dans les langues serbe, slovène, hongroise, albanaise, et en espéranto.

[modifier] 1956-1957: Inde, Chine, Népal

En 1956, il a entrepris un voyage en Asie en voiture, afin de participer en tant qu'observateur de l'UEA à la conférence de l'UNESCO prévue à New Delhi. Il a dû abandonner sa voiture en panne à Téhéran et a continué son voyage en bus et par le rail. Au cours de ce voyage, il a eu des entretiens avec le Premier ministre Nehru et sa fille, le futur premier ministre Indira Gandhi et est devenu ami avec le futur président, le Dr Radhakrishnan. Dans l'ambassade yougoslave, il a rencontré Ljubomir Vukotić, alors président de la Fédération mondiale des sourds [11] qui participait à une conférence avec les représentants indiens et chinois pour mettre en place un bureau asiatique. Sekelj a aidé Vukotić comme interprète dans cette situation de communication difficile entre personnes de langues différentes, et privées de l'audition. En Janvier 1957, il a donc accompagné Vukotić en Chine, qui à cette époque n'acceptait pas de touristes. Suivit un séjour de six mois au Népal, un autre pays qui jusque-là n'acceptait pas de visiteurs. Le roi du Népal Mahendra l'a invité pour le remercier de la fondation de la première université populaire, et pour l'enseignement de l'espéranto.[12]. Tel est le sujet de son ouvrage, « le Népal ouvre la porte », 1959, qu'il écrivit d'abord en espéranto durant un séjour à Madras dans le sud de l'Inde, partageant son temps entre l'écriture et l'étude de la philosophie yoga. Ce livre a été traduit en plusieurs langues dont l'anglais, l'espagnol, le serbe et le slovène.

Après avoir écrit ce livre, il visita l'Inde en marchant et en voyageant en bus de village en village, de temple en temple. Pendant un mois, il a vécu dans une grotte avec trois autres yoguis.

[modifier] 1958-1960: Vinoba Bhave, le Japon, Sri Lanka

Après un séjour de six mois en Europe, il s'est envolé à nouveau pour l'Inde pour enseigner l'espéranto à Vinoba Bhave qui maîtrisa la langue après un mois. Il continua à visiter l'Inde pendant encore cinq mois et en mars 1960, il s'est envolé pour le Japon. Arrivant sans le sou, il a vécu quatre mois en donnant des conférences dans 30 villes dans tout le Japon, et étant accueilli au domicile d'espérantistes japonais. Grâce aux conférences et aux articles dans les journaux il gagna assez d'argent pour acheter un billet d'avion pour le Sri Lanka et à partir de là de même pour Israël et son retour en Yougoslavie.

[modifier] 1961-1963: Maroc, "Caravane de l'Amitié" en Afrique

En 1961, à l'invitation d'espérantistes marocains, il s'est rendu au Maroc et a rejoint une caravane de Touaregs dans le Sahara. Entre deux voyages, il a vécu à Belgrade.

En Mars 1962 se mit en route vers l'Afrique sa "Caravane de l'Amitié", composée de huit personnes de quatre pays dans deux voitures tout-terrain . Le voyage a duré un an et atteint l’Égypte, le Soudan, l’Éthiopie, la Somalie, le Kenya et la Tanzanie. Une deuxième caravane prévue à destination d'autres pays africains ne se réalisera pas. Le but du voyage était un contact humain direct. A cette occasion, il a grimpé le Kilimandjaro, le sommet le plus élevé d'Afrique. Ce voyage est l'objet de son ouvrage « Ĝambo rafiki », initialement écrit en espéranto, mais d'abord paru dans sa traduction slovène.

[modifier] 1965-1966: Russie, Japon, Mongolie, Europe

En 1965, en se rendant au Congrès d'espéranto devant se tenir à Tokyo, il a volé à travers la Russie (Moscou) et la Sibérie (Irkutsk et Khabarovsk), atteignit Nahodka en train et Yokohama en bateau. Étant resté un mois au Japon, il commença son retour en train à travers la Sibérie, mais, sans l'avoir prévu, il a décidé de s'arrêter en Mongolie pendant trois mois, ce qui à cette époque n'était pas une chose facile, même avec un visa et des autorisations.

