The Fountain

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The Fountain

Réalisation Darren Aronofsky
Scénario Histoire :
Darren Aronofsky
Ari Handel
Scénario :
Darren Aronofsky
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 2006
Durée 96 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

The Fountain ou La Fontaine au Québec est un film américain de science-fiction de 2006 réalisé par Darren Aronofsky, avec Hugh Jackman et Rachel Weisz.

Synopsis[modifier | modifier le code]

The Fountain est une odyssée sur le combat millénaire d'un homme pour sauver la femme qu'il aime, mais aussi son voyage initiatique dans l'acceptation de la mort.
Il s'agit aussi d'un combat intérieur afin d'atteindre un état pur, de liberté, de plénitude et d'amour.

Le film relate trois récits entrelacés qui se déroulent dans le cadre de l'Espagne des conquistadores, le présent et une dimension spirituelle que vit le personnage principal lorsqu'il est en transe méditative.

Ces trois récits entrelacés peuvent être perçus comme un seul récit qui comporte trois réalités. Il s'agirait alors du récit d'un homme à travers le temps et à travers son évolution intérieure et spirituelle.

Plan[modifier | modifier le code]

Le scientifique
Intitulée Dante et Béatrice au Paradis, cette gravure de Gustave Doré présente des formes semblables à la représentation circulaire et « nuageuse » du centre de Xibalba dans The Fountain.

Le chercheur en cancérologie Tommy Creo (Hugh Jackman) tente de trouver le moyen de guérir le cancer du cerveau grâce à des expérimentations sur des singes rhésus. Son travail est motivé par la maladie de sa femme, Izzi (Rachel Weisz), elle-même atteinte du cancer. Après l'échec des tests effectués sur un singe nommé Donovan, Tommy trouve l'inspiration et prend le risque d'utiliser un composé non testé provenant d'un arbre du Guatemala. Tout d'abord, le traitement ne stoppe pas l'évolution de la tumeur mais entraîne toutefois le rajeunissement du singe, soigne ses blessures et améliore ses capacités cognitives.

De retour chez lui, Izzi montre à Tommy une nébuleuse dorée, la lui décrivant comme Xibalba, l'au-delà des Mayas. Elle lui montre aussi le livre qu'elle est en train d'écrire, se déroulant au temps des conquistadores et intitulé « The Fountain ». Quand elle s'assoupit, Tommy lit le livre et s'assoupit à son tour. Quand il se réveille, il s'aperçoit qu'Izzi s'est rendue au musée. Il la retrouve là-bas et elle lui explique l'histoire de la création d'après les Mayas. Elle s'évanouit soudain et est amenée à l'hôpital. Elle raconte à Tommy, qui est à son chevet, qu'elle ne craint plus la mort. Toutefois Tommy ne peut l'accepter et retourne à son laboratoire, travaillant plus dur encore pour trouver un remède.

Pendant une visite, Izzi fait un arrêt cardiaque et Tommy est forcé de quitter la chambre. Lillian Guzetti (Ellen Burstyn), l'associée de Tommy, le trouve dans le hall et lui apprend que la tumeur de Donovan régresse. Tommy court alors dans la chambre d'Izzi pour retrouver sa femme décédée. Il s'acharne à lui faire un massage cardiaque désespéré, et vit très mal ce départ qu'il considère comme un échec. Aux funérailles d'Izzi, Tommy dit à Lillian : « La mort est une maladie, comme n'importe quelle autre. Et il y a un remède. Et je le trouverai. »

Le conquistador
Isabelle de Portugal selon le peintre Titien.

Au XVIe siècle, le Grand Inquisiteur Silecio (Stephen McHattie) diabolise la reine d'Espagne, Isabelle (Rachel Weisz). Il annexe lentement des territoires dans le but de lui ravir le contrôle de l'Espagne et exécute ses partisans. Tomas (Hugh Jackman), un conquistador au service de la Reine, tente d'assassiner l'inquisiteur mais se fait arrêter par un subordonné, le Capitaine Ariel (Cliff Curtis), qui porte un message urgent de la Reine. De retour auprès d'Isabelle, Tomas se voit donner la mission de retrouver l'« Arbre de Vie » tel qu'il est décrit dans la Bible. La localisation de l'arbre est indiquée sur une carte cachée sur une dague Maya volée par le Père Avila (Mark Margolis), appartenant à l'ordre des Franciscain fidèles à la reine.

