Thomas Reid

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Thomas Reid

Philosophe écossais

XVIIIe siècle

Description de l'image  ThomasReid.jpg.
Naissance 26 avril 1710 (Strachan)
Décès 7 octobre 1796 (Glasgow, Écosse)
École/tradition Philosophie du sens commun, Lumières écossaises
Principaux intérêts Épistémologie, éthique, métaphysique
Idées remarquables réalisme du sens commun
Œuvres principales Recherche sur l'entendement humain d'après les principes du sens commun
Influencé par Cicéron
A influencé Arthur Schopenhauer, Victor Cousin, Charles Sanders Peirce, George Edward Moore, William Alston, Alvin Plantinga

Thomas Reid (26 avril 1710 à Strachan7 octobre 1796 à Glasgow) est un philosophe écossais contemporain de David Hume, fondateur de l'école écossaise de philosophie.

Biographie et doctrine[modifier | modifier le code]

Thomas Reid passe sa jeunesse à Aberdeen, où il enseigne de 1752 à 1764. Il y crée une association littéraire et philosophique appelée le Club des Sages et y conçoit la première partie de son œuvre. En 1764, il remplace Adam Smith à l'université de Glasgow et publie sa Recherche sur l'entendement humain d'après les principes du sens commun.

Selon lui, le bon sens, au sens philosophique du terme, est, ou du moins devrait être, à la base de toute recherche philosophique. Il prône le réalisme direct, ou réalisme du bon sens, s'opposant en cela aux idées de Locke et de Descartes, ainsi qu'à presque tous les philosophes modernes venus après eux. Ses théories sont très bien reçues et Hume corrige le premier manuscrit de sa Recherche.

Sa théorie de la connaissance a fortement influencé sa théorie de la morale. Selon lui, toute épistémologie doit conduire à une éthique pratique : lorsque la philosophie confirme nos croyances, il ne reste plus qu'à agir en conséquence, car nous savons ce qui est juste. Sa philosophie morale rappelle le stoïcisme des Anciens (il cite souvent Cicéron à qui il emprunte le terme sensus communis via la Scolastique et Thomas d'Aquin) ainsi que l'éthique chrétienne.

Thomas Reid eut une très grande influence sur le développement de la philosophie en France au début du XIXe siècle : Royer-Collard, Victor Cousin, Théodore Jouffroy ou encore Charles de Rémusat s’inspirèrent ou se réclamèrent de sa méthode d’investigation philosophique[1].

Sa renommée est entachée par les attaques de Kant[2] et de Mill[réf. nécessaire], mais on continue néanmoins à enseigner sa philosophie dans les universités d'Amérique du Nord au XIXe siècle[réf. nécessaire]. George Edward Moore lui a redonné une certaine notoriété en recommandant le bon sens comme méthode ou critère philosophique[3] et, plus récemment, certains philosophes tels que William Alston[réf. nécessaire] et Alvin Plantinga[4] se sont intéressés à lui.

Thomas Reid est également associé à la position anti-réductionniste autour de la question du témoignage comme source de connaissance. Contrairement à Hume, il soutient en effet que le témoignage n'est pas réductible à d'autres formes de connaissance : l'« Être suprême » aurait placé en l'homme deux principes, un principe de véracité l'incitant à dire la vérité, et un principe de crédulité l'incitant à croire ce qui nous est dit. La position anti-réductionniste a été reprise par des philosophes contemporains en épistémologie du témoignage, notamment Anthony Coady et Tyler Burge.

Références[modifier | modifier le code]

  • G. Origgi, « Le Sens des autres, l'ontogénèse de la confiance épistémique », in A. Bouvier et B. Coneim, L'Épistémologie sociale.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Recherche sur l'entendement humain d'après les principes du sens commun (1764)
  • Essais sur les facultés de l'esprit humain (1785)
  • Essais sur les facultés actives (1788)

En français, une traduction a été donnée des Œuvres complètes de Thomas Reid par Théodore Jouffroy (Paris, 2e édition en 1828).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. De l’influence de la philosophie écossaise sur la philosophie française, Émile Boutroux.
  2. Cf. Prolégomènes à toute métaphysique future, Préface, 1783, éd. Vrin, 1993, p. 17-18. Kant défend Hume contre les attaques qui lui ont été adressées par les « philosophes du sens commun », parmi lesquels T. Reid.
  3. Cf. Principia ethica, 1903.
  4. Cf. Warrant and Proper Function, Oxford University Press, 1993.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]