The Orb

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The Orb

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The Orb : Alex Paterson et Thomas Fehlmann, au Culture Box à Copenhague

Informations générales
Pays d'origine Angleterre, Royaume-Uni
Genre musical Ambient house
Ambient
Techno ambient
Dub
Chill-out
Intelligent dance music (IDM)
Collaborations :
The KLF
Space
Sun Electric
System 7
FFWD
Transit Kings
David Gilmour
Années actives Depuis 1988
Labels Big Life
Island Records
Badorb.com
Kompakt
Malicious Damage
Mercury Records
MCA
Columbia Records
Site officiel http://www.theorb.com/
Composition du groupe
Membres Alex Paterson
Thomas Fehlmann
Anciens membres Jimmy Cauty
Kris Weston
Andy Falconer
Andy Hughes
Simon Phillips

The Orb est un groupe de musique électronique britannique reconnu comme étant un pionnier du genre ambient house. Fondé en 1988 par Alex Paterson et Jimmy Cauty, de KLF, le duo a commencé comme D. J. ambient et dub à Londres. Leurs premières prestations étaient inspirées par des compositeurs et des groupes de musique ambient et électronique des années 1970 et 1980, notamment Brian Eno et Kraftwerk. Toutefois, parce que les membres du groupe étaient aussi largement influencés par la musique dub et la musique minimaliste de Steve Reich, la plupart de leurs enregistrements sont classés dans le genre electronic dub, plutôt que dans le genre ambient house.

À ses débuts, en raison de ses sonorités psychédéliques, The Orb a institué un véritable culte auprès des habitués des bars after-hours qui « descendaient » de leur high d'amphétamines[1]. En dépit de nombreux changements de personnel (Kris « Thrash » Weston, Andy Falconer, Simon Phillips et Andy Hughes ont tous fait partie du groupe à un moment ou à un autre), The Orb a toujours conservé ces sonorités et des thèmes rappelant la science-fiction.

Paterson est le seul membre à être resté du début du groupe jusqu'à présent et après le départ de Cauty, il a continué à travailler sous le nom « The Orb » avec le producteur Allemand d’origine suisse Thomas Fehlmann et, plus tard, avec Martin Glover (plus connu sous le pseudonyme « Youth ») de Killing Joke, ainsi qu'avec Tim Bran de Dreadzone.

Au cours de ses spectacles dans les années 1990, The Orb se produisait en utilisant des bandes audionumériques optimisées pour le mixage et l’échantillonnage en direct, avant de passer aux ordinateurs portables et aux médias numériques. Malgré ces changements dans sa façon de faire, The Orb a maintenu la tradition d’offrir des spectacles très colorés accompagnés d'images psychédéliques qui ont conduit les critiques à les comparer à Pink Floyd.

The Orb construisait aussi des mélodies à l'aide d'un système d’enregistrement multipiste connecté à plusieurs platines et d’une table de mixage, et le duo incorporait dans ses prestations de nombreux extraits de CD, de cassettes et d’effets sonores de la BBC Radiophonic Workshop, souvent accompagnés d’échantillons de morceaux de musique de danse, comme Sueño Latino, très populaire en 1989. Toutefois, le duo, qui utilisait une variété de ce genre d'échantillons, a toujours évité les rythmes lourds et la batterie, de sorte que l’ambiance chill-out recherchée ne soit jamais troublée. Habituellement, le groupe jouait du dub reggae et de la musique chill-out, que la génération Y appelait l’ambient. Mais même si Paterson a de quoi être fier des échantillons subtils utilisés sur les albums de The Orb et lors de ses concerts, l’utilisation non autorisée d’échantillons d’œuvres de certains artistes a conduit à des différends, notamment avec Rickie Lee Jones et Steve Reich.

Le succès de The Orb au Royaume-Uni a atteint un sommet, autant sur le plan commercial qu’auprès de la critique, au début des années 1990 avec les albums The Orb's Adventures Beyond The Ultraworld, et U.F.Orb, qui lui s’est classé no 1 au UK Albums Chart en 1992. C'est ce succès qui a conduit à la célèbre apparition à la fameuse émission Top of the Pops, où le groupe a présenté son style original en jouant aux échecs (un passe-temps auquel s’adonne Paterson depuis qu’il est tout jeune), pendant que Blue Room jouait en fond sonore.