Tomas voyage vers le nouveau monde avec le Père Avila et ses compagnons conquistadores pour découvrir l'arbre. Comme la recherche n'aboutit pas, et que les morts se multiplient, les survivants se mutinent. Tomas restaure l'ordre en tuant le Capitaine Ariel et d'autres mutins, et Avila leur révèle qu'ils sont arrivés à destination avant de pousser son dernier soupir. Tandis que Tomas approche de la pyramide en haut de laquelle l'arbre pousse, les guerriers mayas tendent un piège aux conquistadores. Les deux derniers compagnons de Tomas sont tués pendant qu'ils tentent de fuir. Il se retrouve désarmé et forcé par les guerriers à monter les marches de la pyramide à la suite du prêtre maya. Lorsqu'il arrive en haut, Tomas est aveuglé et blessé à l'abdomen par le prêtre.

L'homme en transe
Site de Palenque au Mexique, visité par Darren Aronofsky durant la création du film.

Tom (Hugh Jackman), dans son état de méditation, est au cœur d'une nébuleuse, dans une bulle transparente en suspension qui ne contient que lui et un immense arbre à l'agonie. Tom médite en padmasana et pratique le tai-chi-chuan, mais même alors il est hanté par les visions d'Izzi. Il parle à l'arbre, et lui assure qu'il revivra à leur arrivée à l'étoile. Malgré cela l'arbre semble mourir et se replier sur lui-même, parallèlement à la mort d'Izzi dans le monde réel. Izzi apparait dans une vision et encourage son mari à finir d'écrire son livre, « The Fountain », en lui répétant qu'il en connait la fin. Tom fait alors face à sa peur de la mort, accepte celle de sa femme mais aussi la sienne.

Résolution

Au lieu de tuer Tomas, le prêtre reconnaît en lui le Père Originel, la divinité qui se sacrifia pour créer le monde. Le prêtre se présente alors lui-même en sacrifice et Tomas lui tranche la gorge. Le conquistador trouve ensuite l'Arbre de Vie et en extrait la sève pour l'appliquer sur sa blessure. Voyant la blessure soignée, il boit avidement la sève. Des bouquets de fleurs sortent alors de son corps, le recouvrant sous l'arbre. Le Tom de la méditation comprend alors qu'il a échoué. Il grimpe à l'arbre mourant et sort de la sphère, puis « vole » dans une posture de méditation vers le cœur de la nébuleuse. Il atteint l'illumination et l'arbre se couvre de feuilles. Le Tommy du présent est enfin montré plantant une bague de l'arbre de la sphère sur la tombe d'Izzi.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

The Fountain
Music From The Motion Picture

Album par Clint Mansell & Kronos Quartet
Sortie
Durée 46:21
Genre Musique de film, Quatuor
Label Nonesuch Records

Albums par Clint Mansell & Kronos Quartet

Le Kronos Quartet en 2006.

Clint Mansell, le compositeur des deux précédents films d'Aronofsky, Pi et Requiem for a Dream, reprit son rôle de compositeur pour The Fountain. Le Kronos Quartet, qui avait également participé à la bande originale de Requiem for a Dream, et le groupe post-rock écossais Mogwai contribuèrent aussi à la bande originale du film[2]. Darren Aronofsky espérait que David Bowie, dont la chanson Space Oddity avait eu une grande influence sur la partie futuriste du film, aurait enregistré une chanson pour le film tandis qu'il travaillait brièvement avec Clint Mansell pendant la production[3]. Son espoir était de retravailler et faire chanter par Bowie des parties de la bande originale, toutefois cela ne se réalisa pas[4]. Mansell chercha alors des sonorités qui pouvaient lier ensemble les trois périodes du film. Son souhait était de créer une sensation organique et il pensa à ajouter des éléments orchestraux et électroniques[5]. La musique a été réalisée dans le même temps que la production du film, et non pendant la post-production. Mansell créa une ambiance qui fleurit tandis que le film progresse[6].

