Thoutmôsis (fils d'Amenhotep III)

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Thoutmôsis
G26 F31 S29 A52
ḏḥwtj ms

Le prince Thoutmôsis, est le fils aîné du roi Amenhotep III, et probablement de son épouse Tiyi.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Le prince Thoutmôsis faisant une offrande - Relief provenant de Saqqarah - Musée égyptien de Berlin
Thoutmôsis
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Amenhotep III Grands-parents paternels
Thoutmôsis IV
Moutemouia
Mère Tiyi Grands-parents maternels
Youya
Touya
Fratrie Amenhotep IV / Akhénaton
Satamon
Iset
Henouttaneb
Nebetâh
Baketaton
1re épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Carrière[modifier | modifier le code]

Peu de vestiges au nom de Thoutmôsis nous sont parvenus permettant de détailler avec précision la vie du prince, cependant un certain nombre d'objets à son nom permettent comme un puzzle de reconstituer son parcours ou en tout cas de le retracer. On peut raisonnablement supposer qu'en tant que prince il fut élevé dans l'école du kep, institution royale du Nouvel Empire destinée à l'éducation des princes égyptiens ainsi qu'étrangers qui étaient envoyés à la cour de Pharaon afin d'y recevoir la meilleure éducation du moment.

Il aurait par la suite embrassé une carrière militaire. Un fouet découvert dans la tombe de Toutânkhamon portant une inscription au nom d'un prince royal Thoutmôsis, chef des troupes pourrait lui avoir appartenu[1], aucun autre simple prince de sang de la dynastie n'étant connu avec ce nom.

Sarcophage de la chatte du prince royal Thoutmôsis, nommée « Ta-miou » (litt. ce chat)

Par la suite il est en tout cas nommé à la tête du clergé memphite par son père et sert ainsi en tant que grand prêtre de Ptah à Memphis. Il porte alors les titres de Grand voyant des Prêtres de Haute et Basse Égypte, Grand prêtre de Ptah, et de Prêtre-sem de Ptah[2].

Il est également nommé directeur des prophètes en Haute et Basse-Égypte, ce équivaut au titre de ministre des cultes du pays tout entier[3]. Il occupe donc une des places les plus importantes dans la hiérarchie de la cour du roi et de l'administration du pays, étant de fait le gouverneur de vastes domaines rattachés aux institutions religieuses dont il avait la charge.

En tant que grand prêtre de Ptah il procède aux rites et aux cérémonies de l'antique capitale et est chargé du culte funéraire du dieu Apis, inaugurant à Saqqarah une nouvelle nécropole pouvant accueillir les dépouilles momifiées des taureaux sacrés. À cette époque les tombes sont conçues comme des hypogées individuels surmontés d'une chapelle de culte. L'un de ces tombeaux portant précisément des reliefs au nom du prince a été retrouvé par Auguste Mariette à la fin du XIXe siècle[4].

De Memphis provient un autre artefact au nom du prince, découvert par Jacques de Morgan en 1892 lors des fouilles qu'il entreprit dans les ruines de l'antique capitale située à Mit-Rahineh[5]. Il s'agit d'un sarcophage pour une chatte nommée Ta-miou, ayant appartenu à Thoutmôsis. Ce coffre en calcaire prévu pour accueillir la dépouille momifiée de l'animal est conservé au musée du Caire[6].

Thoutmôsis était probablement le prince héritier du trône en tant que fils aîné du roi. Il semble avoir vécu jusque dans la troisième décennie du règne de son père, avant de disparaître des archives[7]. C'est alors son frère cadet Amenhotep IV, plus connu sous le nom d'Akhénaton, qui succèdera à leur père sur le « trône d'Horus des vivants ».

Sépulture[modifier | modifier le code]

Le tombeau de Thoutmôsis n'a pas été retrouvé à ce jour. En tant que fils aîné du roi, potentiel héritier du trône, il pourrait avoir été prévu à Thèbes, mais aucune tombe de la vallée des rois ne permet de confirmer cette hypothèse.

En tant que grand prêtre de Ptah il peut tout aussi bien avoir été aménagé dans la nécropole régionale de Saqqarah, comme d'autres grands pontifes ayant occupé cette charge avant lui ou après lui auront le privilège de se faire inhumer auprès du dieu qu'ils ont servi et accompagné dans sa dernière demeure[8].

Son tombeau a probablement été pillé, une statuette funéraire à son nom étant apparue sur le marché des Antiquités et conservée aujourd'hui au musée du Louvre[9]. Dans la même collection un vase en albâtre à son nom pourrait également provenir de son tombeau[10].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. cf. C. Maystre, ch. V, p. 133, §51 et note 2
  2. cf. N. Reeves, p.83
  3. cf. C. Maystre, §51, p. 132
  4. cf. C. Maystre, ch. XV, §63, p. 271
  5. Cf. Maslahat al-Athar in Notice des principaux monuments exposés au musée de Gizeh, cat. 232, p. 77
  6. cf. Ibidem, §62, p. 270
  7. cf. A. Dodson & D. Hilton, p.157
  8. On citera pour comparaison le cas de Khâemouaset, fils de Ramsès II, dont la carrière est très semblable à celle de Thoutmôsis, et dont la tombe a été retrouvée précisément au Sérapéum de Saqqarah
  9. cf. C. Maystre, ch. XV, §64, p. 271
  10. cf. Ibidem, §65

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maslahat al-Athar, Notice des principaux monuments exposés au musée de Gizeh, Le Caire, Service des Antiquités de l'Égypte,‎ 1897 ;
  • Charles Maystre, Les Grands prêtres de Ptah de Memphis, Freiburg, Orbis biblicus et orientalis - Universitätsverlag,‎ 1992 ;
  • Nicholas Reeves, Akhénaton et son Dieu, Paris, Éditions Autrement, Collection Mémoires ;
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