Thorisind

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le royaume des Gépides vers 550.

Thorisind, Thoriswind ou Thoriswinth (en latin, Turisindus, en gotique, Þauriswinþ) est un roi gépide du milieu du VIe siècle (Turisindus rex Gepidorum).

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans les années 540, la dynastie d'Elemund est renversée par Thorisind. Sa vie et ses faits sont peu connus ; il est peut-être le successeur du roi Thrasaric, lui-même fils et successeur du roi Thraustila, et règne entre v. 548 et v. 560.

Thorisind entra en conflit avec le roi des Lombards Aldoin et son fils et successeur désigné, Thorismod, sera tué en combat singulier par Alboïn, fils d'Aldoin, lors d'un affrontement entre les deux armées où, vers 552, les Lombards sortirent vainqueurs.

Selon Paul Diacre, les Lombards retournèrent dans leur patrie après la victoire et dirent à leur roi Aldoin de faire manger avec lui à sa table son fils Alboïn afin qu'ayant partagé les périls de son père dans le combat, il partageât aussi ses festins. Aldoin répondit qu'il ne le pouvait pas, que ce serait violer les usages de la nation : « vous savez dit-il, que ce n'est pas la coutume chez nous que le fils du roi mange avec son père jusqu'à ce qu'il ait été armé par le roi d'une nation étrangère. » Ayant entendu ces paroles, Alboïn prit avec lui quarante lombards et alla trouver le roi gépide, probablement à Sirmium, capitale du royaume des Gépides. Thorisind le reçut avec bonté et l'ayant invité à un banquet, le fit asseoir à sa droite, à la place qu'occupait autrefois son défunt fils. Pendant ce temps, le roi Thorisind pensait à la place qu'occupait jadis Thorismod et à son meurtrier, Alboïn, assis à côté de lui. Il poussait de profonds soupirs, cherchait à se contenir puis la douleur l'emportant et s'écria : « cette place m'est douce mais l'homme qui l'occupe maintenant m'est pénible à voir. » Le second fils du roi, encouragé par le discours de son père, se mit à attaquer les Lombards par des paroles injurieuses. Les Lombards injurièrent à leur tour les Gépides et dégainèrent leurs épées mais Thorisind se leva et calma les choses. À la fin du festin, Thorisind prit les armes de son fils défunt, les donna à Alboïn, puis le renvoya sain et sauf chez son père avec des paroles de paix.

Son second fils Cunimond lui succède.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Gaillard, Anne Wagner, Les sociétés en Europe du milieu du VIe à la fin du IXe siècle, Éditions Bréal, 2002, pp. 163-164.