The Barber
The Barber
L'Homme qui n'était pas là
| Titre québécois | L'Homme qui n'était pas là |
|---|---|
| Titre original | The Man Who Wasn't There |
| Réalisation | Joel Coen Ethan Coen (non crédité) |
| Scénario | Joel et Ethan Coen |
| Sociétés de production | Good Machine Gramercy Pictures Mike Zoss Productions The KL Line Working Title Films |
| Pays d’origine | |
| Genre | Film noir, thriller |
| Sortie | 2001 |
| Durée | 106 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
The Barber ou L'Homme qui n'était pas là au Québec (The Man Who Wasn't There) est le 9e film des frères Coen sorti en 2001. Le film est en noir et blanc.
Cette même année, le film reçut le prix de la mise en scène au festival de Cannes, ex æquo avec Mulholland Drive de David Lynch.
Sommaire |
Analyse du film [modifier]
- Le film constitue un réquisitoire contre la justice américaine, qui se trompe du début à la fin :
- elle accuse Doris d'un meurtre qu'elle n'a pas commis ;
- elle accuse Ed, qui a seul commis le crime imputé à Doris, d'un autre meurtre qu'il n'a pas commis, et le condamne à la peine de mort pour ce crime.
- Le problème essentiel et existentiel du héros, Ed, est que personne ne le remarque, personne ne fait attention à lui : il n'est qu'un coiffeur, que tout le monde ignore dans l'indifférence la plus totale. À la fin du film, lorsque son premier avocat prendra sa défense dans le premier procès, il invoquera le fait qu'il est un « homme banal », un « homme du XXe siècle », un « homme comme vous et moi », « un simple coiffeur », et qu'à ce titre il n'a pas pu commettre de meurtre, en raison même de sa banalité. Il tout près de le faire acquitter, avant qu'un événement fortuit n'entraîne l'annulation du procès.
Résumé du film [modifier]
Présentation des personnages et mise en place de l'intrigue [modifier]
Santa Rosa (Californie), 1949 : Ed Crane, coiffeur dans le salon de coiffure dont les parents de sa femme Doris sont propriétaires, est un homme rongé par la mélancolie.
Un jour, il apprend de la bouche d'un voyageur de commerce à qui il coupe les cheveux que ce dernier recherche un associé pour ouvrir un salon de nettoyage à sec ; ce voyageur de commerce s'occuperait de la logistique pratique, tandis que l'associé serait l'apporteur de capital, les bénéfices étant partagés par moitié.
Ed sait aussi que sa femme Doris le trompe avec son ami « big Dave ».
Ed décide de faire chanter celui-ci : il lui envoie une lettre anonyme lui ordonnant de payer 10 000 dollars. L'argent obtenu lui permettrait ainsi de redémarrer sa vie grâce à une association faite avec le voyageur de commerce.
Dave renonce à un important projet professionnel qu'il avait en vue et paie la somme réclamée ; Ed remet cette somme au voyageur de commerce.
Mais les choses tournent mal lorsque Dave découvre que c’est Ed qui le fait chanter. En effet, il a croisé la route du voyageur de commerce, l'a frappé et celui-ci lui a parlé d'Ed et des 10 000 dollars. Dave, ayant compris la manœuvre de son ami, le fait venir dans son magasin, le menace et tente de le tuer en l'étranglant. Ed se défend et lui plante un couteau dans la carotide : Dave s'écroule raide mort.
Doris accusée d'un meurtre qu'elle n'a pas commis [modifier]
La police, durant l'enquête, apprend que Doris et Dave avaient une liaison, et un témoin croit se souvenir que le soir du meurtre Doris était au magasin de Dave. Les policiers pensent donc que c'est Doris qui a tué Dave et qui a tout organisé. Elle est incarcérée.
Ed sait bien que sa femme n'a rien fait ; la famille de cette dernière fait appel à un ténor du barreau, Me Freddy Riedenschneider, qui a recours à des détectives privés.
Ed fait aussi la connaissance de Rachel, surnommée « Birdy », 15 ans, fille d'un des clients du salon de coiffure ; Birdy joue passablement bien du piano, mais Ed pense qu'elle en joue admirablement.
Ed apprend que le voyageur de commerce a disparu dans la nature avec les 10 000 dollars : toute sa lamentable « magouille » n'a servi à rien, et a abouti à la ruine et à la mort de son ami, à l'incarcération de son épouse et à une solitude plus profonde.