Les albums de The Orb du milieu des années 1990 ont été reçus tièdement par la critique britannique, mais ils ont reçu des éloges de la part de la presse américaine, entre autres du magazine Rolling Stone. Le groupe a ensuite expérimenté les voix sur ses deux albums suivants, que les critiques ont généralement décrits comme fades et sans inspiration, avant d’adopter un style techno minimale dirigé par Thomas Fehlmann avec la maison de disques Kompakt.

Histoire[modifier | modifier le code]

1988 à 1990 : Paterson et Cauty[modifier | modifier le code]

Paterson a débuté sa carrière musicale au début des années 1980 comme machiniste itinérant pour le groupe rock postpunk Killing Joke, dans lequel son ami d'enfance Martin Glover jouait de la basse. Après avoir quitté cet emploi en 1986, Paterson a rencontré Jimmy Cauty, qui allait cofonder KLF avec Bill Drummond un an plus tard, et ensemble, ils ont commencé à travailler comme D. J. et à produire de la musique sous le nom « The Orb ».

Paterson et Cauty ont sorti leur premier simple en 1988, Tripping on Sunshine, qui demeure aujourd'hui un véritable « hymne » dans le genre acid house et qui fait partie de la compilation Eternity Project One. L'année suivante, le duo a sorti Kiss EP avec la nouvelle maison de disques de Paterson et de Martin Glover, WAU! Mr. Modo Records, qu’ils ont créée selon leur désir de demeurer indépendants financièrement des grandes maisons de disques. Il s'agit d'un maxi de quatre pièces sur lequel ont été utilisés des échantillons sonores provenant de la station de radio new-yorkaise du réseau Kiss FM. Après avoir passé un week-end à produire ce que Paterson a qualifié de « lamentables bruits de batterie », le duo a décidé d'abandonner la lourdeur des percussions pour se concentrer sur une musique plutôt after-hours.

Paterson et Cauty ont commencé comme D. J. en acceptant le contrat de jouer sous le nom « The Orb » dans la salle chill-out du Heaven, une discothèque techno à Londres. Les soirées The Land of Oz, qui avaient lieu les lundis soir et qui étaient organisées par Paul Oakenfold, D. J. attitré de la boîte, ont mené The Orb à se faire étiqueter comme étant un duo ambient. Bien que les prestations de The Orb les lundis soir n’attiraient au début qu’une poignée d’adeptes passionnés, sa présence dans la salle chill-out est devenue de plus en plus populaire au cours des six mois suivants, au point où la petite salle fut souvent envahie par une centaine de personnes. Les prestations de The Orb sont devenues populaires surtout auprès des D. J. et des clubbers qui cherchaient à faire une pause de la musique forte et endiablée de la piste de danse[2].

En 1989, The Orb, avec l'aide de Martin Glover, ont approfondi le genre ambient house tout en utilisant un large éventail d'échantillons et d'enregistrements. Le point culminant de ce travail a été atteint vers la fin de cette année lors de l’enregistrement d’une émission radiophonique de John Peel sur la BBC Radio 1 (les Peel Sessions). La pièce, alors connue sous le nom « Loving You », est en grande partie une improvisation musicale. Elle se distingue par la richesse de ses effets sonores et de ses échantillons tirés de séries de science-fiction diffusés sur la station, et par les sons de la nature et la voix de Minnie Riperton dans sa chanson Lovin’ you.

Pour la sortie du simple « Loving You » avec la maison de disques Big Life, The Orb a choisi d’intituler la pièce A Huge Ever Growing Pulsating Brain That Rules from the Centre of the Ultraworld. Dès sa sortie, l’agent de Minnie Riperton a forcé Big Life à retirer tout échantillon utilisé dans la pièce sans permission, assurant ainsi que seuls les simples qui sont sortis dans la première semaine contiennent la voix originale de Minnie Riperton. Sur les disques pressés par la suite, The Orb a utilisé une voix semblable à celle de Minnie Riperton pour imiter l’original et malgré sa durée de 22 minutes, le simple s'est hissé à la 78e position du UK Singles Chart. Peu de temps après, Dave Stewart a demandé à The Orb de remixer son succès Lily Was Here, ce que le groupe a accepté, de même qu'une série de demandes de remixage de chansons de plusieurs artistes, dont Erasure et System 7.

