Pyramidologie

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La pyramidologie est un terme utilisé, parfois avec mépris, pour se référer aux diverses spéculations concernant les pyramides, le plus souvent concernant le plateau de Gizeh et sa Grande pyramide. Certains « pyramidologues » travaillent également sur les structures monumentales pré-colombiennes en Amérique (comme Teotihuacan, la civilisation méso-américaine maya et inca des Andes d'Amérique du Sud), et les temples de l'Asie du Sud-Est.

La Description de l'Égypte, compte-rendu monumental de la Campagne d'Égypte menée par Napoléon Bonaparte, a permis de révéler au monde occidental la richesse et la variété de la civilisation égyptienne. Elle permit de lever de nombreux voiles. Ainsi les grandes pyramides s'avéraient être des tombeaux et les nombreuses expéditions qui suivirent confirmèrent cette analyse. Cependant, les particularités de la grande pyramide de Khéops font encore se poser bien des questions à certains auteurs:

  • la démesure et la précision obtenues pour la grande pyramide de Khéops sont, pour certains auteurs, incompatibles avec les connaissances et les moyens rudimentaires que l'on attribue habituellement au peuple qui l'érigea
  • la destination initiale de la grande Pyramide, affirmée comme étant le tombeau de Khéops, ne convainc pas tous les analystes, historiens ou scientifiques. Sir Petrie lui-même, bien que fervent partisan de la thèse du tombeau royal, a mis en évidence 13 interrogations à ce sujet[1]: les passages directs vers les chambres qui mèneraient d'éventuels pillards droit au but plutôt que de les perdre; le coffre et son couvercle ne pouvant pas être apportés dans la chambre du roi après mais uniquement pendant la réalisation de la pyramide, le coffre sans aucun ornement ni inscription, plus profond que dans les autres tombeaux et le couvercle jamais trouvé, les conduits d'aération des chambres soient uniques en leur genre, etc.
  • La durée de construction elle-même est un sujet de débat. Il semble en effet irréaliste pour certains auteurs que les Égyptiens aient pu construire cet immense édifice en une vingtaine d'année avec les méthodes et moyens techniques de l'époque.

Plusieurs thèses pseudo-scientifiques virent alors le jour, s'inspirant parfois, mais pas toujours, de données archéologiques.

Les thèses religieuses ou mystiques[modifier | modifier le code]

La pyramide et la Bible[modifier | modifier le code]

Position géographique de la grande pyramide
Selon Charles Piazzi Smyth

C'est en 1859 que John Taylor fut le premier à avancer que la grande pyramide ne fut pas construite par la civilisation égyptienne mais par une race élue de Dieu antérieure à Abraham, arguant qu'un monument aussi grandiose n'aurait pu être l'œuvre d'un peuple idolâtre. L'astronome de la cour d'Écosse, Charles Piazzi Smyth s'en inspira largement quelques années plus tard afin de développer l'œuvre qui inspirera, à partir de cette époque, tous les tenants de la thèse mystique et biblique, Our inheritance in the great pyramid paru en 1864 et se fondant sur des mesures souvent approximatives voire inexactes. Piazzi Smyth démontra, entre autres, que la grande pyramide était un repère géodésique, une horloge astronomique et une sorte de bibliothèque des connaissances de l'époque. Connaissances très avancées qui ne peuvent être déchiffrées qu'à l'aide de l'introduction de deux unités de mesure arbitraires, le pouce pyramidal valant 1,001 pouce anglais et la coudée sacrée (différente de la coudée royale égyptienne) valant 25,025 pouces anglais, toutes deux créées par l'astronome. Ces affirmations, purement gratuites, ont eu un retentissement énorme de par la notoriété de l'auteur. Elles furent reprises et complétées à maintes reprises jusqu'à nos jours, en particulier par Morton Edgar, l'abbé Charles Moreux, David Davidson et Georges Barbarin, ce dernier avançant que la pyramide était une Bible de pierre, construction prophétique contenant les dates clefs de l'histoire de l'humanité passées et futures.

Les réfugiés atlantes[modifier | modifier le code]

Edgar Cayce est parfois considéré comme le « prophète dormant » et l'un des « plus grands mystiques » des États-Unis. Partisant d'une civilisation pré-dynastique se composant des réfugiés atlantes, dont il aurait été lui-même prêtre, et qui aurait construit des monuments sur le plateau de Gizeh, dont la grande pyramide, laissant des enregistrements de l'Atlantide dans une salle réservée à cet effet situés quelque part sous le sphinx de Gizeh.

Le pouvoir des pyramides[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pouvoir des pyramides.

Les théories pseudo-scientifiques à tendance New Age sur le pouvoir des pyramides trouvent de nombreux échos dans la littérature ésotérique. Donnant pour explication la concentration dans la pyramide d'un champ d'ondes de forme généré par l'énergie cosmique, elles ne reposent sur aucun fondement scientifique[2].

Cependant Joe Parr, chercheur américain dans les domaines des champs électro-magnétiques et rayons Gamma, a été le premier à démontrer expérimentalement l'influence des pyramides sur ce type de rayonnement, a effectuer des tests avec des pyramides tournantes et des sources radioactives, et à mesurer les émissions radioactives dans la Grande Pyramide[3].

