The Incredible String Band

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The Incredible String Band

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The Incredible String Band (1970)

Informations générales
Pays d'origine Écosse
Genre musical Folk
Années actives 1965 - 1974
Labels Elektra Records (1966-70)
Island Records (1971-74)
Composition du groupe
Anciens membres Robin Williamson
Mike Heron
Clive Palmer
Christina "Licorice" McKechnie
Rose Simpson
Malcolm Le Maistre
Gerard Dott
Stan Schnier
Jack Ingram
Graham Forbes
John Gilston
Bina Williamson
Lawson Dando
Claire "Fluff" Smith

The Incredible String Band est un groupe de musique psyché folk — du folk à tendance psychédélique — fondé en 1965 à Glasgow en Écosse et dissout en 1974.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts en trio, 1965-66[modifier | modifier le code]

L'incroyable orchestre à cordes comprend à l’origine Robin Williamson (chant, violon, guitare, mandoline, flûte, harpe) et Clive Palmer (banjo, chant), bientôt rejoints par Mike Heron (chant, guitare, piano, sitar). Après un premier album, paru en 1966 et encensé dans les milieux folk[réf. nécessaire], le trio choisit de marquer une pause. Robin part au Maroc, avec sa petite amie Christina « Licorice » McKechnie, pour y apprendre la flûte marocaine. Clive suit la route des hippies jusqu'en Afghanistan (il ne réintégrera l'ISB que lors de sa brève reformation, en 2000). Quant à Mike, il reste à Édimbourg où il joue du rock dans le groupe Rock Bottom and the Deadbeats.

Innovations et succès en duo, 1966-68[modifier | modifier le code]

À partir du second album, The 5000 Spirits of the Layers of the Onion, paru en 1967, l'Incredible String Band est composé de Robin Williamson et Mike Heron, auxquels se joint parfois Licorice (chant, orgue, dulcimer, percussions). Cet album reflète par son inspiration les premiers pas du psychédélisme en Grande-Bretagne[réf. nécessaire]. La chanson « The Madhatter’s Song » mêle Alice au pays des merveilles et la mythologie grecque. Au gré des compositions, chacun des membres du groupe s’improvise multi-instrumentiste, avec un attrait tout particulier pour les instruments exotiques, sitar, oud, gembré, sarangi, tablâ, kazoo, guimbarde, washboard, etc. Sur cet album et le suivant on entend aussi Danny Thompson, le bassiste de Pentangle, groupe de folk anglais inspiré par la musique médiévale, le jazz et le blues.

Salué par le public et la critique, l’album The Hangman’s Beautiful Daughter (1968) apporte au groupe la reconnaissance internationale et marque le début de plusieurs tournées à l’étranger. Invité à commenter le titre de l'album, Mike Heron explique que « le bourreau (hangman) représente les vingt dernières années de notre vie, et la belle fille (beautiful daughter) le présent. » Hommage au mouvement hippie, la suite intitulée « A Very Cellular Song » (dont Mike précise qu’elle est influencée par l’expérience du LSD) se présente comme une réflexion sur la vie, l’amour et les amibes. Elle inclut une adaptation du cantique traditionnel sikh « On That Day », et du negro spiritual des Bahamas « I Bid You Goodnight », inspirée par la version du chanteur et guitariste Joseph Spence avec la Pinder Family (aussi reprise par le Grateful Dead). Robin Williamson, adepte d'un style vocal mélismatique, mêle la tradition celtique à celle de l'Inde, l'originalité de ses compositions provenant aussi de sa fréquente utilisation de la guitare accordée en « open tuning » (accord ouvert), associée à des techniques de picking inhabituelles. Rose Simpson (chant, guitare basse, violon, percussions), la petite amie de Mike, est à son tour intégrée dans le groupe. Sur le plan de la production, l'album bénéficie d'un usage imaginatif des nouvelles techniques d'enregistrement multipiste.

En 1968 paraît le double album Wee Tam and the Big Huge. L'album est empreint d'une atmosphère quasi religieuse d'inspiration panthéiste, et explore diverses croyances et philosophies alternatives. Sur les photos de la pochette du disque, Mike et Robin apparaissent tels des mages sibyllins à l'allure androgyne. Cette même année on les entend aussi sur l'album The Power of the True Love Knot de Shirley Collins, l'égérie du renouveau du folk anglais.