En 1990, Paterson et Cauty ont enregistré beaucoup de musique au Trancentral, le studio de Cauty. Toutefois, lorsque la maison de disques Big Life leur a offert un contrat de disque, The Orb s’est trouvé à la croisée des chemins; Cauty aurait préféré que The Orb mette sa musique sur le marché sous l’étiquette KLF Communications, alors que Paterson tenait à ce que le groupe demeure indépendant et que sa musique ne devienne pas une œuvre annexe de KLF. Ce différend a mis un terme aux travaux du duo et les contributions de Paterson ont été retirées de l’album alors en cours, que Cauty a lancé sous l’étiquette KLF Communications. Cet album, qui s’appelle Space, aurait dû être le premier album de The Orb, et on n’y fait aucune mention de Paterson. La même année, Cauty a lancé Chill Out, qui se trouve à être la fusion des meilleures séances d’enregistrement de Paterson et Cauty.

Après cette rupture, Paterson, qui a conservé le nom « The Orb », a commencé à travailler sur la pièce Little Fluffy Clouds avec Martin Glover. On y entend des échantillons d’Electric Counterpoint de Steve Reich et le jeu de guitare de Pat Metheny ainsi que des échantillons provenant d’une entrevue avec Rickie Lee Jones. Cette dernière y évoque son enfance et le souvenir de petits nuages floconneux (qui donne le titre à la pièce) d’une manière imagée et colorée. Si Steve Reich s’est vu flatté que The Orb utilise des extraits de sa musique, il en a été autrement pour Rickie Lee Jones, qui s’est plutôt offusquée de l’affaire, au point d’engager une action pénale contre le duo pour l’utilisation de sa voie sans permission. C’est Big Life qui a choisi de régler le litige à l’amiable en versant une somme qui n’a pas été dévoilée. Pour l’utilisation d’Electric Counterpoint, il semblerait aussi que durant une entrevue à l’émission The South Bank Show, Steve Reich ait demandé 25 % des droits d’auteur sur toutes les recettes générées par les ventes de Little Fluffy Clouds, qui a atteint le no 87 du UK Singles Chart.

1991 à 1994 : Paterson et Weston[modifier | modifier le code]

En 1991, Paterson a invité deux techniciens de studio, Andy Falconer et l’énergique Kris « Thrash » Weston, à se joindre à The Orb[3]. Steve Hillage, guitariste que Paterson a connu lorsqu’il était D. J. à Londres, s’est aussi joint au groupe en tant que collaborateur, et avec le producteur Thomas Fehlmann, le groupe a composé et a enregistré plusieurs pièces pour son tout premier album, The Orb's Adventures Beyond The Ultraworld[2]. En tout, six studios et vingt musiciens collaborateurs ont été nécessaires à l’enregistrement de cet album qui a duré trois semaines. Les habiletés techniques de Falconer et de Weston et les talents de Hillage ont contribué à faire de cet album un véritable kaléidoscope sonore évoquant la conquête de l’espace, en particulier le lancement d’Apollo 11.

L'achèvement de The Orb's Adventures Beyond The Ultraworld s’est toutefois accompagné du départ de Falconer, dont la dernière participation au groupe s'est inscrite lors d'un Peel Session de The Orb. L’album s’est bien vendu au Royaume-Uni et il a reçu des éloges pour son équilibre entre la musique ambient, la musique house, et l'échantillonnage[4]. On le considère d’ailleurs maintenant comme un album qui a changé la façon dont les musiciens voient l’utilisation de l’échantillonnage et comme un album phare pour les genres ambient et dance. Pour promouvoir la sortie d'un simple destiné au marché américain sous l'étiquette Mercury Records, The Orb a entrepris sa première tournée aux États-Unis, qui a commencé à Phoenix (Arizona), en octobre 1991.