Les thèses techniques[modifier | modifier le code]

La pyramide et la constellation d'Orion[modifier | modifier le code]

La « corrélation d'Orion » est une théorie proposée par certains égyptologues (comme Selim Hassan) ou archéo-astronomes (comme Robert Bauval), selon laquelle il existerait une corrélation entre la position des pyramides d'Égypte et la position des étoiles, notamment entre les trois pyramides de la nécropole de Gizeh et les trois étoiles centrales de la constellation d'Orion. Si ces théories visent uniquement à démontrer que les Égyptiens de l'Antiquité auraient utilisé la position des étoiles pour choisir l'emplacement de leur pyramide, d'autres théories pseudo-scientifiques y voit un élément en faveur d'une origine atlante ou extra-terrestre des pyramides d'Égypte, ou encore (Georges Vermard), comme un condensé d'une « connaissance primordiale ».

Alignement de sites[modifier | modifier le code]

Article détaillé : alignement de sites.

Le film documentaire La Révélation des Pyramides (basé sur les recherches de Jacques Grimault) affirme que les pyramides de Gizeh sont alignées avec un certain nombre d'autres sites archéologiques comme l'île de Pâques, Machu Pichu, Ollantaytambo, le chandelier de Paracas, le pays dogon et Mohenjo-daro[4], reprenant en cela la théorie de l'alignement de sites.

La Grande pyramide comme centrale d'énergie[modifier | modifier le code]

Selon Christopher Dunn (en), les anciens Égyptiens auraient eu des connaissances technologiques bien plus avancées que celles qui leur sont habituellement reconnues[5]. La Grande Pyramide aurait été une centrale énergétique utilisant la Résonances de Schumann, qui grâce à ses dimensions proportionnelles à celle de la Terre, permettait par mise en résonnance acoustique, la production d'énergie vibratoire, l'utilisation de machines de découpes et d'usinage des blocs de granite par ultra-son, voire la production d'énergie piézoélectrique et enfin une explosion d'hydrogène à l'intérieur même de la pyramide qui aurait mis fin à son utilisation initiale, comme en témoigneraient des traces mécaniques et chimiques retrouvées dans la pyramide, et jamais expliquées par ailleurs[6],[7],[8].

La Grande pyramide comme pompe hydraulique[modifier | modifier le code]

Suite à des observations menées sur l'érosion des chambres et couloirs souterrains, puis grâce à des simulations à échelle réduite, certains chercheurs comme John Cadman [9] ou Edward Kunkel dans son livre "Pharaoh's Pump", défendent l'hypothèse de l'utilisation de la Grande Pyramide comme d'une pompe géante du type Bélier hydraulique. Cette hypothèse a été relancée lorsqu'en février 2000, la découverte et l'exploration par des égyptologues d'un réseau de galeries, chambres et puits inondés a été révélée par Zahi Hawass [10],[11].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Flinders Petrie 1883 repris par E. Malkowski, au chapitre 6 (a pyramid of assumption) dans Malkowski 2010
  2. Annie Hasch, Le pouvoir des pyramides, Marabout,‎ 1998, 146 p.
  3. (en) JOE PARR'S RESEARCH sur www.gizapyramid.com, consulté le 29-09-2014
  4. Nexus (revue), n°85, mars-avril 2013, entrevue avec Patrice Pooyard et Jacques Grimault, Nous n'attaquons pas l'égyptologie mais son dogmatisme, propos recueillis par Oriane Faisandier, p.25
  5. Dunn 1998 chap.4:"Advanced Machining in Ancient Egypte"
  6. Dunn 1998 chap.8-"The Giza Power Plant"
  7. (en) Gizapower:le site officiel de Christopher Dunn
  8. (en) détails des observations, mesures et théories de Christopher Dunn sur www.gizapower.com
  9. (en) article et photos sur la thèse de John Cadman, consultés le 03/08/13
  10. (en)« Ancient sarcophagus discovered », sur BBC,‎ 17 février 2000
  11. récit et photographies par Robert Mingam, égyptologue et historien, de la découverte du "PUITS d'OSIRIS", consulté le 05/08/13

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Taylor (en), The great pyramid: why was it built and who built it?, 1859
  • (en) Charles Piazzi Smyth, Our inheritance in the great pyramid, 1864
  • (en) Charles Piazzi Smyth, Life and work at the great pyramid in 1865, 1867
  • (en) Richard A.Proctor, The great pyramid, observatory tomb and temple, 1893
  • (en) John Edgar et Morton Edgar, Great pyramid passages, 1923
  • William Fix, Edgar Cayce : la Grande Pyramide et l'Atlantide, 2006
  • Georges Barbarin, Le secret de la grande pyramide ou la fin du monde adamique, 1951
  • Jean-Philippe Lauer, Le mystère des pyramides, 1988
  • (en) Christopher Dunn, The Giza power plant : Technologies of ancient Egypt, Rochester, Vermont, Bear & Company,‎ 1998
  • (en) Edward F. Malkowski, Ancient Egypt 39,000 BCE : the history, technology, and philosophy of Civilization X, Rochester, Vermont, Canada, Bear & Company,‎ 2010
  • (en) William Matthew Flinders Petrie, The Pyramids and Temples of Gizeh,‎ 1883