Dans les années qui ont suivi, ses buts de voyage étaient les pays européens dont il a visités la quasi-totalité à l'exception de l'Albanie et l'Islande. Son attention s'est particulièrement portée sur l'Espagne et la Scandinavie.

[modifier] 1970: Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Guinée

En 1970, envoyé par la télévision yougoslave, il s'est envolé pour visiter l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Guinée, où il est resté pendant six mois. Là il a escaladé le mont Kosciuszko. [13] En Nouvelle-Guinée, il a rencontré des gens qui jusque-là n'avaient eu que très peu de contacts avec le monde civilisé, et a connu quelques situations tendues. Mais le talent de Sekelj réside sans aucun doute dans sa capacité à se tirer de nombreuses situations périlleuses (parfois la chance y a également contribué), pour s'adapter à des coutumes très différentes et à des habitudes (en particulier alimentaires), et à communiquer avec des personnes ayant des langues très différentes. Qu'il ait été capable d'en apprendre plus de vingt fut particulièrement utile.

[modifier] 1972-1980: Amérique du Nord, la Russie, l'Ouzbékistan, le Nigeria, l'Equateur

En 1972, à l'occasion du Congrès international des ethnologues à Chicago, il a visité les régions de l'est du Canada et des États-Unis. En 1977, au cours du même événement, à Leningrad, il a commencé un voyage en Ouzbékistan et en Asie centrale. Dans la même année, il a participé à un festival des cultures nègres et africaines à Lagos (Nigeria). En 1978, il visita de nouveau certains pays d'Amérique du Sud pour faire des reportages pour la télévision yougoslave, et pour la première fois il a visité l'Equateur et les îles Galapagos.

Cet homme qui a voyagé tout au long de sa vie sans jamais se lasser, a expliqué qu'il a réussi à avoir des ressources pour ses voyages par son travail, parce qu'il remplissait les fonctions de sept personnes: rédacteur d'articles, cinéaste, cameraman, assistant, photographe, acheteur et expéditeur d'objets ethnographiques. Alors que chacune de ces tâches sont généralement accomplies par des personnes distinctes, Sekelj au cours de ses voyages s'est chargé seul de toutes. En outre, devant se rendre par exemple en Australie, il a fait un contrat publicitaire avec la compagnie aérienne pour recevoir ses billets à prix réduit.

[modifier] Travail pour l'espéranto

Sekelj a consacré beaucoup de son énergie pour la défense de l'espéranto. Membre du Comité de l'UEA depuis 1946, pendant plus de 30 ans (avec quelques années d'interruption quand il était en conflit avec Ivo Lapenna), en raison de son activité dans le cadre de l'IOE [14], il a cherché à prendre part à un grand nombre de congrès universels d'espéranto. En tant que représentant de l'UEA ou du Comité international pour les musées ethnographiques il a pris part à de très nombreuses conférences internationales, où il était souvent le seul apte à comprendre directement tous les orateurs grâce à sa connaissance de plus de dix langues.

En 1983, il a co-fondé EVA [15] dont il fut le premier président; en 1986, il a été élu membre de l'Académie d'Espéranto.

Il a profité de toutes les occasions pour préconiser l'espéranto, notamment dans le PEN International Writers Association [16] et à l'UNESCO. En 1985, il a été commissionné par UEA pour veiller à ce que l'UNESCO fasse une deuxième résolution favorable à l'espéranto, ce qui a eu lieu au cours de la 27ème conférence qui s'est tenue à Sofia.


[modifier] 1972-1988: Directeur du Musée de Subotica

En 1972, il est nommé directeur du Musée municipal de Subotica (Serbie - Voïvodine) qu' il dirigea professionnellement pendant 4 ans. C'est sur le tard dans les années 1970 qu'il a fait des hautes études en muséologie à l'Université de Zagreb sanctionnées par un doctorat (en 1976), mais il a quitté son emploi presque immédiatement après, n'ayant pas reçu le soutien pour ses idées et ses projets. Il a participé au Congrès mondial d'ethnographes à Chicago aux États-Unis et au Congrès mondial des muséologues à Copenhague, où il a été élu secrétaire du Comité international des muséologues, et a pris un certain nombre d'initiatives, notamment sur les musées d'un type nouveau avec dioramas.

