The Godz

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Deux groupes de rock se sont appelés The Godz. Le premier date des années 1960 et vient de New York. Le second de 1976 et joue du hard-rock. C'est du premier dont nous allons parler ici.

The Godz est un groupe de rock avant-gardiste, à l'esprit proche des dadaïstes. Bien que nettement moins connu que le Velvet Underground, il s'agit de l'une des grandes figures du rock expérimental new-yorkais, et à ce titre les ancêtres de la No wave, de Sonic Youth etc.

Historique[modifier | modifier le code]

Formé en 1965 par Jay Dillon, Larry Kessler, Jim McCarthy et Paul Thornton, les Godz sortent leur premier album, le cultissime Contact High With The Godz en 1966, chez ESP-Disk, maison de disques réputée pour laisser une totale liberté aux artistes. Elle avait déjà à son actif des disques free-jazz d'Ornette Coleman, Pharoah Sanders, Sun Ra, Albert Ayler... Ce sera aussi la maison de disques des Fugs, des Holy Modal Rounders, de Pearls Before Swine.

Ce premier album des Godz obtient immédiatement la réputation d'être le disque de rock le plus atroce de tous les temps. Il faut dire que, si on s'en tient aux critères traditionnels, le groupe ne sait pas jouer. Les guitares sont désaccordées, les compositions primitives, et ils chantent très mal.

Le disque contient une suite de morceaux folk, agrémentés d'un harmonica, d'une flûte en plastique, d'une basse, d'un banjo...selon l'humeur. Sur l'instrumental "Squeak", on entend même un violon très grinçant et quelques rythmes tribaux de batteries, et cela plusieurs mois avant le premier album du Velvet Underground. Les paroles consistent souvent en un mot, une phrase, voire des grognements. L'ensemble est joué avec une certaine jubilation frénétique et le groupe parvient finalement à créer des chansons drôles et parfois vraiment envoûtantes ("Eleven").

Avec le recul, il apparaît que cet album préfigure tout à la fois le punk que la lo-fi, voire l'Anti-folk. On pense aussi bien aux Shaggs qu'à Pavement.

Paraît ensuite, en 1967, Godz 2. Cette fois, le son du groupe s'électrifie sur plusieurs morceaux, et une chanson comme "Radar eyes" les rapproche du rock garage, digne des compilations "Nuggets" (13th Floor Elevators, The Seeds...) C'est un album chaotique, délirant et psychédélique. Dans les notes de pochette, une petite BD définit le style des Godz: "Tribal organic music". Un disque à ranger à côté de Trout Mask Replica de Captain Beefheart.

Jay Dillon quitte le groupe en 1968. Les trois rescapés enregistrent néanmoins The Third Testament. À l'instar de Red Crayola sur The Parable of Arable Land, les Godz ouvrent les portes du studio à leurs amis, qui les accompagnent avec toutes sortes d'instruments sur plusieurs morceaux, sous le nom de "The Multitude" ou "The Dogz". "The first multitude" est particulièrement hallucinant. L'album propose aussi des chansons folk étranges et quelques autres bizarreries (comme d'énumérer l'alphabet avec un mot correspondant à chaque lettre, ou d'imiter des cris d'animaux).

En 1973, le groupe enregistre un ultime album: Godzundheit.

Culte et méconnu, les Godz sont la preuve que l'on peut faire des albums riches et passionnants, sans avoir aucune connaissance technique. À vrai dire, cela les a même sans doute aidés. Leurs chansons folks, leurs improvisations et expérimentations, ont conservé une étonnante fraicheur, une merveilleuse insolence. Lester Bangs était fan.

Membres[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • Contact High wit da Godz (1966) ESP-Disk 1037
  • Godz 2 (1967) ESP-Disk 1047
  • The Third Testament (1968) ESP-Disk 1077
  • Godzundheit (1973) ESP-Disk 2017

Compilation[modifier | modifier le code]

  • Remastered (2012) Manta Ray Records