Théorie de la simplicité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La théorie de la simplicité est une théorie du domaine des sciences cognitives qui cherche à expliquer l'intérêt des situations et des événements pour l'esprit humain. Cette théorie est fondée sur les travaux scientifiques de Nick Chater, Paul Vitanyi (en), Jean-Louis Dessalles, Jürgen Schmidhuber. Elle fait l'hypothèse que les situations intéressantes sont celles qui apparaissent de manière inattendue comme les plus simples aux yeux de l'observateur.

Généralités[modifier | modifier le code]

Techniquement, la simplicité correspond à une baisse soudaine de complexité au sens de Kolmogorov, c'est-à-dire que la plus courte description de la situation est plus courte encore que celle anticipée par l'observateur. Par exemple, la description d'un tirage du Loto tel : 22-23-24-25-26-27, est plus courte que celle d'un tirage typique tel : 12-22-27-37-38-42. La première description ne nécessite qu'une instance (le choix d'un numéro parmi tous-ceux qui peuvent apparaître au Loto), suivi des cinq numéros suivants, tandis que la seconde nécessite six instances différentes.

La théorie de la simplicité établit plusieurs prédictions quantitatives quant à la manière dont la "distance", la "proéminence" (lieux, individualités) et le caractère atypique, influencent l'intérêt porté à une situation.

Formalisation[modifier | modifier le code]

La théorie de la simplicité donne un calcul au concept de l'inattendu : ce serait la différence entre la complexité attendue (en anglais expected) C_{exp} et la complexité observée C_{obs} :

U=C_{exp}-C_{obs}

C_{exp} correspond généralement à la complexité de génération de la situation, c'est à dire la complexité de son explication causale la plus simple (le nombre de paramètres qui doivent être en présence afin que ladite situation existe). Dans l'exemple du Loto, pour autant qu'il n'y ait pas tricherie, la complexité de génération est identique pour toute les combinaisons possibles. Elles correspond simplement à 6 tirages.

La théorie de la simplicité évite la plupart des critiques adressées à la Complexité de Kolmogorov en ne considérant que les descriptions disponibles pour un observateur donné (plutôt que toutes descriptions imaginables). Cela revient à dire que la complexité, et donc l'inattendu, sont dépendants de l'observateur. Une même combinaison qui apparaît très complexe à la plupart des gens comme 12-22-27-37-38-42 peut apparaître très simple à une personne, par exemple si cela correspond à son numéro de sécurité sociale. Il a alors un moyen très simple de décrire la combinaison que les autres n'ont pas, sa complexité observée est alors plus petite et son inattendu plus grand.

Lien avec les probabilités[modifier | modifier le code]

L'inattendu U est lié à la probabilité subjective P à travers la formule :

P=2^{-U}

L'avantage de cette formule est que la probabilité subjective peut être décrite sans connaître nécessairement toutes les alternatives. Les approches classiques en probabilité considéreraient toutes les situations possibles dans le monde comme n'ayant virtuellement aucune probabilité d'intervenir, chacune étant unique et complexe. La théorie de la simplicité évite ce piège en considérant que l'improbabilité subjective est seulement due à une baisse de complexité.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]