The Kinks Are the Village Green Preservation Society

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The Kinks Are the Village Green Preservation Society

Album par The Kinks
Sortie
Enregistré novembre 1966 – octobre 1968
Durée 38:46
Genre Rock
Producteur Ray Davies
Label Drapeau : Royaume-Uni Pye
Drapeau : États-Unis Reprise
Sanctuary (réédition)

Albums par The Kinks

The Kinks Are the Village Green Preservation Society est un album des Kinks sorti en 1968

Contexte[modifier | modifier le code]

Les Kinks n'ont jamais bénéficié du même confort et de la même liberté que leurs illustres confrères : Who, Beatles, Rolling Stones, ... Alors que les Beatles pouvaient quasiment dès 1966 (avec Revolver) sortir exactement le même disque simultanément au Royaume-Uni et aux États-Unis (pochette et contenu équivalents), les Kinks devaient composer avec leurs labels. Les deux versions présentes dans la réédition témoignent de cette contrainte. Avec The Village Green Preservation Society, le handicap vire au muselage. En effet, le projet de Ray Davies était à l'origine bien plus audacieux : l'album devait être double, comporter donc davantage de chansons, et s'intituler Four More Well-Respected Men en clin d'œil à l'énorme succès du single A Well-Respected Man. Devant les réticences de Pye Records, le leader des Kinks avait même émis l'idée de vendre le disque au prix d'un album simple.

Les budgets concédés par EMI étaient considérables pour l'époque et les studios Abbey Road étaient devenus la résidence secondaire des Beatles. Aussi, bien que le format 33 tours soit considéré depuis longtemps comme le meilleur terrain d'expression dans la musique pop, faisant de l'album une œuvre d'art, soit un tout cohérent opposable aux œuvres de musique classique, Pye percevait le groupe des Davies comme une usine à fabriquer des singles et n'était pas prête à investir sur un album entier. Cette contrainte financière explique aussi le son du disque dont on peut reprocher le manque de relief comparé aux autres productions de l'époque, par exemple S.F. Sorrow des Pretty Things.

On imagine la frustration d'un Ray Davies, pieds et poings liés, miné par des problèmes financiers et, plus grave, en proie à une dépression dévorante (voir les paroles de Days). Pourtant, malgré les difficultés, l'année 1968 restera comme le point culminant de la période de grâce de Ray Davies qui produit seul son chef d'œuvre. Résultat, les mélodies sont magnifiques à l'image de Village Green et de la chanson titre qui ouvre l'album. Ray Davies maîtrise son métier de compositeur de chansons et d'arrangeur. Ses descentes chromatiques constituent une marque de fabrique des Kinks qui armait déjà les tubes Waterloo Sunset et Sunny Afternoon. L'album prend le contrepied, musical aussi bien que sémantique, du Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles : pas de structures alambiquées à la mode psychédélique de l'époque, dont les Kinks s'étaient déjà lassés : des pop songs simples et efficaces, chacun construit comme un tube en puissance. C'est là une différence avec Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire), l'album suivant qui, avec par exemple Shangri-la, montre le savoir-faire de Ray Davies dans les structures en patchwork.

Les chansons des Kinks se situent dans la continuité de l'œuvre de Virginia Woolf. Comme elle, Ray Davies a le goût des moments in times (tranches de vie), ces instantanés de vie où le temps se suspend. Par ses portraits amusés et pleins de tendresses pour les petites gens (People Takes Pictures of Each Other, Picture Book) et tout simplement ces moments de pure existence où l'on se laisse vivre assis au bord d'une rivière (Sitting by the Riverside), Ray Davies est sans doute l'un des meilleurs chroniqueurs du Swinging London des années soixante... et des petits travers de la société de cette époque.

Côté musiciens, outre les membres des Kinks (Rasa Davies incluse) on peut noter la présence du pianiste Nicky Hopkins, session man cher à Ray Davies qui, quelques années plus tard, sera à l'origine du petit supplément de grâce sur Jealous Guy de Lennon (celui-ci fait d'ailleurs allusion au Village Green dans son morceau You Are Here).

À sa sortie, le disque est un échec commercial total. La maison de disques, qui a mal promu un projet dans lequel elle ne croyait pas, est la principale responsable. Mais on peut aussi trouver des explications à ce flop dans l'œuvre même. Au moment où les Stones sortent leur Sympathy for the Devil et que les Beatles, plus nuancés, chantent leur Revolution, les Kinks avec leurs chansons aux paroles nostalgiques, et leurs musiques un brin désuètes se montrent en opposition frontale avec l'esprit de leur époque. De l'aveu même de Ray Davies les Kinks paraissent décalés avec cet album : « Alors que tout le monde pensait qu'être à la mode, c'était prendre de l'acide, tester autant de drogues que possible et écouter de la musique dans un état comateux, les Kinks chantaient des chansons sur l'amitié perdue, des rasades de bière, des motards, des sorcières maléfiques et des chats volants » (extrait de X-Ray, l'autobiographie de Ray Davies).

Le passage du temps assurera à cet album sa revanche. Si en 1968 la dénonciation de la société dans les termes suivants :

We are the office block persecution affinity

God save little shops, china cups and virginity
We are the skyscraper condemnation affiliate
God save tudor houses, antique tables and billiards
Preserving the old ways from being abused

Protecting the new ways for me and for you

paraît simplement parodique, elle sera bien davantage perçue trente ans plus tard comme une revendication identitaire proprement britannique dans sur une planète qui vire à l'uniformisation - ce qui était probablement le cas depuis le début.

Titres[modifier | modifier le code]

Face 1[modifier | modifier le code]

  1. The Village Green Preservation Society – 2:45
  2. Do You Remember Walter? – 2:23
  3. Picture Book – 2:34
  4. Johnny Thunder – 2:28
  5. Last of the Steam-Powered Trains – 4:03
  6. Big Sky – 2:49
  7. Sitting by the Riverside – 2:21

Face 2[modifier | modifier le code]

  1. Animal Farm – 2:57
  2. Village Green – 2:08
  3. Starstruck – 2:18
  4. Phenomenal Cat – 2:34
  5. All of My Friends Were There – 2:23
  6. Wicked Annabella – 2:40
  7. Monica – 2:13
  8. People Take Pictures of Each Other – 2:10

Titres bonus de la réédition de 2004[modifier | modifier le code]

  1. The Village Green Preservation Society (Stereo)
  2. Do You Remember Walter (Stereo)
  3. Picture Book (Stereo)
  4. Johnny Thunder (Stereo)
  5. Monica (Stereo)
  6. Days (Stereo)
  7. Village Green (Stereo)
  8. Mr. Songbird
  9. Wicked Annabella (Stereo)
  10. Starstruck (Stereo)
  11. Phenomenal Cat (Stereo)
  12. People Take Pictures Of Each Other (Stereo)
  13. Days (Mono Single)