Theôrikón

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Dans l'antiquité grecque, durant la démocratie athénienne, le theôrikón ou theoricon (en grec ancien : θεωρικόν) est un fonds d'indemnité permettant aux citoyens pauvres de la cité d'assister aux représentations théâtrales ou d'accéder aux sanctuaires lors des festivités religieuses - particulièrement lors des Dionysies - et d'ainsi participer aux célébrations à travers lesquelles la cité affirme son identité démocratique.

Cette indemnité se transforme progressivement en une allocation de secours pour les citoyens les plus démunis, permettant de maintenir un relatif équilibre social de la cité jusqu'à la chute de la démocratie athénienne.

Origine[modifier | modifier le code]

Elle est bien attestée au IVe siècle av. J.-C., mais c'est probablement dès l'époque de Périclès, un siècle plus tôt, que cette indemnité est instituée, pendant religieux du misthos (salaire) rémunérant déjà les citoyens pauvres afin qu'ils puissent assurer certaines charges publiques ou les rétribuant pour leur présence au séances du tribunal puis au sein de l'Héliée et de la Boulê, dans une mesure qui renforce le caractère démocratique du régime athénien. Plutarque cite ainsi l'institution par Périclès d'une theôriká [1] dans laquelle le theôrikón puise vraisemblablement ses origines[2].

La transformation sous la magistrature d'Euboulos[modifier | modifier le code]

Sous la magistrature d'Euboulos, entre -356 et -346, dans le cadre plus vaste de profondes réformes financières visant à tenter de restructurer les finances d'Athènes, définitivement privée des ressources de son hégémonie égéenne après la Guerre sociale, cette caisse reçoit les excédents budgétaires de la Cité versés auparavant dans les fonds militaires, le stratiôtikon.

Euboulos crée notamment un collège de préposés au Theôrikón élus pour quatre ans ; c'est une des rares magistratures pluriannuelles d'Athènes. Cette caisse reçoit ainsi de plus en plus d'argent et permet la construction de nouveaux monuments. Euboulos fait par ailleurs en sorte que quiconque propose le transfert des excédents vers la caisse militaire soit jugé par les citoyens.

Démosthène[modifier | modifier le code]

Certains athéniens comme Démosthène voient dans la montée en puissance de Philippe II de Macédoine un danger majeur pour la démocratie contre lequel il faut réagir en donnant la priorité aux dépenses militaires. En -349, Démosthène, à travers ses trois Olynthiennes destinées à convaincre les citoyens athéniens de secourir la ville d'Olynthe assiégée par Philippe, évoque la suppression du transfert de ces excédents de la caisse du Theôrikón au profit de la caisse militaire, le strategikon. Cette première tentative échoue et ce n'est qu'en -339 que le transfert s'opère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. en grec ancien : θεωρικά
  2. cf. David Kawalko Roselli, voir bibliographie

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David Kawalko Roselli, « Theorika in Fifth-Century Athens », in Greek, Roman and Byzantine Studies, n° 49 , 2009, pp. 5-30. article en ligne

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • Claude Mossé, Dictionnaire de la civilisation grecque, éd. Complexes, 1998, p. 474, extrait en ligne
  • Articles Eubule et Démosthène in Encyclopaedia Universalis, édition 2010