L'écriture de la musique de The Fountain s'étala sur cinq à six ans. Initialement, le compositeur souhaitait n'utiliser que des percussions quand le film était encore censé avoir une échelle épique. Mansell, manquant de formation pour la musique classique, collabora avec un assistant pour la création de la musique. Ils reconstruisirent ensemble les morceaux initiaux et les rejouèrent de sorte que les mélodies puissent suivre harmonieusement la progression du film. Le titre Together We Will Live Forever était un morceau électronique créé par Mansell pour accompagner les scènes où le héros se remémore son passé. Le chanteur Antony Hegarty fut appelé pour créer un morceau vocal à partir de Together We Will Live Forever pour la musique de fin, mais le réalisateur décida qu'un morceau chanté ne serait pas approprié pour la fin du film. Le titre fut à la place rejoué avec le pianiste Randy Kerber[4].

Nonesuch Records, la maison de distribution du Kronos Quartet, sortit la collaboration musicale entre Clint Mansell, le Kronos Quartet et Mogwai sous le titre The Fountain: Music from the Motion Picture le 21 novembre 2006 aux États-Unis[7].

Clint Mansell fut nommé en 2006 au Golden Globe de la meilleure musique de film pour The Fountain[8] mais perdit au profit d'Alexandre Desplat pour Le Voile des illusions (The Painted Veil)[9]. Mansell fut aussi nommé la même année au BFCA Critic's Choice Award for Best Composer, mais perdit également face à Philip Glass pour The Illusionist[10]. Enfin, Mansell gagna, toujours en 2006, la récompense du Chicago Film Critics Association pour la meilleure bande originale[11].

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film a été un échec commercial, rapportant seulement 15 978 422 $ au box-office mondial (dont 10 144 010 $ aux États-Unis)[1]. Il a réalisé 201 740 entrées en France, 9 284 au Québec, 8 162 en Belgique et 4 624 en Suisse[12].

Il a obtenu des critiques mitigées, recueillant 51 % de critiques positives, avec une note moyenne de 5,9/10 et sur la base de 189 critiques collectées, sur le site internet Rotten Tomatoes[13]. Il obtient un score de 51/100, sur la base de 36 critiques, sur Metacritic[14]. En 2008, le magazine Empire l'a classé à la 484e place dans sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps[15].

En France, la presse a elle aussi été totalement divisée sur ce film, qui obtient une note moyenne de 2,6/5 sur la revue de presse d'AlloCiné, la plupart des critiques l'ayant ou adoré, ou détesté[16].

Parmi les critiques positives, Thierry Chèze, de Studio Magazine, évoque « une histoire hors du commun mêlant intimement la mort et l'amour » et pense que le film « méritera au fil des années d'être analysé, commenté, exploré »[17] ; Mathieu Carratier, de Première estime que le grand public sera rebuté par le ton ambitieux et non-conventionnel du film et sera ainsi privé « d'une des oeuvres les plus fascinantes à avoir foulé les salles depuis très longtemps » ; Yann Lebecque, de L'Écran fantastique évoque un « voyage initiatique aussi émouvant qu'époustouflant » qui « nous emporte dans un maelström d'images et d'émotions » ; David Doukhan, de Mad Movies parle d'une « œuvre à fleur de peau transpirant la sincérité, et soutenue par la superbe musique de Mansell et Mogwai » ; Éric Coubart, de Brazil d'« un beau voyage original et métaphysique sous une réalisation sophistiquée » ; pour Olivier Bonnard, du Nouvel Observateur, le film est « un poème épique et intimiste, métaphysique et bouleversant » ; et Stéphanie Belpêche, du Le Journal du dimanche trouve que « Hugh Jackman n'a jamais été aussi convaincant »[16].

