Théorie des vagues d’Elliott

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La théorie des vagues d'Elliott est un concept sur le développement des marchés financiers proposé par Ralph Nelson Elliott (1871/1948). Elle est directement inspirée de la théorie de Dow. Le point de départ de cette théorie est que l'évolution des marchés se fait par une série de vagues successives, et ce, quelle que soit l'échelle d'observation de ce marché (de la minute au très long terme). On parle alors de processus fractal[1].

Éléments[modifier | modifier le code]

1er élément[modifier | modifier le code]

Le mouvement complet est composé de 5 vagues. 3 de ces vagues sont dans la direction du mouvement, et deux vagues sont dans la direction contraire. La première, troisième, et cinquième vagues représentent la forme impulsive, la deuxième et la quatrième vague la forme corrective.


2ème élément[modifier | modifier le code]

Les cinq vagues d'une dimension deviennent une seule vague d'une dimension d'un degré supérieur. A contrario, une seule vague d'une dimension est composée de 5 sous-vagues d'une dimension d'un degré inférieur.

3ème élément[modifier | modifier le code]

Chaque vague impulsive (1-3-5) est composée de 5 sous-vagues, alors que chaque vague corrective (2-4) est composée de 3 sous-vagues.


Bien sûr, les travaux d'Elliott et leurs développements postérieurs ne se limitent pas à une simple affirmation péremptoire de cette situation mais énoncent des règles précises concernant la personnalité, la forme et la taille des différentes vagues.

Les règles[modifier | modifier le code]

La vague 2 peut corriger jusqu'à 100 % la vague 1 mais ne peut en aucun cas, aller au-dessous de celle-ci. Il faut alors faire un nouveau comptage.

La vague 3 n'est jamais la vague la plus courte. Si elle est plus petite, que la vague 1, alors la vague 5 sera encore plus petite que la 3. Cela ne souffre d'aucune exception.

La vague 4 ne peut jamais descendre plus bas que le sommet de la vague 1.

La personnalité des vagues[modifier | modifier le code]

L'influence de la théorie de Charles Dow est ici déterminante. Elliott s'en inspire et la complète pour définir la personnalité des vagues, notamment celle de correction. Robert Prechter ira encore plus loin puisqu'il justifiera l'existence de ces vagues par la psychologie des différents types d'intervenants sur le marché.

À partir de R.N. Elliott's essay, "The Basis of the Wave Principle," October 1940.

La vague 1[modifier | modifier le code]

Les vagues 1 sont difficiles à reconnaître puisqu'elles peuvent être interprétées comme de simples corrections faisant partie du précédent marché. Elles sont généralement très courtes et rapide. Il arrive fréquemment qu'on ne puisse décomposer la vague 1 qu'en trois vagues et non en 5. Cette vague est la vague des « astucieux » selon la théorie de Dow qui considérait que ceux-ci avaient accès à des informations avant les autres. On peut aussi dire que c'est la vague des contrariants qui achètent quand le marché baisse et vendent quand il monte.

La vague 2[modifier | modifier le code]

Elle corrige généralement la première vague de façon considérable et entraînent souvent à penser que le mouvement précédent n'est pas encore terminé (fin de vague C). Des vagues 2 qui corrigent totalement les vagues 1 ne sont pas choses rares : on observe alors une configuration en double bottom s'il s'agit d'un mouvement haussier ou en double top dans le cas d'un mouvement baissier.

La vague 3[modifier | modifier le code]

C'est la vague des « suiveurs ». Elle est la principale vague du mouvement. Une règle élémentaire à retenir concernant ce type de vague est qu'elle n'est jamais la plus courte parmi les vagues d'impulsion que sont les vagues 1, 3 et 5. Ce sont des vagues qui connaissent généralement des extensions et qui sont accompagnés de très forts volumes.

La vague 4[modifier | modifier le code]

C'est une vague beaucoup moins violente que la vague 2. Elle vient consolider le marché. Selon le principe d'alternance (cf. infra), cette vague est donc souvent complexe : structure en plusieurs vagues et souvent en triangle. Une règle à retenir : une vague 4 ne cassera jamais le niveau atteint par le marché en fin de vague 1.

La vague 5[modifier | modifier le code]

C'est la vague des petits porteurs. Elle est généralement peu dynamique mais elle dure assez longtemps. C'est la dernière phase d'un mouvement : la fin de l'euphorie pour les mouvements haussiers et du désespoir pour les mouvements baissiers. En fin de vague 5, on constate une baisse des volumes et parfois une vague 5 qui ne dépasse pas le top ou le bottom (selon que le marché est haussier ou baissier) de la vague 3.

La vague A[modifier | modifier le code]

Elles sont parfois considérées comme des corrections techniques et non comme le début de la fin du mouvement.

La vague B[modifier | modifier le code]

Elles retrouvent parfois le top (cas d'un mouvement haussier) de la vague 5 pour former un double-top.

La vague C[modifier | modifier le code]

Elles viennent fermer la séquence de huit vagues de la théorie d'Elliott. Ce sont des vagues qui ressemblent aux vagues 3 en ampleur. Leurs similitudes conduisent d'ailleurs à de fréquentes confusions : est-on dans un marché véritablement baissier ou dans une simple phase de correction ?

Critiques[modifier | modifier le code]

Comme toute théorie d'analyse technique, l'efficacité du principe des vagues d'Elliott est contestable. Cette théorie n'a jamais été démontrée par un sujet de recherche en économie ou en mathématiques appliquées. Elle est surtout utilisée comme support par des vendeur financiers pour la recherche d'investisseurs peu familiers avec les notions économiques et de ce fait sensibles aux analyses graphiques simplistes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Si Benoît Mandelbrot a découvert la théorie des fractales et l'a vulgarisée à travers plusieurs de ses ouvrages, on peut attribuer la parternité de ces découvertes à Elliott.