En 1985, Tibor a rencontré Erzsébet, bibliothécaire, née en 1958. Elle a appris l'espéranto dans la même année. Tibor et elle ont vécu ensemble pendant trois ans et se sont mariés en 1987 à Osijek. Ensemble, ils ont visité trois Congrès universels d'espéranto. Erzsébet Sekelj a participé à la rédaction du magazine VELO (Vojvodina Esperanto Ligilo) en Voïvodine. Ils ont voulu compiler ensemble un dictionnaire espéranto-serbo-croate, mais il n'ont pas réussi à l'achever. [17]

Depuis 1972, il a vécu à Subotica jusqu'à sa mort le 20 Septembre 1988. Il a été enterré le 23 septembre au Bajsko groblje (cimetière de Baja) à Subotica, avec les plus grands honneurs de la part de la ville de Subotica. Sur sa tombe, sous un bas-relief en bronze on peut lire l'inscription suivante en espéranto:

« 

TIBOR SEKELJ
1912-1988

VERKISTO, MONDVOJAĜANTO
 »

— Tombeau de Tibor Sekelj à Subotica[18]

[modifier] Œuvres

Les ouvrages de Tibor Sekelj, romans ou récits de voyages, contiennent d'intéressantes observations ethnographiques. Il a également écrit des manuels et des essais sur la langue internationale. La plupart de ses livres ont été originellement écrits en espéranto, mais souvent traduits dans de nombreuses langues. Tibor Sekelj est d'ailleurs sans doute l'auteur espérantophone le plus traduit en langues nationales.

[modifier] Descriptions de voyage

[modifier] Livres sur l'espéranto

  • La importancia del idioma internacional en la educacion para un mundo mejor, Mexico: Meksika Esperanto-Federacio, 1953, 13 pages.
  • The international language Esperanto, common language for Africa, common language for the world, traduit de l'espéranto vers l'anglais par John Christopher Wells, Rotterdam: UEA, 1962, 11 pages.
  • Le problème linguistique au sein du mouvement des pays non alignés et la possibilité de le résoudre, Rotterdam: UEA, 1981, 16 pages (= Esperanto-dokumentoj 10).
    • La lingva problemo de la Movado de Nealiancitaj Landoj - kaj gia ebla solvo, Rotterdam: UEA, 1981, 12 pages (= Esperanto-dokumentoj 13).

[modifier] Manuels d'espéranto

  • La trovita feliĉo, nouvelle pour enfants, Buenos Aires: Progreso, 1945.
  • avec Antonije Sekelj: Kurso de Esperanto, laŭ aŭdvida struktura metodo, 1960, 48 pages.
  • avec Antonije Sekelj: Dopisni tečaj Esperanta, Belgrad: Serba Esperanto-Ligo, 1960, 63 pages.

[modifier] Ouvrage d'ethnographie

Lors de ses voyages en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, et en Océanie, il accumula une importante collection ethnographique qu'il donna au Musée ethnographique de Zagreb.

Son principal ouvrage ethnographique reste :

où il présente des traductions d'enregistrements qu'il a réalisé lors de ses voyages.

[modifier] Dictionnaire

Tibor Sekelj collabora au dictionnaire en 20 langues de muséologie Dictionarium Museologicum, paru en 1986.