Du côté des critiques négatives, Thomas Sotinel, du Monde, pense que le film est amusant involontairement ; pour Vincent Ostria, des Inrockuptibles, « Aronosky tombe dans le kitsch psychédélique » ; Gilles Renault, de Libération, évoque un film « indubitablement emphatique et fumeux » ; Marie Sauvion, du Parisien, trouve que le film est prétentieux et ridicule ; pour Yann Tobin, de Positif les effets spéciaux servent de « cache-misère » ; Stéphanie Delorme, des Cahiers du cinéma, s'inquiète de « l'absence totale d'humour » d'Aronofsky ; et Alain Spira, de Paris Match, évoque un « film illuminé se perd dans les volutes fumeuses d'un scénario alambiqué et prétentieux »[16].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, cette liste provient d'informations de l'Internet Movie Database[18].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Roman graphique[modifier | modifier le code]

The Fountain aurait pu ne pas voir le jour : à la suite de ses deux grands succès Pi et Requiem for a Dream, Darren Aronofsky avait prévu de tourner ce film avec Cate Blanchett et Brad Pitt courant 2002. Ce dernier a cependant quitté le tournage pour rejoindre celui de Troie[19], obligeant le réalisateur à renoncer à son film. Celui-ci, désireux de transmettre néanmoins son histoire au public, se tourna vers l'illustrateur et dessinateur Kent Williams, lui confiant son scénario et le chargeant d'en faire un roman graphique. Parallèlement, reprenant son projet à zéro et envisageant un budget inférieur à ce qui était prévu au départ, Darren Aronofsky réussit à convaincre Hugh Jackman de reprendre le rôle laissé vacant par le départ de Brad Pitt et à sortir son film fin 2006. Cependant, séduit par le travail effectué par Kent Williams, il a souhaité laisser le roman graphique sortir en librairie pour toucher un autre public et donner un autre regard sur une histoire qui lui tenait énormément à cœur, comme il l'explique dans la postface de celui-ci. Une version traduite en français est parue au printemps 2006 chez Emmanuel Proust éditions. Certaines scènes du film reprennent directement des dessins de Kent Williams notamment lorsqu'on voit le personnage et l'arbre de vie évoluer dans une bulle à travers l'espace.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « The Fountain » (voir la liste des auteurs)

  1. a et b (en) « The Fountain », Box Office Mojo
  2. « Mogwai Contribute to Film Score on Aronofsky Film 'The Fountain' », Spacelab Music News,‎ 1 août 2006 (consulté le 10 novembre 2006)
  3. Daniel Robert Epstein, « Darren Aronofsky - The Fountain », SuicideGirls,‎ 1 avril 2005 (consulté le 10 novembre 2006)
  4. a et b « ScoreKeeper With FOUNTAIN Composer Clint Mansell!! », Ain't It Cool News,‎ 27 novembre 2006 (consulté le 17 février 2007)
  5. (en) Jonah Weiland, « Talking with the Makers of "The Fountain" », Comic Book Resources,‎ 11 avril 2005 (consulté le 10 novembre 2006)
  6. (en) Steve Dollar, « The Fountain of youth... », Paste (magazine),‎ 6 novembre 2006 (consulté le 11 novembre 2006)
  7. Amy Phillips, « Stream: The Fountain Clips Ft. Mogwai, Antony », Pitchfork,‎ 13 octobre 2006 (consulté le 11 novembre 2006)
  8. « Hollywood Foreign Press Association Announced the Nominations for the 64th Golden Globe Awards », Hollywood Foreign Press Association,‎ 14 décembre 2006 (consulté le 14 décembre 2006)
  9. « Nominations and Winners », Hollywood Foreign Press Association (consulté le 21 janvier 2007)
  10. « Nominees 2006 », Broadcast Film Critics Association (consulté le 14 décembre 2006)
  11. « Winners of the 19th Annual Chicago Film Critics Awards (2006) », Chicago Film Critics Association (consulté le 28 janvier 2007)
  12. « The Fountain », Lumière (consulté le 18 février 2011)
  13. (en) « The Fountain », Rotten Tomatoes
  14. (en) « The Fountain », Metacritic
  15. (en) « The 500 Greatest Movies of All Time », Empire (consulté le 26 mars 2011)
  16. a, b et c « The Fountain - Critiques Presse », AlloCiné (consulté le 18 février 2011)
  17. « The Fountain », L'Express (consulté le 18 février 2011)
  18. (en) « Awards for The Fountain », Internet Movie Database
  19. Brad Pitt et la Guerre de Troie - CineMovies

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Cloud Atlas (film mettant en scène des personnages récurrents, vivant en plusieurs périodes historiques)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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