Thomas de Mahy de Favras
Thomas de Mahy, marquis de Favras, né à Favras, village situé près de Blois, le 26 mars 1744, pendu à Paris, le 19 février 1790 est un gentilhomme français et soutien de la cause royaliste durant la révolution française .
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Avant la Révolution française [modifier]
Thomas de Mahy, marquis de Favras, naît à Favras, près de Blois, le 26 mars 1744 d'une famille noble et assez ancienne. À 14 ans, il devint mousquetaire du roi et à 17 ans, il devint capitaine des dragons et servit durant la guerre de Sept Ans où il se distingua. En 1772, il devint premier lieutenant de la garde du comte de Provence dont il se retira en 1775 , ainsi que chevalier de l'ordre de Saint-Louis [1]. Il épousa en 1776 la princesse Victoria de Anhalt-Bernburg-Schaumburg dont la mère fut abandonnée par son mari, le prince Charles-Louis de Anhalt-Bernburg-Schaumburg-Hoym. Thomas de Mahy de Favras se rendit à Vienne pour tenter de faire rétablir les droits de sa femme, ainsi qu'à Varsovie. De cette union naissent deux enfants : Charles de Favras en 1782 et Caroline de Favras en 1786 .
En 1787, lorsque la guerre éclata en Hollande, il eut l'idée de lever une légion et d'aller offrir ses services au parti patriotique luttant contre le stathouder Guillaume IV d'Orange-Nassau et ses alliés, entreprise qui échoua par manque de moyens financiers. Il se met à cette occasion en relation avec un racoleur nommé Tourquaty auquel il fera appel après les évènements de l'été et de l'automne 1789 . Il écrit en 1785 des plans visant à remplacer les barrières enlevées par les Autrichiens dans les Pays-Bas ainsi qu'un vaste projet d'administration contenu dans Le Déficit des finances de la France vaincu par un mode de reconstitutions annuitaires, qui opérera aussi, en trente ans, la libération de la dette nationale visant à réformer l'État royal alors que la situation financière de la France est désastreuse[2]. Il se réinstalle à Versailles au mois de juin 1789 sentant le vent tourner ici[3],[4].
Sous la Révolution française [modifier]
Dans un contexte tendu suite a la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 , le Marquis de Favras aurait commencé a échafauder un plan de contre-révolution, mais les évènements du 5 et 6 août 1789 vont l'obliger à revoir ses plans. Lors de ces journées il se fit remarquer en proposant de réunir des hommes et des chevaux afin de protéger Versailles des émeutiers, ce qui échoua.Il escorta alors le roi jusqu'à Paris afin de le protéger de la foule agitée[4].
Après les journées des 5 et 6 octobre 1789 et l'arrivée du roi et de sa famille à Paris, Thomas de Mahy de Favras eut pour projet de lever une garnison capable de protéger le roi et sa famille en cas d'émeute. Il fit appel à Turcaty ainsi qu'à une autre racoleur nommé et Morel et à un officier des gardes françaises nommé Marquier qu'il aurait remarqué lors du trajet de Versailles à Paris et qui est un fervent royaliste à qui il remettra un pamphlet Ouvrez donc les yeux qu'il aura charge de transmettre à ses hommes dans le but de les recruter. Suite aux dénonciations de ses racoleurs, il est sous surveillance et ses projets furent révélés. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1789[5] Thomas de Mahy de Favras fut mis en état d'arrestation ainsi que son épouse. Des billets furent diffusés dans tout Paris l'accusant lui et le comte de Provence, non sans une certaine complaisance, d'avoir ourdi un complot destiné à faire évader le roi, assassiner La Fayette et Jean Sylvain Bailly, susciter une révolte, bloquer et affamer Paris. D'après Tulard, La Fayette aurait monté l'affaire pour mettre en cause le comte de Provence mais la provocation n'aboutit pas. Il en résulte que Monsieur se rendit à l'hôtel de ville le lendemain et y prononça un discours où il affirma que son lien avec Favras ne tient qu'à son souhait de contracter un emprunt afin de financer ses frais de maison, chose invraisemblable au vu de sa fortune qui fait de lui un des plus riches particuliers de France[6],[4].Dans sa captivité , la marquise de Favras aurait en réalité révélée à Jacques-Mathieu Augeard que le marquis de Favras s'était coalisé avec plusieurs gentilshommes dont le Comte de Luxembourg , le Comte de la Châtre , le Marquis de Lévis etc , ainsi que Monsieur dans le dessin de sauver le roi , et à cette fin , ce dernier aurait mandaté le Marquis de négocier un emprunt de deux millions avec le banquier Chomel . [7]
Le tribunal du Châtelet est chargé d'instruire le procès de Thomas Mahy de Favras. Son procès fut l'occasion de violentes émeutes jusqu'aux abords de sa prison tant le sujet était devenu brûlant à Paris. Ce dernier, rassuré par le soutien du comte de Provence, s'obstine à innocenter le futur Louis XVIII et se déclare prêt à endosser la responsabilité du projet d'évasion du roi.Durant son procès, la Marquis sut se défendre avec calme et présence d'esprit . Louis-Marie Prudhomme écrivit sur lui que " Dans tout le cours de sa défense, il ne perdit jamais cette attitude qui convient a l'innocence, et il répondit a toutes les questions avec netteté et sans embarras "[8]. Mais lorsqu'il entend le réquisitoire de l'avocat général qui demandait pour lui la sentence de mort, il comprend que le comte de Provence s'était joué de lui et, dès lors, il tente de sauver sa vie par ses propres moyens. Il informe un lieutenant civil, qu'il avait d'importantes révélations à lui faire. Il lui révèle par un écrit rédigé de sa main que non seulement le comte de Provence était le principal incitateur du complot, mais queMarie-Antoinette d'Autriche elle-même s'y trouvait mêlée. Omer Talon sait être convaincant. Il demande à Thomas Mahy de Favras de faire le sacrifice de sa vie en lui certifiant que la « terre serait légère à ses enfants », que de toute façon, même si, grâce à ses déclarations, il réussissait à échapper à la potence, des vengeurs sauraient l'atteindre où qu'il se trouve.
