Thelazia callipaeda

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Thelazia callipaeda est un ver nématode parasite, principale cause de thélaziose ou infection oculaire par un ver, chez les humains, les chiens et les chats. Il a été découvert pour la première fois dans les yeux d'un chien en 1910[1]. En 2000, plus de 250 cas humains ont été répertoriés dans la littérature médicale[2].

Hôtes[modifier | modifier le code]

Outre les humains, les chiens et les chats, les hôtes définitifs de Thelazia callipaeda sont les loups (Canis lupus), le chien viverain (Nyctereutes procyonoides), le renard roux (Vulpes vulpes), et le lapin européen (Oryctolagus cuniculus). Cette espèce se rencontre en Allemagne, en Chine, en Corée, en France, en Inde, en Indonésie, en Italie, au Japon, aux Pays-Bas, en Russie, en Suisse, à Taïwan et en Thaïlande[3].

On a identifié deux hôtes intermédiaires assez éloignés : Amiota (Phortica) variegata (Diptera: Drosophilidae) en Europe, et Phortica okadai en Chine[4], qui se nourrit des larmes d'humains et de carnivores[5]. Certaines données suggèrent que seuls les mâles de A. (P.) variegata transportent les larves de Thelazia callipaeda[6], alors que dans tous les cas de mouches hématophages, ce sont les femelles qui véhiculent les parasites[7].

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Les œufs de Thelazia callipaeda se développent durant le premier stade larvaire (L1), in utero, alors que la femelle est dans les tissus et internes et autour de l'œil de l'hôte définitif[8]. La femelle dépose ses larves, alors encore contenues dans la membrane de l'œuf, dans les larmes (sécrétions lacrymales) de l'hôte. Lorsque la mouche lacrymophage (hôte intermédiaire) se nourrit, elle ingère les larves de T. callipaeda. Une fois dans la mouche, la larve L1 se dégage de la membrane de l'œuf et traverse la paroi intestinale. Elle reste dans l'hémolymphe (le liquide corporel de la mouche) pendant 2 jours, puis envahit soit les tissus adipeux, soit les testicules de la mouche. Dans ces tissus, la larve se développe jusqu'au troisième stade larvaire (L3). La L3 migre vers la tête de la larve et est relâchée dans ou à proximité de l'œil d'un autre mammifère lorsque la mouche se nourrit de nouveau. Une fois dans l'œil, les paupières, les glandes lacrymales ou les conduits lacrymaux de l'hôte Mammifère, les larves L3 se développent en stade L4 puis en adulte en environ 1 mois. La saison de résidence des stades L1 à L4 dans les sécrétions lacrymales des chiens naturellement infectés en Italie coïncident avec l'activité des mouches-vecteurs[9].

Symptômes, diagnostique et traitement[modifier | modifier le code]

Les symptômes d'une infection par T. callipaeda sont une conjonctivite, une production excessive de larmes, une détérioration de la vision, des ulcères et des rayures de la cornée. Dans certains cas, le seul symptôme est l'affection de la vue de l'hôte par un "bouchon flotteur"[10]. Le diagnostic est réalisé lorsqu'on trouve des vers adultes dans les yeux ou dans les tissus proches. Les cas humains sont traités par simple élimination des vers. Chez les canins, on recommande actuellement le traitement par imidacloprid avec moxidectin[11], ou par milbemycin oxime[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Railliet, A. and A. Henry (1910) "Les Thelazieo, Nematodes parasites de l'œil." Comptes Rendus des Séances de la Société de Biologiques et de ses Filiales 68:213-216, 783-785.
  2. Koyama, Y., A. Ohira, T. Kono, T. Yoneyama, and K. Shiwaku (2000) "Five cases of thelaziasis." British Journal of Ophthalmology 84(4):441-442. (Note: The pdf begins on page 439.)
  3. Otranto, D. and M. Dutto (2008) "Human thelaziasis, Europe." Emerging Infectious Diseases 14(4):647-649.
  4. Otranto, D., R.P. Lia, C. Cantacessi, G. Testini, A. Troccoli, J.L. Shen, and Z.X. Wang (2005) "Nematode biology and larval development of Thelazia callipaeda (Spirurida, Thelaziidae) in the drosophilid intermediate hosts in Europe and China." Parasitology 131(6):847-855.
  5. Otranto, D., E. Brianti, C. Cantacessi, R.P. Lia, and J. Máca (2006) "The zoophilic fruitfly Phortica variegata: Morphology, ecology and biological niche." Medical and Veterinary Entomology 20(4):358-364.
  6. Otranto, D., C. Cantacessi, G. Testini, and R.P. Lia (2006) "Phortica variegata as an intermediate host of Thelazia callipaeda under natural conditions: Evidence for pathogen transmission by a male arthropod vector." International Journal for Parasitology 36(10-11):1167-1173
  7. Otranto, D., J.R. Stevens, C. Cantacessi, and R.B. Gasser (2008) "Parasite transmission in insects: A female affair?" Trends in Parasitology 24(3):116-120.
  8. Anderson, R.C. (2000) "Thelazia callipaeda." In: Nematode Parasites of Vertebrates: Their Development and Transmission. Second Edition. CABI Publishing: Wallingford, England. ISBN 0-85199-421-0, pp. 405.
  9. Otranto, D., R.P. Lia, V. Buono, D. Trversa, and A. Giangaspero (2004) "Biology of Thelazia callipaeda (Spirurida, Thelaziidae) eyeworms in naturally infected definitive hosts." Parasitology 129(5):627-633.
  10. Zakir, R., Z. Zhong-Xia, P. Chiodini, and C. Canning (1999) Intraocular infestation with the worm, Thelazia callipaeda." British Journal of Ophthalmology 83(10):1194-1195.
  11. Bianciardi, P. and D. Otranto (2005) "Treatment of dog thelaziosis caused by Thelazia callipaeda (Spirurida, Thelaziidae) using a topical formulation of imidacloprid 10% and moxidectin 2.5%." Veterinary Parasitology 129(1-2):89-93.
  12. E. Ferroglio, L. Rossi, E. Tomio, R. Schenker, and P. Bianciardi (2008) "Therapeutic and prophylactic efficacy of milbemycin oxime (Interceptor) against Thelazia callipaeda in naturally exposed dogs." Veterinary Parasitology 154(3-4):351-353.

Liens externes[modifier | modifier le code]