Thomas Bodley

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Sir Thomas Bodley

Thomas Bodley (1545-1613) était un diplomate anglais, resté célèbre en tant que fondateur de la bibliothèque Bodléienne (« Bodleian Library ») de l’université d’Oxford.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît le à Exeter. Durant le règne de Marie Tudor, son père, John Bodley, qui avait adopté l’anglicanisme sous Henri VIII et était proche des protestants, fut contraint à l’exil sur le continent, finissant par gagner Genève en 1557. Le jeune Thomas eut l’occasion d’y suivre brièvement, malgré son jeune âge, des cours de Jean Calvin et Théodore de Bèze. La mort de la reine Marie, suivie de l’accession au trône de sa demi-sœur Élisabeth, en 1558, vient toutefois interrompre l’exil genèvois. De retour en Angleterre, Thomas Bodley entre au Magdalen College à Oxford. Il obtient son diplôme de bacheler ès arts en 1563, et entre ensuite au Merton College. Il continue ses études, se perfectionnant en philosophie, dans le domaine des arts et en grec ancien.

Quittant Oxford en 1576, il entreprend un tour d’Europe, au cours duquel il aurait été initié dans une sorte d'académie platonicienne à Forlì[1]. Peu après son retour, il est nommé huissier à la cour d’Élisabeth.

En 1584, il est élu député au Parlement, représentant Portsmouth, puis Saint-Germans (en) en 1586.

En 1585, il est missionné par la reine pour créer une alliance entre Frédéric II de Danemark et plusieurs princes allemands pour venir en aide au roi de Navarre, futur roi de France Henri IV.

En 1587, il épouse Ann Ball, une riche veuve, fille d’un sieur Carew de Bristol.

Il fut également dépêché en mission secrète en France. Puis, en 1588, il est accrédité à La Haye comme ambassadeur, poste qui nécessitait des trésors de diplomatie en raison du conflit opposant l’Espagne et les Provinces-Unies. Cette mission était en outre compliquée par diverses intrigues entre les ministres de la reine à Londres. Bodley rentra en Angleterre en 1596 mais, se heurtant aux intérêts concurrents de Burleigh et du comte d’Essex, il préféra se retirer de la vie publique. Le successeur de la reine Élisabeth, Jacques Ier, l’adouba chevalier en 1604.

Outre son action diplomatique, Sir Thomas Bodley est resté célèbre pour avoir fondé la Bodleian Library, qui fut une des premières bibliothèques publiques en Europe. Selon lui, ce sont les désillusions de la vie politique qui le conduisirent à vouloir se consacrer à une autre activité. En 1598, il proposa son aide à l’université d’Oxford, qui l’accepta, pour restaurer l’ancienne bibliothèque, dont une grande partie des collections avaient été dispersées au cours du siècle écoulé.

Pour ce faire, il consacra la majeure partie de sa fortune personnelle, mais incita en outre nombre de ses amis à faire des dons importants, en livres comme en argent, à la bibliothèque en cours de gestation. Il fit lui-même don à la bibliothèque, dans son testament, de la majeure partie de ses biens subsistants.

Il meurt le à Oxford, et fut inhumé dans le chœur de la chapelle de Merton College, où fut érigé en son honneur un monument de marbre noir et blanc.

Sir Thomas Bodley avait rédigé son autobiographie en 1609, laquelle fut rééditée en 1703 à Londres par Thomas Hearne, dans un volume intitulé Reliquiae Bodleianae, or Authentic Remains of Sir Thomas Bodley et qui contenait également la première ébauche des statuts élaborés pour la bibliothèque et ses lettres au bibliothécaire, Thomas James.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas, D. I., "A Modern Pythagorean", Gnosis, 59, Summer 1997: "It as been suggested that some form of Pythagorean initiation survived through the centuries, first in the Byzantine Empire and later, as the Ottoman Turks advanced, in Italy, where the Greek intellectual elite took refuge. During the reign of Elizabeth I, Sir Thomas Bodeley is said to have been initiated in the northern Italian city of Forlì in a platonic academy, established in imitation of an older Society which had existed before the fall of the Grecian Empire in the towns of Constantinople and Thessalonica."

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Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]


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