Thierry Girard

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Thierry Girard

Naissance
Nantes
Nationalité Flag of France.svg Française
Profession photographe

Thierry Girard (né le (62 ans) à Nantes) est un photographe français originaire de l'ouest de la France, dont l'œuvre exigeante se développe avec constance depuis la fin des années 1970.

En 1984, son travail est récompensé par l'attribution du prix Niépce, qui couronne un début de carrière prometteur et qui lui vaudra d'exposer dans l'ancien Palais de Tokyo, à l'époque où Robert Delpire y présentait les expositions du Centre national de la photographie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1974, Thierry Girard quitte la voie toute tracée qui s'ouvrait devant lui après l'obtention de son diplôme pour emprunter des chemins de traverse. Il commence à photographier, à partir de 1976, après avoir notamment découvert le travail photographique de Robert Frank. Il part alors en Angleterre se confronter avec l'East End de Londres.

Au début des années 1980, il s'efforce de mettre en place les codes esthétiques d'une photographie très influencée par les américains Walker Evans, ou Lee Friedlander, à mi-chemin entre le style documentaire et une vision plus personnelle, qui traduit sa propre interprétation du monde. Il photographie beaucoup dans le Nord de la France. Cette époque a été importante sur le plan de l'apprentissage de l'image, et lui a permis de concevoir une méthode de travail sur laquelle il va appuyer son œuvre à partir de Frontières (1984-1985). C'est aussi la période où il obtient ses premières commandes, dont l'une à Zuydcoote lui permet de publier son premier livre, Far-Westhoek en 1982.

Après avoir commencé par la photographie de reportage, en noir et blanc et au Leica, dans la grande tradition du photojournalisme et de la street photography, Thierry Girard abandonne au milieu des années 1980 cette approche « documentaire » pour s'intéresser davantage au paysage. Il abandonne progressivement le 24 x 36 mm (petit format) et son Leica pour travailler, toujours en noir et blanc, en moyen format (6 x 6 cm, 6 x 7cm). Vers le milieu des années 1990, la couleur commence à apparaître dans son œuvre.

Il entreprend alors une exploration du paysage, parfois à pied (au cours de marches photographiques qui accentuent le côté poétique de son travail), mais le plus souvent en construisant des itinéraires, dont le fil conducteur peut être géographique, mais également faire référence à des prétextes littéraires ou artistiques : Jaillissement & Dissolution, un voyage le long du Danube de Claudio Magris, La Route du Tōkaidō, au Japon en référence à Hiroshige ou La Grande Diagonale en Chine sur les traces de Victor Segalen[1]).

Ces itinéraires sont autant de prétextes à une quête intérieure, à la recherche de « signes » qu'il va capter dans une interprétation très personnelle de l'espace. D'un projet à l'autre, il y a toujours une évolution, une remise en question, une prise de risques. Sa vision s'est peu à peu dépouillée au point de devenir, au début des années 1990, très minimaliste et de traduire une poétique de l'espace nourrie par les notions de limite, de seuil, de franchissement. Cela deviendra une constante dans son travail, constante qu'il saura renouveler dans ses projets de la fin de la décennie et des années 2000 au Japon, en Chine, et, en 2010-2011, en Inde par l'introduction de la couleur, le retour à un paysage plus urbain et contemporain, et la réintroduction de l'élément humain.

C'est au Japon, en réalisant son projet sur La Route du Tôkaidô que Thierry Girard retrouve le fil perdu de la street photography, renouant par là-même avec ce qui avait fondé son rapport au monde à travers la photographie, trouvant un équilibre entre un travail strict sur le paysage et des « situations » (y compris les portraits) qu'il souhaitait réinstaller à part entière dans sa photographie. « Situations urbaines », c’est peut-être le terme le plus approprié pour cerner le rapport de Thierry Girard à la street photography. Ces concepts, qu'il continue d'utiliser dans sa photographie actuelle (où la question du portrait devient par ailleurs de plus en plus prégnante), le ramènent vers une photographie plus documentaire, où le regard se fait plus intellectuel, plus analytique, plus distancié. Il en résulte malgré tout des images parfois énigmatiques, qu'il relie entre elles par ce fil conducteur/prétexte de l'itinéraire.