Changements et expérimentations, 1968-70[modifier | modifier le code]

Les membres de l'ISB vivaient alors en communauté dans une ferme, à Pembroke au Pays de Galles. C'est dans cette campagne qu'est tourné le film Be Glad For the Song Has No Ending, réalisé par Peter Neal. Commandé à l'origine par la BBC, il comporte une première partie documentaire consacrée à l'ISB, avec des extraits de concerts, suivie d'une féerie folâtre intitulée "The Pirate and the Crystal Ball", sorte de happening illustrant l'expérience idyllique de la vie communautaire.

En concert l'ISB aborde une phase plus théâtrale, qui les distingue de la plupart des autres groupes contemporains. Outre le spectacle de leurs instruments exotiques et de leurs costumes de scène hauts en couleurs, il n'est pas rare que Robin et Mike récitent des poèmes et interprètent des saynètes surréalistes, entourés de danseurs, le tout avec la simplicité et la décontraction caractéristiques de l'ère hippie.

En 1969, l’Incredible String Band participe au Festival de Woodstock et enregistre l’album Changing Horses, qui marque certains changements, tels le recours à des instruments électriques et l’abandon de l’usage de drogues. La longue suite intitulée “Creation” emporte l'auditeur sur des mers périlleuses, à bord d’un galion d’améthyste chargé d’épices, de talismans, d’animaux fabuleux et de manuscrits sacrés, conduit par un équipage de divinités mythologiques et en route vers des contrées féeriques lointaines.

À l'automne 1970, après la sortie de l’album I Looked Up, ont lieu plusieurs représentations d'un spectacle intitulé U, “parabole surréelle chantée et dansée”, que le groupe interprète sur scène avec les Stone Monkey, une troupe de danse et pantomime. La lettre U symbolise, par sa forme, la transition entre un degré élevé de conscience spirituelle et un niveau inférieur, puis un retour à un nouvel état supérieur de conscience et de communication. Jouée à Londres et New York, cette fantaisie aventureuse et iconoclaste inspire à Mike et Robin quelques-unes de leurs meilleures compositions. L'envoûtant "Queen of Love" comporte une orchestration à cordes due à Tom Constanten, alors membre du Grateful Dead. Le jubilatoire “Hirem Pawnitof” conte l’histoire d’un bandit de grand chemin touché par la révélation quand il reçoit sur la tête le plateau à projectiles d’un entarteur. "The Rainbow" est une cantilène orgastique en plusieurs mouvements (plus de 15 minutes), ponctuée par la voix divinement suraiguë et naïve de Licorice, avec pour la première fois la présence de Malcolm Le Maistre (chant, instruments variés), membre des Stone Monkey, qui restera dans le groupe jusqu'à sa dissolution.

La fin de l'année 1970 est marquée par le départ de Rose et de Joe Boyd, le producteur et manager de l'ISB depuis le premier album. Dans son livre de mémoires (voir Annexes), Joe Boyd souligne, à propos des compositions de Mike et de Robin, que toute nouvelle chanson de l'un n'était adoptée que si elle permettait à l'autre d'apporter une contribution personnelle. Boyd évoque aussi la conversion du groupe à la Scientologie, qui semble coïncider avec un relatif déclin créatif.

Nouvelles voies, 1971-74[modifier | modifier le code]

En 1971, Mike Heron publie son premier album en solo, Smiling Men With Bad Reputations, auquel participent diverses grosses pointures du rock, notamment Richard Thompson (ex-Fairport Convention), John Cale (ex-Velvet Underground) et Pete Townshend (Who). L'année suivante paraît celui de Robin Williamson, Myrrh, où le musicien brille par ses prouesses vocales et par une inspiration qui tend à renouer avec les splendeurs passées.

Ayant quitté Elektra Records pour Island Records, l'ISB sort un nouvel opus en 1971, le très éclectique Liquid Acrobat As Regards The Air, considéré un temps comme leur meilleur album. L'année suivante voit la parution de Earthspan, puis le départ de Licorice, qui est remplacée par Gerard Dott, un musicien de jazz basé à Édimbourg, ami de longue date de Heron et Williamson.

Annexes[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Boyd, Joe : White Bicycles - Making Music in the 1960s. Serpent's Tail, 2006.

Whittaker, Adrian : Be Glad - An Incredible String Band Compendium. Helter Skelter Publishing, 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]