Theodor Zwinger (l'ancien)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Zwinger (homonymie).

Theodor Zwinger

Description de l'image  Theatrum_Vitae_Humanae_1565.jpg.
Naissance 2 août 1533
Bâle (Suisse)
Décès 10 mars 1588 à 54 ans
Bâle (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse
Champs médecine
Institutions Université de Bâle
Université de Lyon
Université de la Sorbonne
Université de Padoue

Theodor Zwinger l'Ancien, né à Bâle le 2 août 1533, mort à Bâle le 10 mars 1588, est un savant suisse, médecin, et chef d'une famille impliquées dans les sciences.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa mère est la sœur de l'imprimeur Jean Oporin. Son père, Léonard Zwinger est pelletier ou corroyeur, originaire de Bischofszell, dans la Turgowie. Son père avait reçu en 1492 des lettres de noblesse de l'empereur Maximilien Ier.

À l'âge de cinq ans, Thedor Zwinger perd son père ; mais il trouve dans la tendresse d'Oporin et de Conrad Lycosthenes, avec qui sa mère s'est remariée, le réconfort nécessaire. C'est à l'école de Thomas Plater, habile grammairien, qu'il apprend les éléments des langues anciennes. Dans les représentations théâtrales qui, suivant l'usage, terminent l'année scolastique, Theodor est choisis pour remplir le personnage de l'Amour.

Admis en 1548 à l'académie, il désire ensuite voyager et part à Lyon afin d'y développer sa poésie. À son arrivée dans cette ville, il est reçu prote dans l'atelier typographique des Bering ; et il y resta trois ans.

Il se rendit ensuite à Paris, où il fréquenta les cours entre autres de Petrus Ramus. Après cinq années d'absence, il revint à Bâle en 1553 ; mais par le conseil de Pietro Perna, imprimeur de Lucques, expatrié pour cause de religion, il partit presque aussitôt pour l'Italie.

Zwinger, après avoir suivi les cours de l'académie de Padoue, vint à Venise pour y perfectionner ses connaissances. Son beau-père, déjà malade et qui se proposait de l'associer à la rédaction de ses ouvrages, le pressait de revenir à Bâle. Avant de quitter l'Italie, il reçut le titre de docteur à la faculté de médecine de Padoue. À son retour à Bâle (1559), ses amis, pour l'y fixer, lui firent épouser la veuve d'un richie négociant. Zwinger partagea alors ses loisirs entre la culture des lettres et la pratique de la médecine. Il est ensuite nommé à la chaire de langue grecque de l'académie. Il passa de cette chaire, en 1571, à celle de morale ; et, il fut nommé professeur de médecine théorique. il trouva le loisir de composer un grand nombre d'ouvrages. Une épidémie s'étant manifestée à Baie, Zwinger mourut le [10 mars] 1588. Il avait composé, la veille de sa mort, une imitation en vers latins du psaume 122, qui fut imprimée sous ce titre : Precatio cycnea Th. Zwingeri. Jacques-Auguste de Thou, qui l'avait vu fréquemment pendant son séjour à Bâle, dit qu'il goûtait un plaisir extrême dans sa conversation, et loue sans réserve la politesse de son esprit, son savoir et sa candeur (voir les Hommes illustres de Teissier, t. 3, p. 447).

Publications[modifier | modifier le code]

Outre une édition des Œuvres de [Cattani], avec une préface ; des Commentaires sur quelques-uns des livres de Galien, sur le dixième livre des Ethiques et le huitième de la Politique d'Aristote ; et enfin une édition des Œuvres d'Hippocrate (1579, in-fol.), avec la version latine de Cornaro, retouchée :

  1. Theatrum vitæ humanæ, Bâle, 1565, 1571, 1586, 1596 et 1604, 5 vol. in-fol. totalisant 4 376 pages. Conrad Lycosthenes lui avait laissé des matériaux pour cet ouvrage, en le priant de les mettre en ordre. C'est une forme d'encyclopédie à l'ancienne, vaste compilation d'anecdotes et de traits historiques, sur la morale et la psychologie humaine : l'imagination, la mémoire, les maladies mentales, la volonté, les habitudes, etc. L'ouvrage traite aussi des sciences et des techniques, ainsi que de l'organisation sociale et de l'économie[1].
  2. Leges ordinis medici basiliensis, ibid., 1570, in-fol. ;
  3. Morum philosophia practica, ibid., 1575, 2 vol. in-8° ;
  4. Methodus similitudinum ; avec les Similium loci communes de Lycosthènes, ibid., 1575, 1595, 1602, in-8 ;
  5. Methodus rustica Catonis et Varronis præceplis aphoristicis per locos communes digestis, ibid., in-8 ;
  6. Methodus apodemica, qua omnia continentur quæ cuivis in quolibet vitæ génère peregrinanti, et imprimis homini studioso scitu cognituque necessaria, Bâle, 1577, in-4 ; Strasbourg, in-4 ; et dans l'appendice de l' Hodœporicon de Nicolas Reusner. Kahl ne connaissait que la première édition, et il témoigne le désir d'en voir donner une nouvelle (voir la Biblioth. philosoph. Struviana, p. 300).
  7. Analysis Pitalmorum Davidis, symboli apostolici et orationis dominicœ, Bâle, 1599, in-fol. ;
  8. Physiologia mediça Th, Paracehi dogmatibus illystruta, ibid., 1620, in-8. Dans cet ouvrage, l'auteur cherche à concilier la doctrine de Paracelse avec celle d'Hippocrate et des anciens médecins. Il n'était pas le premier qui eût formé ce projet (voir Rivière). Toutefois Zwinger ne dissimule point les erreurs des paracelsistes. Il défend contre eux la véritable anatomie et rejette les principes chimiques, se fondant sur ce que le médecin doit connaître des parties qui existent réellement dans les corps, et non celles que l'art en retire par des moyens violents. Il me semble, dit Sprengel, que c'est là une vérité qu'on ne saurait faire trop vivement sentir, même aujourd'hui, aux partisans de la chimie physiologique[2]. Cet ouvrage a été publié par Jakob Zwinger, et quelques biographes l'en regardent comme le véritable auteur.

Portrait[modifier | modifier le code]

On trouve le portrait de Theodor Zwinger gravé en bois, avec un assez grand nombre de pièces, recueillies par Valentin Thiloligius, l'un de ses disciples, dans les Icônes aliquot virorum clarorum de Nicolas Reusner, Bâle, in-8. Zeltner lui a consacré une notice dans son histoire des correcteurs célèbres (Theatrum virorum eruditorum ; elle est plus exacte et plus détaillée que l'article du Dictionnaire de médecine d'Eloy, copié par tous les biographes du xixe siècle mais la meilleure Vie de Zwinger est celle que l'on trouve dans les Athenœ rauricœ, p. 208-244.

Source[modifier | modifier le code]

« Theodor Zwinger (l'ancien) », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cet ouvrage est disponible sur Google Books
  2. Voir Histoire de la médecine, traduction de Jourdan, t. 3, p. 554).

Articles connexes[modifier | modifier le code]