À la fin de 1991 et au début de 1992, Paterson et Weston ont composé leur simple suivant, Blue Room, avec l'aide du bassiste Jah Wobble, du claviériste Miquette Giraudy et de Hillage. Malgré le fait que Blue Room dure 40 minutes, le simple a fait son entrée dans les palmarès britanniques au no 12 et a culminé au no 8, ce qui en fait la plus longue pièce à avoir figuré dans les palmarès. The Orb a fait la promotion de Blue Room d'une façon tout à fait avant-gardiste à l'émission Top of the Pops, où Patterson et Weston ont joué aux échecs vêtus d’une combinaison spatiale pendant que des images de dauphins défilaient en arrière-plan et que tournait une version éditée du simple.

En juillet 1992, l'album U.F.Orb, sur lequel figure Blue Room, a été mis en vente, ainsi que la version américaine de l'album, qui comprend aussi Assassin, le simple suivant du groupe. Le savoir-faire technique et créatif de Weston s'y associe parfaitement avec le style d'ambiance à la Brian Eno dont est inspiré Paterson, en combinant rythmes drum and bass et synthétiseurs veloutés et onduleux. L'album a atteint le no 1 des palmarès britanniques, à la grande surprise des critiques qui voyaient les amateurs embrasser un style de musique que les journalistes considéraient comme étant du rock progressif. Malgré leur succès, Paterson et Weston ont préféré éviter la popularité égocentrique afin que leur musique soit le centre d'attention, et c'est en raison de cet anonymat partiel, et aussi en raison des nombreux membres qui se sont succédé, que The Orb est davantage vu comme un collectif musical plutôt que comme un groupe.

Au cours de l'année et demie suivante, Paterson et Weston ont continué à produire de nouveaux enregistrements. Mais lorsque Paterson a commencé à sentir que Big Life cherchait à dicter l'orientation de la musique de The Orb, les parutions se sont raréfiées et après de profonds désaccords, le groupe a tôt fait de quitter la maison de disques pour signer un contrat avec Island Records.

L'album Live 93, enregistré en concert et qui rassemble les points saillants de ses spectacles donnés en Europe et en Asie, est le premier album de The Orb à sortir sous la nouvelle étiquette. The Orb en concert est alors formé de Paterson, de Weston, des producteurs Nick Burton et Simon Phillips ainsi que de l'ingénieur du son Andy Hughes, qui a joint la formation peu avant que Weston ne décide d'abandonner la tournée.

Pomme Fritz, un maxi chaotique dont l'utilisation intensive d'échantillons étranges et son manque d'harmonies traditionnelles sont marquants, est le premier album de The Orb enregistré en studio sous l'étiquette Island Records, et bien qu'il ait atteint le no 6 dans les palmarès britanniques, les critiques on tôt fait de le descendre et de le trouver disparate. Même Island Records le détestait et ne le comprenait pas du tout, au dire de Paterson[5].

Peu de temps après la production de Pomme Fritz, Paterson, Weston et Thomas Fehlmann ont rejoint Robert Fripp pour former le collectif FFWD en tant que formation secondaire. FFWD a sorti un unique album éponyme sous l'étiquette Inter-Modo, une filiale de WAU! Mr. Modo Records, la maison de disques de Paterson et de Martin Glover. Selon Fehlmann, FFWD était une pièce de The Orb si longue qu'elle a pris la forme d'un album[6]. En raison de l'absence d'objectif, FFWD manquait de sens artistique et s'est dissout après un seul album.

Dans les jours qui ont suivi la sortie de FFWD, en août 1994, Weston a soudainement décidé de quitter The Orb. De son côté, Paterson prétendait que ce départ était dû au fait que Winston souhaitait avoir davantage de pouvoir au sein de The Orb, tandis que Weston, lui, affirmait dans une entrevue avec le magazine britannique i-D, que son départ était dû au fait que Paterson n'accomplissait pas la moitié du travail que lui exécutait. À cette époque, Paterson a réaffirmé le statut de The Orb en disant : « The Orb est The Orb, et rien ne peut changer cela », puis il a continué de travailler avec Hughes et Fehlmann. Après le départ de Weston, Fehlmann s'est joint à The Orb en tant que « membre studio » à temps plein, sans toutefois participer à tous les spectacles du groupe.

