Thalia dealbata

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Thalia dealbata
Muséum de Toulouse

La thalie blanchie - Thalia dealbata - est une plante de la famille des Marantacées originaire d'Amérique du Nord.

Description[1][modifier | modifier le code]

La thalie blanchie est une plante rhizomateuse, vivace de milieux aquatiques ou humides.

Elle peut atteindre trois mètres de haut. Ses feuilles sont lancéolées et groupées à la base. Elles sont aussi couvertes d'une pilosité à la base : c'est un élément distinctif de la thalie géniculée.

Les inflorescences terminales paniculées sont portées par une longue tige non courbée et pruineuse, cette absence de courbure et cette pruinosité étant d'autres éléments distinctifs de la thalie géniculée. Elles sont aussi beaucoup plus compactes que celles de la thalie géniculée.

Les fleurs, sessiles, par paire sur un rachis en zig-zag, portent un calice de trois sépales libres, de forme et de taille identiques, une corolle au tube très court à cinq pétales irréguliers, une étamine fertile et trois staminoïdes, un style terminé par un stigmate à deux lèvres, un ovaire infère à un seul locule. Elles sont de couleur pourpre à violacée. Elles s'épanouissent par paire, une journée seulement.

Le fruit est une arille dont la graine est sphérique de 1 cm de diamètre.

Les spécimens cultivés ont 12 chromosomes[2]

Distribution[modifier | modifier le code]

La thalie blanchie est originaire d'Amérique du Nord, du sud des Etats-Unis.

Son usage ornemental l'a répandue à l'ensemble du globe.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La thalie blanchie est largement utilisée comme plante de bassin. Elle demeure néanmoins gélive, au moins pour son feuillage, le rhizome pouvant résister à - 7°C.

Elle est très largement diffusée en France (comme par exemple chez la maison du Bananier, le Jardin du Pic vert, la Ferme au Koi...).

Historique[modifier | modifier le code]

En 1794, John Fraser publie une planche, sans description, figurant cette plante sous le nom de Thalia dealbata[3]

En 1807, William Roscoe établit une première description de cette espèce à partir de la planche de John Fraser : Thalia dealbata Fraser ex Roscoe[4].

En 1819, Constantine Samuel Rafinesque, sur la base d'un écrit de Thomas Nuttall[5], la place dans le genre qu'il crée à l'occasion Malacarya : Malacaria dealbata (Fraser ex Roscoe) Nut. ex Raf.[6]. Mais c'est un déplacement sans aucune description ni justification. Noter que les index ignorent complètement Thomas Nuttall.

En 1831, David Nathaniel Friedrich Dietrich la place dans le genre Maranta L.f. : Maranta dealbata (Fraser ex Roscoe) D.Diet.[7].

En 1902, Karl Moritz Schumann réalise une révision du genre. Il distingue quatre sous-genres dont Euthalia où il place Thalia dealbata Fraser ex Roscoe[8].

Position taxinomique[modifier | modifier le code]

Cette espèce compte cinq synonymes :

  • Malacarya dealbata (Fraser ex Roscoe) Raf.
  • Maranta dealbata (Fraser ex Roscoe) A.Dietr.
  • Peronia stricta F.Delaroche
  • Spirostylis biflora Raf.[9]
  • Thalia barbata Small

Elle compte aussi un homonyme :

  • Thalia dealbata Hort. ex Link (1820) : voir Clinogyne dichotoma (Roxb.) Salisb. - synonymes : Maranta dichotoma (Roxb.) Wall., Phrynium dichotomus Roxb., Schumannianthus dichotomus (Roxb.) Gagnep., Thalia dichotoma (Roxb.) Roxb. ex Link

Références[modifier | modifier le code]

  1. La description est issue principalement de Karl Moritz Schumann - Marantaceae dans Das Pflanzenreich :regni vegetablilis conspectus
  2. eFloras, flore d'Amérique
  3. John Fraser - Thaiszia : 1794 - planche 1
  4. William Roscoe - Mr Roscoe's New Arrangement of the Plants of Monandrian Class usualy called Scitaminae - Transactions of the Linnean Society of London - Volume 8 - Londres, 1807 - p.340
  5. Thomas Nuttall - The Genera of North-American Plants and a Catalogue of the Species to the year 1817 - Deux volumes - Philadelphie, 1818
  6. Constantine Samuel Rafinesque - Compte rendu de publication de l'ouvrage de Thomas Nuttal - American monthly magazine and critical review - Volume 4 n° 3 - p. 190 Numérisé par Google
  7. David Nathaniel Friedrich Dietrich - Species plantarum, exhibentes plantas rite cognitas ad genera relatas cum differentiis specificis, nominibus trivialibus, synonymis selectis, locis natalibus secundum systema sexuale digestas - Volume 1 - Berlin, 1831 - p. 24
  8. Karl Moritz Schumann - Marantaceae dans Das Pflanzenreich :regni vegetablilis conspectus - Sous la direction d'Adolf Engler - Volume 11 - Leipzig, 1902 - p. 172
  9. Les index Tropicos et The plant list donnent aussi Spirostalis biflora mais il doit s'agir d'une erreur de transcription de l'ouvrage de Constantine Samuel Rafinesque : Flora Telluriana, p. 51 numérisé par la bibliothèque numérique Biodiversity Heritage Library - le genre Spirostylis Raf. est par ailleurs un homonyme illégal de Spirostylis C.Presl ex Schult. & Schult.f.
  • Jean-Louis Marie Poiret - Encyclopédie méthodique: botanique - Sous la direction du Chevalier de Lamarck - Volume 7 - Paris, 1806 - p.608-609.

Liens externes[modifier | modifier le code]