Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie

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Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie
Auteur John Maynard Keynes
Genre Economie
Version originale
Titre original The General Theory of Employment, Interest, and Money
Éditeur original Cambridge University Press, for the Royal Economic Society Cambridge University Press
Langue originale Anglais
Pays d'origine Royaume-Uni
Lieu de parution original Royaume-Uni
Date de parution originale 1936
ISBN original ISBN 1-57392-139-4 (1997 Edition)
Version française
Traducteur Jean de Largentaye
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions Payot
Date de parution 1942
Nombre de pages 407

John Maynard Keynes est à la source d'une importante évolution de la science économique avec son œuvre principale, la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (The General Theory of Employment, Interest and Money) parue en 1936.

L'ouvrage est considéré comme le traité de science économique du XXe siècle ayant le plus influencé la façon dont le monde a abordé l'économie et le rôle du pouvoir politique dans la société. Il est le document fondateur de la théorie keynesienne en économie comme de la macroéconomie moderne[1]. Si on a posé les fondements de l'analyse macroéconomique comme branche spécifique de l'analyse économique, elle ne fait pas l'unanimité chez les économistes. Juste à la veille de la mort de Keynes, Joseph Schumpeter disait déjà que la Théorie générale de Keynes était un livre fondamental bien que déjà dépassé[2].

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Avec la Théorie générale, Keynes a développé l'hypothèse que la demande est le principal facteur déterminant le niveau de la production et par conséquent celui de l'emploi.

Pendant tout l'après-guerre, de nombreux courants et partis politiques se réclament du keynesianisme en n'en retenant principalement que l'idée d'interventionnisme. La théorie keynesienne régna sans partage sur les gouvernants occidentaux pendant plus de trente ans. Cette domination intellectuelle s'effacera progressivement avec la crise inflationniste des années 70, la virulente critique Monétariste et la révolution Thatcher-Reagan.

Keynes, lui-même homme d'affaires, se disait pourtant du côté de "la bourgeoisie éclairée" et insistait sur le rôle fondamental de la création privée d'entreprise.

Parmi les concepts novateurs apportés par Keynes, on retiendra surtout :

Ces concepts ont accrédité à l'époque la possibilité de politiques économiques interventionnistes qui élimineraient les récessions et freineraient les emballements de l'économie. L'ensemble de ces notions constitue une méthodologie, et a engendré une nouvelle sous-discipline de l'économie, appelée macroéconomie[3].

Critique[modifier | modifier le code]

Si le livre a rencontré beaucoup de succès, il n'est pas resté longtemps sans critique. Paul A. Samuelson écrira :

C’est un livre mal écrit, mal construit, et tout profane attiré par la renommée de son auteur se fait escroquer de cinq shillings en achetant cet ouvrage plein de confusion et d’erreurs… Dans la Théorie générale, le système keynésien ne se dégage que de façon floue, comme si son auteur était à peine conscient de son existence et instruit de ses propriétés. Des discours algébriques assommants sont émaillés de vues pénétrantes et d’intuition profondes. Une définition maladroite donne soudain naissance à un passage inoubliable… Je ne crois pas trahir de secret en disant que personne d’autre à Cambridge (dans le Massachusetts) ne savait de quoi il retournait, douze à dix-huit mois après sa publication. En fait, jusqu’à ce qu’apparaissent les modèles mathématiques de Meade, Lange, Hicks et Harrod, on a tout lieu de croire que Keynes lui-même n’avait pas vraiment compris sa propre analyse[4].

En 2011, Luzzetti and Ohanian, économistes à l'université UCLA, estiment que le déclin de la Théorie générale à partir des années 70 est principalement dû à :

  • de mauvaises prédictions des modèles économétriques keynésiens ;
  • la reconnaissance croissante par les économistes des facteurs du côté de l'offre pour expliquer les fluctuations de l'activité économique, tandis que la théorie keynésienne se focalise uniquement sur la demande ;
  • l'inconsistance de la courbe de Philipps : il n'y aurait pas de lien évident entre le niveau de chômage et le niveau d'inflation.

Ainsi, ils expliquent le succès actuel de la Théorie générale auprès des décideurs publics et des gouvernements par la pression qu'ils ont à augmenter les dépenses en temps de crise, quelle que soit l'efficacité de ces dépenses[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ...l'analyse macroéconomique comme branche spécifique de l'analyse économique date de la publication de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie de John Maynard Keynes en 1936...Mais la macroéconomie moderne, comme discipline qui s'attache à comprendre pourquoi l'économie connait des épisodes comme la Grande Dépression et pourquoi l'emploi et la production fluctuent au cours du temps, commence avec Keynes. Joseph E. Stiglitz, Carl E.Walsh (2004), Principes d'économie moderne, 2e édition, Ed. de Boeck, p.490
  2. Le keynésianisme est définitivement dépassé
  3. La pensée keynésienne innove tout particulièrement, en ce qui concerne la méthode de l'analyse économique, par son caractère « général » (opposé aux facilités des équilibres partiels), son emploi des quantités globales (opposé au point de vue microéconomique), son insistance sur certaines variables privilégiées (investissement, taux de l'intérêt). Le keynésianisme
  4. P.A.Muet, Théories et modèles de la macroéconomie, Tome 1, Paris, Economica, p.102
  5. (en) Luzzetti, M and L Ohanian, Macroeconomic paradigm shifts and Keynes’s General Theory, voxEU, 31 January 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]