1995 à 2001 : Paterson, Fehlmann et Hughes[modifier | modifier le code]

En 1995, Paterson, Fehlmann et Hughes ont terminé l'enregistrement de l'album Orbus Terrarum, sur lequel Paterson et Weston avait déjà commencé à travailler. Orbus Terrarum comprend des sonorités plus « terre-à-terre » et « organisées » que les albums précédents, qui versaient plutôt dans des thèmes psychédéliques et inspirés par la science-fiction, mais l'album a souffert, selon Paterson, des critiques sarcastiques de la presse britannique[7], qui l'a décrit comme un album quelconque sur lequel la créativité de Paterson était à son plus bas[8],[9]. Qui plus est, l'album a ébranlé plusieurs admirateurs du groupe[10] et n'a atteint que le no 20 dans les palmarès britanniques, contrairement aux critiques américains qui l'ont très bien accueilli; l’album a été consacré album du mois par le magazine Rolling Stone, qui y a fait l'éloge d’un ton symphonique s'harmonisant avec le son typiquement britannique de The Orb[11],[12],[13].

Après une longue tournée mondiale, The Orb, accompagné de Hillage, a entrepris la production de l'album suivant, Orblivion, qui renoue avec les sons planants. Bien qu'il ait été enregistré en mai 1996, l'album a vu le jour sur le marché un an plus tard parce que la maison Island Records souhaitait en faire la promotion comme une suite logique à la sortie de l'album techno-rock de U2, Pop[14].
Orblivion s'est bien vendu en Europe ainsi qu'aux États-Unis, où il s'est glissé dans le Billboard 200. Le premier simple, Toxygene, est celui qui a atteint la meilleure position dans les palmarès que tous les autres simples de The Orb, soit le no 4 au Royaume-Uni, le 8 février 1997. Malgré les ventes élevées, Orblivion a reçu un accueil plutôt tiède de la part de la presse britannique[15], mais tout comme ce fut le cas pour Orbus Terrarum, les critiques américains l'ont beaucoup mieux reçu, le Rolling Stone vantant la dualité entre le désordre et l'euphonie qu'on y entend[11],[10]. À cette époque, la pression que les tournées exerçaient sur Paterson l’a amené à songer à quitter The Orb, mais sans avoir raison de lui, puisqu'il a continué à faire des spectacles et à composer[16].

Paterson, Fehlmann, Hughes et les membres du groupe du moment, Burton et Phillips, ont composé et produit Cydonia en prévoyant sa sortie en 1999[17]. Robert Fripp, John Roome (alias Witchman) et Fil Le Gonidec, qui faisait partie des membres de The Orb en spectacle, ont aussi collaboré à l'album ainsi que les chanteuses Nina Walsh et Aki Omori sur deux pièces chacune, qui ont prêté leur voix et participé à l'écriture des paroles avec Paterson. Ce dernier a eu l'impression que pour The Orb, cette nouvelle orientation vers l'écriture ressemblait davantage au travail expérimental réalisé sur Orbus Terrarum que celui sur Orblivion, plus techno-pop[18]. Cependant, Cydonia n'est paru qu'en 2001 en raison du processus de restructuration chez Island Records à la suite de son acquisition par Universal Music Group. À sa sortie, les critiques ont dépeint la fusion des styles pop, trance et ambient-dub présents sur Cydonia comme un ensemble de voix ternes et d'atmosphères banales où tout l'attrait des albums précédents de The Orb était absent[19],[20],[21]. Le New Musical Express (NME) l'a d'ailleurs durement décrit comme un album morne entaché par un manque d'ambition chronique et s'adressant à un public d'anciens raveurs nostalgiques. Non seulement l'album a-t-il reçu de mauvaises critiques, mais The Orb s'est de plus fait dire par la presse britannique que leurs heures de gloire étaient chose du passé et que leur musique, désormais obsolète, n'avait plus sa place dans le courant dance d'alors. Après la sortie de Cydonia, Hughes a quitté le groupe pour des raisons inconnues; il s'agit d'un départ qui, selon The Guardian, s'inscrivait sur la liste des départs acrimonieux de The Orb[8].