En août 2011, il retourne au Japon, à l'invitation de l'Institut français de Tokyo, pour photographier les paysages dévastés dans le Tōhoku et réaliser des portraits des survivants six mois après la triple catastrophe (tremblement de terre, tsunami et accident nucléaire) qui a frappé le nord du Japon le . Avec une approche à la fois empathique et distanciée, sans pour autant négliger un certain nombre de vues incontournables qui montrent l'extrême violence du phénomène, Thierry Girard réinscrit le paysage de la catastrophe dans une vision plus large du paysage du Japon. Une exposition de ce travail, intitulée Après le fracas et le silence est présentée dès le mois de novembre à Fukuoka et à Tokyo. Il retourne au nord du Japon en novembre 2012 pour photographier plus précisément la ville de Kamaishi qui a été très touchée par le tsunami de 2011. Ce travail est présenté en mars 2013 au musée Gassendi à Digne-les-Bains, ville jumelée avec Kamaishi.

En 2011, une résidence d'artiste à Thouars (Deux-Sèvres) lui permet de renouveler son vocabulaire esthétique à travers le projet intitulé « Arcadia revisitée. » Ce travail singulier l'amène à questionner et reconsidérer certaines approches de la photographie de paysage. Son travail le plus récent, « Un Printemps à Surgères », réalisé en 2013, en est le prolongement.

À propos du travail de Thierry Girard[modifier | modifier le code]

À propos de son travail, Thierry Girard écrit dans la présentation qu'il fait de lui sur son blog :

« Mon travail photographique peut se définir ainsi : une expérience de la traversée du monde qui s’articule en une sorte de tension dialectique entre le déplacement géographique et le voyage intérieur. »

Thierry Girard est représenté en France par la galerie Agathe Gaillard. Sa galeriste, Agathe Gaillard dit à propos de ses photos :

«  Il photographie le paysage tel qu'il se présente, tel que nous le faisons en y vivant, sans fard, sans conventions de pittoresque. Et paradoxalement, grâce à son talent magique, la France est telle que nous l'aimons le plus. Nous avons dans nos souvenirs, notre inconscient même, liés à ces photos, des sensations de bonheur. Ces images froides deviennent très affectives et une vraie grande beauté apparaît. »

En , dans un petit texte de présentation de son travail à l'occasion de l'exposition Histoire de limites à la galerie Agathe Gaillard, Thierry Girard a exprimé son approche photographique : « Dans la grande tradition documentaire à laquelle je me réfère (d’Eugène Atget à Thomas Struth, en passant par Walker Evans, Lee Friedlander ou Robert Adams, sans écarter non plus les citations picturales et les « tableaux documentaires » d’un Jeff Wall), mon principe est de photographier la simple réalité des choses avec une certaine distance et une certaine neutralité. »

À propos d'un travail récent regroupant des portraits et des paysages, Guy Tortosa écrit :

«  Les photographies de Thierry Girard sont des bulletins de cette météorologie du corps et de l’âme de notre société. Profondément humanistes, elles hésitent entre empathie et constat, proximité et inventaire. Le plus souvent, les habitants sont absents des lieux (villages, prés, bois, chemins, etc.) qu’il photographie. L’abandon en constitue le principal sujet. Ici c’est sensiblement différent. Des rencontres ont eu lieu. On pense au réalisme de Courbet, de Zola, d’August Sander, de Bernanos, de Straub et Huillet, ou de Raymond Depardon. La marche habituelle de l’artiste s’est simplement muée en entrevue. Y-eut-il rencontre ? On ne sait. Seule chose certaine, ce que disent ces portraits est ce que disaient déjà les paysages : le pays est comme l’homme, présent à son absence.  »

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Outre le Prix Niépce, qu'il a obtenu en 1984, Thierry Girard a été lauréat de la Villa Médicis hors les murs en 1985, de la Bourse Léonard de Vinci en 1989 et de la Villa Kujoyama au Japon en 1997. Il a reçu des aides à la création du Ministère de la Culture en 1983, 1990 et 1998, a bénéficié d'une commande publique du Fnac en 2002, ainsi qu'une aide à l’écriture du Centre national du livre en 2000.

Expositions[modifier | modifier le code]

Le travail de Thierry Girard est régulièrement exposé en France et à l'étranger et ses photographies sont présentes dans les grandes collections publiques et privées.

En 2005, ses photographies de Guadeloupe, du Mont Saint-Michel et de Dunkerque, réalisées spécialement pour l'occasion, sont exposées à l'entrée du Pavillon français de l' Exposition universelle d'Aichi au Japon.

En 2006, il est l'un des photographes exposés dans le cadre de l'exposition Les Peintres de la vie moderne au Centre Georges Pompidou, à Paris.

En avril 2011, son travail Women in Shanghai est exposé pour la première fois dans le cadre du Caochangdi Photospring Festival à Pékin.

Expositions personnelles (sélection)[modifier | modifier le code]

Expositions collectives (sélection)[modifier | modifier le code]

Bibliographie (sélection)[modifier | modifier le code]

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Ouvrages personnels[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]