Thomas de Mahy de Favras

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Thomas de Mahy
marquis de Favras
Thomas de Mahy De Favras ,  Album du Centenaire ( 1889 )
Thomas de Mahy De Favras , Album du Centenaire ( 1889 )

Naissance
Château de Favras
Décès (à 45 ans)
Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Colonel
Conflits Guerre de Sept Ans
Distinctions Ordre de Saint-Louis
Autres fonctions Premier lieutenant de la garde du comte de Provence
Famille Guillaume-François de Mahy
Victoria de Anhalt-Bernburg-Schaumburg

Thomas de Mahy, marquis de Favras, né au château de Favras , près de Blois, le , pendu à Paris, le est un militaire et gentilhomme français et soutien de la cause royaliste durant la révolution française .

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution française[modifier | modifier le code]

Thomas de Mahy, marquis de Favras, naît à Favras, près de Blois, le 26 mars 1744 d'une famille noble et assez ancienne. À quatorze ans, il devint mousquetaire du roi et à dix sept ans, il devint capitaine des dragons et servit durant la guerre de Sept Ans où il se distingua. En 1772, il devint premier lieutenant de la garde du comte de Provence dont il se retira en 1775 , ainsi que chevalier de l'ordre de Saint-Louis[1].

Il épousa en 1776 la princesse Victoria de Anhalt-Bernburg-Schaumburg qui est le fruit d'une union entre le prince Charles-Louis d'Anhalt-Bernburg-Schaumburg-Hoym et la fille d'un major de place hollandais , Benjamine Gertrud Keiser [2]. Cependant ce mariage est cassé et le prince refuse de reconnaître son lien de parenté avec sa fille . Thomas de Mahy de Favras se rendit à Vienne pour tenter de faire rétablir les droits de sa femme, ainsi qu'à Varsovie. De cette union naissent deux enfants : Charles de Favras en 1782 et Caroline de Favras en 1786 .

Portrait de Favras.

En 1787, lorsque la guerre éclata en Hollande, il eut l'idée de lever une légion et d'aller offrir ses services au parti patriotique luttant contre le stathouder Guillaume V d'Orange-Nassau et ses alliés, entreprise qui échoua par manque de moyens financiers. Il se met à cette occasion en relation avec un racoleur nommé Tourquaty auquel il fera appel après les évènements de l'été et de l'automne 1789.

Il élabore en 1785 des plans visant à remplacer les barrières enlevées par les Autrichiens dans les Pays-Bas ainsi qu'un vaste projet d'administration contenu dans Le Déficit des finances de la France vaincu par un mode de reconstitutions annuitaires, qui opérera aussi, en trente ans, la libération de la dette nationale visant à réformer l'État royal proposant une réorganisation des finances et du remboursement de la dette de l'Etat royal, et ce alors que la situation financière de la France est désastreuse[3]. À la veille de la révolution, il soutiendra de même la proposition de Talleyrand de nationaliser les biens du clergé, ce que le marquis qualifiera de don patriotique dans son ouvrage « Don patriotique de 300 millions à faire par le clergé, pour amendement aux vues du bien public, qui ont porté à proposer la vente de ses biens ; suivi du Précis de l'emploi à en faire par la nation pour la restauration des finances » [4].

Alors que les États généraux s'y déroulent depuis le mois de mai, le marquis de Favras se réinstalle à Versailles au mois de juin 1789 [5],[6].

Sous la Révolution française[modifier | modifier le code]

Favorable à une profonde réforme de l'État royal et en particulier à la réforme des finances royales et de l'administration royale, le marquis de Favras est cependant hostile à toute contestation de l'autorité royale .[7] Dans le contexte tendu qui suit la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, le Marquis de Favras aurait de ce fait commencé à élaborer un plan de contre-révolution, mais les journées des 5 et 6 octobre 1789 vont l'obliger à revoir ses projets. Lors de ces journées il se fit remarquer en proposant de réunir des hommes et des chevaux afin de protéger Versailles et le roi des émeutiers, ce qui échoua. Il escorta alors Louis XVI et sa famille jusqu'à Paris afin de le protéger de la foule agitée[6].

Après les journées des 5 et 6 octobre 1789 et l'arrivée du roi et de sa famille à Paris, Thomas de Mahy de Favras eut pour projet de lever une garnison capable de protéger le roi et sa famille en cas d'émeute. Il fit appel à deux racoleurs nommés Tourcaty et Morel ainsi qu'à un officier des gardes françaises nommé Marquier, fervent royaliste a qui il remet un pamphlet intitulé « Ouvrez donc les yeux » dont il aura charge de transmettre à ses hommes dans le but de les recruter. Suite aux dénonciations de ses racoleurs, il est placé sous surveillance et ses projets furent révélés. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1789[8] le marquis de Favras est mis en état d'arrestation ainsi que son épouse la princesse de Anhalt. Des billets furent diffusés dans tout Paris l'accusant lui et le comte de Provence, non sans une certaine complaisance, d'avoir ourdi un complot destiné à faire évader le roi, assassiner La Fayette et Jean Sylvain Bailly, susciter une révolte, bloquer et affamer Paris. D'après Tulard, La Fayette aurait monté l'affaire pour mettre en cause le comte de Provence mais la provocation n'aboutit pas. Il en résulte que Monsieur se rendit à l'hôtel de ville le lendemain et y prononça un discours où il affirma que son lien avec Favras ne tient qu'à son souhait de contracter un emprunt afin de financer ses frais de maison, chose invraisemblable au vu de sa fortune qui fait de lui un des plus riches particuliers de France[9],[6]. Dans sa captivité, la marquise de Favras aurait en réalité révélée à Jacques-Mathieu Augeard que le marquis de Favras s'était coalisé avec plusieurs gentilshommes dont le comte de Luxembourg, le comte de la Châtre, le marquis de Lévis etc, ainsi que Monsieur dans le dessin de sauver le roi, et à cette fin, ce dernier aurait mandaté Favras de négocier un emprunt de deux millions avec le banquier Chomel [10].