2001 à 2004 : Paterson, Fehlmann et Phillips[modifier | modifier le code]

En 2001, Paterson a créé le label Badorb.com pour commercialiser les productions annexes des membres de The Orb. Ensuite, pour faire la promotion de Badorb.com et de l'album Cydonia, le groupe a entrepris une tournée internationale qui lui a donné l'occasion de visiter les États-Unis pour la première fois en quatre ans[22]. Selon le NME, il s'agissait d'une tournée réjouissante, où The Orb se libérait enfin des présomptions d’influences « pink floydiennes » qui collaient au groupe au milieu des années 90[23].

The Orb, alors formé de Paterson, de Fehlmann et de Phillips, accompagné par John Roome, a accepté l'invitation à rejoindre Moby, Paul Oakenfold, New Order et d'autres artistes des scènes alternative et électronique dans le cadre du festival Area:One[24]. Même si, lors de cette tournée, The Orb a côtoyé des artistes majeurs, notamment Incubus, Paterson et Fehlmann ont choisi de faire de leurs prochaines parutions une série de maxis discrets, qui sont sortis sous l'étiquette allemande Kompakt, en 2002. The Orb a reçu de bonnes critiques pour ses parutions sous cette étiquette[25]. Toutefois, Badorb.com, elle, s'est effondrée après la parution de la compilation Bless You, et après avoir distribué quatorze albums en autant de mois. Badorb.com a distribué les albums d'artistes tels que Guy Pratt, Ayumi Hamasaki, et Takayuki Shiraishi, ainsi que l'album de trois pièces Dalet Elphame EP. Paterson faisait remarquer plus tard que Badorb.com n'était pas une bonne idée parce qu'elle ne distribuait que des disques vinyles sur Internet (exception faite de Dalet Elphame EP) et que peu de gens avaient une platine vinyle pour les jouer[26]...

Bien que son style musical ait quelque peu changé depuis les années 1990, The Orb a continué d'évoluer avec ses étonnantes sonorités synthétiques sur l'album Bicycles & Tricycles, paru en 2004, et qui lui ont valu des critiques partagées[27]. Le Daily Telegraph l'a décrit comme étant un voyage agréable, en même temps qu'exhaustif et exploratoire, tandis que d'autres ont trouvé qu'il versait plutôt dans le dub nonchalant avec ses tempos relativement lents, qui n'avaient rien à voir avec la musique électronique de l'époque. Tout comme Cydonia, Bicycles & Tricycles comprend des voix, notamment celle de la rappeuse MC Soom-T, qui ajoute une touche hip-hop à l'album.

Après avoir quitté Island Records, The Orb a sorti l'album Bicycles & Tricycles sous les étiquettes Cooking Vinyl et Sanctuary Records, et a entrepris une tournée au Royaume-Uni pour en faire la promotion avec Mad Professor, un producteur de musique dub notoire. Mais même si The Orb attirait encore les foules, The Guardian faisait remarquer que le groupe manquait de l'intensité trouvée lors de leurs concerts antérieurs[28].

2004 à 2007 : Paterson, Fehlmann et les Transit Kings[modifier | modifier le code]

Après deux autres maxis sortis sous l'étiquette Kompakt, The Orb (désormais composé seulement de Paterson et Fehlmann) a mis sur le marché Okie Dokie It's The Orb on Kompakt, qui comprend du nouveau contenu, mais aussi des versions revisitées de leurs précédentes parutions avec Kompakt[29]. À cette période, la base de métadonnées Allmusic faisait remarquer que Fehlmann était devenu le principal créateur de The Orb, freinant un peu les élans fantaisistes de Paterson[29] et donnant un album plus structuré et moins quelconque que Cydonia et Bicycles & Tricycles[29],[30]. Selon le magazine musical Pitchfork Media, les boucles sonores envoûtantes et les effets de delay propres à Fehlmann sont à ce point au premier plan sur Okie Dokie It's The Orb on Kompakt qu'il est devenu difficile de dire où se situe exactement Paterson[31]. En somme, les albums de The Orb sortis sous l'étiquette Kompakt ont permis au groupe de retrouver sa crédibilité musicale auprès de la presse et ont démontré que The Orb pouvait vieillir avec grâce[32].