Selon une autre source, Omer Talon lui aurait donné sa parole qu'une lettre lui apporterait la grâce de Louis XVI à l'instant où il monterait les marches de l'échafaud. Thomas Mahy de Favras est mené en place de Grève ; et il usa de tous les moyens pour faire reculer le moment de son exécution, dans l'attente du courrier promis. Mais il attendit en vain.
Le 19 février 1790, Thomas de Mahy de Favras eut en effet à faire amende honorable devant Notre-Dame de Paris, dicta son testament durant plus de quatre heures, laissant patienter la foule venue nombreuse pour assister à son exécution, puis fut conduit à la potence dressée en place de Grève. Outre son confesseur fut dépêché un second clerc, l'abbé le duc, fils naturel de Louis XV . Voyant qu'aucun secoure ne lui sera apporté, Favras sembla songer à révéler ce dont Antoine Omer Talon avait eu vent, mais cet abbé aurait glissé à ses oreilles qu'il devait se soumettre au sort qui lui est réservé au nom de la famille royale et de sa famille, ce qui finalement le dissuada de parler. Il fut alors pendu et mourut. L'abbé Le Duc aurait alors accouru au Palais du Luxembourg où résidait alors le comte de Provence pour lui transmettre la nouvelle du décès du Marquis. Un légende veut que, après avoir pratiqué une saigné sur Favras il se soit réveillé pour un court instant, ouvrant les yeux et rendant un dernier soupir. Le Marquis de Favras fut inhumé au cimetière Saint-Jean en Grève jusqu'en 1804, date de sa destruction à l'occasion de laquelle ses ossements furent transportés aux catacombes. La marquise de Favras n'apprendra son exécution que le lendemain d'un marchand de journaux qui criait la nouvelle sous la fenêtre à barreaux de sa cellule[9].
Postérité [modifier]
Sortie de sa prison le lendemain de l'exécution de son époux, Madame de Favras se retrouva dans une situation précaire car ne vivant plus que de la rente de 1000 livres de son père et privée de ses meubles qui ont été saisis. Touchés par le décès du Marquis de Favras, Louis XVI et Marie-Antoinette la protégèrent ainsi que ses enfants et lui accordèrent une rente de 4000 livres. Cependant, au vu des circonstances, elle dut quitter la France pour l'Autriche avec sa fille.
Son fils, Charles de Favras, servit au sein des armées des Habsbourg et de la Russie impériale. Sous la Restauration, Charles reçut une pension de Louis XVIII. Sa fille, Caroline de Favras, se maria à Rudiger Freiherr von Stillfried und Rathenitz en 1805.
Favras est généralement regardé comme un martyr de la cause royaliste de par son refus d'impliquer le comte de Provence. Le dossier officiel de l'affaire Favras pour crime de lèse-nation disparut du Châtelet, mais son contenu est préservé grâce aux écrits d'un clerc[3]. Quant aux révélations écrites que Favras remit à Antoine Omer Talon, ce dernier s'en servit comme d'un instrument de fortune. Il quitta ainsi ses fonctions de lieutenant-civil au Châtelet en 1790 pour devenir député suppléant du bailliage de Chartres et servit Monsieur devenu roi sous le nom de Louis XVIII. À la mort de Talon, sa fille découvrit le document compromettant et imita son défunt père : elle le remit au monarque en échange de quoi elle fut récompensée. Le monarque put alors détruire cet écrit qui aurait à jamais, s'il avait été révélé au public, compromis son règne[10].
Notes et références [modifier]
- http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5818883q/f18.image.r=favras.langFR
- http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56824n.r=favras.langFR,Gallica.fr
- Le marquis de Favras ,Alexis de Valon , Revue des deux Mondes T.10, 1851 wikisource.org
- http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5733319k/f183.tableDesMatieres , La Revue hebdomadaire (Paris. 1892)
- Plaidoyer pour Monsieur Thomas Mahy de Favras , chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis ; 1790
- Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Pierre Larousse
- http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5446882j/f233.image.r=favras.langFR
- http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36264t/f316.image.r=favras.langFR
- http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5735129w/f111.image , La Revue hebdomadaire (Paris. 1892)
- http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5735129w/f118.image , La Revue hebdomadaire (Paris. 1892)
Liens externes [modifier]
Sources et bibliographie [modifier]
- Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition]
- Jules Michelet, Révolution française
- Guillaume-François Mahy de Cormeré ,Plaidoyer pour Thomas-Mahy de Favras, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, 1790, BNF, ouvrage numérisé : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k51738v/f3.image
- Grand dictionnaire universel du XIXe siècle , Pierre Larousse
- La Revue hebdomadaire , 1892
- Mémoires secrets de Jacques-Mathieu Augeard , secrétaire des Commandemens de la reine Marie-Antoinette (1760 à 1800)