Le tribunal du Châtelet est chargé d'instruire le procès de Thomas Mahy de Favras. Son procès fut l'occasion de violentes émeutes jusqu'aux abords de sa prison tant le sujet était devenu brûlant à Paris. Ce dernier, rassuré par le soutien du comte de Provence, s'obstine à innocenter le futur Louis XVIII et se déclare prêt à endosser la responsabilité du projet d'évasion du roi. Durant son procès, Favras sut se défendre avec calme et présence d'esprit . Louis-Marie Prudhomme écrivit sur lui que Dans tout le cours de sa défense, il ne perdit jamais cette attitude qui convient a l'innocence, et il répondit a toutes les questions avec netteté et sans embarras[11]. Mais lorsqu'il entend le réquisitoire de l'avocat général qui demandait pour lui la sentence de mort, il comprend que le comte de Provence s'était joué de lui et, dès lors, il songe à dénoncer ses complices. Il informe un lieutenant civil par un écrit rédigé de sa main que non seulement le comte de Provence était le principal incitateur du complot, mais que Marie-Antoinette d'Autriche elle-même s'y trouvait mêlée. Antoine Omer Talon sait être convaincant. Il demande à Thomas Mahy de Favras de faire le sacrifice de sa vie en lui certifiant que la « terre serait légère à ses enfants », que de toute façon, même si, grâce à ses déclarations, il réussissait à échapper à la potence, des vengeurs sauraient l'atteindre où qu'il se trouve.

Selon une autre source, Omer Talon lui aurait donné sa parole qu'une lettre lui apporterait la grâce de Louis XVI à l'instant où il monterait les marches de l'échafaud. Thomas Mahy de Favras est mené en place de Grève ; et il usa de tous les moyens pour faire reculer le moment de son exécution, dans l'attente du courrier promis. Mais il attendit en vain.

L'exécution du marquis de Favras le 19 février 1790 a Paris

Le 19 février 1790, Thomas de Mahy de Favras eut en effet à faire amende honorable devant Notre-Dame de Paris, dicta son testament durant plus de quatre heures à l'hôtel de ville, laissant patienter la foule venue nombreuse pour assister à son exécution, puis fut conduit à la potence dressée en place de Grève. Outre son confesseur fut dépêché un second clerc, l'abbé le duc, fils naturel de Louis XV. Voyant qu'aucun secoure ne lui sera apporté, Favras sembla songer à révéler ce dont Antoine Omer Talon avait eu vent, mais cet abbé aurait glissé à ses oreilles qu'il devait se soumettre au sort qui lui est réservé au nom de la famille royale et de sa famille, ce qui finalement le dissuada de parler. Il fut alors pendu. L'abbé Le Duc aurait aussitôt accouru au Palais du Luxembourg où résidait alors le comte de Provence pour lui transmettre la nouvelle du décès de Favras. Monsieur qui reçu cela avec soulagement aurait dit alors en se frottant les mains Allons, nous pouvons nous mettre à table et souper de bon appétit, ce qu'il fit effectivement[12]. Un légende veut que, après avoir pratiqué une saigné sur le marquis de Favras il se soit réveillé pour un court instant, ouvrant les yeux et rendant un dernier soupir.

Le marquis de Favras fut inhumé au cimetière Saint-Jean en Grève jusqu'en 1804, date de sa destruction à l'occasion de laquelle ses ossements furent transportés aux catacombes. La marquise de Favras n'apprendra son exécution que le lendemain, de la bouche d'un marchand de journaux qui criait la nouvelle sous la fenêtre à barreaux de sa cellule[13].

Postérité[modifier | modifier le code]

Sortie de sa prison le lendemain de l'exécution de son époux, Madame de Favras se retrouva dans une situation précaire car ne vivant plus que de la rente de 1000 livres de son père et privée de ses meubles qui ont été saisis. Touchés par le décès du marquis de Favras, Louis XVI et Marie-Antoinette la protégèrent ainsi que ses enfants et lui accordèrent une rente de 4000 livres. Cependant, au vu des circonstances, elle dut quitter la France pour l'Autriche avec sa fille.

Famille de favras

Son fils, Charles de Favras, servit au sein des armées des Habsbourg et de la Russie impériale. Sous la Restauration, Charles reçut une pension de Louis XVIII.

Sa fille, Caroline de Favras, se maria à Rudiger Freiherr von Stillfried und Rathenitz en 1805.

Favras est généralement regardé comme un martyr de la cause royaliste de par son refus d'impliquer le comte de Provence. Le dossier officiel de l'affaire Favras pour crime de lèse-nation disparut du Châtelet, mais son contenu est préservé grâce aux écrits d'un clerc[5]. Louis XVIII pensionnera la famille Favras mais refusera que l'on révise le procès de celui qui était mort pour sa cause [14] .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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