En août 2006, les fondateurs de The Orb, Paterson et Cauty, ont sorti Living in a Giant Candle Winking at God, leur premier album sous le nom Transit Kings, avec Guy Pratt et son associé Dom Beken, et sur lequel figurent aussi le guitariste Johnny Marr, du groupe The Smiths, et le comédien Simon Day. L’album était en production depuis 2001, mais en raison des obligations des autres membres, sa sortie a été retardée pendant plusieurs années. Selon Beken, l'album a été composé avec une intention plus musicale et moins axée sur le sampling que les albums précédents des autres membres du groupe[33]. Living in a Giant Candle Winking at God a reçu des critiques partagées, comme le tabloïd The Sun, qui l'a favorablement comparé à la musique de DJ Shadow et de Röyksopp, ou The Times, qui l'a surnommé « Orb-lite » et proclamé « résidu de Deep Forest ». Quoi qu'il en soit, peu de temps après la sortie de l'album, Cauty a quitté les Transit Kings pour un « congé prolongé », laissant le groupe dans les limbes pour une période indéterminée, et Paterson et Beken se sont réunis en 2008 pour former High Frequency Bandwidth, un groupe hip-hop ambient, sous l'étiquette Malicious Damage.

2007 jusqu'à présent[modifier | modifier le code]

L'album suivant de The Orb, The Dream, est sorti au Japon en 2007 et l'année suivante, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Enregistré sans Fehlmann, l'album, avec ses voix particulières et ses échantillons entraînants[34], marque un certain retour au son du début des années 1990 de The Orb. Pour l'enregistrement de The Dream, Paterson s'est entouré de Martin Glover, de Tim Bran, de la chanteuse jazz et house Juliet Roberts[35] et du guitariste Steve Hillage[36], tandis qu'en spectacle, The Orb est formé de Paterson, de The Corpral (aux voix), de Keith York (aux percussions), de Fil Le Gonidec et de Martin Glover.

Après la reparution en juillet 2006 de The Orb's Adventures Beyond The Ultraworld en version triple CD édition spéciale, The Orb a lancé en 2007 et en 2008 des versions doubles CD de leurs précédents enregistrements en studio des albums U.F.Orb, Pomme Fritz, Orbus Terrarum, Orblivion et Cydonia, et à l'automne 2008, c'est une double compilation des Peel Sessions de la BBC Radio 1 qui paraissait sous le nom The Orb: Complete BBC Sessions 1989-2001.

En mai 2009, Malicious Damage (dirigé par Mike Coles, illustrateur des premiers albums de Killing Joke) a annoncé la sortie prévue pour le 11 septembre[37] du neuvième album en studio de The Orb, Bagdad Batteries (Volume Orbsessions III). Cet album de onze pièces est classé comme étant le troisième de la série Orbsessions, même si les deux premiers sont composés de nouveaux enregistrements enregistrés au studio de Fehlmann à Berlin[37]. Il marque aussi la réunion de Paterson et de son collaborateur de longue date, Fehlmann, dont la dernière collaboration remontait à l'album Okie Dokie It's The Orb on Kompakt en 2005. L’album a été lancé en grande pompe lors d'une soirée où les deux musiciens l’ont joué en entier dans le cadre des événements the-situation MODERN du quartier Clapham, à Londres, le 10 septembre[37], et le morceau Chocolate Fingers a été téléversé sur Myspace.

