That's All Right (Mama)

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That’s All Right (Mama) est une chanson d’Arthur Crudup, dont l’interprétation la plus célèbre est celle d’Elvis Presley en 1954, éditée par Sun Records. Certains considèrent que l’enregistrement de ce disque par le King représente l’acte fondateur du Rockabilly.

Version originale[modifier | modifier le code]

La version originale, enregistrée par « Big Boy » Crudup le à Chicago, est un blues rapide. Crudup, au chant et à la guitare, est accompagné par Ranson Knowling à la contrebasse et Judge Riley à la batterie. Le disque est édité par Victor, à la fin de l'année, mais ne rencontre aucun succès. Quelqu'un dans la maison de disques y croyait suffisamment pour que, en mars 1949, ce blues soit réédité à l'occasion d'une évolution technologique de sa création, le single, en attribuant une couleur spécifique aux disques de rhythm'n'blues, l'orange. Malgré cette louable intention - surtout pour un artiste noir - ce tout premier single américain de couleur orange ne remporte pas davantage de succès que trois ans auparavant[1].

Version d’Elvis Presley[modifier | modifier le code]

La reprise d’Elvis Presley est enregistrée le à Memphis[2]. Le chanteur s’était rendu au studio de Sam Phillips avec l’intention de chanter la ballade country I Love You Because. À la fin de la séance, il improvise That’s All Right et Blue Moon of Kentucky avec les deux musiciens de studio qui l’accompagnent : le guitariste Scotty Moore et le contrebassiste Bill Black. C’est presque par hasard que Phillips enregistre les deux titres, mais il découvre chez Elvis ce qu’il recherchait : « Si je trouvais un Blanc qui ait le son noir et la sensibilité noire, ça pourrait me rapporter un million de dollars », l’entendait-on dire à l’époque[3].

La chanson sort le 19 juillet de cette même année en 45 tours et en 78 tours, sous la référence Sun 209. La durée est de 1 minute et 55 secondes. Blue Moon of Kentucky se trouve en face B. C’était le deuxième enregistrement d’Elvis Presley pour Sun, mais le premier à être commercialisé ; et, contrairement à une idée répandue, ce n’est pas ce titre qu’Elvis a enregistré pour offrir à sa mère, mais My Happiness et That’s When Your Heartaches Begin, un an auparavant.

Le disque porte le titre That’s All Right — sans le « (Mama) » du titre original —, et il mentionne le nom des artistes : « ELVIS PRESLEY, Scotty and Bill ». Elvis Presley assure le chant et la guitare rythmique, Scotty Moore est à la lead guitar et Bill Black à la contrebasse. L’enregistrement ne comporte pas de batterie ni aucun autre instrument.

Au cours des six premiers mois, l’autre chanson, Blue Moon of Kentucky (du chanteur de bluegrass Bill Monroe), est plus populaire que That’s All Right[réf. nécessaire]. Malgré ce succès local, Phillips éprouva des difficultés financières qui l’amenèrent à vendre le contrat de Presley en novembre 1955, pour 35 000 dollars, à RCA.

Ce titre a reçu un Grammy et a été désigné par le magazine Rolling Stone comme étant le disque qui avait marqué le début de la révolution du rock. En 2003, elle a été classée 112e plus grande chanson de tous les temps par ce même magazine.

En juillet 2004, plus de mille stations de radio ont célébré le 50e anniversaire du rock en jouant That’s All Right (Mama).

Autres reprises[modifier | modifier le code]

Les Beatles ont repris la chanson le pour l’émission de la BBC Pop Go The Beatles diffusée le 16 juillet. Cette version se trouve sur l’album Live at the BBC.

En 2001, le producteur Ahmet Ertegün[4] crée l’album Good Rockin’ Tonight: The Legacy of Sun Records, la bande originale du documentaire American Masters, sur lequel figure, entre autres, Paul McCartney dans sa version de That’s All Right enregistrée à New York avec les anciens musiciens de Presley, Scotty Moore à la guitare et D.J. Fontana à la batterie[5].


Parmi les nombreux artistes ayant interprété That’s All Right, on peut citer également[6] :

En France, la chanson est reprise notamment par Johnny Hallyday sur les albums Nashville 84 et Lorada Tour (1996), Alain Bashung sur Réservé aux Indiens (1993), et Dick Rivers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jim Dawson and Steve Propes, What was the first rock'n'roll record ?, Faber & Faber, 1992
  2. Phillips - Sun Studios Memphis - The Father of Rock ’n’ Roll sur elvispresleynews.com.
  3. [1] Mystery Train : images de l’Amérique à travers le rock’n’roll, de Greil Marcus.
  4. Directeur général de la maison de disques Atlantic Records.
  5. Non présent sur le disque d’origine, mais batteur régulier de Presley.
  6. Second Hand Songs