[modifier] Notes et références

  1. Spišská Sobota était alors une localité de l'Autriche-Hongrie, fait aujourd'hui partie de la ville de Poprad en Slovaquie
  2. À propos de la nationalité Sekelj disait essentiellement qu'il est citoyen du monde avec la citoyenneté yougoslave. Il n'a jamais mis en évidence son origine hongroise, même s'il est clair que ses parents étaient hongrois. On ne peut pas dire qu'il était serbe ou croate car il n'avait pas vraiment de cette origine. Il a vécu pendant des périodes relativement longues en Croatie et en Serbie, mais alors, en Yougoslavie, on savait que chacun a la citoyenneté yougoslave (avec un passeport yougoslave), et quant à la nationalité, il dépend de sa propre décision, donc de sa déclaration, et Sekelj ne s'est jamais déclaré publiquement autre que citoyen du monde.
  3. Entretien radiophonique avec Stipan Milodanoviĉ: « Ja sam učio oko 25 jezika. Mnoge sam zaboravio jer ih nisam više koristio. Uspeo sam da zadržim kao svoju trajnu svojinu 9 jezika koje i sada govorim Tih 9 jezika nisu dovoljni za ceo svet, ali jedan dobar deo sveta mogu da obidjem.» http://www.ipernity.com/doc/fulmobojana/7066327/
  4. Universala Kongreso en Kopenhago kaj agado de EEU dans le blog de Zlatko Tišljar
  5. ro:Cenei, Timiş
  6. Peut-être que c'était le dernier voyage du navire Teresa pour l'Amérique du Sud à cause du début de la guerre. En 1939, les autres navires qui avaient l'habitude de voyager en Amérique du Sud au départ de Rijeka-Fiume ont été alors utilisés, par l'Italie pour la guerre en Afrique. Il s'agit du «Isarco», «Barbargo» et «Birmania» (tous ont sombré pendant la guerre, et Teresa a été prise par le Brésil
  7. Un ou deux ans. Il a écrit, «un» mais «deux» au cours d'une entrevue avec Rukovet. "Un an après l'arrivée à Buenos Aires, je connaissais assez la langue espagnole dans le but d'entamer une coopération dans un magazine [...]", Sekelj T., Mondo de travivaĵoj, Edistudio, 1981, p15
  8. Dans les années 40, d'après les mesures de l'armée argentine on considérait que l'Aconcagua s'élevait à 7 021 m. Sekelj mentionné 6 980m. Depuis 1989, on considère que son altitude est de 6 962m
  9. es:Enrique Hertzog
  10. «Au début de 1953, quand je suis arrivé au Mexique, l'alpinisme a progressé éruptviment. Seulement à Mexico à l'époque il y avait une centaine de clubs d'alpinisme avec 25 000 membres. En l'absence de manuels pour ce sport, les alpinistes méxicains ont découvert mon livre sur l'Aconcagua. En tant que débutant dans ce sport, j'ai écrit dans le livre tout ce que j'avais appris sur le terrain, depuis la préparation de l'expédition, la façon d'utiliser le pic, la mise en place d'une tente, les différents types d'avalanches et les effets du mal aigu des montagnes. Le livre a été publié au Mexique et tous les alpinistes mexicains le connaissaient. Pa conséquent j'étais ici considéré comme un alpiniste chevronné et les membres de chaque club voulaient que je sois leur hôte pour une escalade, bien sûr, la plus difficile. Alors j'ai escaladé le Popocatepetl, l'Ixtacciuatl et de nombreux autres volcans, montagnes et aux rochers isolés. Ainsi, bon gré ma gré, je suis devenu un expert de l'alpinisme. "Sekelj T., Mondo de travivaĵoj, Edistudio, 1981, p20
  11. en:World Federation of the Deaf, http://www.wfdeaf.org/
  12. Photo de groupeen face de la Statue de la Kala Bhairava avec Tibor Sekelj, Assemblèe de fondation du Groupe espéranto à Katmandou, 1957, Österreichische Nationalbibliothek ÖNB 8092775
  13. Tibor Sekelj sur le sommet du mont Kosciuszko, 1970 devant la croix au sommet, un insigne de l'espéranto en main, Österreichische Nationalbibliothek, ÖNB 7619469
  14. Instituto por Oficialigo de Esperanto = Institut pour l'Officialisation de l'Espéranto
  15. Esperantista Verkista Asocio = Association espérantiste des écrivains
  16. 50e congrès du PEN, Lugano 1987, Léon Maurice Anoma Kanie, écrivain et ambassadeur ivoirien, à table avec l'explorateur et journaliste Tibor Sekelj, défenseur de la reconnaissance de l'espéranto comme langue litéraire, Österreichische Nationalbibliothek, ÖNB 7920556
  17. Selon les informations fournies par Erzsébet Sekelj.
  18. ECRIVAIN, GLOBE-TROTTER, Tombeau de Tibor Sekelj, Subotica, 1988, Österreichische Nationalbibliothek ÖNB 7177179

[modifier] Liens externes

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