L'avocat apprend par ses détectives que Dave, en fait, avait menti sur ses activités pendant la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il n'avait rien fait d'héroïque, contrairement à ce qu'il prétendait. Il prépare activement le procès. Lorsqu’un jour Ed s'accuse devant Doris et Me Riedenschneider du meurtre de Dave, l'accusée comme l'avocat ne le croient pas et prennent ses paroles comme une pure théorie pour tenter de sauver Doris.
Le jour de l'ouverture du procès, le juge annonce aux personnes présentes que Doris vient de se suicider par pendaison, et que le procès n'aura pas lieu.
Ed accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis [modifier]
Par la suite, Ed apprend que lors du décès, Doris était enceinte d'au moins trois mois : comme ils n'avaient pas eu de relations sexuelles depuis très longtemps, l'enfant ne pouvait être que celui de Dave. Il revoit aussi Rachel-Birdy, qui se montre plus mature que ce à quoi il s'attendait.
Un jour, en revenant d'une audition avec Rachel-Birdy, ils ont un grave accident de voiture. Ed se réveille à l'hôpital. À son chevet, des policiers lui annoncent qu'il est accusé de meurtre. Ed croit que l'on fait allusion à Birdy ; mais non : elle n'a eu qu'une clavicule cassée. C'est donc pour le meurtre de Dave ? Non plus ! En réalité Ed, interloqué, apprend qu'il est accusé du meurtre du représentant de commerce.
En fait, c'est Dave qui avait tué cet homme et avait envoyé son corps au fond du port. Et lorsque la police a retrouvé le corps, on a découvert près de lui le contrat faisant état de la société à créer, des 10 000 dollars, du partage par moitié des bénéfices. On suppose donc qu'Ed a tué cet homme par vengeance, parce qu'il avait pris la fuite avec son argent.
Un procès est organisé quelques mois après. L'ancien avocat de Doris, Me Riedenschneider, défend brillamment Ed, et sa plaidoirie convainc le jury, mais le procès est annulé in extremis en raison d'un vice de procédure (le beau-frère d'Ed tente de le frapper durant la plaidoirie).
Lors du second procès, il est défendu par un avocat qui n'a pas le talent de Me Riedenschneider : l'avocat plaide coupable et sollicite les circonstances atténuantes. Ed est toutefois condamné à la peine de mort.
La dernière image montre Ed sur la chaise électrique, avec le surveillant pénitentiaire qui actionne la manette envoyant le courant électrique.
Fiche technique [modifier]
- Titre original : The Man Who Wasn't There
- Titre français complet : The Barber : l'homme qui n'était pas là
- Titre québécois : L'Homme qui n'était pas là
- Réalisation : Joel Coen, Ethan Coen (non crédité)[1]
- Scénario : Joel et Ethan Coen
- Directeur de la photographie : Roger Deakins
- Direction artistique : Chris Gorak
- Décors : Dennis Gassner
- Costumes : Mary Zophres
- Montage : Tricia Cooke, Ethan Coen et Joel Coen
- Musique originale : Carter Burwell
- Production : Tim Bevan, Eric Fellner (producteurs exécutifs) ; Ethan Coen (producteur) ; John Cameron (coproducteur) ; Robert Graf (producteur associé)
- Distribution :
- Budget : 20 millions USD
- Pays : États-Unis, Royaume-Uni
- Langues originales : anglais, italien, français
- Format : Noir et blanc • 1.85:1 • 35mm
DTS • Dolby Digital • SDDS - Durée : 116 minutes
- Dates de sortie :
Distribution [modifier]
Légende : V.F. : Voix françaises[2]
- Billy Bob Thornton (V.F. : Féodor Atkine) : Ed Crane
- Frances McDormand (V.F. : Nanou Garcia) : Doris Crane
- Michael Badalucco : Frank Raffo
- James Gandolfini (V.F. : Gabriel Le Doze) : Dave « Big Dave » Brewster
- Katherine Borowitz : Ann Nirdlinger
- Jon Polito : Creighton Tolliver
- Scarlett Johansson (V.F. : Anna Sigalevitch) : Rachael « Birdy » Abundas
- Richard Jenkins : Walter Abundas
- Tony Shalhoub : Freddy Riedenschneider
- Christopher Kriesa : Persky
- Brian Haley : Pete Krebs
- Jack McGee : Burns
Autour du film [modifier]
- Le film est en noir et blanc, ce qui souligne le contraste et rend hommage aux films noirs des années 1940. Les producteurs avaient exigé qu'il existe une version en couleurs destinée au marché vidéo. Cette version est disponible sur le coffret collector 3 DVD du film.
- Pour ce film, les frères Coen se sont également inspirés du travail de James Cain.
