Théorie de la simplicité

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La théorie de la simplicité est une théorie du domaine des sciences cognitives qui cherche à expliquer l'intérêt des situations et des événements pour l'esprit humain. Cette théorie est fondée sur les travaux scientifiques de Nick Chater, Paul Vitanyi (en), Jean-Louis Dessalles, Jürgen Schmidhuber. Elle fait l'hypothèse que les situations intéressantes sont celles qui apparaissent de manière inattendue comme les plus simples aux yeux de l'observateur.

Généralités[modifier | modifier le code]

Techniquement, la simplicité correspond à une baisse soudaine de complexité au sens de Kolmogorov, c'est-à-dire que la plus courte description de la situation est plus courte encore que celle anticipée par l'observateur. Par exemple, la description d'un tirage du Loto tel : 22-23-24-25-26-27, est plus courte que celle d'un tirage typique tel : 12-22-27-37-38-42. La première description ne nécessite qu'une instance (le choix d'un numéro parmi tous-ceux qui peuvent apparaître au Loto), suivi des cinq numéros suivants, tandis que la seconde nécessite six instances différentes.

La théorie de la simplicité établit plusieurs prédictions quantitatives quant à la manière dont la "distance", la "proéminence" (lieux, individualités) et le caractère atypique, influencent l'intérêt porté à une situation.

Formalisation[modifier | modifier le code]

Le concept de base de la théorie de la simplicité est l'inattendu, défini comme la différence entre la complexité attendue (en anglais expected) C_{exp} et la complexité observée C_{obs} :

U=C_{exp}-C_{obs}

Dans la plupart des contextes, C_{exp} correspond à la complexité de génération de la situation, qui est la plus petite description de tous les paramètres qui doivent être en présence afin que ladite situation existe. Dans l'exemple du Loto, pour autant qu'il n'y ait pas tricherie, la complexité de génération est identique pour une combinaison ordonnée que pour une combinaison typique désordonnée. Elle est égale à six instances.

La théorie de la simplicité évite la plupart des critiques adressées à la Complexité de Kolmogorov en ne considérant que les descriptions disponibles pour un observateur donné (plutôt que toutes descriptions imaginables). Cela revient à dire que la complexité, et donc l'inattendu, sont dépendants de l'observateur. Par exemple, pour la personne qui a joué une combinaison typique 12-22-27-37-38-42, celle-ci lui apparaîtra très simple, voire plus simple encore qu'une combinaison ordonnée.

Lien avec les probabilités[modifier | modifier le code]

L'inattendu U est lié à la probabilité subjective P à travers la formule :

P=2^{-U}

L'avantage de cette formule est que la probabilité subjective peut être décrite sans connaître nécessairement toutes les alternatives. Les approches classiques en probabilité considèreraient toutes les situations possibles dans le monde comme n'ayant virtuellement aucune probabilité d'intervenir, chacune étant unique et complexe. La théorie de la simplicité évite ce piège en considérant que l'improbabilité subjective est seulement due à une baisse de complexité.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]