En mars 2010, la webradio Dandelion Radio a diffusé une pièce de dix-sept minutes et demie de The Orb sur l'émission d'Andrew Morrison. Cette nouvelle pièce, dont le titre est Battersea Bunches, est en fait une version remixée de la trame sonore d'un projet de court métrage du même nom, par Mike Coles et Alex Patterson. Le film devait être projeté au London’s Battersea Power Station le dans le cadre d'une soirée d'art et de musique. Cet été-là, Paterson a fait équipe avec Martin Glover pour travailler à la compilation rétrospective de pièces parues sous l'étiquette WAU! Mr. Modo Records. L'album, qui porte le nom Impossible Oddities est paru en version CD et double vinyle le 25 octobre 2010 sous l'étiquette Year Zero Records.

En octobre 2010, The Orb a lancé Metallic Spheres sur lequel on ne retrouve nul autre que le guitariste et chanteur de Pink Floyd, David Gilmour, avec la maison de disques Columbia Records. David Gilmour paraît vraiment en forme et très décontracté sur cet album très ambient, qui est une sorte de rencontre entre le rock progressif et la musique ambient[38].

Discographie[modifier | modifier le code]

Simples[modifier | modifier le code]

  • Trippin' on Sunshine (1988)
  • Kiss EP (1989)
  • A Huge Ever Growing Pulsating Brain That Rules from the Centre of the Ultraworld (1990)
  • Little Fluffy Clouds (1990), no 10 en 1993 au Royaume-Uni
  • Perpetual Dawn (1991), no 61 au Royaume-Uni, a atteint le no 19 en 1994
  • Blue Room (1992), no 8 au Royaume-Uni
  • Assassin (1992), no 12 au Royaume-Uni
  • Oxbow Lakes (1995), no 38 au Royaume-Uni
  • Toxygene (1997), no 4 au Royaume-Uni
  • Asylum (1997), no 20 au Royaume-Uni
  • Once More (2001), no 38 au Royaume-Uni
  • Kompassion (2003) maxi
  • Komplott (2004) maxi

Albums[modifier | modifier le code]

  • The Orb's Adventures Beyond the Ultraworld (1991), no 29 au Royaume-Uni
  • Aubrey Mixes: The Ultraworld Excursions (1991)
  • U.F.Orb (1992), no 1 au Royaume-Uni
  • Live '93 (1993), no 23 au Royaume-Uni
  • Pomme Fritz (1994), no 6 au Royaume-Uni
  • Orbus Terrarum (1995), no 20 au Royaume-Uni
  • Auntie Aubrey's Excursions Beyond the Call of Duty (1996)
  • Orblivion (1997), no 19 au Royaume-Uni
  • U.F.Off: The Best of the Orb (1998), no 38 au Royaume-Uni
  • Cydonia (2001)
  • Auntie Aubrey's Excursions Beyond the Call of Duty Pt 2 (2002)
  • Bicycles and Tricycles (2004)
  • Okie Dokie It's the Orb on Kompakt (2005)
  • OrbSessions (collection de raretés) (2005)
  • The Future Academy Of Noise, Rhythm And Gardening Presents The Dream (2008)
  • The BBC Sessions 1979-2001 (2008)
  • Metallic Spheres (2010) mettant en vedette David Gilmour, de Pink Floyd
  • C Batter C (2011)
  • The Orbserver in the Star House (Featuring Lee Scratch Perry) (2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Dambre, Les musiques électroniques, Éditions Alternatives, Paris, 2001 (ISBN 2862272698).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hodgkinson, Will (2003-01-31). "Chills and thrills". The Guardian. Page consultée le 2011-09-22 (en anglais).
  2. a et b Bush, John. "The Orb Biography". Allmusic. Page consultée le 2011-09-22 (en anglais).
  3. Bennum, David (1993-03-27). "Pink Floyd Meets The Orb". Melody Maker. Page consultée le 2011-09-22 (en anglais).
  4. Bush, John. "The Orb's Adventures Beyond the Ultraworld Review". Allmusic. Page consultée le 2011-09-22 (en anglais).
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  6. Prendergast, Mark (2003). The Ambient Century: From Mahler to Moby-The Evolution of Sound in the Electronic Age. Bloomsbury Publishing PLC. pp. 407–412. ISBN 1-58234-323-3 (en anglais).
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