- Pour Joel Coen, l'idée de départ vient d'une scène du 5e film des frères Coen, Le Grand Saut (1994) : la scène se passe dans la boutique d'un coiffeur, il y avait une affiche présentant des coupes de cheveux des années 1940. Les deux frères ont alors commencé à imaginer une histoire autour d'un coiffeur qui aurait pu réaliser ces coupes.
- L'histoire du film se déroule dans la ville de Santa Rosa en Californie, là même où se situait l'action de L'Ombre d'un doute d'Alfred Hitchcock.
- L'hôtel où loge Creighton Tolliver s'appelle le « Hobert Arms ». Un hôtel portait le même nom dans Le Grand Sommeil de Howard Hawks 1946.
- Le nom du personnage interprété par Tony Shalhoub, Riedenschneider, est une référence au personnage joué par Sam Jaffe dans Quand la ville dort de John Huston (1950).
- Tout au long du film, de nombreux extraits de sonates de Ludwig van Beethoven sont entendus. Parmi eux, la Pathétique, l'Appassionata, la Clair de Lune ou encore la 30e sonate.
- L'avocat Freddy Riedenschneider évoque l'énoncé du principe d'incertitude en recherchant des arguments pour sa plaidoierie, provenant d'après lui d'un "schleu nommé Fritz ou Werner, peu importe".
- Lors de la première confrontation entre l'avocat "Riedenschneider" et le couple Crane, l'avocat évoque le meurtre en parlant d'un coup de stylet dans l'aorte et montre son cou. Il s'agit de la carotide qui est atteinte (erreur de la version doublée en français) et non de l'aorte qui se trouve elle dans la région du cœur.
Distinctions [modifier]
Récompenses [modifier]
- Festival de Cannes 2001 : prix de la mise en scène pour Joel Coen (ex æquo avec Mulholland Drive de David Lynch)[3]
- Boston Society of Film Critics Awards 2001 : meilleure photographie pour Roger Deakins
- San Diego Film Critics Society Awards 2001 : meilleure photographie pour Roger Deakins
- Southeastern Film Critics Association Awards 2001 : meilleur acteur pour Billy Bob Thornton
- Los Angeles Film Critics Association Awards 2001 : meilleure photographie pour Roger Deakins
- Australian Film Institute Awards 2002 : directeur de la photographie de l'année pour Roger Deakins
- American Society of Cinematographers 2002 : meilleure photographie d'un film pour Roger Deakins
- BAFTA Awards 2002 : meilleure photographie pour Roger Deakins
- Prix David di Donatello 2002 : meilleur film étranger
- London Film Critics Circle Awards 2002 : acteur de l'année pour Billy Bob Thornton, scénaristes de l'année pour Joel et Ethan Coen
- Satellite Awards 2002 : meilleure photographie pour Roger Deakins
- Russian Guild of Film Critics Awards 2002 : meilleur acteur pour Billy Bob Thornton
- Chlotrudis Awards 2002 : meilleur acteur pour Billy Bob Thornton
Nominations [modifier]
- Oscars 2002 : meilleure photographie pour Roger Deakins
- César 2002 : meilleur film étranger
- Australian Film Institute Awards 2002 : meilleur film, meilleur acteur pour Billy Bob Thornton, meilleur second rôle masculin pour Tony Shalhoub
- Saturn Awards 2002 : meilleur film d'action, d'aventures ou thriller, meilleur acteur pour Billy Bob Thornton, meilleure actrice dans un second rôle pour Frances McDormand
- Critics Choice Awards 2002 : meilleur film, meilleur scénario pour Joel et Ethan Coen
- Chlotrudis Awards 2002 : meilleure photographie d'un film pour Roger Deakins
- Bodil 2003 : meilleur film américain
Notes et références [modifier]
- Ethan Coen ne sera crédité comme réalisateur qu'à partir de Ladykillers en 2004. Il est cependant coréalisateur de tous les films des frères Coen.
- http://voxofilm.free.fr/vox_B/barber.htm
- Voir sur IMDB.
Liens externes [modifier]
- (en) The Barber sur l’Internet Movie Database
- The Barber sur AlloCiné
- Film dramatique britannique
- Film dramatique américain
- Thriller britannique
- Thriller américain
- Film britannique sorti en 2001
- Film américain sorti en 2001
- Film réalisé par les frères Coen
- Film traitant de la peine de mort
- Film en noir et blanc
- Film se déroulant en Californie
- Film avec un British Academy Film Award de la meilleure photographie
- Film nommé aux Oscars
- Film avec un prix de la mise en scène au Festival de Cannes